Les cendres de Fidel Castro quittent La Havane pour Santiago

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Publié le 30 novembre 2016 à 06h21 | Mis à jour à 06h21
People wave Cuban flags as they attend a... (REUTERS)
REUTERS
People wave Cuban flags as they attend a massive tribute to Cuba's late President Fidel Castro in Revolution Square in Havana, Cuba, November 29, 2016. REUTERS/Edgard Garrido

ALEXANDRE GROSBOIS
Agence France-Presse
La Havane
Après deux jours d'hommages posthumes, les cendres de Fidel Castro quittent définitivement mercredi la capitale cubaine pour parcourir le pays jusqu'à Santiago de Cuba (est), berceau de la révolution où elles doivent être mises en terre dimanche.
L'urne funéraire en bois, exposée dans un salon du ministère des Forces armées depuis la crémation du «Comandante», doit être embarquée vers 8h00 à bord d'un cortège motorisé qui doit suivre sur quelque 950 km le trajet effectué dans la sens inverse par Fidel Castro au moment de la victoire de sa guérilla en 1959.
Au terme de quatre jours de voyage, les restes de Fidel Castro seront enterrés dimanche au cimetière de Santa Ifigenia de Santiago, à côté du mausolée de José Marti, héros de l'indépendance de Cuba.
Ces funérailles scelleront la fin du deuil national décrété pour neuf jours après son décès annoncé vendredi soir par son frère et successeur Raul Castro.
Du 2 au 8 janvier 1959, à bord de sa «Caravane de la liberté», Fidel Castro avait traversé le pays en triomphateur, dans la foulée de la fuite à l'étranger du dictateur Fulgencio Batista, acculé à La Havane par les troupes castristes, alors que le père de la révolution prenait simultanément le contrôle de Santiago de Cuba.
Le jeune «barbudo» avait alors prêché son projet révolutionnaire dans les principales régions du pays, dont Holguin (sud-est), où il est né, et les villes de Camagüey, Las Tunas, Sancti Spiritus, Santa Clara ou Matanzas, qui jalonnent le pays d'est en ouest.
Le premier temps fort de cette procession devrait être l'étape de Santa Clara, où reposent dans un mausolée les cendres de son compagnon de lutte, le guérilléro argentin Ernesto «Che» Guevara, décédé en 1967.
«Cher Fidel»
Critiqué par l'ONU et par ses opposants pour des violations des droits de l'Homme, Fidel Castro reste toutefois vénéré par beaucoup de Cubains, qui ont subi un véritable choc à l'annonce de son décès, à 90 ans.
En vertu du deuil national décrété de vendredi à dimanche prochain, les rassemblements et les spectacles ont été annulés, les matches de baseball suspendus, les discothèques fermées et la vente d'alcool interdite.
Les médias nationaux consacraient exclusivement leurs programmes à ce deuil, et diffusaient en boucle l'hymne «Chevauchant avec Fidel», une «trova» aux accents romantiques composée par le chanteur populaire cubain Raul Torres.
Mardi soir, des centaines de milliers de Havanais avaient rendu un dernier hommage à Fidel Castro, aux côtés de dirigeants de la gauche latino-américaine et d'Afrique qui ont exhorté en tribune à perpétuer le legs du «Comandante».
«Il ne part pas, il reste là, invaincu parmi nous, absous, totalement absous par l'Histoire», s'est notamment exclamé le président vénézuélien Nicolas Maduro, proche allié de Cuba, en référence au fameux «l'Histoire m'absoudra» lancé par Fidel Castro à son procès après l'assaut de la caserne de la Moncada qui forgea le début de sa légende en 1953.
Puis Raul Castro s'est adressé à son frère: «Cher Fidel (...) ici, où nous commémorons nos victoires, nous te disons aux côtés de notre peuple dévoué, combatif et héroïque: Jusqu'à la victoire, toujours!» («Hasta la victoria, siempre!»), reprenant l'antienne des révolutionnaires cubains.
Cette soirée d'hommages à la tonalité très politique a été largement boudée par les chefs d'État occidentaux, dont le président américain Barack Obama, pourtant artisan d'un rapprochement historique depuis fin 2014 entre les deux ex-ennemis de la Guerre froide.
De même, les présidents de pays amis, le Russe Vladimir Poutine, le Chinois Xi Jinping et l'Iranien Hassan Rohani, ont préféré se faire représenter par des émissaires.

Soutien à domicile: des interventions toujours plus courtes

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EXCLUSIF
Publié le 30 novembre 2016 à 07h32 | Mis à jour à 07h32
Alors qu'en 2011-2012, les auxiliaires, préposés et infirmières... (Photo André PIchette, archives La Presse)
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Alors qu'en 2011-2012, les auxiliaires, préposés et infirmières à domicile consacraient en moyenne 55 minutes par intervention, en 2015-2016, cette action a chuté à 48 minutes

Au cours des cinq dernières années, il y a eu diminution de la durée moyenne des interventions auprès des patients recevant des soins à domicile à Montréal, révèlent de nouvelles données consultées par La Presse. Alors qu'en 2011-2012, les auxiliaires, préposés et infirmières à domicile consacraient en moyenne 55 minutes par intervention, en 2015-2016, cette action a chuté à 48 minutes. Et pour les premiers mois de 2016-2017, la durée moyenne d'intervention atteint à peine les 44 minutes.
Cette baisse dans la durée d'intervention survient alors que la demande pour du soutien à domicile ne cesse d'augmenter. Depuis cinq ans, le nombre d'interventions a augmenté de 39 % dans les CLSC de Montréal. « C'est simple : on doit faire plus avec moins », affirme la présidente de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), Claire Montour.
« Les [besoins des] usagers en soins à domicile sont de plus en plus lourds. Mais il faut faire de plus en plus vite. Cette tendance à la productivité à tout prix a un coût », dénonce le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Guy Laurion.
Pour le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, cette baisse du temps d'intervention est plutôt la preuve que le réseau est de plus en plus efficace. Le ministre souligne que dans le passé, le réseau de la santé était plus « lousse » dans les évaluations des services requis par les usagers du soutien à domicile. « Nous sommes plus rigoureux dans nos analyses. Car notre défi est de donner le plus de services, au plus de monde possible », affirme M. Barrette.
Le ministre ajoute qu'au cours des dernières années, le budget en soutien à domicile n'a cessé d'augmenter, de même que le nombre d'usagers qui en bénéficient.

Dépenses en soutien à domicile au Québec (MSSS)
  • 2010-2011 : 1 060 136 907 $
  • 2011-2012 : 1 116 826 567 $
  • 2012-2013 : 1 174 492 995 $
  • 2013-2014 : 1 264 451 330 $
  • 2014-2015 : 1 338 702 459 $
  • 2015-2016 (préliminaire) : 1 351 901 499 $
Mais pour Mme Montour, cette recherche d'efficacité pousse les directions d'établissement à mettre beaucoup de pression sur les travailleurs pour réduire leur temps d'intervention. « Le personnel paye le prix de leur santé. On leur met une pression énorme pour entrer dans les temps. Il faut que ça cesse », dit-elle.
« La conséquence pour le personnel est l'épuisement professionnel. Pour les patients, c'est la quantité et la qualité des soins qui écopent. Il n'y a plus de jus dans le système. Il faut arrêter de lui tordre les bras », affirme M. Laurion.
Devant la hausse de la demande en soutien à domicile, de plus en plus de CLSC ont eu recours à du personnel d'agences privées pour offrir les services. En 2011, 29 % des interventions étaient confiées à ces employés, contre 32 % aujourd'hui.
Mme Montour indique que de plus en plus d'infirmières quittent leurs fonctions en soins à domicile, insatisfaites de leurs conditions de pratique. « Elles sont constamment surveillées, pressées dans le temps. Plusieurs quittent. Mais la demande est là », dit-elle.
LES QUARTIERS PAS TOUS ÉGAUX
Les citoyens de Montréal ne sont pas tous égaux quand vient le temps de parler de soutien à domicile, révèlent les statistiques disponibles sur le site de l'Espace montréalais d'information sur la santé. Alors que sur le territoire de l'ancien Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de l'Ouest-de-l'Île, la durée moyenne d'intervention atteint 52 minutes, elle est de 31 minutes dans le Sud-Ouest-Verdun.
Durée moyenne d'une intervention par territoire en soutien à domicile (minutes)
  • CSSS de l'Ouest-de-l'Île 52,1
  • CSSS Dorval-Lachine-LaSalle 35,6
  • CSSS Sud-Ouest-Verdun 30,7
  • CSSS Pointe-de-l'Île 42,3
  • CSSS Lucille-Teasdale 40,3
  • CSSS Saint-Léonard-Saint-Michel 39,0
  • CSSS de la Montagne 42,0
  • CSSS Cavendish 49,6
  • CSSS Jeanne-Mance 36,4
  • CSSS Bordeaux-Cartierville - Saint-Laurent 44,6
  • CSSS Coeur-de-l'Île 39,6
  • CSSS Ahuntsic-Montréal-Nord 45,3
Ces fluctuations s'expliquent par le type de clientèle desservie par les CLSC. Mais peu importe le territoire étudié, la durée moyenne des interventions en soutien à domicile a diminué depuis cinq ans, note Mme Montour.
LES AÎNÉS TOUCHÉS
Différentes clientèles reçoivent du soutien à domicile, dont des personnes présentant une déficience physique ou intellectuelle et des personnes âgées en perte d'autonomie. Ces dernières ne sont pas épargnées par les baisses du temps moyen par intervention. Le nombre d'interventions auprès des aînés vulnérables a augmenté de 48 % depuis cinq ans pour atteindre 2 916 086 en 2015-2016. Pendant ce temps, la durée moyenne d'intervention a chuté de 18 % et s'élève à 44 minutes.
« Cette clientèle est la plus pénalisée par la diminution du temps d'intervention. On coupe un bain par semaine ici, un autre soin là... On restreint leur plateau de services », dénonce Mme Montour, pour qui la situation est « injuste et témoigne d'un manque total de respect pour les patients ».
Le ministre Barrette réplique que le réseau de soutien à domicile a été « réorganisé pour être plus efficace ». « On combine par exemple deux services en une visite, comme le lavage et le ménage [...] On a à prendre la bonne décision pour donner le plus au maximum de gens possible. On ne le fait pas pour écoeurer le monde, mais pour être plus efficace. »
Lors de la mise à jour budgétaire en octobre, le gouvernement a annoncé qu'il investirait 100 millions de plus cette année et 300 millions de plus l'an prochain en santé. Une bonne partie de ces sommes doit être consacrée aux soins à domicile. La somme exacte dépendra en partie des transferts fédéraux en santé, qui sont encore en négociations. Une décision qui sera « cruciale », selon M. Barrette.
Pour Mme Montour, cette annonce d'investissement du ministre n'est que de la « poudre aux yeux ». « On a fait des compressions de 1,6 milliard en santé. Et là, on ajoute 300 millions... On a enlevé beaucoup plus que ce que l'on va remettre. Faire croire le contraire est un spectacle », dit-elle.
- Avec la collaboration de Thomas de Lorimier, La Presse

Trump va s'éloigner de son empire immobilier

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Publié le 30 novembre 2016 à 07h21 | Mis à jour à 08h04
Donald Trump... (AP)
Donald Trump
AP
Agence France-Presse
Donald Trump donnera le 15 décembre les détails sur la manière dont il compte cesser - le temps de sa présidence - de gérer son immense empire immobilier international afin d'éviter tout conflit d'intérêts, a annoncé mercredi le président élu lui-même sur Twitter.
M. Trump a précisé qu'il s'exprimera à New York lors d'une «conférence de presse majeure» en présence de ses enfants.
La conférence de presse portera «sur le fait que je quitterai ma formidable entreprise afin de me concentrer entièrement et totalement à la direction du pays et de redonner à l'AMÉRIQUE SA GRANDEUR!», précise le président élu sur Twitter.

great business in total in order to fully focus on running the country in order to MAKE AMERICA GREAT AGAIN! While I am not mandated to ....

De nombreuses questions de conflits d'intérêts sont soulevées par l'arrivée inédite à la Maison-Blanche d'un milliardaire à la tête d'un empire économique aux ramifications internationales.
Dans une série de tweets, qui n'aborde que ce sujet, M. Trump réaffirme que légalement il n'a aucune obligation de s'isoler de la gestion de son entreprise.
«Je sens que c'est important (...) de n'avoir aucun conflit d'intérêts avec mes diverses affaires, en tant que président», indique M. Trump.
«Par conséquent, des documents légaux sont en cours de rédaction qui font que je me retire totalement des opérations de gestion des affaires. La présidence est une tâche bien plus importante!», souligne-t-il.
M. Trump envisagerait de confier la direction de ses affaires à trois de ses enfants, selon les maigres détails qu'il a lui-même donnés depuis qu'il s'est lancé dans la course à la Maison-Blanche en juillet 2015.
De nombreux experts ont souligné que cela ne réglerait en rien les problèmes de conflits d'intérêts, ces trois enfants, étant de très proches conseillers de leur père et jouant un rôle actif dans les nominations de la future administration Trump.