vendredi, février 17, 2017

Report d'un crédit d'impôt aux aînés: Québec fait marche arrière

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Publié le 16 février 2017 à 11h20 | Mis à jour le 16 février 2017 à 17h28
Le gouvernement Couillard fait marche arrière devant le tollé suscité par des... (PHOTO ROBERT SKINNER, archives LA PRESSE)
PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE
PATRICE BERGERON
La Presse Canadienne
Québec
Le gouvernement Couillard fait marche arrière devant le tollé suscité par des changements fiscaux qui allaient pénaliser des personnes âgées. Ce faisant il devra faire une croix sur 38 millions de revenus potentiels au Trésor.
Après avoir tenu le cap depuis quelques jours malgré des accusations d'insensibilité provenant de l'opposition, le gouvernement mettra en place des mesures afin d'atténuer l'impact du report d'un crédit d'impôt de 500 $ qui était offert aux aînés de 65 ans et plus. Cependant, il ne peut garantir que les sommes seront pleinement rendues à tous les aînés.
Québec avait décidé de rehausser graduellement de 65 à 70 ans le seuil d'admissibilité de ce crédit d'impôt pour l'âge, dans le but d'inciter les aînés à travailler plus longtemps.
Jeudi, à l'Assemblée nationale, le premier ministre Philippe Couillard a montré les premiers signes de fléchissement, après plusieurs jours d'attaques des partis d'opposition avec des mots très durs. Autant le Parti québécois que la Coalition avenir Québec l'accusaient d'être «déconnecté de la réalité» et «insensible» au sort des plus vulnérables.
«Il y a lieu de faire l'évaluation non pas de la mesure de rétention au travail, qui est une mesure d'incitation qu'il faut absolument garder, mais de l'autre mesure (l'abolition du crédit d'impôt) qui venait de la commission (sur la fiscalité de Luc) Godbout, a déclaré le chef libéral. Il y a certainement lieu de l'étudier avec attention.»
À la sortie du Salon bleu après la période de questions, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a été plus clair. Il a reconnu qu'il y avait «certaines brèches» à colmater.
«C'est possible que certaines personnes plus vulnérables, à plus bas revenus, qui ont 65, 66, 67 ans, soient affectées négativement, a-t-il déclaré. Au prochain budget, nous allons mettre en place des mesures additionnelles, pour compenser ces personnes, de telle façon qu'il n'y aurait pas de pertes.»
Les personnes de 66 ans sont privées du crédit d'impôt cette année - elles seraient 18 000 - et l'an prochain ce serait au tour des gens de 67 ans, et ainsi de suite, mais une formule qui reste à déterminer, d'une valeur équivalente à 500 $, sera donc élaborée dans le budget de mars, avec possiblement aussi une rétroactivité.
Le ministre n'a pu garantir toutefois qu'il n'y aurait aucune perte pour certains contribuables âgés, car seuls les plus vulnérables seront bénéficiaires des ajustements.
À terme, le gouvernement espérait ponctionner 267 millions supplémentaires chez les personnes âgées une fois le crédit d'impôt repoussé à 70 ans. Cette année, la somme récupérée par le Trésor devait avoisiner les 38 millions.
Les libéraux plaidaient en revanche qu'ils bonifiaient le programme pour travailleurs d'expérience, à 373 millions, en abaissant le seuil d'admissibilité de 65 à 62 ans.
De son côté, l'opposition officielle estime qu'il ne s'agit pas vraiment d'un recul du gouvernement. Le porte-parole péquiste en matière d'emploi, de solidarité sociale et de lutte à la pauvreté, Harold LeBel, demande le plein rétablissement du crédit d'impôt pour l'âge.
«Le ministre essaie de faire passer ça pour un recul, dit qu'il va essayer d'amener des mesures de compensation, sans nommer ces mesures de compensation, a dit M. LeBel en conférence de presse. Personne n'est dupe. Il n'y a pas de recul là-dedans. On continue notre bataille. On veut qu'il recule pour de vrai et qu'il comprenne le bon sens.»