Information sur la politique 1

mardi, juin 20, 2017

L'UPAC enquête sur un présumé «pont d'or» pour Jean Charest

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Publié le 15 juin 2017 à 05h00 | Mis à jour le 15 juin 2017 à 09h30
L'UPAC a interrogé, entre 2014 et 2016, plusieurs... (ARCHIVES PC)
L'UPAC a interrogé, entre 2014 et 2016, plusieurs témoins de la vie politique de Jean Charest sur un présumé «pont d'or», une importante somme d'argent qui lui aurait été concédée par des entreprises désireuses de le voir prendre la tête du Parti libéral du Québec, en 1998.
ARCHIVES PC
Dans le cadre de l'enquête Mâchurer sur le financement du Parti libéral, l'Unité permanente anticorruption (UPAC) a interrogé, de 2014 à 2016, plusieurs témoins de la vie politique de Jean Charest sur un présumé «pont d'or», importante somme d'argent qui lui aurait été accordée par des entreprises désireuses de le voir prendre la tête du Parti libéral du Québec, en 1998.
L'ancien député d'Orford Robert Benoît est l'un de ceux qui ont été interrogés par les enquêteurs. L'UPAC l'avait rencontré une première fois avant le début de la commission Charbonneau. À sa grande surprise, à l'été 2015, les enquêteurs l'ont rappelé pour le voir de nouveau. «Je leur ai dit : ‟Mais je n'ai plus rien à vous dire, je vous ai tout raconté ce que je savais." Ils m'ont dit : ‟C'est sur quelque chose d'autre"», relate-t-il.
Cette seconde rencontre avec les deux policiers, qui s'est déroulée sur les rives du lac qui borde sa résidence, a duré plus de trois heures. «Ça a duré un avant-midi de temps, le questionnement sur le pont d'or, raconte M. Benoît. Lors de leur deuxième visite chez nous, je voyais que c'était juste là-dessus qu'ils gossaient, qu'ils essayaient de savoir... Moi, je leur ai dit : ‟Tout ce que j'ai lu sur le pont d'or, je l'ai lu dans les journaux."»
Les policiers ont eux-mêmes employé l'expression «pont d'or», précise M. Benoît. «C'est drôle, parce que je ne savais même pas si je devais appeler ça un pont d'or ou un parachute doré, et là, on a ri, eux et moi, on s'est entendus qu'on pouvait appeler ça un pont ou un parachute.»
De toute évidence, raconte l'ex-député, les policiers s'interrogeaient sur le train de vie de Jean Charest, et ce, dès la première rencontre. «Un des policiers m'a dit : ‟Vous, M. Benoît, on sait d'où vient votre argent. On sait que votre grand-père en 1907 a formé une compagnie. On le sait pourquoi vous avez une grosse maison. Mais dans le cas de M. Charest, comment il a fait pour acquérir cette grosse maison là ?"»
Joint hier, Jean Charest déplore que les enquêteurs de l'UPAC ne l'aient jamais rencontré sur ces questions. Il dit «avoir eu vent» de l'enquête de l'UPAC sur le pont d'or. «Elle semble avoir rencontré la "Terre entière", mais n'a pas cru bon de me rencontrer.» (voir la capsule à la fin du texte).
Dans les faits, l'existence d'un tel pont d'or n'a jamais été démontrée. Soulignons également qu'aucune accusation n'a été déposée contre Jean Charest. Devant une commission parlementaire, le grand patron de l'UPAC, Robert Lafrenière, indiquait en mai dernier que l'enquête Mâchurer n'était pas terminée. Il s'est engagé à mener cette enquête à terme, malgré les fuites médiatiques dont elle a fait l'objet. Questionnée sur nos informations, la porte-parole de l'UPAC, Anne-Frédérick Laurence, a simplement rappelé que l'UPAC ne commentait jamais une enquête en cours. 
En mars 2008, le Parti libéral du Québec (PLQ) a admis verser un «salaire d'appoint» à Jean Charest, qui s'élevait à 75 000 $ par an. Mais deux ans plus tôt, le média indépendantiste Le Québécois avait soulevé des questions sur la capacité de M. Charest, avec son salaire de premier ministre, de s'offrir deux résidences, à Westmount et dans les Cantons de l'Est - dans les faits, ce chalet était loué par la famille Charest. Le militant indépendantiste Patrick Bourgeois évoquait un possible «pont d'or» de la part de fédéralistes lors de son passage en politique provinciale, en 1998.
Le lendemain, ces allégations ont été reprises par deux journalistes du Journal de Sherbrooke. L'article a été qualifié de «tissu de mensonges» par le bureau du premier ministre. Jean Charest a menacé M. Bourgeois de poursuite, mais il n'est jamais passé à l'acte. Les deux journalistes qui ont rédigé l'article ont été congédiés par Québecor.
Des enquêteurs bien préparés
Dix ans plus tard, c'est la police qui s'est intéressée à ce fameux pont d'or dans le cadre de l'enquête Mâchurer, ont confirmé quatre autres sources à La Presse. Ces rencontres, qui duraient toujours environ deux ou trois heures, ont eu lieu de 2014 à 2016.
L'ancien chef de cabinet de Jean Charest Ronald Poupart a participé en 2014 à l'une de ces rencontres avec les enquêteurs de l'UPAC. «J'ai répondu que je n'étais pas au courant de ça, que j'en avais entendu parler à travers les médias», indique M. Poupart. Plus tard, il a ajouté : «Très franchement, je pense qu'ils allaient à la pêche, parce qu'ils n'insistaient pas.»
Mais pour un ancien membre de la garde rapprochée de Jean Charest, qui a rencontré les enquêteurs de l'UPAC au début de 2016, le présumé pont d'or est vite apparu comme la principale cible des enquêteurs. Et si l'expression «pont d'or» n'a pas été utilisée lors de l'interrogatoire, elle a suscité un interrogatoire bien préparé.
«L'UPAC arrive avec des feuilles dactylographiées. Ils ont des chaînes de questions. Il y a un analyste qui a fait ça : si tu réponds oui, il va à la question 8, si tu réponds non, il va à la question 9. C'est professionnel», explique cette personne, soulignant que l'UPAC testait ses hypothèses, selon elle.
Cette source était à même d'apporter des précisions à la police sur le train de vie de Jean Charest. Elle a pointé en direction des états financiers du PLQ, à la rubrique «bureau du chef», pour l'expliquer. Quelques années plus tôt, ce même témoin avait rencontré des enquêteurs de la commission Charbonneau et avait été questionné sur le même thème. Mais, ajoute-t-elle, les enquêteurs de la Commission étaient mal préparés, «des juniors», contrairement aux policiers de l'UPAC.
Le pont d'or, «c'est clair que c'est ça, le sujet [de l'enquête]», renchérit une quatrième source, qui est toujours en politique active et qui a elle aussi requis l'anonymat. «On parle du train de vie de Jean Charest qui ne colle pas avec les revenus qu'il avait.» Les policiers ont notamment questionné les témoins sur les voyages effectués par la famille Charest, les hôtels et les restaurants fréquentés, les travaux à leur résidence.
«Il y a deux niveaux d'enquête. Il y a le grand pont d'or, pour assumer le paiement de ce train de vie, et aussi comment le financement politique, ça se lie avec l'ensemble. Ils visent les deux, mais ils ont plus de misère avec le pont d'or. C'est plus dur à démontrer, mais c'est ce qu'ils cherchent», ajoute-t-elle.
Lors de ces rencontres, les enquêteurs n'ont pas évoqué les noms des personnes qui auraient accordé ce présumé «pont d'or» à Jean Charest. Des sommes précises n'ont pas été énoncées, affirme cet informateur.
Une cinquième source, qui a été impliquée au PLQ, a elle aussi été interrogée au cours de l'année dernière. «Ils travaillent sur le train de vie de Jean Charest», confirme-t-elle. Les policiers lui ont notamment demandé si l'ex-premier ministre détenait des comptes à l'étranger. «Je ne le savais pas», dit-elle. On l'a aussi questionnée sur les rénovations à la résidence principale de Montréal - une erreur, puisqu'elle est à Westmount - et au chalet de l'ancien premier ministre - une autre erreur, puisque c'était une location. «Je leur ai dit : ‟Écoutez, je n'ai jamais mis les pieds là."»
- Avec la collaboration de Denis Lessard
***
CHAREST SE DÉFEND
Joint hier, M. Charest s'insurge contre «le climat malsain qui règne au Québec, où les règles les plus élémentaires de justice sont bafouées, portant ainsi atteinte à la crédibilité et à la légitimité de nos institutions». Il ajoute «qu'il prend acte des témoignages récents devant la commission Chamberland sur le comportement de la SQ».
M. Charest indique avoir répondu à toutes les questions de la commission Charbonneau. Il avait d'ailleurs dégagé une large plage de temps à son agenda pour ce faire. Il nie formellement avoir reçu de l'argent du secteur privé lors de son passage en politique québécoise. «Jamais», répond-il. Les affirmations publiées en 2006 par Patrick Bourgeois sont pour lui farfelues et non crédibles, et c'est pourquoi il n'avait pas poursuivi à l'époque.

La chronologie des événements

DÉCEMBRE 1998
Jean Charest indique en conférence de presse qu'il a reçu un salaire du Parti libéral du Québec avant d'être élu. Il parle de ce salaire au passé. M. Charest précise à la même occasion avoir renoncé à recevoir sa pension fédérale.
OCTOBRE 2006
Le média partisan Le Québécois, sous la plume de Patrick Bourgeois, publie un article qui s'interroge sur la capacité de M. Charest à s'offrir deux résidences, à Westmount et dans les Cantons de l'Est, avec son salaire de premier ministre. Le militant indépendantiste évoque un possible « pont d'or » de la part des fédéralistes lors de son passage en politique provinciale, en 1998. L'article est qualifié de « tissu de mensonges » par le bureau du premier ministre. Jean Charest menace Bourgeois de poursuite, mais il ne passera jamais à l'acte.
OCTOBRE 2006
Deux journalistes du Journal de Sherbrooke, Alain Bérubé et Pascal Morin, sont congédiés par Québecor pour avoir repris les informations de M. Bourgeois dans les pages de leur journal. Jean Charest les met en demeure de se rétracter et Québecor publie des excuses.
MARS 2008
À la suite d'un reportage de TVA, le Parti libéral du Québec admet verser 75 000 $ par année à son chef depuis 1998, en plus de son salaire de premier ministre. Cet arrangement est « conforme aux lois », plaide Jean Charest. On apprend au même moment que l'Action démocratique du Québec verse 50 000 $ par an à son chef.
DÉCEMBRE 2008
Patrick Bourgeois publie La Nébuleuse, un livre dans lequel il reprend ses questions au sujet d'un pont d'or fait à M. Charest.
JANVIER 2012
L'Assemblée nationale adopte de nouvelles règles qui interdisent désormais à un parti politique d'accorder une somme d'argent à un député, que ce soit directement ou indirectement.

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Décès de l'étudiant libéré par Pyongyang, Trump dénonce un «régime brutal»

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Publié le 19 juin 2017 à 17h05 | Mis à jour le 20 juin 2017 à 07h53
Otto Warmbier discute avec des journalistes après sa... (ARCHIVES AP)
Otto Warmbier discute avec des journalistes après sa confession forcée, Pyongyang, en février 2016.
ARCHIVES AP
ANNE RENAUT
Agence France-Presse
Washington
L'étudiant américain Otto Warmbier, rapatrié le 13 juin dans le coma après 18 mois de détention en Corée du Nord, est décédé lundi, le président Donald Trump dénonçant un régime nord-coréen «brutal», dont les relations avec les États-Unis sont déjà extrêmement tendues.
«Beaucoup de choses terribles se sont passées. Mais au moins nous l'avons ramené chez lui pour qu'il soit avec ses parents», a déclaré le président américain peu après l'annonce, par la famille, de la mort du jeune homme de 22 ans.
Dans un communiqué, il a souligné sa détermination «à empêcher que des innocents ne subissent de telles tragédies aux mains de régimes qui ne respectent pas l'État de droit ou la décence la plus élémentaire».
Le secrétaire d'État Rex Tillerson a lui estimé dans un communiqué que la Corée du Nord était responsable de sa «détention» et a réclamé la libération des trois Américains encore derrière les barreaux du régime communiste.
La Chine a pour sa part déploré mardi la mort d'Otto Warmbier, appelant Washington et Pyongyang au dialogue pour résoudre leurs différends.
«Je crois qu'il s'agit d'une affaire malheureuse», a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang. «Nous espérons que la Corée du Nord et les États-Unis la traiteront de manière appropriée».
M. Tillerson et le chef du Pentagone Jim Mattis doivent recevoir mercredi deux des responsables chinois les plus importants afin d'approfondir le dialogue entre les deux premières puissances mondiales et tester la volonté chinoise sur le dossier nord-coréen.
Le père d'Otto Warmbier, Fred, lors d'une conférence... (REUTERS) - image 2.0
Le père d'Otto Warmbier, Fred, lors d'une conférence de presse à Cincinnati le 15 juin.
REUTERS
«Mauvais traitements»
«Entouré par sa famille qui l'aime, Otto est décédé aujourd'hui à 14H20» (18H20 GMT), a écrit la famille d'Otto Warmbier.
Quand le jeune homme est revenu chez lui, à Cincinnati, dans l'Ohio (nord), il présentait de graves lésions cérébrales, selon ses médecins. «Il était incapable de parler, incapable de voir et incapable de réagir à des commandes verbales. Il semblait très mal à l'aise, presque angoissé», a rappelé sa famille lundi.
Mais «bien que nous ne n'allions plus jamais entendre sa voix, en une journée la contenance de son visage avait changé - il était en paix. Il était chez lui et nous pensons qu'il pouvait le sentir», ont ajouté ses parents Fred et Cindy.
Sa famille a dénoncé à nouveau «les mauvais traitements, atroces et barbares» que leur fils a subis selon eux en Corée du Nord, où il avait été arrêté en janvier 2016 pour avoir tenté de voler une affiche de propagande.
Son compagnon de voyage Danny Gratton est le seul Occidental à l'avoir vu être arrêté. «Otto n'a pas opposé de résistance. Il ne semblait pas avoir peur», a-t-il confié au Washington Post lundi.
Présenté à la presse étrangère quelques semaines après son arrestation, Otto Warmbier avait déclaré, en pleurs, avoir fait «la pire erreur de (sa) vie».
Après l'annonce de son décès, l'agence de voyages Young Pioneer Tours, par laquelle Otto Warmbier s'était rendu à Pyongyang, a annoncé sur Facebook qu'elle renonçait à emmener des Américains en Corée du Nord. «Le risque pour les Américains visitant la Corée du Nord est trop élevé», a déclaré l'agence.
Venu en Corée du Nord dans le cadre d'un voyage organisé pour le Nouvel An, le jeune Américain avait été jugé en moins d'une heure et condamné à 15 ans de travaux forcés en mars 2016.
Peu après son procès, il avait plongé dans un coma dont les causes restent inconnues, selon ses médecins. Le type de lésions neurologiques dont il souffrait résulte d'ordinaire d'un arrêt cardio-respiratoire.
L'équipe médicale avait d'autre part démonté l'explication fournie par le régime nord-coréen en indiquant n'avoir pas relevé de trace de botulisme dans l'organisme du jeune homme.
Portant la veste de son fils sur ses épaules, Fred Warmbier avait exprimé son émotion et son indignation jeudi lors d'une conférence de presse, se disant «fier» de son fils, «qui s'est retrouvé chez un régime paria ces 18 derniers mois, maltraité et terrorisé».
Kenneth Bae, un missionaire chrétien américain d'origine coréenne,... (REUTERS) - image 3.0
Kenneth Bae, un missionaire chrétien américain d'origine coréenne, a été détenu par la Corée du Nord pendant plus d'un an.
REUTERS
Stratégie des otages
La mort d'Otto Warmbier survient dans un contexte de tensions exacerbées entre les États-Unis et la Corée du Nord sur le programme d'armement nucléaire que Pyongyang continue de développer.
Le régime communiste, qui a un piètre bilan en matière de droits de l'homme, est isolé sur la scène internationale en raison de ses ambitions militaires. La Corée du Nord a multiplié les tirs de missiles depuis le début de l'année, suscitant à chaque fois la colère de Washington et les condamnations de l'ONU.
Trois Américains sont toujours détenus en Corée du Nord, deux hommes qui enseignaient dans une université de Pyongyang financée par des groupes chrétiens étrangers et un pasteur Américano-Coréen accusé d'espionnage au profit de Séoul.
D'anciens détenus comme Kenneth Bae ont fait état de longues journées de labeur, de problèmes médicaux et d'abus psychologiques. Mais d'autres ont parlé de conditions de détention tolérables.
Reste à savoir si la mort de l'étudiant va porter un coup fatal à la stratégie nord-coréenne --bien huilée-- des otages, qui servent de monnaie d'échange diplomatique.
Des spécialistes ont jugé improbable que Pyongyang ait délibérément fait plonger un ressortissant américain dans le coma.

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lundi, juin 19, 2017

SOUVERAINETÉ Nadeau-Dubois refuse d’être utilisé par Couillard

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9 juin 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec
Le député Gabriel Nadeau-Dubois
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne

Le député Gabriel Nadeau-Dubois

Gabriel Nadeau-Dubois refuse d’être « instrumentalisé » par le gouvernement libéral, qui, depuis son arrivée à l’Assemblée nationale, n’a que de bons mots pour lui. « Libéraux et péquistes peuvent se le tenir pour dit : ça ne fonctionnera pas », a lancé le député de Gouin au terme de la période de questions.

Durant celle-ci, le premier ministre, Philippe Couillard, a salué l’« habileté » de M. Nadeau-Dubois à discuter de l’avenir du Québec au sein de la fédération canadienne.

Dans ce débat, le nouvel élu solidaire impressionne par sa « clairvoyance », selon M. Couillard. « On a franchement un nouvel acteur très éloquent qui parle du même sujet avec beaucoup plus d’habileté, à mon avis, et beaucoup plus de clairvoyance [que le Parti québécois] et que les Québécois vont écouter de plus en plus », a-t-il déclaré dans le Salon bleu.
Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, a reproché à M. Couillard de douter de la capacité de la population québécoise à prendre en main sa destinée.

Réduit à la « pauvreté », le Québec serait contraint d’« assécher [ses] services publics pendant probablement au moins une dizaine d’années [après avoir conquis son indépendance et] de sacrifier [ses] programmes sociaux », avait dit M. Couillard 24 heures plus tôt.

« Dans la tête du premier ministre, les Québécois sont des incapables, des incompétents, des gens tellement médiocres qu’à l’extérieur du Canada ils deviendraient miséreux et abandonnés », a lâché M. Lisée en Chambre jeudi avant-midi.

« C’est bien simple, jamais, jamais, on n’a eu un premier ministre qui a une aussi mauvaise opinion des Québécois, qui ne croit pas en son peuple, en sa compétence, en sa force. Le premier ministre devrait avoir honte d’avoir honte des Québécois », a ajouté M. Lisée.

Réplique de Couillard

M. Couillard ne s’est pas laissé démonter par la charge du chef péquiste, qu’il a attribuée à la présence de Gabriel Nadeau-Dubois dans le débat constitutionnel. Le chef du gouvernement croit avoir froissé l’ego de M. Lisée en « engageant » mercredi le « débat » constitutionnel avec la figure de proue de la mobilisation étudiante du printemps 2012.

« Ce qui indispose profondément le Parti québécois, c’est qu’ils ne sont plus les seuls joueurs dans l’arène de l’indépendance du Québec, il y a une autre voie, une voie plus jeune, peut-être une voie plus large qui va s’ouvrir. C’est à eux de s’arranger avec ça, ce n’est pas avec moi », a-t-il lancé tout en ajoutant « en passant » que l’arrivée de M. Nadeau-Dubois « est bienvenue ».

M. Lisée s’est dit surpris de voir le premier ministre du Québec s’arroger le titre d’attaché de presse de Québec solidaire.

À l’approche des célébrations du 150e anniversaire du Canada, M. Couillard soutient que les trois quarts de la population québécoise ont un profond attachement à la citoyenneté canadienne, qui est « beaucoup plus large, ouvert[e], inclusi[ve] que la version limitée de citoyenneté que nous propose l’opposition officielle ».

Refus de Nadeau-Dubois

M. Nadeau-Dubois dit voir clair dans le petit jeu du PLQ, qui couvre de fleurs QS depuis le rejet de toute discussion d’alliances stratégiques avec le PQ en vue des prochaines élections générales. Au PLQ, on fait le pari qu’une montée de QS dans les intentions de vote se fera essentiellement au détriment du PQ. « Québec solidaire va refuser de se faire instrumentaliser par le Parti libéral pour alimenter ses “ guéguerres ” avec le Parti québécois, a dit M. Nadeau-Dubois. De la même manière, on va refuser de se faire instrumentaliser pour expliquer les difficultés du Parti québécois. »

Nadeau-Dubois se dit prêt à prendre le pouvoir

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QUÉBEC SOLIDAIRE

Le nouvel élu croit que son parti doit entrer dans les ligues majeures

19 juin 2017 | Jocelyne Richer - La Presse canadienne à Québec | Québec
Gabriel Nadeau-Dubois a été élu dans Gouin le 29 mai dernier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
Gabriel Nadeau-Dubois a été élu dans Gouin le 29 mai dernier.
Gabriel Nadeau-Dubois ne manque ni d’assurance ni d’ambition. Le nouveau député solidaire de Gouin voit grand, très grand. Pour son parti et pour lui-même.
 
Selon lui, Québec solidaire est aux portes du pouvoir, prêt à former le prochain gouvernement. Et quand QS prendra le pouvoir, à court ou à moyen terme, il sera prêt à occuper le siège de premier ministre du Québec.
 
Si ce scénario se présente, « c’est sûr que je ne reculerai pas », assure le jeune député avec aplomb, au cours d’une longue entrevue avec La Presse canadienne visant à faire le point sur ses débuts remarqués en politique active.
 
Mais il faudra d’abord qu’il soit désigné par sa base comme porte-parole aux débats des chefs de la prochaine campagne électorale et candidat premier ministre, comme l’était sa prédécesseure dans Gouin, Françoise David. Les statuts de Québec solidaire font en sorte que le parti n’a pas de chef, mais plutôt deux porte-parole, un homme et une femme, lui-même et Manon Massé. Les membres devront donc choisir entre les deux, à l’automne. 
Dorénavant, Québec solidaire se présente devant les gens en disant : Nous sommes prêts à former le prochain gouvernement
Gabriel Nadeau-Dubois
Il ne se fera pas prier pour être candidat premier ministre. « Si les membres me le demandent, c’est sûr que je vais y aller », dit M. Nadeau-Dubois, qui n’entend reculer devant aucun défi.
 
« J’ai envie d’être ici un bon moment », dit-il à propos de sa présence à l’Assemblée nationale, où il semble à l’aise comme un poisson dans l’eau, même s’il n’a que deux semaines d’expérience parlementaire derrière la cravate.
 
« J’adore ça [la vie de parlementaire] », commente-t-il, parce qu’elle est synonyme d’action. Depuis qu’il a été assermenté, il n’a pas chômé, multipliant les points de presse, posant des questions directement au premier ministre en Chambre, et potassant déjà ses dossiers en commission parlementaire.
 
Même si Québec solidaire demeure un parti marginal sur l’échiquier politique, avec trois députés et seulement 7,6 % d’appuis aux dernières élections générales, M. Nadeau-Dubois estime qu’il faut désormais inscrire Québec solidaire dans les ligues majeures, « une force politique de premier plan ».
 
« L’étape qui commence pour nous maintenant, c’est la marche vers le gouvernement », dit-il, fuyant toute fausse modestie.
 
QS va ratisser large dès octobre 2018, prédit le député, et gruger des votes à toutes les formations politiques, pas seulement au Parti québécois. Des libéraux et caquistes seraient prêts à voter QS, selon lui.
 
« Dorénavant, Québec solidaire se présente devant les gens en disant : Nous sommes prêts à former le prochain gouvernement », affirme le député, qui entame sa carrière politique sans complexe.
 
Personnage controversé
 
Malgré son manque d’expérience, il n’est pas exactement du genre à rester dans l’ombre. « Mon intention, c’est de déranger », confie le député de 27 ans. « Je ne suis pas venu en politique pour me tenir tranquille dans mon coin. »
 
L’ex-leader étudiant du printemps érable sait parfaitement que les opinions sont très tranchées à son sujet. Certains l’adulent, d’autres le qualifient d’arrogant. Mais il s’en fout. « Il y a des gens qui vont me détester, mais ça ne me dérange pas », laisse tomber celui qui ne veut pas se laisser distraire par ce genre de considérations.
 
En politique, ce qui l’anime, ce qui le motive vraiment, c’est « changer le système dans lequel on vit », c’est « transformer le système politique et économique », dit l’homme de gauche, qui veut « prendre le pouvoir pour changer les choses » en profondeur au Québec.
 
La conjoncture est parfaite, selon lui. L’exemple de plusieurs pays, dont la France, où le mouvement En marche ! lancé par Emmanuel Macron il y un an a été couronné de succès, représente une source d’inspiration et confirme sa vision des choses.
 
« Partout à travers le monde, il y a un vent de changement qui souffle très, très fort », note-t-il, décelant dans plusieurs démocraties une « fatigue » envers les partis traditionnels.
 
Sur cette lancée, il n’a aucunement l’intention d’édulcorer le programme du parti ou de le recentrer pour gagner des votes. Ce programme, il y souscrit totalement, sans réserve. Pas question, donc, d’arrondir les angles.
 
Car le problème de QS ne réside pas dans le contenu radical de certaines de ses propositions, mais plutôt dans le défi de transformer ses idées en « politiques publiques concrètes » visant à améliorer la vie des gens « au quotidien ».
 
Est-il d’accord, par exemple, avec le programme du parti sur la nationalisation de différents secteurs d’activité, comme les mines ? Oui. Il cherche quand même à se faire rassurant : « On ne veut pas nationaliser les dépanneurs. »

vendredi, juin 02, 2017

Et si c’est non?

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2 juin 2017 |Michel David | Québec | Chroniques

En février, le premier ministre Couillard avait mis le doigt sur le vice fondamental de la position constitutionnelle de François Legault : « Il fait plein de demandes, mais il ne dit pas ce qui va arriver si la réponse n’est pas oui. Il n’est pas capable de le dire. Il sait c’est quoi la réponse, mais il ne voudra pas le dire à la population. » Le document réitérant les demandes traditionnelles du Québec qu’il a rendu public jeudi soulève la même question, à laquelle il ne répond pas davantage : que fera-t-il si la réponse est non, comme le suggère fortement la réaction de Justin Trudeau ?

M. Couillard est certainement sincère dans son désir de ramener le Québec de façon honorable dans le giron constitutionnel, tout comme l’étaient ses prédécesseurs, mais il sait aussi bien que M. Legault que le Canada anglais n’a plus le moindre intérêt pour la question. Comme le chef de la CAQ, il était cependant conscient de la nécessité de se présenter à la prochaine élection avec une politique constitutionnelle, peu importe que celle-ci soit réaliste ou non. De toute manière, il ne se passera rien de concluant d’ici octobre 2018.

Il s’est bien gardé de fixer un échéancier, même très lointain, à l’ouverture de négociations en bonne et due forme. Cela se produira « le moment venu », a-t-il dit, ce qui signifie souvent aux calendes grecques. On ne sait pas non plus quelle forme prendra l’exercice pédagogique auquel il entend convier la société civile canadienne, mais le succès risque d’être limité. Les colloques universitaires sur le thème « What does Quebec want ? », jadis très courus, ne font plus recette depuis longtemps.

Le concept des deux peuples fondateurs, qui demeure au centre de la vision canadienne de M. Couillard et d’une majorité de Québécois, ne correspond plus à celle du Canada anglais, où le sentiment d’« exil intérieur » que le premier ministre prête aux Québécois n’émeut personne. Si le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982 demeure un « épisode inacceptable » à ses yeux, elle constitue au contraire un acte fondateur pour le ROC, au même titre que l’Acte de l’Amérique britannique de 1867.

M. Couillard est sans doute le premier à savoir que ses chances de réussite sont infinitésimales, mais l’important est de « commencer à parler aux Québécois de ce que nous sommes », a-t-il expliqué. Durant sa conférence de presse, il a lui-même proclamé sa « fierté d’être Québécois » plus souvent qu’il ne l’avait fait depuis qu’il est premier ministre. « Nous sommes avant tout Québécois », a-t-il répété deux fois plutôt qu’une, comme pour faire oublier les nombreuses occasions où il a donné l’impression du contraire.

En insistant sur l’importance du « tronc commun » que constitue la majorité francophone, il souhaite manifestement se distancier de ce multiculturalisme auquel on l’a associé. « L’expression de l’identité nationale québécoise s’appuie non seulement sur un fort sentiment d’appartenance envers le Québec, mais également sur l’existence au Québec d’une histoire, d’une culture et de valeurs qui sont uniques », peut-on lire dans le document.

 
Lors de la signature de l’accord du lac Meech, le PQ de Pierre Marc Johnson avait dénoncé l’insignifiance des conditions posées par Robert Bourassa. C’est seulement quand il est devenu évident qu’il serait rejeté que son successeur, Jacques Parizeau, a commencé à en chanter les louanges, tout en « renchaussant » M. Bourassa pour qu’il ne fasse pas trop de compromis.

Trente ans plus tard, Jean-François Lisée a plutôt félicité le premier ministre pour son initiative, notamment pour avoir substitué la notion de « nation » à celle de « société distincte ». Si Justin Trudeau avait montré le moindre intérêt, le chef péquiste aurait sans aucun doute jugé beaucoup plus sévèrement les demandes de M. Couillard.

M. Lisée a eu beau jeu de dénoncer la désinvolture avec laquelle M. Trudeau a écarté toute réouverture du dossier constitutionnel, qu’il a aussitôt interprétée comme du « mépris » pour la main tendue par le Québec. Un peu plus et il aurait invité M. Couillard à venir se consoler à son chalet, comme le premier ministre l’avait proposé à ce pauvre Marc-Yvan Côté.

Le ton grinçant en moins, la fin de non-recevoir de M. Trudeau ressemblait à s’y méprendre à celle que Jean Chrétien avait opposée à Jean Charest à la veille de la campagne électorale de 1998, quand il avait déclaré que la Constitution n’était pas un « magasin général » et que le Québec avait déjà tout ce dont il avait besoin. Bon nombre de fédéralistes avaient grimacé à l’époque. La possibilité que Lucien Bouchard déclenche un troisième référendum semblait encore une possibilité bien réelle, mais qui a encore peur de la souveraineté au Canada anglais ? Après tout, on a déjà dit non au Québec à deux reprises et il est toujours là.

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Pour un Canada plurinational

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Robert Dutrisac
2 juin 2017 |Robert Dutrisac | Québec | Éditoriaux

Philippe Couillard avait rêvé d’un accord constitutionnel menant à la signature de la Constitution canadienne par le Québec pour le 150e anniversaire de la fédération. Il a dû se contenter du dévoilement d’une politique d’affirmation nationale que n’auraient pas reniée ses prédécesseurs Jean Lesage, Claude Ryan ou Robert Bourassa.

Il faut saluer l’initiative de Philippe Couillard, qui en rendant publique la « Politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes » de son gouvernement sort les fédéralistes québécois du simple attentisme, de cette politique du « fruit qui n’est pas mûr » dont Jean Charest s’était fait l’artisan.

« Nous sommes Québécois avant tout, et c’est notre façon d’être Canadiens », a déclaré Philippe Couillard. On dit de lui qu’il est le plus fédéraliste des premiers ministres de l’histoire contemporaine du Québec. Il est certes celui qui manifeste l’affection la plus forte à l’endroit du Canada. On est loin d’un Robert Bourassa qui ne voyait dans la fédération canadienne que les avantages économiques. « L’allégeance québécoise » s’additionne à « l’appartenance canadienne », a fait valoir Philippe Couillard.

La nation québécoise n’est pas définie comme une nation ethnique au sens de la motion, votée à la Chambre des communes sous le gouvernement Harper, où il est question des « Québécois », en français dans le texte anglais. La nation québécoise est politique, libre de ses choix, composée d’une majorité de francophones, mais également d’une communauté de langue anglaise, qui reconnaît onze nations autochtones, une nation pluraliste « forte d’une grande diversité culturelle » qui s’intègre à la trame historique commune, à un « tronc commun » dans le cadre de l’interculturalisme.

La fédération canadienne est un « modèle plurinational », un « pacte » entre deux peuples fondateurs qui aurait dû inclure à l’origine les Premières Nations, a soutenu Philippe Couillard. Ce pacte fondateur a été rompu en 1982.

Certains ne verront rien de neuf dans cette politique d’affirmation nationale. Or c’est justement là son mérite, celui d’être orthodoxe, de correspondre aux principes qui ont été élaborés par les tenants du fédéralisme renouvelé, mais qui servent aussi de fondement aux aspirations souverainistes.

Quant aux revendications concrètes, Philippe Couillard s’en tient aux cinq conditions de l’accord du lac Meech, soit la reconnaissance de la nation québécoise (on parlait pudiquement de société distincte à l’époque), la participation à la nomination des trois juges québécois à la Cour suprême, un droit de veto sur les modifications constitutionnelles, un statut constitutionnel pour l’entente sur l’immigration et l’encadrement du pouvoir fédéral de dépenser. Ici, le premier ministre aurait pu faire preuve d’un peu plus d’inventivité. Ces cinq conditions étaient perçues comme un minimum par le gouvernement Bourassa et devaient d’ailleurs évoluer. Nous nous étonnons que le champ de la culture et des communications, par exemple, ne fasse pas partie des revendications, alors que le gouvernement Charest avait réclamé l’exclusivité de cette compétence.

Les négociations constitutionnelles ne sont que l’aboutissement de la démarche du gouvernement Couillard. D’ici là, le ministre Jean-Marc Fournier entamera un « dialogue » au Canada non seulement avec les responsables politiques, mais avec la société civile et les peuples autochtones. Il défendra cette idée d’un Canada plurinational.

« Dans le reste du Canada, il est fréquent de penser que le pays ne peut être formé que d’une seule nation », une « vision univoque » qui a triomphé en 1982, reconnaît toutefois son gouvernement dans la politique.

Justin Trudeau, de façon cavalière et avant même d’avoir lu le document, rejetait toute possibilité de rouvrir la Constitution. Ni pour le Québec ni pour les autochtones, doit-on conclure. Le premier ministre canadien a fait preuve d’une pitoyable légèreté.

En conférence de presse, Philippe Couillard a évoqué des sondages qui montrent un renforcement de l’attachement identitaire des jeunes Québécois à l’endroit du Canada, des jeunes qui ne sont d’ailleurs pas marqués par les stigmates du rejet de l’accord du lac Meech. Il en a conclu à l’échec historique du mouvement souverainiste. Or, paradoxalement, la faiblesse actuelle du mouvement souverainiste ne contribuera pas à ce que son message soit pris au sérieux au Canada anglais, pour lequel la question du Québec est réglée une fois pour toutes.

Il ne faut certes pas s’attendre à des résultats immédiats de cette politique ; il n’y a d’ailleurs aucune garantie de résultat. Mais au moins, Philippe Couillard envoie le signal que la nation québécoise, dans toute l’acception du terme, le concerne.

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Le 98,5 FM met un terme au contrat de l'animateur Benoît Dutrizac

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2 juin 2017 18h03 |Améli Pineda | Médias
L'animateur Benoît Dutrizac
Photo: TwitterL'animateur Benoît Dutrizac
La direction du 98,5 FM a annoncé vendredi mettre fin au contrat de l’animateur Benoît Dutrizac.

Sur son site Internet, la direction du 98,5 FM mentionne un « vent de changement » dans sa programmation.

« Ce virage touche principalement l’émission du midi qui était animée depuis septembre 2007 par Benoît Dutrizac », peut-on lire.

On précise que le directeur général de la station, Michel Laurin, a mis fin au contrat de l’animateur.

Peu après l'annonce, Benoît Dutrizac a indiqué vouloir « laisser retomber la poussière » avant de commenter son renvoi du 98,5 FM.

Sur Twitter, l’animateur a remercié le public pour les messages qu’il reçoit, mais précise vouloir prendre le temps avant de commenter.

L’animateur Mathieu Beaumont remplacera M. Dutrizac jusqu’à la mi-août alors qu’une nouvelle émission sera présentée pour prendre la plage horaire occupée par « Dutrizac ».

D'autres détails suivront. 

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