Information sur la politique 1

lundi, février 13, 2017

Justin Trudeau en route pour sa rencontre avec Donald Trump

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Publié le 13 février 2017 à 09h10 | Mis à jour à 09h10
L'avion a décollé avec environ une heure de... (Sean Kilpatrick, PC)
L'avion a décollé avec environ une heure de retard, en raison de la trentaine de centimètres de neige qui est tombée sur la région d'Ottawa au cours des dernières heures.
SEAN KILPATRICK, PC
La Presse Canadienne
Le premier ministre canadien Justin Trudeau s'est envolé lundi matin à destination de Washington, où il rencontrera le président américain Donald Trump.
Son avion a décollé avec environ une heure de retard, en raison de la trentaine de centimètres de neige qui est tombée sur la région d'Ottawa au cours des dernières heures.
Les deux hommes doivent discuter dans le Bureau ovale lundi avant-midi. Ils seront ensuite rejoints par d'autres dirigeants pour une discussion plus large sur les relations canado-américaines.
M. Trudeau est accompagné par la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, par le ministre de la Défense Harjit Sajjan, par le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale, par le ministre des Transports Marc Garneau, et par le ministre des Finances Bill Morneau.
Les cinq ministres se sont affairés la semaine dernière à préparer le terrain en vue de la rencontre de lundi.
MM. Trump et Trudeau rencontreront également plusieurs femmes d'affaires et une conférence de presse est prévue en après-midi.

Kevin O'Leary: «Je veux livrer un oléoduc vers l'est»

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Publié le 13 février 2017 à 05h00 | Mis à jour à 07h38
Kevin O'Leary lors du débat des candidats à... (ARCHIVES PC)
Kevin O'Leary lors du débat des candidats à la direction du Parti conservateur à Halifax, le 4 février.
ARCHIVES PC
(Ottawa) L'homme d'affaires Kevin O'Leary estime que la construction de l'oléoduc Énergie Est est essentielle pour assurer la prospérité économique du pays et mettre fin à la dépendance des provinces de l'Est à l'égard du pétrole venant de pays autoritaires comme l'Arabie saoudite. Il souhaite d'ailleurs rencontrer le premier ministre du Québec Philippe Couillard et le maire de Montréal Denis Coderre pour les convaincre des mérites de ce projet.
Dans une entrevue à La Presse, hier soir, le candidat à la direction du Parti conservateur a estimé que de tels projets sont nécessaires pour relancer une économie qui, selon lui, ne croît pas à la hauteur de son plein potentiel, soit autour de 3% par année, et pour assurer la pérennité des programmes sociaux importants comme la santé et l'éducation.
S'il devient chef du Parti conservateur le 27 mai, et s'il réussit à battre les libéraux de Justin Trudeau aux prochaines élections fédérales prévues en octobre 2019, M. O'Leary a l'intention de faire la vie dure à quiconque s'opposera à des projets créateurs d'emplois ou proposera des mesures qu'il juge néfastes pour l'économie, comme une taxe sur le carbone.
Des provinces fustigées
Il a d'ailleurs déjà commencé à le faire en s'en prenant sans ménagement à la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, et au premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, par le biais de lettres sur sa page Facebook, qui compte de nombreux abonnés. «Je peux parler directement à des millions de Canadiens chaque semaine grâce aux médias sociaux», a affirmé M. O'Leary, vedette de l'émission Shark Tank aux États-Unis.
Mme Wynne a été traitée «d'incompétente» par M. O'Leary pour avoir fait bondir la dette accumulée de l'Ontario à 300 milliards de dollars, entre autres choses. Il a aussi mis au défi Mme Wynne de déclencher des élections immédiatement. Quant à M. McNeil, M. O'Leary a soutenu qu'il était en train d'étouffer l'économie de la province en maintenant un fardeau fiscal élevé des contribuables et en s'opposant à l'exploration du gaz et du pétrole dans sa province.
« J'ai fait une promesse de faire croître l'économie de 3 % par année. Je dois me débarrasser de l'incompétence et de la médiocrité au niveau provincial. » -  Kevin O'Leary
«Alors si vous êtes incompétents ou faibles comme Kathleen Wynne, Rachel Notley ou Stephen McNeil, je ne veux pas qu'ils soient là quand je commencerai à gouverner le pays, a ajouté M. O'Leary. Je ne peux pas congédier Kathleen Wynne ou le premier ministre de la Nouvelle-Écosse. Mais je peux contribuer à les chasser du pouvoir aux prochaines élections. Je vous promets que je vais le faire.»
Couillard interpellé
À la veille du débat bilingue qui aura lieu ce soir à Pointe-Claire, dans l'ouest de l'île de Montréal, M. O'Leary a laissé entendre que le premier ministre du Québec pourrait aussi goûter à sa médecine si son gouvernement fait dérailler le projet de construction de l'oléoduc Énergie Est.
«Le premier ministre doit se montrer plus ouvert au développement des ressources naturelles. Je suis un peu inquiet de voir que les investissements ne sont pas au rendez-vous au Québec dans le secteur des ressources. J'ai deux grands projets pour le Québec : je veux plus d'investissements dans les ressources naturelles et je veux aussi livrer un oléoduc vers l'est» , a dit M. O'Leary, qui suit des cours de français à raison de deux heures par jour.
«Je dois parler au maire de Montréal et au premier ministre du Québec, et aux Premières Nations. Je sais que je vais devoir travailler fort et je vais peut-être me salir les mains en cours de route.» - Kevin O'Leary
«Je n'aime pas le fait que les Saoudiens nous vendent l'équivalent de 12 milliards de dollars de pétrole. On ne garde pas cet argent ici pour nos emplois. Je veux que ce projet se réalise. Je vais m'asseoir avec le premier ministre et en discuter. On ne devrait pas envoyer de l'argent à un pays qui permet qu'on batte les femmes avec des bâtons. Je vais faire ce plaidoyer dans chacune des régions de toutes les provinces. Si un premier ministre se met au travers de mon chemin, je vais utiliser tous les outils à ma disposition. Cela va être du leadership pour des gens qui veulent des emplois», a-t-il ajouté.
S'il gagne la course, M. O'Leary ne compte pas chercher à se faire élire rapidement à la Chambre des communes. «Ce n'est pas si je gagne la course. Je vais gagner la course. Et je vais passer les 15 mois suivants à sillonner le pays, dans les universités et les collèges, l'un après l'autre, pour parler à ces milléniaux et réduire à néant l'appui dont jouit Justin Trudeau chez ces électeurs.»

Trudeau et Trump parleront de la place des femmes sur le marché du travail

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Publié le 12 février 2017 à 20h06 | Mis à jour le 12 février 2017 à 20h06
Une source à la Maison-Blanche a indiqué que... (Photos Reuters et PC)
Une source à la Maison-Blanche a indiqué que le Canada et les États-Unis lanceront un groupe de travail qui pourrait être appelé le Conseil canado-américain sur l'avancement des femmes d'affaires et entrepreneure.
PHOTOS REUTERS ET PC
CATHERINE LUCEY
Associated Press
Washington
Justin Trudeau et  Donald Trump participeront lundi à une table ronde sur la place des femmes sur le marché du travail, ce qui sembler démontrer l'influence politique croissante de la fille aînée du président américain, Ivanka.
Une source à la Maison-Blanche a indiqué que le Canada et les États-Unis lanceront un groupe de travail qui pourrait être appelé le Conseil canado-américain sur l'avancement des femmes d'affaires et entrepreneures. Selon cette source, le cabinet du premier ministre canadien a tendu la main pour collaborer à une démarche commune, faisant observer que les deux dirigeants partagent un intérêt pour ce sujet.
Ivanka Trump, une ardente défenseure de mesures aidant les femmes au travail, a été impliquée dans ce projet. Elle a recruté des participants et établi l'ordre du jour de la rencontre. Elle devrait assister à la table ronde, a ajouté la source.
La source a ajouté que M. Trump veut «s'assurer que les femmes puissent entrer et demeurer sur le marché du travail (et) s'occuper des obstacles auxquels font face les entrepreneures».
Ça tombe bien puisque la cause des femmes est une des priorités du gouvernement Trudeau.
«Notre équipe l'a suggéré car ce sujet est important pour le premier ministre et notre plan de croissance économique, a reconnu un officiel canadien. Cela semble tout à naturel si on considère les engagements (de Donald Trump) dans son programme électoral.»
Plusieurs noms sont cités à titre de participantes à la table ronde: la chef de la direction de General Electric Canada, Elyse Allan, la présidente du conseil d'administration d'Investissement Québec, Monique Leroux, la chef de la direction de TransAlta, Dawn Farrell et la chef de la direction de NRStor Annette Vershuren.
Du côté des politiques, la chef de cabinet de M. Trudeau, Katie Telford, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et l'adjointe de M. Trump sur les initiatives économiques, Dina Powell, devraient être présentes. Toutes les trois ont aidé à organiser l'événement.

Réformes de Barrette: plus d'échecs que de réussites, tranchent trois experts

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Publié le 13 février 2017 à 07h42 | Mis à jour à 07h42

Trois experts en gestion de la santé ont analysé à la demande de La Presse les nombreuses réformes réalisées par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, depuis son arrivée en poste, il y a près de trois ans. Leur constat est sévère : aucun ne donne la note de passage au ministre pour les changements imposés dans le réseau.
Joanne Castonguay, de l'Institut de recherche en politiques publiques, Jean-Louis Denis, du Centre de recherche du CHUM, et Paul A. Lamarche, de l'École de santé publique de l'Université de Montréal, ont évalué de façon qualitative 10 secteurs visés par les réformes du ministre, dont les soins de première ligne, les pharmaciens et l'attente aux urgences. 
Pour chaque secteur visé, ils ont évalué les mesures mises en place par M. Barrette pour savoir si celles-ci permettent ou non d'améliorer la performance du réseau de la santé.
Des experts en gestion de la santé ont... (Photo Olivier Jean, La Presse)
Des experts en gestion de la santé ont analysé à la demande de La Presse les nombreuses réformes réalisées par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, depuis son arrivée en poste, il y a près de trois ans. Sur la photo, Jean-Louis Denis et Joanne Castonguay.PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
ÉCLAIRER LE DÉBAT
Dans une entrevue accordée au quotidien Le Soleil en décembre dernier, le ministre Barrette disait avoir mis en place 90 % des « mesures structurantes » qu'il souhaitait implanter dans le réseau.
« Alors moi, écoutez bien, tout le monde peut bien m'écoeurer, mais je vais continuer pareil. [...] Envers et contre tous. Parce que ça fonctionne » - Gaétan Barrette, dans une entrevue accordée au Soleil
Si le ministre semble confiant, il en va autrement des syndicats de travailleurs de la santé et des groupes de pression, notamment des associations de médecins et autres professionnels, qui sont nombreux à dénoncer les réformes du ministre. 
Qui dit vrai ? Pour tenter de répondre à cette question, La Presse a consulté trois experts qui consacrent leur carrière à la recherche et à l'enseignement. Ils ont accepté de participer à l'exercice dans l'espoir de lancer une véritable discussion sur l'amélioration du réseau.
LA TENTATION DE « TOUT VIRER À L'ENVERS »
En analysant les nombreuses actions du ministre Barrette, les experts estiment que la majorité de ses objectifs, comme améliorer l'accès aux soins de première ligne, sont « justes ». Mais ils soutiennent que les méthodes choisies pour les atteindre sont rarement les bonnes. Ils affirment que plusieurs réformes réalisées ne sont pas basées sur la science et les données probantes.
M. Denis explique que depuis des années, des « pressions se sont accumulées dans le système ». Devant ces pressions, comme l'attente chronique aux urgences ou l'accès difficile à un médecin, il est tentant de vouloir « tout virer à l'envers, sans trop de plan ». D'autres pays ont vécu ce même genre de phénomène en santé, dont l'Angleterre, pas toujours avec des résultats concluants.
Mme Castonguay explique que plusieurs études ont démontré que trois critères doivent impérativement être implantés pour qu'un système de santé puisse démontrer de bonnes performances. Il faut notamment une plus grande transparence par rapport aux résultats et aux coûts par cas dans le réseau, soit le prix des différents épisodes de soins au Québec. Des données qui ne sont pas accessibles actuellement.
« Le ministre peut dire que ce qu'il fait est le mieux. Mais tant qu'on n'a pas de transparence et d'information vérifiée, on ne peut pas savoir. » - Joanne Castonguay
Pour améliorer la performance d'un réseau de la santé, une révision des mécanismes de financement doit être faite. À ce sujet, le ministre a promis d'implanter le financement à l'activité, note Mme Castonguay, qui attend la suite avec impatience. Enfin, les systèmes d'information doivent être intégrés pour que les patients aient notamment un seul dossier partout. Ce critère doit être rempli avec le Dossier santé Québec, attendu depuis des années.
« Sans ces trois éléments, il est extrêmement difficile d'améliorer la performance du système », dit-elle.
PLUS CRITIQUE
M. Lamarche est pour sa part très critique des réformes du ministre. Ce dernier explique que lors de l'implantation de réformes, trois grandes erreurs surviennent normalement. D'abord, il peut y avoir un problème de décision. « Ici, ce n'est pas ça. Le ministre décide », dit-il. La mise en place d'une réforme peut aussi être un problème. « Mais encore une fois, le ministre implante ses décisions », note M. Lamarche. Pour lui, l'erreur de M. Barrette en est une de conceptualisation.
« Les moyens utilisés ne sont pas appropriés par rapport aux objectifs visés. Il y a une erreur de conceptualisation majeure », dit-il.
« Il faut responsabiliser les collectivités, pas juste punir. Il faut faire en collaboration plutôt qu'en opposition. Il y a une erreur de conceptualisation et d'approche. » - Paul Lamarche
Selon M. Lamarche, le ministre tente de « régler des problèmes du passé avec des solutions du passé ». « Je pense que les chances d'y arriver sont presque nulles, et cette position est supportée par presque toutes les évidences scientifiques », dit-il.
ÉCOUTER LA SCIENCE
Au-delà du constat d'échec qui est dressé, les experts souhaitent qu'une conversation s'établisse afin de réellement améliorer la performance du système de santé québécois. « La science est là. Il faut l'appliquer », dit Mme Castonguay.
S'il reconnaît être critique des réformes en cours, M. Denis refuse de lancer la pierre uniquement au ministre Barrette. Car le système de santé est « largement dysfonctionnel » depuis des années.
« On aurait pu être assis ici en 1994, en 2000, en 2005... Et on aurait aussi jugé sévèrement certains trucs. Pas exactement les mêmes qu'ici. Mais quand même, affirme M. Denis. [...] Il faut se demander comment prendre l'organisation de la production actuelle et l'amener à être plus efficiente. »

Les experts consultés par La Presse

JEAN-LOUIS DENIS
Professeur titulaire au département de gestion, d'évaluation et de politique de santé à l'École de santé publique de l'Université de Montréal et chercheur au Centre de recherche du CHUM, M. Denis est aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la gouvernance et la transformation des organisations et systèmes de santé. Il a été président du Conseil consultatif de l'Institut de recherche sur les politiques et les services de santé (2009-2012). Il est membre élu de la Société royale du Canada et de l'Académie canadienne des sciences de la santé.
L'École de santé publique de l'Université de Montréal se décrit comme un « pôle d'excellence et de réflexion critique sur tous les champs de santé publique ». À la fin de janvier, M. Denis a publié à la demande du Commissaire à la santé et au bien-être une recherche intitulée Rémunération médicale et gouvernance clinique performante : une analyse comparative.
JOANNE CASTONGUAY
Directrice de recherche à l'Institut de recherche en politiques publiques (IRPP), Joanne Castonguay est économiste et s'intéresse depuis près de 20 ans aux politiques publiques et, notamment, aux questions des mécanismes de gouvernance en santé. En 2014, Mme Castonguay a notamment publié une analyse comparative sur l'entente de services entre la clinique Rockland MD à Montréal et l'hôpital du Sacré-Coeur.
Mme Castonguay est également professeure associée au Pôle santé HEC Montréal. L'IRPP se décrit comme un organisme « sans but lucratif et indépendant qui veut améliorer les politiques publiques en publiant des recherches et en éclairant les débats sur les grands enjeux publics ». L'IRPP est financé en partie par les gouvernements fédéral et provinciaux de même que par le secteur privé.
PAUL A. LAMARCHE
Paul A. Lamarche est professeur honoraire à l'École de santé publique de l'Université de Montréal et professeur titulaire au département d'administration de la santé de l'Université de Montréal. Au cours des dernières années, M. Lamarche a mené plusieurs recherches sur l'organisation des services, les modes de financement et la performance des systèmes de santé. Avant de mener sa carrière de chercheur, M. Lamarche a notamment été sous-ministre associé à la santé et aux services sociaux sous différents gouvernements, tant libéral que péquiste, de 1977 à 1982 et de 1986 à 1992. De 1982 à 1986, M. Lamarche a été officier responsable de la planification et de l'évaluation à l'Organisation mondiale de la santé.
En mai 2015, il a participé à un rassemblement de 300 personnes à Montréal, organisé par le Regroupement des omnipraticiens pour une médecine engagée (ROME), visant à trouver des solutions au projet de loi 20. En avril 2016, il demandait, conjointement avec d'autres anciens ténors du réseau de la santé, à la vérificatrice générale d'analyser les effets de la réforme du ministre Barrette. Deux mois plus tard, il demandait au premier ministre d'imposer un moratoire sur la réforme du ministre. Lors de ces sorties, M. Lamarche s'est défendu d'agir par partisanerie, disant au quotidien Le Devoir agir dans un « esprit démocratique et scientifique, mais pas partisan ».

Relations canado-américaines: Mulroney en renfort

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EXCLUSIF
Publié le 13 février 2017 à 05h00 | Mis à jour à 05h00

(Ottawa) L'ancien premier ministre Brian Mulroney a joué un rôle de premier plan dans les efforts du gouvernement Trudeau pour établir des relations de travail cordiales avec le président des États-Unis Donald Trump et les membres influents de sa nouvelle administration.
Le premier ministre Justin Trudeau pourra d'ailleurs tirer profit de ce travail diplomatique mené en coulisses par M. Mulroney auprès de M. Trump et certains de ses ministres quand il rencontrera aujourd'hui pour la première fois le président américain à la Maison-Blanche.
Selon des informations obtenues par La Presse, M. Mulroney a eu quelques conversations avec le président Trump depuis sa victoire à l'élection présidentielle de novembre dernier afin de lui souligner l'importance des relations économiques et commerciales entre les deux pays et le rassurer sur les orientations du gouvernement de Justin Trudeau.
Le premier ministre Justin Trudeau pourra tirer profit... (ARCHIVES PC)
Le premier ministre Justin Trudeau pourra tirer profit du travail diplomatique mené en coulisses par Brian Mulroney auprès de Donald Trump et certains de ses ministres quand il rencontrera aujourd'hui pour la première fois le président américain à la Maison-Blanche.
ARCHIVES PC
Négociations commerciales
L'ex-premier ministre, qui est le père de l'accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis, conclu en 1987 alors que Ronald Reagan était président, et de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), s'est également entretenu avec le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, un ami personnel depuis plusieurs années.
C'est à M. Ross, un milliardaire du monde des finances, que Donald Trump a confié l'important mandat de renégocier l'ALENA afin d'obtenir une meilleure entente pour les États-Unis. S'il est impossible d'arracher des concessions aux deux autres signataires, M. Trump a promis de déchirer cette entente qui est entrée en vigueur en 1994.
Selon nos informations, M. Mulroney a joué un rôle d'intermédiaire entre M. Ross et la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, qui a aussi comme mandat de veiller au bon déroulement des négociations commerciales entre les deux pays.
«Le gouvernement Trudeau ne pouvait pas faire appel à une meilleure personne que Brian Mulroney pour établir de bonnes relations. Il connaît bien M. Trump et plusieurs membres de son administration», a déclaré à La Presse hier l'ancien premier ministre du Québec Jean Charest, qui a notamment été ministre de l'Environnement dans le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney.
«Pendant la campagne présidentielle, j'ai dîné avec M. Mulroney et il venait d'avoir une conversation téléphonique avec Donald Trump. Et quand M. Mulroney a célébré son 75e anniversaire de naissance, j'étais à son party à Palm Beach, et Wilbur Ross faisait partie des invités», a ajouté M. Charest depuis Le Cap, en Afrique du Sud.
«Brian connaît ces gens-là, il connaît les organisateurs, il connaît les réseaux. Il a toujours su nouer des relations avec eux avec sincérité. Il l'a aussi fait du côté des démocrates», affirme-t-il.
Après l'élection présidentielle de novembre dernier, les proches collaborateurs de Donald Trump étaient convaincus que le gouvernement Trudeau avait espéré jusqu'à la toute fin une victoire de la démocrate Hillary Clinton, bien que le premier ministre et ses ministres aient refusé de s'immiscer dans la campagne américaine. La «bromance» entre M. Trudeau et l'ancien président démocrate Barack Obama avait aussi alimenté la suspicion à la Maison-Blanche. Enfin, la déclaration dithyrambique de Justin Trudeau lors de la mort de l'ex-dictateur cubain Fidel Castro a provoqué la colère de Donald Trump, selon nos informations.
Un rôle important
Le quotidien The Globe and Mail a rapporté le mois dernier que M. Trudeau avait décidé de faire appel aux services et aux conseils de M. Mulroney et de Derek Burney, l'ex-ambassadeur du Canada à Washington durant les négociations sur le libre-échange, afin de lancer sur le bon pied les relations bilatérales avec la nouvelle administration républicaine. Mais on ignorait jusqu'ici la nature de ses interventions pour faciliter les discussions entre les deux gouvernements.
À titre d'exemple, c'est M. Mulroney qui a également suggéré à Stephen Schwarzman, PDG de Blackstone Group LP qui préside un «comité stratégique» de 16 grands patrons américains nommés par Donald Trump pour le conseiller sur les questions économiques, de rencontrer Justin Trudeau et ses ministres à Calgary, le mois dernier, alors que le premier ministre tenait une retraite de deux jours de son cabinet.
M. Mulroney siège au conseil d'administration de Blackstone Group LP, un des plus importants fonds d'investissement privés au monde, depuis 2007. M. Schwarzman a finalement rencontré M. Trudeau et ses ministres à Calgary et a tenté de les rassurer à propos des velléités protectionnistes de M. Trump.
Au terme de cette rencontre, M. Schwarzman a déclaré : «Je ne crois pas qu'il [le premier ministre Justin Trudeau] devrait être trop inquiet, parce que le Canada est tenu en haute estime. Nous avons une relation commerciale équilibrée entre les États-Unis et le Canada, et ce n'est pas le genre de situation qui devrait vous inquiéter.»
Conférence à Toronto
Signe du rôle important qu'il a joué en coulisses, Brian Mulroney, qui a été au pouvoir de 1984 à 1993, sera un des principaux orateurs, en compagnie de la ministre Freeland, lors d'une conférence organisée par le Conseil canadien pour les Amériques qui aura lieu le 21 février à Toronto. Le thème de la conférence est : «Une nouvelle Amérique du Nord (A New North America)».
Selon Jean Charest, le fait que M. Mulroney a accepté de donner un précieux coup de main au gouvernement libéral de Justin Trudeau démontre que l'ex-premier ministre est «un Canadien avant d'être un conservateur. Cela ne fait aucun doute... Même s'il a aimé les batailles partisanes, être Canadien avant tout a toujours fait partie de ses aspirations. 
D'ailleurs, M. Charest a affirmé que les gouvernements ne devraient jamais hésiter à faire appel à d'anciens premiers ministres lorsque les circonstances l'exigent. «Espérons que le Canada en tire une bonne leçon. Il ne faut pas que la politique partisane nous force à mettre de côté les anciens premiers ministres. On aurait tort de le faire.»
Il a souligné que lui-même l'a fait quand il a demandé à l'ancien premier ministre Pierre Marc Johnson de représenter le Québec durant les négociations de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne. Pour la première fois, les provinces ont été invitées à participer aux négociations d'un accord commercial international.
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Cinq ministres avec Trudeau
Le premier ministre Justin Trudeau ne sera pas seul à Washington aujourd'hui. Cinq ministres influents l'accompagneront durant son premier tête-à-tête avec le président Donald Trump à la Maison-Blanche, a fait savoir hier soir le bureau du premier ministre. Les cinq ministres sont Bill Morneau (Finances), Ralph Goodale (Sécurité publique), Chrystia Freeland (Affaires étrangères), Marc Garneau (Transports) et Harjit Sajjan (Défense). Dans le cas de MM. Morneau et Sajjan et de Mme Freeland, il s'agira de leur deuxième visite dans la capitale américaine en une semaine.