GUERRE CIVILE EN SYRIE

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Le secrétaire d'État américain, Rex Tillerson, s'est dit déçu de la réponse de la Russie.
PHOTO JOE SKIPPER, REUTERS

É.-U.: la réponse russe à la frappe américaine est «très décevante»


Agence France-Presse (PALM BEACH)
(16h41) La réponse de la Russie à la frappe punitive des États-Unis contre le régime du président Bachar... »

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Corée du Nord: les États-Unis prêts à «agir seuls» si besoin

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Publié le 07 avril 2017 à 16h46 | Mis à jour à 16h46
Pour contrer les ambitions nucléaires de Kim Jong-Un,... (Photo Lee Jin-man, AP)
Pour contrer les ambitions nucléaires de Kim Jong-Un, les États-Unis disent être prêts à intervenir seuls.
PHOTO LEE JIN-MAN, AP
Agence France-Presse
Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a prévenu vendredi que les États-Unis étaient prêts à «agir seuls» si nécessaire contre la Corée du Nord, au lendemain d'une frappe américaine sans précédent contre le régime syrien, auteur présumé d'une attaque chimique.
«Nous (...) sommes prêts à agir seuls si la Chine n'est pas capable de se coordonner avec nous» pour contrer les ambitions nucléaires de Pyongyang, qui violent le droit international, a déclaré M. Tillerson depuis la résidence de Mar-a-Lago en Floride, où le président américain Donald Trump a reçu son homologue chinois Xi Jinping.
Donald Trump a salué vendredi «les progrès spectaculaires» des relations sino-américaines, au deuxième jour de ses entretiens avec Xi Jinping, au coeur desquels la Corée du Nord figurait en bonne place.
«Il y a un véritable engagement à travailler ensemble pour voir si ça peut se résoudre d'une manière pacifique. Mais pour cela, la position de la Corée du Nord doit changer avant d'établir une base de dialogue ou de discussions», a ajouté M. Tillerson.
«Le président Trump a indiqué au président Xi qu'il était favorable à toute idée que (...) la Chine pourrait avoir sur d'autres actions que nous pourrions entreprendre» contre Pyongyang, qui a tiré mercredi un missile balistique en mer du Japon, a poursuivi le ministre.
Depuis plusieurs semaines, Washington exhorte Pékin à mettre la pression sur son turbulent voisin et allié.
Dans un entretien publié dimanche dernier par le Financial Times, le 45e président des États-Unis avait déjà laissé planer la menace d'une intervention militaire unilatérale, se disant prêt à «régler» seul le problème nord-coréen si la Chine tergiversait trop longtemps.
En contravention des résolutions de l'ONU, la Corée du Nord a pour ambition de se doter de missiles intercontinentaux susceptibles de porter le feu nucléaire sur le territoire continental des États-Unis. Elle a déjà mené cinq essais nucléaires, dont deux lors de la seule année 2016.

Le Canada appuie «pleinement» l'offensive de Trump en Syrie

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Publié le 07 avril 2017 à 08h22 | Mis à jour à 10h31
Justin Trudeau... (Sean Kilpatrick, archives PC)
Justin Trudeau
SEAN KILPATRICK, ARCHIVES PC
(Ottawa) Le Canada appuie l'offensive militaire lancée par les États-Unis jeudi soir contre une base aérienne en Syrie, a indiqué ce matin le premier ministre Justin Trudeau dans une déclaration écrite.
« Le Canada appuie pleinement l'intervention limitée et ciblée que les États-Unis ont menée pour affaiblir la capacité du régime Assad de perpétrer des attaques aux armes chimiques contre des civils innocents, dont de nombreux enfants. Le recours aux armes chimiques par le président Assad et les crimes que le régime syrien a commis contre sa propre population ne peuvent pas passer sous silence. Nous ne pouvons pas permettre que ces horribles attaques puissent continuer de se produire en toute impunité », a affirmé M. Trudeau, près de 12 heures après les frappes américaines.  
« Les attaques de cette semaine dans le sud d'Idlib et la souffrance des Syriens constituent un crime de guerre et sont inacceptables. Le Canada condamne toute utilisation d'armes chimiques. Le Canada continuera de soutenir les efforts diplomatiques en vue de résoudre la crise en Syrie », a ajouté le premier ministre.
M. Trudeau doit faire une déclaration à la Chambre des communes cet avant-midi sur le conflit syrien.
Le Parti conservateur a pour sa part déclaré qu'il soutient « pleinement les efforts déployés par les États-Unis pour empêcher les forces militaires de la Syrie de lancer d'autres attaques aux armes chimiques. »
« La communauté mondiale ne peut pas rester sans rien faire alors que des neurotoxines mortelles sont lâchées sur d'innocents civils », a soutenu la leader intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, dans un communiqué de presse.
« Jusqu'à présent, le premier ministre Trudeau a pris très peu de mesures concrètes pour tenir le gouvernement syrien, soutenu par la Russie, responsable de ses actes. La politique étrangère du Canada doit toujours reposer sur les principes de la liberté, de la démocratie, des droits de la personne et de la primauté du droit. Nous devons absolument tenir Bachar al-Assad responsable de ses crimes contre l'humanité et soutenir nos alliés à cette fin », a-t-elle ajouté.  
Mme Ambrose a aussi critiqué l'impuissance de l'ONU dans le conflit syrien. « Contrairement à ce que croit le premier ministre, le Conseil de sécurité des Nations Unies s'est montré totalement inefficace pour régler le conflit syrien. En fait, le premier ministre et le gouvernement du Canada semblent avoir été tenus à l'écart de cette action par les États-Unis. » 
M. Trudeau, qui s'est fait l'apôtre du multilatéralisme depuis son arrivée au pouvoir en 2015, était de passage au siège des Nations unies hier à New York afin de rencontrer le nouveau secrétaire général Antonio Guterres, en poste depuis le 1er janvier. Cette rencontre a eu lieu quelques heures avant le début de l'offensive militaire des États-Unis en Syrie.
Dans un compte rendu officiel publié plus tôt ce matin, le bureau du premier ministre affirme que M. Trudeau a réaffirmé au secrétaire général « le solide engagement du Canada à renforcer davantage son partenariat avec les Nations unies pour faire face aux enjeux mondiaux ».

Colère à Damas et Moscou après les frappes américaines

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Publié le 07 avril 2017 à 10h30 | Mis à jour à 10h30
Vers 3 h 40 locales vendredi (8 h 40, HE), 59 missiles de... (PHOTO AFP/FOURNIE PAR LA MARINE AMÉRICAINE)
Vers 3 h 40 locales vendredi (8 h 40, HE), 59 missiles de croisière Tomahawk ont été tirés par deux navires américains en Méditerranée vers la base aérienne syrienne d'Al-Chaayrate
PHOTO AFP/FOURNIE PAR LA MARINE AMÉRICAINE
ROUBA EL HUSSEINIOMAR HAJ KADOUR
Agence France-Presse
BEYROUTH
Damas et ses alliés russe et iranien ont vivement condamné vendredi les frappes américaines contre une base de l'armée en Syrie, la première action militaire de Washington contre le régime de Bachar al-Assad en six ans de guerre.
Les frappes interviennent trois jours après une attaque chimique présumée contre une ville rebelle du nord-ouest du pays qui avait choqué le monde, et pour laquelle le pouvoir syrien a été pointé du doigt.
À la demande de la Russie, le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir d'urgence à 11 h 30 pour débattre de la frappe punitive.
La présidence syrienne a qualifié l'attaque d'« acte idiot et irresponsable » de la part de Washington.
Les frappes ont été ordonnées jeudi soir par le président américain Donald Trump, qui s'était pourtant toujours prononcé contre toute intervention directe en Syrie.
Vers 3 h 40 locales vendredi (20 h 40, HE), 59 missiles de croisière Tomahawk ont été tirés par deux navires américains en Méditerranée vers la base aérienne syrienne d'Al-Chaayrate.
Quelques heures plus tard, l'armée syrienne a fait état de « six morts, des blessés et d'importants dégâts matériels ».
L'agence de presse officielle Sana a annoncé ensuite la mort de neuf civils, dont des enfants, dans des villages environnants.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a pour sa part indiqué que sept soldats avaient été tués et que l'aéroport militaire avait été « presque totalement détruit: les avions, le tarmac, le dépôt de mazout et le bâtiment de la défense aérienne ont été pulvérisés ».
« Pas suffisant »
Dans une adresse solennelle à la télévision, Donald Trump a expliqué que ces frappes étaient « directement liées » aux évènements « horribles » de mardi.
Ce jour-là, un raid imputé à l'armée syrienne contre la localité rebelle de Khan Cheikhoun a fait au moins 86 morts, dont 27 enfants. Les images de victimes agonisantes ont choqué le monde.
Les services de renseignement américains ont établi que les avions ayant mené l'attaque étaient partis de la base d'al-Chaayrate, connue comme un lieu de stockage d'armes chimiques avant 2013, selon le Pentagone.
En difficulté depuis des mois face au régime, la coalition de l'opposition politique syrienne a applaudi l'opération américaine. Mais « frapper un seul aéroport n'est pas suffisant [...] Le monde entier doit aider à sauver le peuple syrien des griffes de l'assassin Bachar (al-Assad) et de ses acolytes », a déclaré Mohammad Allouche, membre du Haut comité des négociations (HCN).
Le président russe Vladimir Poutine a lui estimé qu'il s'agissait d'une « agression contre un État souverain ». Cette action « cause un préjudice considérable aux relations russo-américaines », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
L'autre allié de Damas, l'Iran, a accusé les États-Unis d'utiliser de « fausses allégations » pour attaquer la Syrie.
Accusant Moscou d'avoir manqué à ses responsabilités, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a plaidé jeudi pour le départ du président Assad, alors que, il y a une semaine, il avait semblé s'accommoder de son maintien au pouvoir.
Les responsables américains n'ont pas donné d'indications les actions qu'ils comptent entreprendre par la suite.
« La neutralisation de cette base ne va pas bouleverser l'équilibre des forces dans le conflit. Le régime garde l'avantage mais il n'a pas les moyens humains pour avancer sur plusieurs fronts à la fois », estime Tim Eaton, du centre de réflexion Chatham House à Londres.
Et après ?
Les forces du régime cherchent à reprendre les derniers bastions des rebelles, notamment dans la province d'Idleb (nord-ouest), et des différents groupes djihadistes dont l'EI.
La décision de M. Trump a été plutôt bien accueillie par les autres pays impliqués dans la crise syrienne, comme la Turquie et les États européens.
Le président français François Hollande a annoncé que Paris allait « être à l'initiative » pour « relancer le processus de transition politique en Syrie » dans « le cadre des Nations unies si c'est possible ».
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué les frappes tout en les jugeant insuffisantes et en appelant à des mesures supplémentaires.
Jusqu'à présent, aucune initiative diplomatique n'a réussi à faire durablement taire les armes dans un pays où plus de 320 000 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre en mars 2011 tandis que des millions d'autres étaient jetées sur les routes.
Le groupe de travail de l'ONU sur le cessez-le-feu devait se réunir d'urgence vendredi à la demande de la Russie, qui avait parrainé fin décembre avec la Turquie une trêve en Syrie.
À l'été 2013, Barack Obama, avait déçu les pays arabes soutenant l'opposition syrienne en renonçant à frapper le régime après une attaque aux armes chimiques près de Damas qui avait fait plus de 1400 morts.
À l'époque, le magnat de l'immobilier Donald Trump avait exhorté M. Obama à ne pas intervenir en Syrie.
Washington est cette fois passé à l'acte après avoir établi que Damas avait utilisé à Khan Cheikhoun « un agent neurotoxique qui a les caractéristiques du sarin », selon un haut responsable de la Maison-Blanche.
Trois jours après l'attaque, certains survivants affichaient une certaine reconnaissance envers les États-Unis, mais attendaient davantage.
« On ne veut pas une seule frappe pour qu'après les crimes se poursuivent », a affirmé à l'AFP Abou Chahid, 30 ans.
« Il faut punir le criminel et pas l'instrument du crime », a indiqué pour sa part Abou Mouhib, un déserteur de l'armée de 37 ans en faisant référence au président Assad.

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