samedi, novembre 26, 2016

Trudeau accueille la mort de Castro avec une «profonde tristesse»

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Publié le 26 novembre 2016 à 07h13 | Mis à jour à 07h13
Du Sommet de la Francophonie, à Madagascar, Justin Trudeau a... (PHOTO ADRIAN WYLD, PC)
PHOTO ADRIAN WYLD, PC
Du Sommet de la Francophonie, à Madagascar, Justin Trudeau a salué les liens « forts » entre le Canada et Cuba et transmis ses condoléances tant aux proches de l'ex-président cubain qu'à son peuple.

FANNIE OLIVIER
La Presse Canadienne
ANTANANARIVO, Madagascar
Justin Trudeau a profité de sa tribune au Sommet de la Francophonie, à Madagascar, pour évoquer le décès de Fidel Castro, qu'il a qualifié « d'ami de longue date du Canada et de [sa] famille ».
Le premier ministre a salué les liens « forts » entre le Canada et Cuba et transmis ses condoléances tant aux proches de l'ex-président cubain qu'à son peuple.
Dans une déclaration écrite qu'il a fait paraître quelques instants plus tard, M. Trudeau a poussé la note, affirmant avoir appris la mort du révolutionnaire « avec une profonde tristesse », saluant les progrès réalisés en éducation et en soins de santé lorsque le pays était sous sa gouverne.
S'il a concédé qu'il s'agissait « d'une figure controversée », il a néanmoins soutenu que tous « reconnaissaient son amour et son dévouement immenses envers le peuple cubain ».
M. Trudeau a justement conclu une visite à Cuba il y a dix jours, où il a rencontré l'actuel président cubain Raul Castro, mais n'a pu voir son frère Fidel en raison de son état de santé fragile.
Le père de Justin Trudeau, Pierre Elliott, avait tissé une relation très proche avec Fidel Castro, qu'il considérait comme un ami.

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Décès de Fidel Castro: les réactions affluent dans le monde

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Publié le 26 novembre 2016 à 07h46 | Mis à jour à 07h46
Plkusieurs chefs d'État ont réagi au décès de... (PHOTO ARCHIVES AFO/CUBADEBATE)
Plkusieurs chefs d'État ont réagi au décès de Fidel Castro.
PHOTO ARCHIVES AFO/CUBADEBATE
Agence France-Presse
Certains rendent hommage à une figure historique du XXe siècle ou demandent une levée de l'embargo contre Cuba, d'autres sont plus mesurés : synthèse des réactions samedi dans le monde au décès de Fidel Castro.
Vladimir Poutine, président de la Russie
« Cet homme d'État émérite est à juste titre considéré comme le symbole d'une époque de l'Histoire moderne du monde », a déclaré le président russe, jugeant que Fidel Castro « était un ami sincère et fiable de la Russie ».
Mikhaïl Gorbatchev, ex-président de la Russie
« Fidel a résisté et a fortifié son pays au cours du blocus américain le plus dur, quand il y avait une pression monumentale sur lui et il a pu [...] mener son pays sur la voie du développement indépendant », a affirmé l'ex-dirigeant soviétique, dernier dirigeant de l'URSS, cité par l'agence Interfax. 
Xi Jinping, secrétaire général du Parti communiste chinois
Fidel Castro « vivra éternellement », a assuré samedi le président chinois dans un message lu à la télévision. « Le peuple chinois a perdu un camarade bon et sincère », a-t-il déclaré. « Le camarade Castro vivra éternellement », a ajouté le président Xi, également secrétaire général du Parti communiste chinois.
Nicolas Maduro, président du Venezuela
« Tous les révolutionnaires du monde, nous devons poursuivre son héritage et reprendre le flambeau de l'indépendance, du socialisme, de la patrie humaine », a écrit sur Twitter le président socialiste du Venezuela.
Evo Morales, ex-chef d'État cubain
C'était « un géant de l'Histoire » qui a défendu « la dignité des peuples du monde », s'est enflammé le président bolivien, en parlant de son « admiration » de l'ex-chef d'État cubain. 
François Hollande, président de la France
Fidel Castro « avait incarné la révolution cubaine, dans les espoirs qu'elle avait suscités puis dans les désillusions qu'elle avait provoquées ». « Acteur de la Guerre froide [...] il avait su représenter pour les Cubains la fierté du rejet de la domination extérieure », a souligné le président socialiste français, en réclamant une levée totale de l'embargo contre Cuba.
Rodrigo Duterte, président des Philippines
Pour le président philippin, Fidel Castro s'est illustré en « se levant contre l'ouest et l'impérialisme ».
Mariano Rajoy, chef conservateur du gouvernement espagnol
Il avait « une stature historique », a réagi sur Twitter le chef conservateur du gouvernement espagnol, en soulignant dans un communiqué son impact pour Cuba et sa « grande influence » pour la région.
Charles Michel, premier ministre de la Belgique
« Une page importante de l'histoire politique mondiale se tourne », il s'agit d'»un terme définitif à la Guerre froide qui a tant divisé les populations au siècle dernier », a estimé le premier ministre belge.
Alexis Tsipras, premier ministre de la Grèce
« Adieu commandant - Jusqu'à la victoire pour toujours des peuples », a lancé le premier ministre grec de gauche radicale, en retweettant un message de son parti Syriza selon lequel « L'histoire a donné raison à Fidel Castro ». 
Robert Fico, premier ministre de la Slovaquie
Pour le premier ministre slovaque dont le pays préside actuellement l'Union européenne, « Cuba n'a jamais menacé quiconque et ne veut que vivre sa propre vie. Nombreux sont ceux qui à tort ont haï et continuent de haïr Cuba pour son courage ».
Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères
C'était « une personnalité unique qui a combattu contre le colonialisme et l'exploitation ». Il a été « un modèle des luttes pour l'indépendance des nations opprimées », a jugé le ministre iranien des Affaires étrangères, cité par l'agence Fars.
Narendra Modi, premier ministre indien
Il a été « l'une des personnalités les plus iconiques du XXe siècle », a commenté le premier ministre indien.
Bidya Devi Bhandari, présidente du Népal
La présidente du Népal et sonpPremier ministre Pushpa Kamal Dahal Prachanda ont souligné « l'intégrité » de Fidel Castro, « champion de la cause du peuple ».

Fidel Castro s'éteint à 90 ans

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Publié le 26 novembre 2016 à 00h38 | Mis à jour à 07h38
Fidel Castro est décédé vendredi soir à La... (AFP)
Fidel Castro est décédé vendredi soir à La Havane à l'âge de 90 ans.
AFP
ALEXANDRE GROSBOIS
Agence France-Presse
La Havane
Fidel Castro, le père de la Révolution cubaine, qui a tenu son île d'une main de fer et défié la superpuissance américaine pendant plus d'un demi-siècle avant de céder le pouvoir à son frère Raul, est mort vendredi soir à l'âge de 90 ans.
Fidel Castro en 1961... (Photothèque La Presse) - image 1.0
Fidel Castro en 1961
PHOTOTHÈQUE LA PRESSE
«Le commandant en chef de la Révolution cubaine est décédé à 22h29 ce soir», a annoncé Raul Castro en lisant une déclaration sur l'antenne de la télévision nationale.
Le président Raul Castro n'a pas révélé les causes du décès, mais il a précisé que sa dépouille serait incinérée, conformément à sa volonté, dès samedi. Des funérailles nationales auront lieu le 4 décembre, après neuf jours de deuil national.
«L'organisation de l'hommage funèbre qui lui sera rendu sera précisée» ultérieurement, a-t-il ajouté dans cette brève allocution conclue par un tonitruant: «Jusqu'à la victoire, toujours!» («Hasta la victoria, siempre»).
Le «Lider Maximo» avait cédé le pouvoir à son frère Raul à partir de 2006 après une hémorragie intestinale.
Il avait abandonné en avril 2011 ses dernières responsabilités officielles, en cédant son poste de premier secrétaire du Parti communiste de Cuba à Raul, numéro deux du parti depuis sa fondation en 1965.
L'ex-président cubain avait totalement disparu des écrans cubains entre février 2014 et avril 2015, ce qui avait alimenté de nombreuses rumeurs sur son état de santé.
Mais depuis un an et demi, même si ses déplacements restaient limités, il avait recommencé à publier des «réflexions» et s'était remis à recevoir chez lui personnalités et dignitaires étrangers.
Fidel Castro avait surpris en ne recevant pas le premier ministre canadien Justin Trudeau, malgré la forte amitié qui liait l'ex-président cubain à son père Pierre-Elliott Trudeau. Pourtant, la veille, il s'était entretenu avec le président vietnamien Tran Dai Quang.
Son décès, qui survient à peine deux ans après l'annonce historique du rapprochement entre Cuba et les États-Unis, vient définitivement tourner la page de la guerre froide, qui a mené le monde au bord du conflit nucléaire lors de la crise des missiles d'octobre 1962.
Raul Castro seul aux commandes
Avec le décès de Fidel, Raul Castro se retrouve pour la première fois seul aux commandes, lui qui avait assuré au moment de sa nomination qu'il consulterait le «Commandant en chef» pour toutes les décisions importantes.
Raul, âgé de 85 ans depuis le 3 juin, a engagé depuis 10 ans un lent processus de «défidélisation» du régime, défini en avril 2011 par l'adoption lors d'un congrès historique du Parti communiste de Cuba d'un ensemble de mesures économiques destinées à sauver Cuba de la faillite.
Il a également orchestré dans l'ombre un rapprochement historique annoncé mi-décembre avec les États-Unis, révélant un pragmatisme qui tranche avec l'anti-américanisme viscéral de son aîné.
Célèbre pour ses coups d'éclat et ses discours interminables, mais aussi pour son uniforme vert olive, ses cigares et sa barbe légendaire, Fidel Castro était un symbole de la lutte contre «l'impérialisme américain», tout en affichant lui-même un piètre bilan en matière de droits civiques et de libertés.
Fils d'un grand propriétaire terrien d'origine espagnole, Fidel Castro avait surpris jusqu'à ses propres partisans en se tournant vers Moscou peu après la conquête du pouvoir par les «barbudos» en janvier 1959.
Relations tendues
Il a défié 11 présidents américains et survécu à maints complots pour l'assassiner (un record de 638 selon le Livre Guinness des records) ainsi qu'à une tentative ratée de débarquement d'exilés cubains soutenus par la CIA dans la baie des Cochons en avril 1961.
John F. Kennedy devait décréter peu après, en février 1962, un embargo commercial et financier. Toujours en vigueur, celui-ci pèse lourdement sur l'économie du pays malgré une série d'assouplissements consentis par l'administration de Barack Obama dans le cadre du dégel.
Fidel Castro et le Secrétaire général du Parti... (AP) - image 2.0
Fidel Castro et le Secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique Nikita Khrushchev joignent leurs mains lors d'une visite du mausolée de Lénine, à Moscou.
AP
En octobre 1962, c'est la crise des missiles, provoquée par l'installation de fusées nucléaires soviétiques à Cuba, qui engendre une surenchère et met le monde sous la menace atomique. Washington décide un blocus naval de l'île, et Moscou finit par retirer ses fusées contre la promesse américaine de ne pas envahir l'île.
Compagnon d'armes du guérillero argentin Ernesto «Che» Guevara, le leader cubain s'est voulu le champion de l'exportation de la révolution marxiste en Amérique latine, mais aussi en Afrique, notamment en Angola où les troupes cubaines ont été engagées pendant 15 ans.
Cette révolution suscite alors une certaine fascination et le régime se targue alors d'avoir éradiqué l'analphabétisme et mis en place un système de santé efficace et accessible aux 11,1 millions d'habitants de l'île. Une performance rare pour un pays pauvre d'Amérique latine.
Mais la chute de l'URSS en 1991, principal bailleur de fonds de l'île, devait porter un coup terrible à l'économie cubaine : la population est confrontée à des pénuries énormes, Fidel Castro proclame une «période spéciale en temps de paix» et beaucoup prédisent la fin de son régime.
Maître de la survie politique, le «Lider Maximo» trouve une nouvelle manne avec le tourisme et surtout de nouveaux alliés avec la Chine et le Venezuela du président Hugo Chavez, présenté par Fidel Castro comme son «fils spirituel».
Hugo Chavez rend visite à Fidel Castro alors... (AP) - image 3.0
Hugo Chavez rend visite à Fidel Castro alors qu'il se remet de sa chirurgie en 2006.
AP
Le «Lider maximo» a toujours maintenu secrète sa vie privée. Sa compagne Dalia Soto del Valle, qui partageait sa vie depuis les années 1960 et lui a donné cinq fils, devrait assister aux obsèques de celui qui a eu au moins trois autres enfants - dont une fille vivant à Miami - avec trois autres femmes.  AVEC AP

Les grandes dates

Les principales étapes de la vie de Fidel Castro, décédé vendredi soir à La Havane à l'âge de 90 ans et qui restera dans l'histoire comme le dernier grand dirigeant communiste du monde occidental.
Vers la conquête du pouvoir
  • 13 août 1926: Naissance de Fidel Alejandro Castro Ruz à Biran (est). Études secondaires chez les jésuites. Docteur en droit en 1950, il commence une carrière d'avocat et d'opposant politique.
  • 26 juill. 1953: Castro tente sans succès de s'emparer de la caserne Moncada à Santiago avec une centaine d'insurgés. Condamné à 15 ans de prison puis amnistié deux ans plus tard, il s'exile avec son frère Raul au Mexique où il fait la connaissance d'Ernesto «Che» Guevara.
  • 2 déc. 1956: À bord de l'embarcation Granma, Fidel Castro débarque avec 81 militants dans le sud de l'île. Seule une quinzaine de guérilleros survivent et se réfugient dans les hauteurs de la Sierra Maestra. Six mois plus tard, ils sont une centaine et gagnent du terrain avec l'aide d'une agitation urbaine incessante.
Au coeur de la guerre froide
  • 8 janv. 1959: Entrée triomphale à la tête de ses «barbudos» à La Havane, après 25 mois de guérilla contre le régime de Fulgencio Batista.
  • 1961: Les États-Unis rompent les relations diplomatiques en janvier. En avril, échec de la tentative de débarquement d'anticastristes soutenus par Washington à la baie des Cochons (Playa Giron). Castro proclame le caractère socialiste de sa Révolution.
  • 1962: Kennedy décrète l'embargo contre Cuba le 13 février. En octobre, la crise des missiles, après l'installation de fusées nucléaires soviétiques à Cuba, met le monde au bord d'un conflit atomique. Washington décide un blocus naval de l'île. Moscou retire ses fusées contre la promesse américaine de ne pas envahir l'île.
  • 1965: Fidel Castro fonde le Parti communiste de Cuba (PCC).
  • 1975: Il lance ses troupes en Angola puis en Éthiopie. Près de 400.000 militaires cubains connaîtront les champs de bataille africains jusqu'en 1991.
Difficultés économiques et répression
  • 14 juin 1989: Fidel Castro fait arrêter le général Arnaldo Ochoa, héros de la guerre d'Angola. Celui-ci est fusillé le 13 juillet, provoquant un fort émoi de la population et affectant durablement son prestige personnel.
  • 29 août 1990: Fidel annonce une «période spéciale en temps de paix» en raison de l'effondrement économique du pays, aggravé par la chute de l'URSS un an après. Pénuries en tous genres, disette, malnutrition... La légalisation du dollar et l'ouverture au tourisme permettent au régime de survivre.
  • mars 2003: Arrestation de 75 dissidents condamnés à de lourdes peines de prison, entraînant des sanctions de l'Union européenne. En 2010, un accord avec l'Église catholique permet la libération des 52 derniers emprisonnés.
Castro se retire
  • 31 juill. 2006: Castro subit une grave intervention chirurgicale après une hémorragie intestinale et cède le pouvoir à son frère cadet Raul, ministre de la Défense depuis 1959.
  • 24 févr. 2008: Il cède le poste de président du Conseil d'État à son frère Raul.
  • 19 avr. 2011: Fidel Castro abandonne - également à son frère Raul - sa dernière charge officielle, celle de premier secrétaire du PCC.
  • 28 mars 2016: Une semaine après la visite historique de Barack Obama à Cuba, Fidel Castro ironise dans une lettre sur les «paroles sirupeuses» du président américain et affirme que l'île «n'a pas besoin de cadeau».
  • 19 avr. 2016: Dernière et rare apparition publique à La Havane. Lors de la session de clôture du PCC, Fidel Castro évoque sa disparition future et le legs du communisme cubain.