jeudi, janvier 26, 2017

Une taxe sur les produits mexicains pour payer le mur

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Publié le 26 janvier 2017 à 16h25 | Mis à jour à 18h11
Une partie du mur frontalier à Sunland Park,près... (PHOTO REUTERS)
Une partie du mur frontalier à Sunland Park,près de la ville mexicaine de Ciudad Juarez.
PHOTO REUTERS
JÉRÔME CARTILLIERSYLVAIN ESTIBAL
Agence France-Presse
Washington et Mexico
Le président des États-Unis Donald Trump envisage, entre autres possibilités, la mise en place d'une taxe sur les produits mexicains pour financer la construction d'un mur à la frontière qui a provoqué jeudi un pic de fièvre entre les deux immenses pays voisins.
En pleine discorde sur ce projet de mur, promesse emblématique du magnat de l'immobilier durant sa campagne, et sur la renégociation de l'accord de libre-échange ALÉNA, le président mexicain Enrique Pena Nieto a annulé sa visite à Washington, prévue dans moins d'une semaine.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a évoqué jeudi après-midi à bord de l'avion présidentiel Air Force One, la mise en place de cette taxe de 20% qui ferait partie d'une vaste réforme.
«En faisant cela, nous pouvons récolter 10 milliards de dollars par an et facilement payer pour le mur grâce à ce seul mécanisme», a-t-il déclaré, affirmant que ce projet avait été évoqué avec les élus de la Chambre des représentants comme du Sénat.
Quelques heures plus tard, il a partiellement fait machine arrière sur ses propos, affirmant qu'il s'agissait seulement d'une proposition parmi d'autres.
Donald Trump a signé mercredi un décret donnant le coup d'envoi, largement symbolique à ce stade, au projet de construction d'un mur renforcé le long de l'immense frontière avec le Mexique.
Commentant l'annulation de la rencontre avec son homologie mexicain, il a estimé qu'elle aurait été «stérile». La veille, M. Pena Nieto avait condamné l'initiative américaine qui, «au lieu de nous unir, nous divise».
«Nous allons maintenir les lignes de communication ouvertes», a tempéré le porte-parole de la Maison Blanche.
Le sénateur républicain Lindsey Graham a exprimé, avec une point d'humour, son profond désaccord avec ce projet de l'administration Trump: «Sécurité aux frontières, oui. Taxes aux frontières, non», a-t-il tweeté, rappelant que le Mexique était le troisième partenaire des États-Unis et qu'une guerre commerciale serait néfaste pour la croissance ses deux pays.
«Pour faire simple, toute politique entraînant une hausse des prix de la Corona, de la tequila et des margaritas est une très mauvaise idée», a-t-il ajouté, concluant d'un «Mucho Sad». 
«Un monde en colère»
Sur l'immigration illégale, véritable cheval de bataille de la nouvelle administration, Donald Trump a signé un autre décret mercredi pour appliquer plus sévèrement la législation.
Il prévoit de réduire les financements fédéraux de Washington pour les quelque 200 «villes sanctuaires» aux États-Unis qui accueillent depuis des décennies des immigrés clandestins.
Le président s'est attiré les foudres des maires démocrates de Los Angeles, New York ou Chicago. Ce dernier, Rahm Emanuel, ancien secrétaire général de la Maison-Blanche sous Barack Obama, a lancé: «Que vous soyez de Pologne, du Pakistan, de l'Inde, d'Irlande, d'Israël, du Mexique ou de Moldavie, vous êtes les bienvenus à Chicago».
Le président septuagénaire pourrait aussi décider, dans les jours à venir, de bloquer pendant un mois l'arrivée en Amérique de ressortissants de sept pays musulmans: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.
Ce projet de décret présidentiel, que le quotidien Washington Post a publié mercredi, est intitulé «Protéger la nation d'attaques terroristes par des étrangers» et prévoit également l'arrêt complet pendant quatre mois du programme américain d'admission de réfugiés de pays en guerre.
Les Syriens, qui ont fui par millions le conflit dans leur pays, et dont seulement 10 000 ont été acceptés aux États-Unis en 2016, seraient, eux, définitivement interdits d'entrer.
L'administration Trump entend accepter 50 000 réfugiés cette année, toutes nationalités confondues, contre plus de 100 000 prévus par l'équipe Obama.
Elu sur des slogans de campagne isolationnistes et de lutte contre le «terrorisme islamique radical», le nouvel occupant de la Maison-Blanche a affirmé mercredi soir sur ABC qu'il fallait agir dans «un monde en colère».
«Ce n'est pas une interdiction contre les musulmans mais cela concerne des pays qui ont beaucoup de terrorisme», a-t-il affirmé, provoquant la colère des groupes de défense des droits de l'homme.
«Tourner le dos à des réfugiés vulnérables ne va pas protéger les États-Unis», a condamné l'ancien patron du centre national du contre-terrorisme, Michael Olsen, aujourd'hui membre de l'association Human Rights First. Au contraire, «cela va nourrir le récit mensonger de (l'organisation djihadiste) État islamique pour qui nous sommes en guerre contre les musulmans et non contre les groupes terroristes».

Couillard ignore si Sam Hamad terminera son mandat

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Publié le 26 janvier 2017 à 18h20 | Mis à jour à 18h20
Sam Hamad a quitté ses fonctions ministérielles au printemps... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse canadienne)
Sam Hamad a quitté ses fonctions ministérielles au printemps dernier après une controverse suscitée par sa proximité avec l'ex-organisateur libéral Marc-Yvan Côté.
PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
ALEXANDRE ROBILLARD
La Presse Canadienne
QUÉBEC
Le premier ministre Philippe Couillard ignore si Sam Hamad, l'ex-président du Conseil du trésor, terminera son mandat.
M. Couillard a déclaré jeudi qu'il avait rencontré le député de Louis-Hébert, en matinée, sans toutefois préciser le sujet de leur entretien.
Le premier ministre était accompagné de trois de ses élus de la région de Québec, jeudi après-midi, à l'occasion d'une visite dans un organisme de développement économique.
M. Couillard n'a pas voulu dire pourquoi M. Hamad, dont la circonscription est à Québec, n'était pas présent.
«Je l'ai vu ce matin, a-t-il dit en refusant d'élaborer. (...) Je suis plutôt très, très content d'avoir l'équipe de Québec à côté de moi.»
M. Hamad a quitté ses fonctions ministérielles au printemps dernier après une controverse suscitée par sa proximité avec l'ex-organisateur libéral Marc-Yvan Côté.
La perspective de son retour au conseil des ministres s'est éloignée davantage avec la récente décision de M. Couillard d'attendre encore avant de faire des changements à son équipe.
Lors d'un point de presse au terme de sa visite d'un atelier de développement d'entreprises technologiques, M. Couillard a été incapable d'assurer que son député complétera son mandat, jusqu'à l'élection de 2018.
«Je réponds en vous disant que je ne connais pas la réponse à la question», a-t-il dit.
M. Couillard a dirigé les journalistes vers M. Hamad pour savoir s'il demeurera en poste.
«Vous lui demanderez, je le souhaite», a-t-il dit.
Les critiques formulées contre son successeur au poste de ministre responsable de la région de Québec, François Blais, ont contribué à alimenter les rumeurs d'un retour de M. Hamad dans des fonctions ministérielles, où il a longtemps porté ce dossier.
Le maire de Québec, Régis Labeaume, a également fait monter les attentes lorsqu'il a déclaré, en juin, qu'il souhaitait le retour de M. Hamad au poste de responsable régional du gouvernement Couillard.
Quelques jours plus tard, le commissaire à l'éthique Jacques Saint-Laurent a constaté dans un rapport que M. Hamad n'avait pas ménagé les efforts pour aider une entreprise dont M. Côté, accusé de fraude et d'abus de confiance, était l'un des dirigeants.
Sans le blâmer, M. Saint-Laurent a cependant déclaré que son incapacité à justifier une majoration d'une subvention de l'ordre de 1 million $ constituait «un manquement aux valeurs de droiture, de convenance, de sagesse et de justice de l'Assemblée nationale».
Jeudi, M. Couillard n'a pas précisé la teneur des échanges qu'il a eus avec M. Hamad, élu pour la première fois en 2003.
«Je rencontre tous mes députés de façon régulière et ce sont des discussions confidentielles et cordiales», a-t-il dit.

Transferts en santé: Trudeau appelle les provinces récalcitrantes à discuter

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Publié le 26 janvier 2017 à 18h16 | Mis à jour à 18h16
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau... (Photo John Woods, La Presse canadienne)
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau
PHOTO JOHN WOODS, LA PRESSE CANADIENNE
La Presse Canadienne
WINNIPEG
Le premier ministre Justin Trudeau a estimé jeudi qu'il ne tient qu'aux provinces de profiter des dizaines de milliards de dollars offerts par le gouvernement fédéral pour les soins de santé.
De passage à Winnipeg dans le cadre de sa tournée nationale, M. Trudeau a rappelé qu'Ottawa offre également 5 milliards sur 10 ans pour la santé mentale et les soins à domicile.
Le premier ministre a refusé de fixer une date-butoir pour la conclusion d'ententes avec les provinces qui ne l'ont pas fait jusqu'ici.
Par contre, la «saison des budgets» arrive à grands pas et les ministres provinciaux des Finances aimeraient bien connaître le montant de ces transferts fédéraux.
Quatre importantes provinces - le Québec, l'Ontario, l'Alberta et la Colombie-Britannique - refusent toujours les offres d'Ottawa. Comme le Manitoba, d'ailleurs, qui a lancé récemment une campagne en ligne pour dénoncer la proposition fédérale de limiter la croissance de ses transferts en santé à 3,0 % par année ou en fonction du taux de croissance du produit intérieur brut national, selon le montant le plus élevé.
Après l'échec de négociations nationales, juste avant Noël, le gouvernement fédéral a conclu depuis des ententes bilatérales avec la Saskatchewan, les trois territoires et trois des quatre provinces de l'Atlantique (sauf l'Île-du-Prince-Édouard). Ces provinces et territoires ont accepté la hausse annuelle des transferts proposée par Ottawa et des «fonds dédiés» pour la santé mentale et les soins à domicile.
Le Québec, notamment, estime que ces fonds dédiés constituent une ingérence fédérale dans un champ de compétence provinciale, et que la hausse des transferts proposée par Ottawa n'est pas suffisante pour tenir compte du vieillissement croissant de la population. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a accusé le gouvernement Trudeau de pratiquer un «fédéralisme prédateur».
M. Trudeau a dit espérer, jeudi, pouvoir discuter avec les provinces récalcitrantes afin d'assurer le bien-être de tous les Canadiens.

Claude Surprenant contredit par les règles de l'Assemblée nationale

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Publié le 26 janvier 2017 à 14h17 | Mis à jour à 14h50
Claude Surprenant... (Photo archives Le Soleil)
Claude Surprenant
PHOTO ARCHIVES LE SOLEIL
ALEXANDRE ROBILLARD
La Presse Canadienne
QUÉBEC
Les règles de l'Assemblée nationale interdisent à un député d'accorder un contrat à sa conjointe à partir des fonds publics dont il dispose, contrairement à ce que Claude Surprenant a soutenu cette semaine, avant d'être exclu du caucus caquiste.
L'institution a invoqué les privilèges parlementaires pour refuser de confirmer ou d'infirmer un remboursement des honoraires de 715 $, à la conjointe du député de Groulx, pour l'aménagement de son bureau de circonscription, en 2014.
Une porte-parole de l'Assemblée nationale, Noémie Cimon-Mattar, a cependant indiqué, sans référence directe au cas de M. Surprenant, qu'un tel remboursement est interdit par les dispositions du Code d'éthique et de déontologie des députés.
«C'est pourquoi l'Assemblée nationale, lorsqu'elle est informée d'une telle situation, ne rembourse pas la réclamation d'un député», a-t-elle écrit dans un courriel.
Une ex-attachée politique du député, Julie Nadeau, a déclaré mercredi à La Presse canadienne que l'institution n'a, à sa connaissance, jamais été informée que Martine Duguet, qui avait obtenu ce contrat, était la conjointe de M. Surprenant.
Mme Nadeau, qui a multiplié les révélations fracassantes sur la gestion du député, a affirmé que cette relation n'est jamais apparue dans les documents transmis.
«L'Assemblée nationale ne savait pas que c'était sa femme, quand j'ai fait la réclamation de 715 $, a-t-elle dit. Ce n'était écrit nulle part sur le rapport de frais, ou quand j'ai transféré la facture, que c'était la conjointe du député.»
Lundi, alors qu'il nageait en pleine controverse, M. Surprenant a pourtant assuré que la demande de remboursement était très claire.
«On a présenté la facture à l'Assemblée nationale tout en déclarant qu'il s'agissait de ma conjointe, avait-il dit. Comme il s'agissait d'une compétence spécifique reliée à ma conjointe, ils ont accepté qu'elle soit payée.»
Malgré des demandes répétées, M. Surprenant n'avait pas encore été en mesure, jeudi, de répondre à une demande d'entrevue pour commenter ces nouveaux faits.
Le chef caquiste François Legault a annoncé, mardi, que le député était exclu temporairement de son caucus d'ici la fin d'une enquête du commissaire à l'éthique, Jacques Saint-Laurent, sur diverses dépenses qui suscitent des interrogations.
M. Legault a pris cette décision après avoir appris du personnel caquiste que M. Surprenant n'avait pas été vu à l'Assemblée nationale, en août 2015, alors qu'il a pourtant réclamé des frais d'hébergement pour sa famille et lui.
À la demande de l'Assemblée nationale, M. Surprenant a dû faire un remboursement de 150 $ pour une des deux chambres qu'il avait prises, les règles n'en autorisant qu'une seule.
Mme Nadeau a affirmé en entrevue que le cabinet du secrétaire général de l'Assemblée nationale, Michel Bonsaint, s'était plaint de l'insistance déplacée du député à obtenir ce qu'il voulait, malgré le refus de la direction des ressources financières.
M. Surprenant, qui faisait le guet devant le cabinet du plus haut responsable administratif, a réussi à se faire entendre, non sans faire un accroc au décorum exigeant une prise de rendez-vous, a indiqué l'ex-attachée politique.
«Je me suis fait appeler par l'adjointe de Michel Bonsaint qui m'a dit que c'était un petit peu intense et que la prochaine fois ce serait une lettre écrite de Michel Bonsaint à la whipperie pour qu'il cesse ses courriels nombreux et arrête de courir après lui dans les couloirs de l'Assemblée nationale», a-t-elle dit.
M. Surprenant a également remboursé à l'Assemblée nationale 487 $ à la suite d'une fausse déclaration de frais de déplacement, alors qu'il effectuait du covoiturage avec un autre député.
Mme Nadeau s'est réjouie que le commissaire à l'éthique se penche sur les dépenses de M. Surprenant, qui accuse son ex-attachée d'avoir détourné 9500 $ du budget de fonctionnement de son bureau de circonscription.
«Je suis vraiment contente qu'il y ait une analyse complète du dossier», a-t-elle dit.
Mme Nadeau a nié toute malversation concernant l'utilisation de 21 chèques faits à son nom durant la période où elle était présente au bureau du député, en 2014 et 2015.
«Je ne sais pas comment j'aurais fait pour tricher à ce point-là», a-t-elle dit.

La ministre Vallée nomme trois nouveaux juges à la Cour du Québec

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Publié le 26 janvier 2017 à 11h26 | Mis à jour à 11h26
La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.... (Jacques Boissinot, archives PC)
La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.
JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES PC
La Presse Canadienne
La ministre de la Justice Stéphanie Vallée a annoncé jeudi la nomination de trois juges à la Cour du Québec.
Karine Giguère, qui a travaillé pendant plusieurs années au bureau d'aide juridique de Montréal, où elle notamment occupé le poste de directrice, exercera sa nouvelle fonction de juge principalement à la Chambre criminelle et pénale, à Montréal.
Sophie Lavergne exerçait depuis 2001 sa profession auprès du Directeur des poursuites criminelles et pénales. Elle y a notamment agi à titre de substitut du procureur général, de procureure en chef adjointe et, depuis 2015, de procureure en chef du Bureau des affaires de la jeunesse. Elle travaillera comme juge principalement à la Chambre criminelle et pénale et à la Chambre de la jeunesse à Saint-Jérôme.
Après avoir travaillé en cabinet privé, Steve Guénard exerçait depuis 2009 sa profession à la Ville de Gatineau, notamment comme directeur des Services juridiques depuis 2016. Il exercera sa fonction de juge principalement à la Chambre civile et, subsidiairement, à la Chambre criminelle et pénale, à Gatineau.
Par ailleurs, la ministre Stéphanie Vallée a aussi nommé Isabelle Grondin et Francis Paradis juges à la cour municipale de la Ville de Montréal.

La crise financière des médias menace la démocratie canadienne

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Publié le 26 janvier 2017 à 12h46 | Mis à jour à 12h46
Le président et directeur général du FPP, Edward... (Fred Chartrand, PC)
Le président et directeur général du FPP, Edward Greenspon, un ancien rédacteur en chef du Globe and Mail et ancien cadre au Toronto Star, lors de la présentation de son rapport intitulé Le miroir éclaté - nouvelles, démocratie et confiance dans l'ère numérique et remis à la ministre Joly.FRED CHARTRAND, PC
(Ottawa) La crise financière qui secoue l'industrie des médias au pays est telle qu'elle constitue une menace pour la santé de la démocratie canadienne, soutient le Forum des politiques publiques (FPP) dans un rapport percutant rendu public jeudi matin.
En raison des effets pervers de cette crise sur la diversité et la qualité de l'information, le gouvernement fédéral a l'obligation d'intervenir en mettant notamment sur pied un Fonds pour l'avenir du journalisme et de la démocratie, financé à même une taxe imposée aux sociétés étrangères telles Google et Facebook qui s'enrichissent grâce au marché publicitaire numérique au Canada sans produire de contenu de nouvelles canadiennes.
Ce fonds, qui pourrait s'élever entre 300 et 400 millions de dollars par année, pourrait servir à financer des projets visant à soutenir l'industrie des médias au pays à l'ère numérique, a indiqué le président et directeur général du FPP, Edward Greenspon, un ancien rédacteur en chef du Globe and Mail et ancien cadre au Toronto Star. Le gouvernement fédéral serait appelé à injecter 100 millions pour lancer les opérations de ce nouveau fonds.
« Pour les décideurs politiques canadiens, la question n'est pas de savoir si certains médias sont en difficulté, mais plutôt si la démocratie elle-même est en péril », soutient-on dans le rapport, intitulé Le miroir éclaté - nouvelles, démocratie et confiance dans l'ère numérique, qui a été remis à la ministre du Patrimoine Mélanie Joly.
Le constat du FPP est brutal : les revenus publicitaires des médias traditionnels sont en chute libre ; un tiers des postes de journalistes ont été perdus au cours des six dernières années ; des journaux ont fermé leurs portes. Pendant ce temps, deux entreprises étrangères - Facebook et Google - gobent 82,4 % des revenus de la publicité numérique au Canada, sans payer d'impôts au trésor fédéral, laissant des miettes aux médias canadiens.
À la demande de la ministre Mélanie Joly, le FPP a passé les six derniers mois à sillonner le pays et à consulter les représentants des médias comme La Presse, Le Devoir, Radio-Canada, Toronto Star et The Globe and Mail, afin de déterminer l'ampleur de la crise et d'identifier des pistes de solution
« C'est un fait indéniable : l'état du journalisme et, par conséquent, de la démocratie s'empire. La baisse à deux chiffres des revenus publicitaires s'est propagée des quotidiens aux journaux communautaires et aux téléactualités locales et traditionnelles. Les revenus d'annonces numériques pour les journaux sont coincés aux mêmes niveaux qu'il y a 10 ans et moins de 10 % des Canadiens affirment être prêts à payer pour accéder aux informations numériques », a expliqué M. Greenspon en présentant son rapport.
Dans ce tour d'horizon sombre, le FPP souligne le travail de La Presse qui a su innover en lançant modèle d'affaires qui mise sur le numérique et la tablette. « Parmi les entreprises de presse établies, celle qui se démarque le plus est La Presse, dont l'expérience audacieuse consistant à transformer son journal en une application pour tablette a été rendue possible en partie par les importants capitaux de ses propriétaires. [...] Mais ce qui est avant tout remarquable, c'est la détermination avec laquelle la direction a opté pour cette stratégie en 2011 et l'a poursuivie sans jamais sourciller », note-t-on dans le rapport de 103 pages.
Dans son rapport, le FPP formule une douzaine de recommandations. Outre les modifications à la Loi de l'impôt sur le revenu pour les publicités sur internet, le FFP propose de mettre fin à la publicité en ligne sur les sites de Radio-Canada/CBC, de confier à La Presse canadienne le mandat de créer un service dédié à la couverture de nouvelles locales et régionales, d'offrir un soutien aux médias qui couvrent les affaires autochtones, et de créer un institut de recherche permanent pour étudier l'incidence des nouvelles sur l'état de la démocratie canadienne.
Il propose également de revoir les règles d'équité de la Loi sur le droit d'auteur afin de permettre aux créateurs de contenu de nouvelles de mieux contrôler ce que devient leur propriété intellectuelle.

Montpellier acquiert un presbytère

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Publié le 16 janvier 2017 à 20h52 | Mis à jour le 16 janvier 2017 à 20h52
L'ancien presbytère de Notre-Dame-de-la-Consolation... (Courtoisie, ministère de la Culture et des Communications)
L'ancien presbytère de Notre-Dame-de-la-Consolation
COURTOISIE, MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS
Après des années de pourparlers avec la Fabrique, la municipalité de Montpellier vient de faire l'acquisition de l'ancien presbytère de Notre-Dame-de-la-Consolation et du centre communautaire du village pour la somme symbolique de 1 $.
L'ancien presbytère de la rue Principale, construit en 1908 et protégé par un règlement de citation patrimoniale, a abrité le Centre d'art contemporain de l'Outaouais, organisateur du Recycl'art, de 2004 jusqu'au départ de l'organisme vers Gatineau en 2011. 
Depuis, le bâtiment dont l'extérieur avait été restauré à grands coups de dizaines de milliers de dollars en 2009 était devenu inutilisé. Cela faisait quelques années que la municipalité tentait de l'acquérir, mais sans succès.
Le maire de Montpellier, Stéphane Séguin, soutient que la transaction sera officialisée en février.
« La Fabrique a collaboré de façon très intéressante dans ce dossier. On va maintenant voir quels projets futurs on pourrait développer avec cette bâtisse qui représente toute l'histoire de Montpellier. C'est sûr qu'on va prioriser un projet rassembleur pour l'ensemble de la communauté », affirme le maire Séguin.
La municipalité de Montpellier a prévu un montant de 160 000 $ en immobilisations pour 2018 en vue de rénover l'ancienne maison curiale.
L'acquisition du centre communautaire viendra par ailleurs faciliter les opérations et l'usage fait de l'édifice par la municipalité qui louait les lieux au cours des dernières années, fait remarquer M. Séguin.
Par ailleurs, Montpellier a adopté lors de sa séance de janvier un budget chiffré à 1,9 million de dollars marqué par une hausse de la taxe foncière de 1 %. En vertu de la baisse de certaines taxes de services, les contribuables ne verront toutefois pas leur compte augmenter. À titre d'exemple, la taxe dédiée à la collecte des ordures passe en 2017 de 129 $ à 68 $ pour les résidences et propriétaires de terres agricoles, en raison de la résiliation du contrat qui était autrefois en vigueur avec Duhamel et Lac-Simon.
M. Séguin indique que la priorité ces prochains mois sera de faire progresser l'implantation d'Internet haute vitesse et de tours de réseau cellulaire sur le territoire de la municipalité et un peu partout dans la Petite-Nation.

Trump et les républicains: pas encore sur la même longueur d'onde

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Publié le 26 janvier 2017 à 09h59 | Mis à jour à 09h59
À tout prix, les chefs républicains tentaient d'éviter... (Photo Associated Press)
À tout prix, les chefs républicains tentaient d'éviter de parler des tweets du président Donald Trump (photo), qui représentent à leurs yeux des distractions malvenues.
PHOTO ASSOCIATED PRESS
IVAN COURONNE
Agence France-Presse
Washington
Le président républicain Donald Trump participe jeudi au séminaire des républicains du Congrès à Philadelphie dans le but d'aligner les voix de la majorité et de l'exécutif sur les grandes réformes à venir.
Le parti républicain, qui contrôle tout le pouvoir à Washington, fait de son mieux depuis la victoire du milliardaire en novembre dernier pour mettre en valeur les points d'accord et minimiser les divergences qui existent notamment sur la santé, le budget, les infrastructures, ou tout simplement sur les prises de parole intempestives du nouveau président.
Ce dernier se rendra jeudi après-midi devant les élus de la Chambre des représentants et du Sénat réunis dans un hôtel de la grande cité de Pennsylvanie.
La Première ministre britannique, Theresa May, fera également le voyage jeudi, au moment où elle tâche d'esquisser les contours de la future relation commerciale entre les deux alliés. Elle verra Donald Trump vendredi à la Maison Blanche.
Le commerce, justement, est l'un des points d'achoppement idéologiques entre l'aile libre-échangiste du parti républicain, représentée par des figures comme Paul Ryan, le «speaker» de la Chambre, et la frange protectionniste incarnée par Donald Trump.
Parmi ses premiers actes présidentiels, l'homme d'affaires devenu président a retiré les États-Unis du traité de libre-échange transpacifique péniblement négocié par son prédécesseur Barack Obama, et qui n'avait d'ailleurs jamais été ratifié. Sa promesse de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain inquiète aussi à droite, et les parlementaires auront leur mot à dire au Congrès.
Tweets intempestifs
À tout prix, les chefs républicains tentaient d'éviter de parler des tweets du président, qui représentent à leurs yeux des distractions malvenues.
Il a par exemple annoncé mercredi sur le réseau social le lancement d'une «grande enquête» sur de prétendues fraudes électorales lors du scrutin présidentiel, lors duquel il affirme que jusqu'à cinq millions de personnes ont voté illégalement.
«Je n'ai pas vu de preuve», a dû répondre, mal à l'aise, le sénateur républicain John Thune à Philadelphie.
La persistance du président républicain à attaquer les médias qui ont souligné le nombre relativement faible de personnes ayant assisté à son investiture vendredi dernier à Washington trouble aussi les élus, qui s'inquiètent de la décrédibilisation possible de leur chef de file.
«Cela m'a déçu», a dit Adam Kinzinger sur CNN, qui avertit du «grave danger» de la perte de soutiens au sein du Congrès.
Idem de la menace lancée par Donald Trump de faire intervenir les «fédéraux» à Chicago contre la violence par armes à feu - anathème chez les conservateurs qui refusent par principe toute ingérence fédérale dans les affaires locales.
Au-delà de ces désaccords, les chefs républicains se préparent à légiférer vite pour abroger la réforme du système de santé de 2010, surnommée Obamacare, et voter leur propre réforme. Ils sont d'accord avec Donald Trump sur l'objectif final: faire baisser le coût de l'assurance maladie dans le pays.
Mais le diable se niche dans les détails, et aucun projet de loi ne semble unifier à ce stade les diverses sensibilités du parti. Qui assurer, comment, à quel prix, quand... sont des questions qui restent sans réponse.
Sur la grande baisse d'impôts promise (de 35% à 15% pour l'impôt sur les sociétés, par exemple), le terrain d'entente est plus large mais pas encore inscrit dans le marbre.
Et concernant le grand plan d'infrastructures promis par le 45e président dans son discours d'investiture, ce sont les démocrates qui ont pris leur adversaire au mot. Ils ont déposé mardi une proposition de loi au Sénat pour investir 1000 milliards, le chiffre proposé par Donald Trump pendant la campagne.

Athènes refuse d'extrader en Turquie huit militaires turcs

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Publié le 26 janvier 2017 à 08h48 | Mis à jour à 09h06
Les huit militaires turcs escortés par la police... (AP)
Les huit militaires turcs escortés par la police grecque à Athènes, le 26 janvier 2016.
AP
ATHÈNES
Agence France-Presse
La Cour suprême grecque a refusé jeudi l'extradition en Turquie des huit militaires turcs, putschistes présumés selon Ankara, qui avaient fui en Grèce au lendemain du coup d'État manqué en Turquie le 15 juillet.
Les juges de la Cour suprême ont suivi les réquisitions du parquet, qui s'était prononcé il y a dix jours contre l'extradition de ces officiers en soulignant l'absence de garanties en Turquie pour un procès juste et équitable, selon une source judiciaire.
La présidente de la cour a indiqué que leur extradition n'était pas autorisée car les huit officiers sont inculpés pour des crimes en Turquie et «ils risquent d'être torturés».
La cour a ordonné la libération des huit officiers, en détention provisoire en Grèce depuis leur atterrissage en hélicoptère le 16 juillet dans un aéroport dans le nord du pays.
Les huit militaires turcs ont démenti à plusieurs reprises toute implication dans la tentative de coup d'État et affirmé qu'ils avaient décidé de fuir par peur des représailles contre des militaires lors de la reprise en main de la situation par le gouvernement turc.
En première instance, une cour d'Athènes avait rejeté l'extradition pour cinq de ces militaires, mais l'avait avalisée pour trois. Ces derniers ont fait appel tandis que le parquet a également fait appel contre le rejet de l'extradition.
Plusieurs militaires ont fui dans des pays européens après le putsch manqué en Turquie.

Londres publie son projet de loi sur le déclenchement du Brexit

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Publié le 26 janvier 2017 à 08h30 | Mis à jour à 08h30
Intitulé «Projet de loi de l'Union européenne (notification... (AFP)
AFP
Intitulé «Projet de loi de l'Union européenne (notification de retrait)», le document, très bref, demande aux parlementaires de «conférer le pouvoir à la première ministre de notifier, selon l'article 50 du traité de l'Union européenne, l'intention du Royaume-Uni de se retirer de l'UE».

MAUREEN COFFLARD
Agence France-Presse
Londres
Le gouvernement britannique a publié jeudi le projet de loi qu'il va soumettre au Parlement pour être autorisé à lancer les négociations de sortie de l'Union européenne, a annoncé le ministère chargé du Brexit.
Intitulé «Projet de loi de l'Union européenne (notification de retrait)», le document, très bref, demande aux parlementaires de «conférer le pouvoir à la première ministre de notifier, selon l'article 50 du traité de l'Union européenne, l'intention du Royaume-Uni de se retirer de l'UE».
Cette publication intervient deux jours après la décision de la Cour suprême obligeant le gouvernement à obtenir l'aval du parlement avant d'activer l'article 50, qui lancera les négociations de sortie de l'UE.
Ce projet de loi «simple», «sera présenté à la Chambre des Communes et la chambre des Lords avant d'obtenir l'assentiment royal avant la date limite du 31 mars», précise le ministère dans un communiqué.
«Je fais confiance au parlement, qui a voté en faveur du référendum par six contre un, pour respecter la décision prise par le peuple britannique et pour valider rapidement ce projet de loi», a indiqué David Davis, le ministre chargé du Brexit.
Le projet de loi sera présenté et discuté devant la Chambre des Communes mardi et mercredi prochains puis le 8 février où il sera soumis à un vote, a précisé le gouvernement. Il sera ensuite présenté devant la chambre des Lords, la chambre haute du parlement avant d'être transmis à la Reine.
«Aussi expéditif que possible»
La première ministre Theresa May a promis d'activer avant la fin mars l'article 50 du Traité de Lisbonne déclenchant le Brexit. Son gouvernement a affirmé que le vote de députés ne devrait pas remettre en cause ce calendrier.
Mercredi, Theresa May a en outre indiqué accepter finalement de préciser sa stratégie pour le Brexit dans un «livre blanc» que réclamait à cor et à cri l'opposition, et préconisé par la commission parlementaire sur le Brexit.
Mme May s'était jusque là refusée à le faire, affirmant qu'elle avait été suffisamment explicite dans son discours du 17 janvier défendant une rupture «claire et nette» avec l'Union européenne impliquant la sortie du marché unique en vue de reprendre le contrôle des frontières du pays.
Malgré l'insistance du leader de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, elle n'a cependant pas voulu donner une date de publication du document.
«Nous allons d'abord présenter le projet de loi et publier ensuite le livre blanc en temps voulu», a souligné une porte-parole de Mme May. Elle a précisé que ce livre allait «se fonder sur le discours» du 17 janvier.
Jeudi, David Davis a assuré devant les députés l'intention du gouvernement d'être «aussi expéditif que possible» en vue d'une adoption rapide.
Celle-ci ne devrait pas poser de difficultés, car même si le gouvernement ne dispose que d'une étroite majorité à la Chambre des Communes, le Labour, principal parti d'opposition, a promis de ne pas bloquer le projet de loi.
Néanmoins, M. Corbyn a annoncé que le parti travailliste allait déposer des amendements demandant notamment des garanties sur un accès au marché unique et sur la protection des droits des travailleurs. Le Parti national écossais (SNP) compte également déposer «50 amendements» au projet de loi gouvernemental.

La ville frontalière de Tijuana s'inquiète du mur de Trump

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Publié le 26 janvier 2017 à 07h02 | Mis à jour à 07h02
Plus d'un million de personnes et 400 000... (AFP)
Plus d'un million de personnes et 400 000 véhicules franchissent légalement chaque jour les 3200 kilomètres qui séparent les deux pays, selon le président mexicain Enrique Peña Nieto.
AFP
JENNIFER GONZALEZ COVARRUBIAS
Agence France-Presse
TIJUANA
Mayra Rodriguez a passé 22 années à faire des allers-retours entre Tijuana, dans le nord-ouest du Mexique, et San Diego en Californie, aux États-Unis, pour financer les études de pilote de son fils.
Chaque jour à 5 heures du matin, elle vient attendre à ce point de passage pour se rendre chez son employeur à San Diego où elle emballe de la nourriture mexicaine congelée.
Quitter Tijuana, une ville de 1,9 million d'habitants située dans une zone désertique et poussiéreuse, pour traverser la frontière peut prendre jusqu'à trois heures en voiture aux heures de pointe.
Beaucoup sont aujourd'hui préoccupés à l'idée que ce délai puisse s'allonger considérablement après la décision de Donald Trump de lancer la construction du fameux mur frontalier.
Plus d'un million de personnes et 400 000 véhicules franchissent légalement chaque jour les 3200 kilomètres qui séparent les deux pays, selon le président mexicain Enrique Peña Nieto.
Mayra tremble à l'idée que les choses puissent changer pour elle. «J'ai le privilège de travailler là-bas, parce qu'ici je ne pourrais pas faire grand-chose. Je suis une mère célibataire», explique cette femme vivant dans un quartier modeste et qui passe en moyenne deux heures et demie chaque jour dans les transports en commun.
Mayra craint désormais de perdre son travail car elle a la quasi-certitude que la construction du mur ralentira le passage vers San Diego.
Sur la plus grande partie de la frontière qui sépare les deux villes se dresse une grande muraille en métal rouge oxydé.
Paradoxalement, Mayra - comme beaucoup d'autres Mexicains qui dorment en territoire mexicain et travaillent aux États-Unis - a bénéficié, grâce aux menaces protectionnistes de Trump, de la forte dépreciation du peso face au dollar.
«En ce moment nous sommes privilégiés, grâce à Dieu», avoue timidement cette mère d'une autre adolescente inscrite dans le secondaire dans une école privée.
«Je ressens des sentiments contradictoires. D'un côté, mes enfants vivent bien ici grâce aux dollars que je gagne de l'autre côté, mais je ne veux pas aller vivre là-bas, et j'ai peur de ne plus pouvoir y aller quotidiennement», explique-t-elle en regagnant à pied son domicile.
«Incertitude insupportable»
Au point de passage destiné aux véhicules, la circulation est lente. Des marchands ambulants circulent entre les voitures pour proposer de la nourriture ou encore des statuettes de la Sainte Vierge. Immobilisés dans des voitures souvent en mauvais état, immatriculées pour la plupart en Californie, les passagers parlent avec empressement de leurs craintes face à la politique de Trump.
«C'est sûr que nous allons perdre beaucoup de temps. Certains vont perdre leur travail à cause de cela», craint Julian Tamayo, 49 ans. Mais ce qui le dérange plus, c'est l'humiliation qu'il craint d'avoir à subir plus fréquemment de la part des fonctionnaires de l'immigration. «Avec son discours, Trump est en train de leur donner carte blanche pour encore plus d'abus», estime-t-il.
Hector Renteria, étudiant en architecture dans une université publique à Tijuana, pense «que le mur n'est pas nécessaire car il y aura toujours des moyens de passer» pour les migrants illégaux.
Pour lui, la première conséquence de la construction du mur sera le ralentissement de la circulation. Le contrôle des documents «sera plus strict».
Tijuana est un important point de passage pour des camions transportant toutes sortes de produits.
Des sociétés de transport ont mis des années à obtenir les permis leur permettant de faire entrer des marchandises aux États-Unis et aujourd'hui les chauffeurs ne trouvent plus le sommeil à l'idée de perdre ces autorisations.
Chaque mois, plus de 70 000 camions passent ici, selon des chiffres de 2016 fournis par le gouvernement.
Si Trump «met à exécution tout ce qu'il dit, on ne pourra plus traverser, et ce travail disparaîtra», s'inquiète Roman Diaz, 45 ans, tandis que son camion transportant des téléviseurs avance tout doucement. «On vit dans une incertitude insupportable».

Avant Trump, une longue lignée protectionniste à la Maison-Blanche

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Publié le 26 janvier 2017 à 07h24 | Mis à jour à 07h24
Dans les années 1980, le Japon est accusé... (PHOTO AFP)
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Dans les années 1980, le Japon est accusé d'inonder les États-Unis de produits bon marché et Ronald Reagan passe à l'action. En 1983, dans le but avoué de sauver Harley Davidson, il multiplie par dix, à 45%, les droits de douane sur les motos japonaises de grosse cylindrée.

JEREMY TORDJMAN
Agence France-Presse
Un protectionniste à la tête du pays étendard de l'ouverture économique: la stratégie de Donald Trump peut sembler contre nature aux États-Unis, mais s'inscrit pourtant dans une longue histoire de crispations commerciales au sommet du pouvoir américain.
Bien avant que le président Trump ne menace d'édifier des barrières douanières contre la Chine ou le Mexique, plusieurs de ses prédécesseurs ont ainsi dégainé l'arme protectionniste, notamment ceux issus d'un parti républicain qui défend aujourd'hui le libre-échange.
Dans les années 1980, le Japon est accusé d'inonder les États-Unis de produits bon marché et Ronald Reagan passe à l'action. En 1983, dans le but avoué de sauver Harley Davidson, il multiplie par dix, à 45%, les droits de douane sur les motos japonaises de grosse cylindrée.
Quelques années plus tard, en 1987, le président républicain, pourtant héraut de la loi du marché face au dirigisme soviétique, imposera des droits de douane de 100% sur les télévisions et ordinateurs nippons après avoir déjà décrété des quotas d'importation sur les voitures et l'acier japonais.
Dans les années 1970, le flambeau protectionniste est porté par un autre républicain, Richard Nixon.
En 1971, pour freiner l'envolée du dollar, le pensionnaire de la Maison-Blanche met fin à la convertibilité en or du billet vert --pilier du système monétaire-- et impose une surcharge de 10% sur l'ensemble des importations américaines pour forcer ses partenaires commerciaux à réévaluer leur devise.
Frictions
Occultés par le libre-échange triomphant des 25 dernières années, ces élans protectionnistes puisent en réalité aux sources mêmes du parti républicain.
«À ses origines et pendant de nombreuses décennies, le parti républicain a défendu des droits de douane élevés dans l'idée de développer les capacités industrielles du pays», explique à l'AFP Eric Rauchway, historien à l'université de Californie.
Fondé en 1854, le Grand Old Party est alors très proche des industriels du nord-est des États-Unis qui réclamaient des protections contre les produits venus de la principale puissance économique de l'époque, la Grande-Bretagne.
Majoritairement aux commandes de la Maison-Blanche jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, le parti va ainsi mettre en place «un mur de protections douanières» pour servir de parapluie à une industrie naissante, explique à l'AFP Michael Lind, auteur de «Land of Promise. An Economic History of The United States».
Cette politique fait toutefois des mécontents. Appuyées par le parti démocrate, les grandes plantations agricoles du sud, piliers de l'esclavagisme, militent pour un libre-échange qui leur permettrait d'exporter leur coton vers le Royaume-Uni et d'importer des équipements industriels moins coûteux que ceux produits aux États-Unis.
Sous l'influence républicaine, le protectionnisme américain va pourtant s'enraciner dans la première moitié du XXe siècle et même s'accélérer à l'approche de la crise de 1929 et après son déclenchement.
En 1930, la loi Smoot-Hawley relève ainsi les droits de douane sur 20 000 produits et suscite des représailles à l'étranger, aggravant les ravages de la Grande Dépression.
Certains vestiges de cette époque sont encore présents aujourd'hui. Voté en 1933, le Buy American Act oblige encore les agences fédérales à s'approvisionner prioritairement en biens produits sur le sol américain.
Revirement
Les États-Unis vont toutefois radicalement changer de cap au lendemain de la Seconde Guerre mondiale qui a mis à terre les industries britannique, allemande et japonaise.
«L'élite des affaires et les républicains se sont convertis au libre-échange parce qu'il n'y avait plus de compétition et que les États-Unis étaient en situation de monopole industriel sur le globe», estime M. Lind.
Les premiers ressacs protectionnistes arriveront d'ailleurs dans les années 70 au moment du retour en force industriel de l'Allemagne et du Japon.
Ils se manifesteront à nouveau dans les années 80 quand les États-Unis seront frappés par une sévère récession entre 1980 et 1982.
«L'idée qu'il faut revenir à une certaine forme de protectionnisme en temps de crise a toujours eu un grand potentiel de séduction», souligne M. Rauchway.
À mesure que les États-Unis gagnaient en puissance, le protectionnisme américain a toutefois changé de visage: il ne vise plus à couver des industries naissantes mais à se défendre contre l'arrivée de biens produits à moindre coût.
Le président Trump semble s'être fait le dépositaire de ce courant de pensée en s'en prenant à la Chine et en se retirant du traité de libre-échange transpacifique TPP.
«C'est ce protectionnisme "défensif" que Donald Trump fait revivre aujourd'hui», affirme M. Lind.

Trump durcit le ton avec le président mexicain

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Publié le 26 janvier 2017 à 09h08 | Mis à jour à 09h42
Le président mexicain Enrique Peña Nieto.... (Photo Reuters)
Le président mexicain Enrique Peña Nieto.
PHOTO REUTERS
Agence France-Presse
Washington
Le président des États-Unis Donald Trump a fait monter encore un peu plus la tension avec le Mexique jeudi en conseillant à son président Enrique Peña Nieto d'annuler sa visite à Washington s'il ne souhaite pas payer le mur à la frontière.
«Les États-Unis ont un déficit des échanges commerciaux de 60 milliards avec le Mexique. Depuis le début de [l'accord de libre-échange] ALENA, c'est un accord qui ne va que dans un sens, avec énormément de pertes d'emplois et d'entreprises», a lancé le président républicain sur Twitter.
«Si le Mexique n'est pas prêt à payer le mur, qui est vraiment nécessaire, ce serait mieux d'annuler la rencontre à venir», a-t-il ajouté, évoquant la rencontre prévue dans cinq jours à la Maison Blanche.
The U.S. has a 60 billion dollar trade deficit with Mexico. It has been a one-sided deal from the beginning of NAFTA with massive numbers...

of jobs and companies lost. If Mexico is unwilling to pay for the badly needed wall, then it would be better to cancel the upcoming meeting.

Sous la pression de l'opposition mexicaine qui l'a exhorté à annuler son déplacement à Washington, le président mexicain a indiqué qu'il attendrait le retour d'une délégation de haut niveau à Washington avant de prendre une décision.
«Je regrette et condamne la décision des États-Unis de continuer la construction du mur qui, depuis des années, au lieu de nous unir, nous divise», a-t-il déclaré dans un bref message vidéo diffusé mercredi soir sur son compte Twitter.
Donald Trump a signé mercredi un décret lançant la construction d'un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique pour endiguer l'immigration clandestine, la promesse la plus emblématique de sa campagne.
La décision polémique de M. Trump intervient au moment où les ministres mexicains des Affaires étrangères et de l'Économie se trouvent à Washington pour préparer la rencontre entre les deux chefs d'État, cinq mois après une visite du candidat Trump à Mexico qui avait scandalisé les Mexicains.