Menaces à Concordia: des accusations déposées contre un Montréalais de 47 ans

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2 mars 2017 16h45 |Jessica NadeauGuillaume St-Hilaire | Justice
L'accusé, Hisham Saadi
Photo: SPVML'accusé, Hisham Saadi
Hisham Saadi fait face à des accusations de méfait public, de menaces de mort et d’incitation à craindre un attentat terroriste à la suite de l’alerte à la bombe lancée à l’Université Concordia mercredi.
 
L’homme de 47 ans a brièvement comparu par vidéoconférence au palais de justice de Montréal jeudi après-midi. Il avait été appréhendé la nuit précédente dans un appartement de la rue Darlington, dans le quartier Côte-des-Neiges.
 
Il n’a ni nié ni reconnu sa responsabilité quant aux accusations déposées contre lui.
 
Il devra se représenter vendredi pour son enquête sur remise en liberté. Il sera rencontré par un criminologue de l’urgence psychosociale d’ici là.
 
Rappelons que l’Université Concordia avait été avisée vers 9 h mercredi d’une menace « sérieuse » à la sécurité de ses étudiants de confession musulmane. Un courriel soi-disant envoyé par un groupe d’extrême droite, acheminé à la direction et à plusieurs médias – dont Le Devoir –, prévenait que des bombes artisanales exploseraient à des endroits précis dans deux pavillons. La direction de l’établissement universitaire avait décidé d’évacuer les édifices en question peu avant midi.

L'affaire des contacts avec Moscou continue de gêner Trump

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Publié le 02 mars 2017 à 07h53 | Mis à jour à 17h07
Donald Trump a déclaré avoir une confiance «totale»... (PHOTO AP)
Donald Trump a déclaré avoir une confiance «totale» en son procureur général, Jeff Sessions, lors d'un déplacement sur le porte-avions USS Gerald R. Ford en Virginie.PHOTO AP
ANDREW BEATTYIVAN COURONNE
Agence France-Presse
Newport News
Le procureur général des États-Unis Jeff Sessions a tenté jeudi d'apaiser la tempête concernant les contacts supposés entre proches de Donald Trump et du Kremlin durant la campagne électorale de 2016, annonçant qu'il se récusait de toute enquête sur les ingérences russes.
Ce fidèle du président républicain, dont il a inspiré la politique anti-immigration, a reconnu avoir rencontré l'ambassadeur russe aux États-Unis, Sergueï Kisliak, à deux reprises l'année dernière, en contradiction apparente avec des déclarations récentes, déclenchant de multiples appels à sa démission.
Le nouveau locataire de la Maison-Blanche ne parvient pas à mettre un terme à cette affaire russe, qui l'a déjà conduit à se séparer de son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, le 13 février.
Un nombre croissant de parlementaires de l'opposition démocrate mais aussi de la majorité républicaine appelaient à ce que «l'Attorney General» s'exclue de lui-même de l'enquête conduite par le FBI sur la campagne de piratage et de désinformation attribuée à Moscou.
L'existence de cette enquête, rapportée par de multiples journaux américains, n'a pas été confirmée officiellement.
Jeff Sessions a finalement cédé, annonçant sa décision lors d'une conférence de presse à Washington: «J'ai maintenant décidé de me récuser de toute enquête en cours ou à venir qui concernerait la campagne présidentielle américaine», a-t-il déclaré.
Il a toutefois expliqué que c'était son rôle de sénateur de rencontrer des diplomates, et que les deux hommes avaient parlé de «choses normales», disant ne pas se souvenir si le sujet de l'élection avait été abordé.
Peu auparavant, le commandant en chef avait déclaré avoir une confiance «totale» en son procureur, lors d'un déplacement sur le porte-avions Gerald Ford, en Virginie. Tout en ajoutant qu'il «n'était pas au courant» de ces contacts avec le diplomate russe.
Cette affaire à tiroirs alimente les soupçons sur le rapprochement envisagé par le nouveau locataire de la Maison Blanche avec Vladimir Poutine.
Des manifestants ont demandé la démission du procureur... (AFP) - image 2.0
Des manifestants ont demandé la démission du procureur général, jeudi, à Washington.
AFP
Procureur indépendant
Sous l'administration Obama, Washington a accusé Moscou d'avoir mené en 2016 une campagne de piratage et de désinformation pour tenter de discréditer Hillary Clinton et aider son adversaire républicain.
Donald Trump a nié à plusieurs reprises toute collusion, bien que l'enquête ait mis en évidence des contacts entre des membres de son équipe et des proches du Kremlin, selon plusieurs médias.
La récusation de Jeff Sessions ne suffira pas à l'opposition.
Les chefs démocrates ont appelé à sa démission, ainsi qu'à la nomination d'un procureur indépendant pour conduire des investigations sans influence politique, et faire toute la lumière sur les ingérences russes et d'éventuelles collusions politiques américaines.
La révélation des deux rencontres de Jeff Sessions et Sergueï Kisliak, en juillet et septembre dernier, est venue du Washington Post mercredi soir.
Or M. Sessions avait déclaré devant le Sénat, lors de son audition de confirmation en janvier, qu'il n'avait «pas eu de contacts avec les Russes», ce qui constitue pour les démocrates un mensonge, voire un parjure.
Le procureur général a expliqué jeudi qu'il avait été pris de court par la question et qu'il aurait dû évoquer les rencontres en cause.
Ses responsabilités actuelles sont au coeur du problème. L'Attorney General supervise en effet le FBI et a un pouvoir déterminant pour décider d'éventuelles poursuites pénales. Dans cette affaire, ce sera désormais Dana Boente, un de ses adjoints, qui aura autorité.
Politiquement, ce nouvel épisode place Donald Trump sur la défensive, au moment où il veut engager un train de réformes.
Des membres de la majorité n'hésitent plus à demander, comme les démocrates, la nomination d'un procureur indépendant ou «spécial».
C'est un magistrat similaire qui avait été nommé sous la présidence de Bill Clinton pour enquêter sur l'affaire immobilière Whitewater. Après plusieurs années, ces investigations avaient donné naissance à l'affaire Monica Lewinsky et conduit à la mise en accusation du président démocrate par la Chambre des représentants en 1998.

À DÉCOUVRIR SUR LAPRESSE.CA

Perquisition au domicile du candidat François Fillon

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Publié le 01 mars 2017 à 06h47 | Mis à jour le 02 mars 2017 à 15h14
En s'accrochant, François Fillon (photo) «emporte son camp... (PHOTO AP)
En s'accrochant, François Fillon (photo) «emporte son camp dans une course vers l'abîme», a affirmé l'ex-premier ministre de droite Dominique de Villepin.
PHOTO AP
DAPHNÉ BENOIT
Agence France-Presse
Paris
Une perquisition a eu lieu au domicile parisien du candidat conservateur à la présidentielle française François Fillon, qui va être inculpé dans une affaire d'emplois fictifs présumés, et qui semble de plus en plus isolé face aux défections dans son camp.
Ancien favori de la présidentielle, M. Fillon a reculé en troisième position dans les sondages après le scandale suscité par les salaires d'assistants parlementaires touchés par son épouse Penelope et deux de ses enfants, pour des montants représentant des centaines de milliers d'euros d'argent public, et soupçonnés d'avoir en fait correspondu à des emplois fictifs.
Mercredi, le candidat de la droite, qui doit fêter samedi ses 63 ans, a annoncé sa convocation chez les juges le 15 mars «pour être mis en examen» (inculpé), dénonçant un «assassinat politique» et réaffirmant dans le même souffle sa volonté d'aller «jusqu'au bout».
Mais son maintien suscite de multiples défections au sein de son parti. Une quinzaine d'élus locaux de son camp lui ont demandé «solennellement» de se retirer, jugeant dans une tribune qu'«un pacte moral a été rompu».
D'autres figures de droite qui avaient soutenu l'ex-premier ministre Alain Juppé lors de la primaire de la droite, finalement remportée par M. Fillon, ont décidé de le lâcher dans l'espoir de le remplacer par leur champion.
En s'accrochant, François Fillon «emporte son camp dans une course vers l'abîme», a critiqué jeudi l'ex-premier ministre de droite Dominique de Villepin.
«La base, elle, tient», a réagi jeudi l'intéressé, reparti sur le terrain dans le sud de la France dans l'espoir de relancer sa campagne. Alors que sa garde rapprochée a prévu un grand rassemblement de soutien dimanche à Paris, un Français sur quatre seulement approuve sa décision de rester candidat, selon un sondage publié jeudi. 
Macron capitalise 
Les déboires de François Fillon semblent profiter au candidat centriste Emmanuel Macron, qui engrange pour sa part les ralliements au fil des semaines: selon les dernières enquêtes d'opinion, l'ancien ministre de l'Economie du président socialiste François Hollande se trouve désormais en pole position pour affronter et vaincre au second tour de la présidentielle, le 7 mai, la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen.
Le candidat centriste de 39 ans, qui présentait jeudi les détails de son programme, pro-européen et d'inspiration social-libérale, a promis une «grande loi» de moralisation de la vie publique. Et a assuré jeudi soir que s'il était inculpé dans une affaire il renoncerait à être candidat à l'élection présidentielle, contrairement à son rival de droite, parce que «devenir président de la République, c'est être garant des institutions».
L'autre grande rival d'Emmanuel Macron, Marine Le Pen, voit également la pression judiciaire grandir sur elle.
Elle a vu jeudi son immunité levée par le Parlement européen à la demande de la justice française, qui lui reproche d'avoir diffusé sur son compte Twitter des images d'exactions sanglantes du groupe État islamique.
En décembre 2015, la présidente du Front national (FN) avait publié trois photos légendées «Daech c'est ça!»: un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et le corps décapité de l'otage américain James Foley. Daech est l'acronyme arabe du groupe État islamique (EI).
Forte de son immunité, Marine Le Pen a refusé jusqu'ici de répondre aux convocations de la justice française dans ce dossier. Elle a récemment repoussé une autre convocation dans une enquête sur les soupçons d'emplois fictifs concernant plusieurs assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.
Mais la popularité de Marine Le Pen n'a pas souffert pour l'instant des affaires financières, qui ont déjà valu des mises en examens à ses proches.
«La particularité des affaires judiciaires qui touchent Marine Le Pen et le Front national, c'est qu'elles ne constituent pas des cas d'enrichissement personnel, alors que la famille de François Fillon est directement concernée», note Cécile Alduy, chercheuse à Sciences-Po.

Exactions de l'EI sur Twitter: Marine Le Pen perd son immunité

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Publié le 02 mars 2017 à 06h36 | Mis à jour à 13h53
En décembre 2015, la présidente du FN avait... (PHOTO REUTERS)
En décembre 2015, la présidente du FN avait publié trois photos sur Twitter avec le texte «Daech c'est ça!» : un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo de l'otage américain James Foley, la tête posée sur le dos.
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CLÉMENT ZAMPA
Agence France-Presse
Bruxelles
Le Parlement européen a levé jeudi l'immunité parlementaire de la dirigeante d'extrême droite et eurodéputée Marine Le Pen à la demande de la justice française, qui lui reproche d'avoir diffusé des images d'exactions du groupe État islamique sur Twitter.
Convoquée en avril 2016 par un juge d'instruction français dans cette affaire, Marine Le Pen, candidate à la présidentielle française, avait refusé de s'y rendre, invoquant son immunité parlementaire.
La levée de l'immunité de Mme Le Pen est à effet immédiat.
Elle ne concerne que cette enquête et pas celle sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants de députés de son parti, le Front national, au Parlement européen, dans laquelle sa cheffe de cabinet a été mise en examen.
«Je pense que le résultat est clair: une grande majorité est pour la levée d'immunité», a déclaré Dimitrios Papadimoulis (GUE, extrême gauche), qui présidait les débats à Bruxelles, après un vote à main levée des eurodéputés en l'absence de l'intéressée.
Cette demande était formulée par le parquet de Nanterre (région parisienne), qui a ouvert une information judiciaire contre Marine Le Pen pour «diffusion d'images violentes».
Le Code pénal français punit de trois ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende le fait de diffuser «un message à caractère violent, incitant au terrorisme, pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine» lorsque ce message est «susceptible d'être vu ou perçu par un mineur».
En décembre 2015, la présidente du FN avait publié trois photos sur Twitter avec le texte «Daech c'est ça!» : un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo de l'otage américain James Foley, la tête posée sur le dos. Daech est l'acronyme arabe du groupe État islamique (EI).
Mme Le Pen entendait protester contre le «parallèle ignoble» effectué, selon ses propos, par le journaliste vedette du groupe BFMTV et RMC, Jean-Jacques Bourdin, entre le groupe EI et le Front national.
La photo de James Foley avait été retirée le lendemain, à la demande de la famille du journaliste, mais les deux autres images étaient toujours en ligne jeudi.
«Ridicule et problématique» 
«Je suis députée, je suis dans mon rôle quand je dénonce Daech», s'est justifiée Marine Le Pen jeudi matin sur la chaîne de télévision LCP et la radio France Bleu, avant le vote, critiquant «une enquête politique».
La dirigeante d'extrême droite est, selon les sondages, quasiment assurée de se qualifier le 23 avril prochain, pour le second tour de l'élection présidentielle française.
«Cette levée d'immunité est absolument ridicule et problématique», s'est insurgé son bras droit, Florian Philippot, sur BFMTV.
Les eurodéputés «sont des godillots», «qui jouent le jeu des islamistes en cachant leurs monstruosités» et ne défendent pas les «lanceurs d'alertes», a estimé son directeur de campagne, le sénateur David Rachline.
Dès mardi, lors d'une visite au Salon de l'agriculture, Mme Le Pen avait dénoncé «une procédure ultra rapide spéciale Marine Le Pen».
Selon le Parlement européen, 15 demandes de levée d'immunité ont été examinées en 2016. Chaque dossier a pris entre quatre et huit mois selon les cas. La demande concernant Mme Le Pen ayant été déposée le 5 octobre 2016, la procédure la concernant aura duré près de cinq mois.
«La procédure judiciaire contre Marine Le Pen suit les délais habituels», avait estimé l'eurodéputée italienne Laura Ferrara, du groupe parlementaire eurosceptique EFDD, chargée par le Parlement d'étudier la demande de la justice.
Mme Le Pen a récemment repoussé une autre convocation, de la police, cette fois-ci dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs concernant plusieurs assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.
Une information judiciaire a également été ouverte contre le député apparenté FN Gilbert Collard, qui avait lui aussi tweeté une image violente, utilisant la même raison que Marine Le Pen. Mais le bureau de l'Assemblée nationale française a refusé de lever de son immunité, jugeant la requête de la justice pas «suffisamment précise».