«Des réfugiés plus que des migrants» passent des États-Unis au Canada

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Publié le 24 février 2017 à 17h05 | Mis à jour à 17h05
Un écriteau rappelant l'interdiction d'entrer au Canada sans... (PHOTO JOHN WOODS, LA PRESSE CANADIENNE)
Un écriteau rappelant l'interdiction d'entrer au Canada sans passer par le poste-frontière est installé près d'Emerson, au Manitoba.
PHOTO JOHN WOODS, LA PRESSE CANADIENNE
Agence France-Presse
Montréal
Les centaines de personnes arrivant au Canada depuis les États-Unis ces dernières semaines sont davantage «des réfugiés que des migrants», explique Jean-Nicolas Beuze, représentant au Canada du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Le HCR a mené une mission au poste-frontière de Lacolle, à 70 km au sud de Montréal, et à proximité, au débouché du chemin Roxham où des familles entières passent avec valises et poussettes, en coordination avec la police des frontières et la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
«Il y a eu de tout temps des passages» clandestins et, sans avoir de chiffres officiels récents, la question est «de savoir si ce phénomène est en train d'augmenter dans des proportions importantes ou tout à fait acceptables», confie Jean-Nicolas Beuze dans un entretien à l'AFP.
«Ces personnes sont plus des réfugiés que des migrants (...) car elles ne viennent pas au Canada nécessairement pour avoir une vie meilleure mais simplement parce qu'elles risquent la persécution dans leur pays d'origine».
Les critères pour déposer une demande d'asile sont quasi identiques aux États-Unis ou au Canada. En vertu d'un accord canado-américain dit d'«Entente sur les tiers pays sûrs» (Safe third country argument), «les requérants d'asile doivent déposer la demande dans le premier pays où ils entrent, sauf si ils ne sont pas arrivés par un poste-frontière régulier».
Système équitable
En raison du climat politique hostile aux réfugiés créé par l'élection de Donald Trump aux États-Unis, beaucoup choisissent de passer clandestinement au Canada pour y déposer leur demande d'asile .
«Les gens ont peur de se trouver à terme dans une situation où ils n'auraient pas accès à un système équitable», estime le représentant du HCR au Canada.
Le président américain a indiqué vouloir publier la semaine prochaine un nouveau décret migratoire pour remplacer celui qui a été suspendu par la justice fédérale.
Les personnes rencontrées ces derniers jours par l'agence onusienne «sont des gens de classe moyenne à élevée, bien éduqués, sachant pertinemment ce qu'ils font après avoir bien préparé leur voyage», ajoute M. Beuze.
«La plupart d'entre eux étaient en transit aux États-Unis, en provenance directe de leur pays d'origine avec, pour différentes raisons, un visa valide pour les États-Unis».
Yéménites, Soudanais, Syriens ou Turcs, la majorité sont des familles et «à priori des gens qui avaient une bonne raison de quitter leur pays avec de fortes chances d'être reconnus comme réfugiés».
Parmi ces demandeurs d'asile, explique-t-il, «des hommes entre 18 et 35 ans qui sont mobilisables dans leur pays d'origine et ne veulent pas être enrôlés par l'armée régulière ou un groupe armé d'opposants».
Pratiquement tous «se sont débrouillés seuls» grâce à «l'information disponible sur internet, donc sans avoir nécessairement besoin d'avoir recours à un passeur». Sans avoir recueilli de témoignages directs, M. Beuze mentionne un coût pouvant aller jusqu'à 5000 dollars pour entrer irrégulièrement au Canada.
Des voix s'élèvent au Canada pour des contrôles plus stricts aux frontières, sans vraiment surprendre car «ces rhétoriques de fermer les frontières sont entendues à peu près partout, en Europe et en Amérique du nord, ou ailleurs».
«Les mouvements de personnes ont toujours existé et existeront toujours», explique Jean-Nicolas Beuze, ajoutant que ce sont souvent la seule réponse «quand les gens sont désespérés».

Barrette dans la ligne de mire du commissaire à l'éthique

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Publié le 24 février 2017 à 16h11 | Mis à jour à 16h11
Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette... (Photo Erick Labbé, archives Le Soleil)
Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette
PHOTO ERICK LABBÉ, ARCHIVES LE SOLEIL
La Presse Canadienne
QUÉBEC
Le commissaire à l'éthique enquêtera pour déterminer si le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'est placé en situation de conflit d'intérêts.
Le commissaire Jacques Saint-Laurent a annoncé vendredi dans un communiqué qu'il avait entamé des procédures à la suite d'une plainte du Parti québécois.
Le leader parlementaire péquiste Pascal Bérubé allègue que M. Barrette a contrevenu à l'article 25 du code d'éthique, qui oblige les députés à déclarer tout intérêt relativement aux questions débattues à l'Assemblée nationale ou en commission parlementaire.
M. Bérubé soupçonne que le ministre s'est placé en conflit d'intérêts lors de l'étude du projet de loi 118 sur les laboratoires médicaux, les centres de services orthopédiques et les centres de physiologie respiratoire exploités par une entité autre qu'un établissement de santé et de services sociaux.
Dans une entrevue, M. Bérubé a déclaré que le fait que M. Barrette et son épouse sont des médecins radiologistes soulève des questions.
Selon le député, en raison de sa profession, le ministre a un intérêt personnel dans le débat qu'il dirige sur le projet de loi 118.
«Il n'y a pas d'hostilité personnelle, c'est une vérification pour s'assurer qu'il soit dans les règles, qu'il puisse intervenir librement, a-t-il dit. Concernant ses interventions, c'est clair selon nous qu'il y a un potentiel de conflit d'intérêts et le commissaire pourra nous le confirmer ou pas.»
Le ministre de la Santé et des Services sociaux a été avisé de la demande d'enquête faite par le leader parlementaire de l'opposition officielle, a indiqué vendredi le commissaire dans son communiqué.

Martine Ouellet accuse les libéraux de brimer sa liberté de parole

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Publié le 24 février 2017 à 11h48 | Mis à jour à 11h48
Martine Ouellet... (Jacques Boissinot, archives PC)
Martine Ouellet
JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES PC
Martin Croteau
MARTIN CROTEAU
La Presse
(Québec) Loin de s'excuser, Martine Ouellet entend continuer de critiquer le gouvernement fédéral à l'Assemblée nationale. En entrevue à La Presse, la députée et candidate à la direction du Bloc accuse le Parti libéral du Québec (PLQ) de brimer sa liberté de parole.
« C'est sûr que ça dérange les fédéralistes, a dit Mme Ouellet. Mais ils ne peuvent pas instrumentaliser leur poste pour essayer de brimer une liberté de parole qui est nécessaire parce qu'ils ne sont pas d'accord avec un point de vue indépendantiste. »
Le whip du PLQ, Stéphane Billette, s'est adressé au Bureau de l'Assemblée nationale (BAN), jeudi, après un point de presse de la députée de Vachon, qui brigue la direction du Bloc québécois. Il reproche à Mme Ouellet d'avoir utilisé les ressources du parlement québécois pour mousser sa campagne à la chefferie d'un parti fédéral.
C'est la deuxième fois en deux semaines qu'un libéral reproche à la députée candidate d'entretenir une confusion de ses rôles. La semaine précédente, Jean-Marc Fournier a critiqué son « nouveau rôle bicéphale » lors d'un débat.
Mme Ouellet rétorque que depuis qu'elle a quitté le caucus du Parti québécois pour plonger dans la course à la direction du Bloc, elle s'est fait un devoir d'agir comme « courroie de transmission » entre Québec et Ottawa.
Ce rôle est tout à fait légitime, argue Mme Ouellet, qui ne voit rien de mal à ce qu'un élu critique le gouvernement fédéral à l'Assemblée nationale. Elle note au passage que les deux interventions qui lui ont valu des critiques des libéraux touchaient l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) et la protection des sièges sociaux. Ces deux thèmes sont fréquemment débattus au Salon bleu.
« C'est le devoir des élus du Québec de superviser le gouvernement central, a dit Martine Ouellet. Ils sont en train de dire que ce n'est pas possible de critiquer le travail qui se fait à Ottawa alors que ça a des impacts chez nous. Ils sont en train de dire que ce n'est pas le rôle d'un élu de travailler pour donner plus de pouvoir au Québec. »
L'Assemblée nationale a confirmé vendredi que le communiqué de presse diffusé jeudi par Mme Ouellet et par le député bloquiste Xavier Barsalou-Duval ne sera pas remboursé. Mme Ouellet entend payer la somme de sa propre poche. Ces frais ne seront pas comptabilisés dans ses dépenses de campagne, a-t-elle dit.

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Martin Coiteux annonce un élargissement de l'enquête sur le SPVM

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Publié le 24 février 2017 à 16h35 | Mis à jour à 17h48
Dans les derniers jours, M. Coiteux avait défendu... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)
Dans les derniers jours, M. Coiteux avait défendu bec et ongles la décision de confier l'enquête sur les nouvelles allégations concernant le SPVM à la Sûreté du Québec, mais il dit que de «nouveaux éléments» l'ont convaincu d'aller plus loin.
PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE
La Presse Canadienne
Le gouvernement du Québec prend des mesures additionnelles pour faire la lumière sur les allégations de fabrication de preuve touchant le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
Plusieurs autres grands corps de police se joindront à la Sûreté du Québec (SQ) et la directrice du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) codirigera l'enquête.
Le SPVM fera aussi l'objet d'une enquête administrative plus globale sur ses pratiques.
Le ministre de la Sécurité publique du Québec, Martin Coiteux, en a fait l'annonce vendredi après-midi.
Dans les derniers jours, M. Coiteux avait défendu bec et ongles la décision de confier l'enquête sur les nouvelles allégations à la Sûreté du Québec, mais il dit que de «nouveaux éléments» l'ont convaincu d'aller plus loin.
Deux ex-policiers accusent des collègues d'avoir fabriqué de la preuve contre eux afin de les empêcher de dévoiler des allégations de corruption au sein du SPVM, a révélé cette semaine un reportage de TVA.
En soirée, le chef du SPVM Philippe Pichet a tweeté qu'il collaborerait entièrement: «J'apporterai ma collaboration pleine et entière au commissaire que nommera M.@CoiteuxMartin pour l'enquête admin. sur la gestion du @SPVM», a-t-il fait savoir sur le réseau social.

J’apporterai ma collaboration pleine et entière au commissaire que nommera M.@CoiteuxMartin pour l'enquête admin. sur la gestion du @SPVM

Google crée un outil d'intelligence artificielle «anti-trolls»

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Publié le 24 février 2017 à 07h47 | Mis à jour à 07h47
Avec le nouvel outil «Perspective», Google veut faciliter... (PHOTO EVA HAMBACH, ARCHIVES AFP)
Avec le nouvel outil «Perspective», Google veut faciliter la tâche des équipes de modérateurs, souvent débordées par le flot des commentaires haineux qui empêchent les discussions.
PHOTO EVA HAMBACH, ARCHIVES AFP
Agence France-Presse
PARIS
Google lance «Perspective», un outil informatique basé sur l'intelligence artificielle qui aidera les médias à modérer automatiquement les commentaires en ligne en bloquant les messages haineux, a annoncé jeudi le groupe américain.
Cette API (interface informatique), proposée gratuitement, permettra aux éditeurs de créer des programmes qui noteront la «toxicité» des messages envoyés sur leurs forums, et de régler à leur guise le seuil toléré avant publication.
«Perspective» est testé avec plusieurs éditeurs dont le New York Times, The Guardian et Wikipedia, avec un apprentissage automatique (machine learning) à partir des messages jugés haineux ou hors sujet par des modérateurs humains.
Le but est de faciliter la tâche des équipes de modérateurs, souvent débordées par le flot des commentaires haineux qui empêchent les discussions, ce qui a poussé de nombreux journaux à fermer leurs pages de commentaires.
«Les médias veulent encourager les discussions sur leurs contenus, mais trier les millions de commentaires pour repérer ceux qui les trollent leur coûte beaucoup de temps, de travail et d'argent», souligne sur le blogue de Google Jared Cohen, président de Jigsaw, l'incubateur de Google qui a construit l'outil.
Le logiciel est disponible pour les médias membres de la «Digital News Initiative» de Google, mais aussi à toutes les plateformes de réseaux sociaux, dont YouTube, Twitter et Facebook.
L'algorithme de Perspective devrait aider à filtrer les messages bien plus vite que les équipes humaines.
Avant Google, Twitter a également annoncé début février qu'il allait s'attaquer aux messages haineux, souvent anonymes, en permettant d'identifier leurs auteurs et de les empêcher de recréer des comptes, ou en les masquant dans les recherches des internautes.
Google, Facebook, Twitter et Microsoft ont signé l'an dernier un «code de bonne conduite» avec la Commission européenne où ils s'engagent à examiner dans les 24 heures la majorité des contenus haineux signalés par les utilisateurs, afin de les supprimer si nécessaire.