Information sur la politique 1

mercredi, janvier 11, 2017

Les adieux émus de Barack Obama

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Publié le 10 janvier 2017 à 13h26 | Mis à jour le 11 janvier 2017 à 08h06
Le président américain sortant Barack Obama... (PHOTO Jonathan Ernst, REUTERS)
Le président américain sortant Barack Obama
PHOTO JONATHAN ERNST, REUTERS
ANDREW BEATTYJÉRÔME CARTILLIER
Agence France-Presse
Chicago
Le président Barack Obama s'est adressé mardi pour la dernière fois à l'Amérique et au monde, dans un discours qui fut à la fois un adieu ému et un appel à la vigilance.
«Yes we did» (Oui, nous l'avons fait), a-t-il conclu sur un tonnerre d'applaudissements, dans une allusion à son célébrissime slogan de campagne «Yes we can».
Par moment troublé -il a écrasé une larme en rendant un hommage appuyé à sa femme-, le 44e président des États-Unis, qui s'apprête à céder la place à l'homme d'affaires Donald Trump, a aussi exhorté les Américains à être des acteurs du processus démocratique.
«La démocratie peut flancher lorsque nous cédons à la peur», a-t-il mis en garde depuis Chicago, terre de sa fulgurante ascension politique où il avait célébré, il y a huit ans, son accession à la Maison-Blanche.
«Notre démocratie est menacée à chaque fois que nous la considérons comme acquise», a-t-il insisté, soulignant que la constitution américaine, «remarquable cadeau», n'avait aucun pouvoir en tant que tel.

Tempes blanchies et visage émacié par huit années à la tête de la première puissance mondiale, le premier président noir de l'histoire des États-Unis a aussi appelé à l'unité. Car la question raciale reste «un sujet qui divise» en Amérique, a-t-il dit.
«Tous ensemble, quel que soit notre parti, nous devrions nous attacher à reconstruire nos institutions démocratiques», a-t-il martelé, devant près de 20 000 personnes rassemblées au coeur de cette ville de l'Illinois où il a rencontré sa femme et où ses enfants sont nés.
«J'y crois toujours !»
Barack Obama, 55 ans, qui bénéficie, à l'heure du départ d'une solide cote de popularité, a insisté sur «le pouvoir des Américains ordinaires comme acteurs du changement».
Et il a par moments tenté de réconforter sa famille politique, toujours sous le choc de l'élection surprise de Donald Trump, en vantant les progrès accomplis et sa confiance intacte en la capacité de progrès de la société américaine.
«La première fois que je suis venu à Chicago, j'avais un peu plus de 20 ans, j'essayais de comprendre qui j'étais, j'étais à la recherche d'un but dans ma vie», a-t-il lancé devant une foule enthousiaste.
«C'est ici que j'ai appris que le changement ne se produit que si des gens ordinaires s'impliquent, s'engagent et se rassemblent pour l'exiger. Après huit ans de présidence, j'y crois toujours !».
S'il n'a jamais cité le nom de celui qui lui succédera le 20 janvier dans le Bureau ovale, il a lancé quelques mises en garde à son attention, en particulier sur le réchauffement climatique.
«Nous pouvons, et devons, débattre de la meilleure approche pour s'attaquer à ce problème», a-t-il affirmé.
«Mais simplement nier le problème revient non seulement à trahir les générations futures, mais aussi à trahir l'esprit d'innovation et de recherche de solutions qui ont guidé nos fondateurs», a-t-il ajouté dans l'immense centre de conférence McCormick Place.
C'est à quelques kilomètres de là qu'il avait pris la parole au soir de sa première victoire, le 5 novembre 2008, à Grant Park, immense jardin public coincé entre le lac Michigan et des gratte-ciel.
«Si jamais quelqu'un doute encore que l'Amérique est un endroit où tout est possible, (...) la réponse lui est donnée ce soir», avait-il lancé devant des dizaines de milliers de personnes rassemblées dans le froid.
Hommage à Michelle
Les billets -gratuits- pour assister à ce dernier discours s'étaient arrachés dès samedi à l'aube devant ce centre de conférences où des centaines de personnes avaient fait la queue dans un froid polaire en espérant obtenir le précieux sésame.
Selon un sondage Quinnipiac University publié quelques heures avant son discours, 55% des électeurs approuvent (39% désapprouvent) son action à la présidence, son score le plus élevé depuis sept ans.
Le résultat est presque inverse (51% désapprouvent, 31% approuvent) lorsque les électeurs sont interrogés sur la façon dont Donald Trump remplit son rôle de président élu.
Le magnat de l'immobilier participera mercredi matin à New York, pour la première fois depuis son élection le 8 novembre, à une conférence de presse.
Chicago, où la famille Obama possède toujours une maison, jouera un rôle central dans la «vie d'après» du président démocrate sortant: elle accueillera sa bibliothèque présidentielle et sa fondation.
Barack Obama a aussi laissé échapper une larme lorsqu'il a rendu hommage à sa femme, Michelle: «Depuis 25 ans, tu as non seulement été ma femme et la mère de mes enfants, mais aussi ma meilleure amie», a-t-il lancé.
Il a longuement salué ses deux filles, en l'absence remarquée de la plus jeune, Sasha, 15 ans (la Maison-Blanche a assuré par la suite qu'elle était restée à Washington en raison d'un examen scolaire matinal).
«De tout ce que j'ai fait dans ma vie, ma plus grande fierté est d'être votre père».

À DÉCOUVRIR SUR LAPRESSE.CA

PROJET DE LOI 122 Comme si la commission Charbonneau n’avait jamais existé

http://www.ledevoir.com/politique/villes-et-regions/

Rien dans le projet de loi ne protège les citoyens d’une mauvaise gestion

11 janvier 2017 | Paul Germain - Chef du Renouveau prévostois, Prévost
Certaines mesures de la future législation paraissent douteuses, sinon dangereuses, dans le contexte actuel de corruption et de collusion dans le milieu municipal, remarque l'auteur du texte.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
Certaines mesures de la future législation paraissent douteuses, sinon dangereuses, dans le contexte actuel de corruption et de collusion dans le milieu municipal, remarque l'auteur du texte.
Le 6 décembre dernier à l’Assemblée nationale, notre premier ministre, Philippe Couillard, a annoncé le dépôt du projet de loi 122, « visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs ».
 
Certaines mesures de la future législation paraissent douteuses, sinon dangereuses, dans le contexte actuel de corruption et de collusion dans le milieu municipal. Mais avant de critiquer le projet de loi, il faut être clair : la décentralisation des pouvoirs au profit des gouvernements locaux pourrait être bénéfique, pourvu qu’il s’agisse d’un gain démocratique pour les citoyens et que des mesures de contrôle pour une saine gestion soient mises en place. Ce sont justement ces deux derniers aspects qui manquent à ce projet de loi.
 
Avec les nouvelles règles, une municipalité pourra délimiter dans son plan d’urbanisme une partie de son territoire en « zone de requalification », à l’intérieur de laquelle aucune modification réglementaire ne sera sujette à l’approbation référendaire. Par exemple, à Piedmont, sur le site des glissades d’eau, ou à Prévost, sur le terrain de l’ancien golf, l’administration concernée pourrait changer le zonage sans être astreinte au processus référendaire. C’est donc dire que les citoyens n’auront aucun moyen de s’opposer à un projet mis de l’avant par un promoteur appuyé par la Ville.
 
Fini les soumissions faites par invitation pour les contrats en bas de 100 000 $. La loi actuelle prévoit qu’une administration municipale ne peut donner un contrat qu’après avoir demandé des soumissions faites par voie d’invitation auprès d’au moins deux fournisseurs, si ledit contrat comporte une dépense d’au moins 25 000 $ et de moins de 100 000 $. Certaines localités modèles comme Bois-des-Fillion exigent trois soumissions.
 
Le nouveau projet de loi abolit cette mesure. Seuls les contrats au-dessus de 100 000 $ seront assujettis à un processus d’appel d’offres. Pour des villes comme Montréal, Laval et Québec, un montant de 100 000 $ c’est peu, mais pour des municipalités comme Sainte-Anne-des-Lacs, Piedmont et Prévost, cela est considérable. D’autant plus que contrairement aux communautés de 100 000 habitants et plus, aucune de nos petites administrations ne possède de vérificateur général et encore moins d’inspecteur général comme la Ville de Montréal. En plus, les villes, avec le projet de loi, auront moins de reddition de compte et d’indicateurs de gestion à fournir au gouvernement du Québec.
 
Après l’adoption de ces nouvelles mesures, seuls des états financiers vérifiés devront être produits une fois par année. Nous avons vu la valeur de ces documents à Prévost en 2013, où les états financiers de 2012 comportaient une grave erreur, soit un manque de 750 000 $ au flux de trésorerie.
 
Roitelets
 
Rien dans le projet de loi ne protège les citoyens d’une mauvaise gestion. Rien dans la future législation ne vient corriger la loi sur l’accès à l’information qui permet aux administrations municipales de rendre leur gestion opaque à la saine curiosité de ses citoyens. Rien.
 
Avec le projet de loi 122, les vilains merles municipaux deviendront des roitelets distribuant les faveurs et avantages sans avoir à se soucier de rien ni de personne. Vous trouvez cela exagéré. Pourtant, l’adage dit bien que le passé est garant de l’avenir. Souvenez-vous des scandales à Laval, Mascouche, Montréal, Terrebonne, Blainville, Boisbriand, Sainte-Julienne, etc. Ce projet de loi laisse plus de place, met moins de contraintes aux filous pour détourner nos avoirs collectifs vers leurs poches. Où sont les outils qu’une loi inspirée de la commission d’enquête sur l’industrie de la construction devait nous fournir ? Ou s’agit-il de la légalisation pure et simple de la corruption et de la collusion ?
 
Notons également l’abolition des plafonds de rémunération des élus dans le projet de loi et la suppression de l’obligation pour les villes de publier leurs avis publics dans des journaux. Cela fragilisera encore plus la qualité et la quantité de l’information à l’extérieur des grands centres. Cela finira par rendre nos administrations locales invisibles au regard des citoyens plutôt que transparentes.
 
À Québec, personne n’a appris ou n’a compris quoi que ce soit des problèmes de corruption passés dans le monde municipal. À moins que le gouvernement du Québec ait tout simplement abdiqué ses responsabilités plutôt que tenter de mettre de l’ordre dans nos villes. Comme citoyen, nous sommes seuls pour lutter contre la corruption. Si nous voulons payer notre juste part dans les dépenses publiques, c’est à nous de prendre nos villes en main en nous impliquant dans le processus démocratique. Personne d’autre ne le fera pour nous.

REMANIEMENT Trudeau se prépare à l’ère Trump

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Pour traiter avec les États-Unis, le premier ministre a choisi une diplomate doublée d’une spécialiste du commerce international

11 janvier 2017 | Hélène Buzzetti - Correspondante à Ottawa
Le remaniement ministériel effectué hier après-midi par Justin Trudeau a conduit comme prévu au départ de trois ministres.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne
Le remaniement ministériel effectué hier après-midi par Justin Trudeau a conduit comme prévu au départ de trois ministres.
C’est en grande partie pour répondre à l’entrée en fonction de l’équipe de Donald Trump que Justin Trudeau a remanié mardi son cabinet. Il a voulu offrir à l’administration américaine un nouvel interlocuteur, certes plus affable, mais surtout plus outillé pour parler le langage qui l’intéresse.
 
Chrystia Freeland devient ainsi non seulement la ministre des Affaires étrangères en remplacement de Stéphane Dion, mais conserve aussi tous les dossiers ayant trait aux États-Unis qu’elle pilotait déjà en tant que responsable du Commerce international. Le litige sur le bois d’oeuvre ou encore la renégociation désirée par Donald Trump de l’ALENA tomberont donc aussi sous sa coupe.
 
« Ce nouveau gouvernement américain a une priorité fondamentalement ancrée dans le commerce et la croissance économique, s’est justifié M. Trudeau en point de presse. Notre ministre des Affaires étrangères va être appelée à être engagée avec les États-Unis sur des enjeux profondément commerciaux et économiques, et je trouve que d’avoir une voix par rapport à ça, c’est la bonne façon d’y aller. On sait très bien que M. Trump veut toujours parler commerce et toujours parler croissance économique et emplois, et chaque fois qu’on va être engagé avec lui, on veut qu’on ait quelqu’un qui va avoir à la fois la responsabilité diplomatique et commerciale. »
J'ai aimé la politique [...]. J'en sors plein d'énergie... renouvelable!Stéphane Dion 
La nomination de Mme Freeland tombe aussi sous le sens. Cette ancienne journaliste économique qui a travaillé pour des publications prestigieuses telles que The Economist est non seulement polyglotte, mais parle le langage des millionnaires et milliardaires qui prendront le pouvoir aux États-Unis le 20 janvier prochain. Comme on le dit dans son entourage, elle n’a pas peur des « hommes blancs en complet ». Elle a d’ailleurs écrit un livre, Plutocrats, dénonçant l’enrichissement de quelques élus et l’appauvrissement des masses. D’avoir commis un tel livre est-il de nature à lui nuire à Washington ?
 
« Je ne pense pas que c’est un bagage, a rétorqué la principale intéressée. Les préoccupations de la nouvelle administration américaine ne sont pas aussi différentes des préoccupations de notre gouvernement. Pour notre gouvernement, la question la plus importante c’est la classe moyenne et travailler pour la classe moyenne. Je pense que le président désigné, Donald Trump, aussi a parlé aux Américains pour lesquels l’économie n’était pas suffisante. C’était l’argument central de mon livre. »
 
Cette femme qu’on dit rassembleuse pourrait ainsi offrir une interface avec l’administration Trump moins rigide que n’aurait pu le faire un Stéphane Dion à cheval sur les principes.
 
Ce n’est que la troisième fois de l’histoire du Canada qu’une femme occupe le poste de ministre des Affaires étrangères, la première pour une libérale. Les précédentes avaient été les progressistes-conservatrices Flora MacDonald (sous Joe Clark en 1979-1980) et Barbara McDougall (sous Brian Mulroney, puis Kim Campbell de 1991 à 1993).
 
Faut-il y voir un lien avec le sexe de Mme Freeland ou une simple référence factuelle au fait qu’elle a quitté presque en larmes (et en colère) la rencontre de la dernière chance en Europe en octobre pour conclure l’accord de libre-échange ? Quoi qu’il en soit, sur le site de CBC qui confirmait sa nomination mardi matin, les commentaires railleurs de lecteurs se sont vite multipliés.
 
« Le nouveau protocole pour toutes les missions canadiennes à l’étranger anticipant une visite de notre nouvelle ministre des Affaires étrangères sera d’avoir beaucoup de mouchoirs à portée de la main », a écrit Anthony Laface. Gary Ridgeway a demandé « si elle va pleurer chaque fois que les choses ne tourneront pas comme elle le veut ».
   
Ministère allégé pour le Québec
 
Celui qui remplace Mme Freeland au Commerce international, François-Philippe Champagne, assure qu’il ne se sent pas lésé par la perte d’une partie de son portefeuille. « La planète, c’est grand ! » a-t-il lancé, ajoutant que les dossiers de commerce étaient nombreux en Asie et en Europe.
 
Le nombre de ministres québécois reste donc le même (sept en comptant M. Trudeau), mais leurs responsabilités s’en trouvent réduites par le troc des Affaires étrangères pour ce Commerce international allégé. M. Champagne ne pense pas que cela soit un problème, rappelant que la forte députation québécoise allait continuer à jouer un rôle.
 
Le grand perdant de ce jeu de chaises musicales est évidemment Stéphane Dion, à qui le premier ministre aurait offert les postes d’ambassadeur en Allemagne et à l’Union européenne pour remplacer les Affaires étrangères qu’il perd. M. Dion n’a pas accepté l’offre tout de suite. Son entourage a plutôt envoyé un courriel disant que « pour ce qui est de la suite, il y aura plus à dire dans les prochaines semaines alors qu’il envisage de quelle autre façon il pourrait contribuer à la fonction publique ».
 
Dans sa déclaration, M. Dion écrit que « pendant une année, le premier ministre Justin Trudeau m’a fait l’honneur d’être son ministre des Affaires étrangères. Comme c’est son privilège, il vient de confier cette grande responsabilité à une autre personne ». Il rappelle qu’il a été en politique pendant 21 ans. « Maintenant, je vais déployer mes efforts en dehors de la politique active. J’ai aimé la politique, surtout chaque fois que j’ai pu faire une différence au bénéfice de mes concitoyens. J’en sors plein d’énergie… renouvelable ! Mais la politique n’est pas la seule façon de servir son pays. »
 
Clairement, M. Dion n’a pas aimé être poussé vers la sortie. La réaction était totalement inverse pour John McCallum, lui aussi un vieux routier (il est arrivé à Ottawa en 2000). Cet ancien économiste en chef de la Banque Royale quitte le cabinet à la demande du premier ministre et prendra d’ici deux mois le poste d’ambassadeur en Chine.
 
« C’est le premier ministre qui m’a invité à le voir et m’a suggéré ce poste. J’étais surpris. […] Je n’avais pas vraiment décidé quoi faire au cours des prochaines années », a raconté M. McCallum aux journalistes, démentant ainsi la rumeur que c’est lui qui avait indiqué une volonté de quitter la politique. M. McCallum aime dire qu’il a une relation « 100-50-40 » avec la Chine. « Mon épouse est 100 % chinoise, nos trois fils sont à 50 % chinois et mes électeurs de Markham sont à 40 % des Chinois », a-t-il indiqué mardi. Lui-même parle un peu le mandarin et dit espérer approfondir sa connaissance de la langue une fois là-bas.
 
Il a indiqué que le premier ministre trouvait important que son ambassadeur ait une « connaissance » de la Chine et ait un « lien avec son bureau ».
 
Celui qui remplace M. McCallum à l’Immigration, les Réfugiés et la Citoyenneté est un avocat torontois d’origine somalienne spécialisé dans les questions d’immigration, Ahmed Hussen. Comme Maryam Monsef, M. Hussen est un réfugié. Il a été élu pour la première fois en 2015.
 
Maryam Monsef est une autre des perdantes de ce remaniement. Celle qui pilotait la réforme démocratique et qui avait réussi à rallier l’opposition contre elle à la Chambre des communes perd son dossier. Elle est reléguée à la Condition féminine. Quand on lui a demandé s’il s’agissait d’une rétrogradation, Mme Monsef n’a pas offert les négations offusquées d’usage. « Je vais vous laisser en juger. »
 
C’est une nouvelle arrivée à Ottawa qui prendra sa relève, Karina Gould, une Ontarienne de 29 ans. Enfin, Patty Hajdu, qui était à la Condition féminine, monte en grade en obtenant l’Emploi, le Développement de la main-d’oeuvre et le Travail. La Manitobaine MaryAnn Mihychuk, une ancienne ministre provinciale qui occupait ce poste, quitte elle aussi le cabinet. « Bien sûr que je suis déçue », a-t-elle déclaré à Radio-Canada.
 
La parité hommes-femmes reste quant à elle intacte avec le départ de deux hommes et une femme, et l’arrivée de trois nouveaux venus dans les mêmes proportions. Il y a maintenant 15 hommes (incluant M. Trudeau) et 15 femmes.

ESPIONNAGE Trump rencontrera les journalistes au sujet de ses liens avec Moscou

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Un mémo contiendrait des informations sur la vie personnelle et les finances du prochain président

11 janvier 2017 08h14 |Jérôme Cartillier - Agence France-Presse | États-Unis
Le président américain désigné, Donald Trump
Photo: Drew Angerer/ Getty Images / AFP
Le président américain désigné, Donald Trump
Le président américain désigné, Donald Trump
Washington — Au lendemain des adieux de Barack Obama, les projecteurs se braquent vers Donald Trump qui doit répondre mercredi aux questions des journalistes après la publication de documents potentiellement explosifs sur ses liens avec Moscou.

À dix jours de sa prise de fonction à la tête de la première puissance mondiale, l’homme d’affaires de 70 ans tient sa première conférence de presse depuis son élection, il y a deux mois.

Le rendez-vous très attendu est fixé à 11 h dans la Trump Tower, au coeur de Manhattan. C’est dans ce même bâtiment de verre qu’il avait lancé, le 16 juin 2015, sa candidature après une descente d’escalator désormais célèbre.

Plusieurs médias américains ont fait état mardi soir d’un document de 35 pages contenant des informations compromettantes qui accréditent l’hypothèse de liens entre l’entourage de Donald Trump et le pouvoir russe.

Mais le Kremlin a assuré mercredi ne pas avoir de «dossiers compromettants» sur le président élu et qualifié les accusations des chefs du renseignement américain de «falsification totale» destinée à saper les relations avec Washington.

Le document a été rédigé par un ancien agent du renseignement britannique qui est jugé crédible par le renseignement américain.

Ces informations, malgré de nombreuses zones d’ombre, ont provoqué le trouble à Washington, et notamment au Congrès.

Selon CNN, les chefs du renseignement américain ont présenté à M. Trump, ainsi qu’à Barack Obama et plusieurs responsables du Congrès, un résumé de deux pages du document, ce qui souligne l’importance qu’ils accordent à ces informations.

Chasse aux sorcières
 
«Fausses informations — une chasse aux sorcières totale !» a réagi le milliardaire sur Twitter.

De son côté, Moscou a dénoncé «une falsification totale». «La fabrication de tels mensonges est une tentative évidente de faire du tort à nos relations bilatérales» avant l’investiture de Donald Trump, favorable à un rapprochement avec Moscou, a assuré le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov.

Les notes détaillent notamment des informations sur des échanges de renseignements supposés pendant plusieurs années entre Donald Trump, ses proches et le Kremlin, dans les deux directions.

Elles contiennent des informations présentées comme compromettantes sur Donald Trump, comme l’existence alléguée d’une vidéo à caractère sexuel impliquant des prostituées, filmée clandestinement lors d’une visite à Moscou en 2013 par les services russes dans le but d’en faire un moyen de chantage.

Les 35 pages ont été publiées mardi par le site d’information BuzzFeed, qui a cependant précisé qu’il n’était pas en mesure de les authentifier. Leur contenu n’a pas non plus été certifié par des sources officielles.

En plein bras de fer avec les services de renseignement au sujet du piratage informatique présumé par Moscou de la présidentielle américaine, M. Trump a martelé ce week-end que «seuls les imbéciles» pouvaient penser qu’avoir «une bonne relation avec la Russie était […] une mauvaise chose».

Selon un sondage Quinnipiac University publié mardi, 51 % des électeurs désapprouvent (contre 31 % qui approuvent) la façon dont il remplit son rôle de président élu. Et une majorité d’entre eux jugent qu’il devrait mettre fin à ses tweets.

Grand oral de Rex Tillerson
 
Le président élu, qui n’a pas participé à une véritable conférence de presse depuis fin juillet, devait initialement se plier à l’exercice le 15 décembre pour s’exprimer sur le devenir de son empire immobilier mais avait annulé le rendez-vous.

«Même si la loi ne m’y oblige pas, je vais abandonner mes affaires avant le 20 janvier pour pouvoir me concentrer sur la présidence», avait-il alors tweeté.

Question centrale : comment le magnat de l’immobilier tracera-t-il une ligne étanche entre ses affaires et sa présidence tant sa famille a été étroitement associée à sa campagne et à la transition ?

Son groupe, Trump Organization, est une nébuleuse non cotée en Bourse, avec des activités dans 20 pays, de l’Écosse à Dubaï via les Philippines, de l’hôtellerie au mannequinat en passant par les clubs de golf et les gratte-ciel résidentiels.

La société ne publie aucun chiffre, et faute de déclarations d’impôts que le milliardaire a toujours refusé de publier, impossible de se faire une idée précise.

Le flou est tel que l’évaluation même de la fortune de M. Trump est controversée : lui-même dit 10 milliards, Forbes 3,7.

L’orientation de sa politique étrangère, sur laquelle il entretient un très grand flou, devrait être largement débattue avant même sa conférence de presse, dès mercredi matin au Sénat.

L’ancien patron d’ExxonMobil Rex Tillerson, désigné par Donald Trump pour prendre la tête du département d’État, passera en effet son grand oral devant la puissante commission des Affaires étrangères.

Rex Tillerson, dont les liens avec la Russie suscitent des grincements de dent au Capitole, devra convaincre qu’il peut passer des sommets de l’industrie pétrolière à la tête du premier réseau diplomatique de la planète.


Français à Équipe Canada junior: un manque de respect, dénonce Fournier

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Publié le 11 janvier 2017 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Équipe Canada junior s'est inclinée devant les États-Unis... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)
Équipe Canada junior s'est inclinée devant les États-Unis en finale du Championnat mondial de hockey junior la semaine dernière à Montréal.
PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE
(QUÉBEC) Le jeune hockeyeur qui dit n'avoir pas eu « le droit » de parler français au sein de l'équipe canadienne de hockey junior « ne semble pas avoir été respecté », dénonce le ministre québécois de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier.
Jean-Marc Fournier, ministre responsable des Relations canadiennes et... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE) - image 1.0
Jean-Marc Fournier, ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne
PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
En entrevue à La Presse, le ministre se montre préoccupé par les commentaires de l'attaquant Julien Gauthier. Ce joueur a révélé que l'utilisation du français était découragée au sein d'Équipe Canada junior, qui comptait sept joueurs francophones et qui était entraînée par un Québécois.
« Je prends le témoignage du hockeyeur : il ne semble pas avoir été respecté, a dit M. Fournier, ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne. Pour le reste, Hockey Canada et le hockeyeur pourraient nous dire comment, pour l'avenir, ils peuvent apporter des corrections. Mais clairement, il y a eu un élément où il y a un joueur qui, lui, ne s'est pas senti respecté. »
M. Fournier - qui a été ministre du Sport de 2003 à 2007 - dit ne pas connaître le détail de la politique interne de l'équipe canadienne. Mais le simple fait qu'un joueur se soit senti brimé prouve que des changements s'imposent, dit-il.
Hockey Canada doit redoubler d'efforts pour respecter la dualité linguistique du pays, affirme le ministre. Il lance le même appel à Sport Canada, qui relève du ministère fédéral du Patrimoine.
« On doit, si on veut être une grande équipe, respecter l'identité des membres de cette équipe, et le français fait partie de l'identité », estime M. Fournier.
«On devrait avoir un engagement ferme des autorités de Sport Canada, de Hockey Canada, à l'effet qu'on veut que chaque joueur ait toute sa place et mérite l'entier respect des dirigeants. Ce serait normal qu'on nous dise ça maintenant.»Jean-Marc Fournier
ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne

DES PROGRÈS
Le ministre demeure optimiste. Il fait valoir que le bilinguisme a progressé dans le milieu sportif canadien.
« Il ne faut pas perdre de vue que du progrès, il y en a, indique-t-il. Peut-être pas à Hockey Canada, mais je regardais les derniers [Jeux] olympiques, et de nombreux athlètes canadiens hors Québec étaient capables de donner des entrevues en français. »
L'entraîneur-chef d'Équipe Canada, Dominique Ducharme, a assuré que les joueurs francophones n'avaient jamais eu l'interdiction de parler français entre eux. Mais les conversations de groupe devaient se dérouler en anglais.
M. Gauthier, 19 ans, a indiqué à TVA Sports vendredi qu'il lui a été difficile de s'adapter à cette politique. « C'est pas facile parce que là-bas, t'as droit à aucun français, a expliqué le jeune attaquant. Tu parles aucunement français, t'as pas le droit, vu que [pour] tout le monde, la langue première, c'est l'anglais là-bas. À un moment donné, t'essaies de parler en français avec tes chums, mais tu peux pas. Alors c'est un peu dur de s'adapter. Ce n'est pas fatigant à la longue, mais faut s'habituer dans un court laps de temps. »

Remaniement ministériel: Stéphane Dion quitte la vie politique

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Publié le 10 janvier 2017 à 07h52 | Mis à jour le 10 janvier 2017 à 16h30
Stéphane Dion a perdu son poste de ministre... (Photo Fred Chartrand, PC)
Stéphane Dion a perdu son poste de ministre des Affaires étrangères dans le cadre du remaniement ministériel.
PHOTO FRED CHARTRAND, PC
(Ottawa) Écarté du cabinet des ministres du gouvernement Trudeau, Stéphane Dion quitte la vie politique. Pour l'instant, M. Dion n'a pas accepté un poste d'ambassadeur que lui aurait offert le gouvernement Trudeau à la suite de son exclusion du conseil des ministres.
Dans une déclaration écrite, Stéphane Dion indique son intention de quitter la vie politique, lui qui est député libéral fédéral de Saint-Laurent depuis 1996. «Lors des vingt-et-une dernières années, je me suis consacré à ma circonscription, à mes concitoyens, au Québec, au Canada tout entier, au rôle que nous devons jouer dans le monde et au Parti libéral du Canada. Maintenant, je vais déployer mes efforts en dehors de la politique active. J'ai aimé la politique, surtout à chaque fois que j'ai pu faire une différence au bénéfice de mes concitoyens. J'en sors plein d'énergie... renouvelable! Mais la politique n'est pas la seule façon de servir son pays. Heureusement!», a indiqué M. Dion, qui a été chef du Parti libéral du Canada de 2006 à 2008. 
Deux vétérans libéraux ont été écartés du conseil des ministres aujourd'hui: John McCallum (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté) et Stéphane Dion (Affaires étrangères). Le gouvernement Trudeau a annoncé cet après-midi la nomination de M. McCallum comme ambassadeur du Canada en Chine. Selon CBC, le gouvernement Trudeau a offert à Stéphane Dion, un ancien chef du Parti libéral du Canada, de devenir ambassadeur du Canada en Allemagne. Au contraire de M. McCallum, aucune annonce n'a été faite à ce sujet cet après-midi. Selon nos informations, M. Dion évalue une offre et entend annoncer ses plans d'avenir au cours des prochaines semaines. 
«Ces 21 dernières années, l'honorable Stéphane Dion a servi son pays en occupant divers rôles avec intégrité et un amour indéfectible pour le Canada. Comme tous les Canadiens, je lui suis infiniment reconnaissant de son service. Je sais que je pourrai continuer de compter sur sa sagesse et son dévouement sans relâche, et je me réjouis à la perspective des prochaines contributions de M. Dion à notre pays», a indiqué le premier ministre Justin Trudeau par voie de communiqué.
La nouvelle ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.... (Photo Sean Kilpatrick, PC) - image 2.0
La nouvelle ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.
PHOTO SEAN KILPATRICK, PC
Chrystia Freeland, qui était ministre du Commerce international depuis novembre 2015, succède à Stéphane Dion aux Affaires étrangères. Elle devient seulement la troisième femme de l'histoire du pays à occuper ce poste prestigieux, la première depuis les années 90. 
«Pendant une année, le premier ministre Justin Trudeau m'a fait l'honneur d'être son ministre des Affaires étrangères. Comme c'est son privilège, il vient de confier cette grande responsabilité à une autre personne. Je souhaite à Chrystia la meilleure des chances», a indiqué Stéphane Dion dans sa déclaration écrite. Outre cette déclaration écrite, M. Dion ne s'adressera pas aux médias aujourd'hui.

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