Justin Trudeau rencontre des militants et des étudiants à Cuba

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Publié le 16 novembre 2016 à 12h24 | Mis à jour à 12h24

La Presse Canadienne
Le premier ministre Justin Trudeau a rencontré des militants cubains, mercredi, au lendemain de sa rencontre avec le président de la nation insulaire, avec qui il a discuté de réformes de gouvernance.
La discussion en table ronde avec des représentants de la société civile a lancé la journée qui a ensuite vu le premier ministre canadien et son épouse, Sophie Grégoire, s'adresser à des étudiants universitaires.
Mme Grégoire a participé à un débat sur l'équité entre les sexes, tandis que M. Trudeau a prononcé une allocution devant des étudiants à l'Université de La Havane.
Des discussions sur les enjeux de gouvernance à Cuba étaient au menu lorsque M. Trudeau a rencontré Raul Castro à huis clos, mardi.
M. Castro a dit à M. Trudeau, dans la partie publique de la rencontre, que les réformes à Cuba n'avaient pas avancé aussi rapidement qu'il s'y attendait, mais qu'il ne pouvait imaginer le pays bouger plus vite qu'il ne le fait maintenant.
Le président désigné des États-Unis, Donald Trump, a indiqué que le rythme d'implantation de ces réformes - spécifiquement celles permettant les élections multipartites et la libération de dissidents politiques - aurait un impact sur le renouvellement des relations entre les États-Unis et Cuba.
Les deux pays avaient rompu leurs liens diplomatiques en 1961, un geste que le Canada n'avait pas imité.
Lors de sa rencontre avec Raul Castro, Justin Trudeau a affirmé que les Canadiens pouvaient être fiers du rôle positif qu'ils ont joué à Cuba au fil des ans.
M. Trudeau a voulu y aller d'une touche plus personnelle juste avant que les médias ne soient invités à quitter le lieu de la rencontre, en soulignant l'amitié qu'avait entretenue son père, Pierre Elliott Trudeau, et le frère de Raul Castro, l'ancien dirigeant cubain Fidel Castro.
« L'amitié entre nos familles est durable et profonde, mais cela n'est rien comparé à la franche (relation) entre tous les Canadiens et les Cubains », a-t-il dit, ajoutant qu'il s'engageait à continuer de consolider ces liens.

Procès Michael Applebaum: l'opération à la «Miami Vice» décortiquée

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Publié le 16 novembre 2016 à 12h50 | Mis à jour à 12h50
M. Tremblay, qui avait été attaché politique et... (Patrick Sanfaçon, archives La Presse)
M. Tremblay, qui avait été attaché politique et chef de cabinet du
 maire d'arrondissement Michael Applebaum (photo) entre 2006 et 2012, affirme que ce dernier
 lui a « tout montré » en matière de financement illégal et de pots de vin.
PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE
Hugo Tremblay n'aimait pas faire du « contre-espionnage » dans une opération qu'il comparaît à « Miami Vice », et qui visait à amener le maire Michael Applebaum à avouer son implication dans la corruption. Mais il avait pris un engagement et allait le tenir.
« Vous sentiez-vous obligé de continuer ? », lui a demandé l'avocat de la défense Pierre Teasdale, mercredi, dans le cadre du procès pour corruption de son client, M. Applebaum.
« Non, j'avais le choix, mais j'avais pris un engagement. Je suis fait comme ça, je ne suis pas capable de choker », a répondu M. Tremblay.
La défense s'emploie depuis mardi à décortiquer tous les courriels, appels téléphoniques et rencontres, que M. Tremblay, témoin clé de la Couronne, a eus avec les enquêteurs de la police, particulièrement avec Luc Lamy, au printemps 2013. 
M. Tremblay, qui avait été attaché politique et chef de cabinet du maire d'arrondissement Michael Applebaum entre 2006 et 2012, affirme que ce dernier lui a « tout montré » en matière de financement illégal et de pots de vin. Selon ses dires, ils s'y seraient adonnés souvent. Le 8 mars 2013, M. Tremblay a déballé son sac aux policiers de l'UPAC qui le taraudaient et il a fini par accepter de collaborer eux. Il allait faire une opération à la « Miami Vice », soit porter des micros pour tenter d'amener son ex-patron et ami, M. Applebaum, à se compromettre. 
M. Tremblay a eu trois grands échanges avec M. Applebaum, qui ont été enregistrés, soit les 2 et 3 mai, en personne, ainsi que le 10 juin, au téléphone. M. Applebaum allait être arrêté quelques jours plus tard. 
Au sujet de l'appel téléphonique du 10 juin, M. Tremblay admet qu'il n'avait pas confiance au scénario que les policiers lui ont présenté. Il devait confronter directement M. Applebaum sur les actions de corruption. Cela allait à l'encontre de leurs habitudes et de leurs codes, puisqu'ils étaient très prudents et discrets à ce sujet. Ça m'apparaissait invraisemblable, a-t-il dit.
De fait, l'appel a indisposé M. Applebaum, qui s'est scandalisé en répétant: "Hugo, Hugo, Hugo, de quoi tu parles, qu'est-ce que vous avez fait..." M. Applebaum avait fini en disant qu'il ne voulait plus discuter de ça avec lui et il avait raccroché. Les policiers étaient déçus du résultat et M. Tremblay était déçu de les avoir déçus. 
« Hugo est très émotif, il est très déçu que nous soyons déçus. Mais il jure qu'il nous a dit toute la vérité et qu'il n'a pas menti sur les façons de faire et les actions de lui et M. Applebaum et qu'il est prêt à passer le test du polygraphe », a noté le policier Lamy, dans son rapport de contrôleur. 
M. Tremblay a réitéré, mercredi, qu'il était prêt à passer le test du polygraphe encore aujourd'hui, sans aucun problème. Il avait cependant refuser de le passer lorsqu'on lui avait offert le statut de « collaborateur », quelques jours avant l'enquête préliminaire. 
« Je n'ai pas jugé bon d'accepter. Les policiers étaient venus me le demander au nom du ministère qui, eux, voulaient que je passe ces tests là. »
Le procès se poursuit.

Comment François Legault peut-il être fier d’être Canadien?

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MISE à JOUR 
François Legault a-t-il trébuché ou s’est-il dévoilé? Chose certaine, dans le cadre du Congrès de la CAQ, il s’est fendu d’une étonnante déclaration, en se disant fier d’être Canadien. La formule surprend d’autant plus que son parti devait confirmer, à ce moment, son virage nationaliste, censé lui permettre de remplacer le PQ lors des prochaines élections et de devenir le principal parti auprès de la majorité francophone. Faut-il, pour être nationaliste dans une perspective caquiste, se fendre d’une déclaration d’amour à l’endroit du Canada? On savait déjà depuis longtemps que le chef caquiste voterait Non à un prochain référendum. Doit-on comprendre maintenant que sur les tribunes du camp du Non, dans le cadre d’un troisième référendum, il vanterait non seulement les avantages du fédéralisme pour le Québec mais les mérites du beau Canada en compagnie de Philippe Couillard et de Justin Trudeau?
Le parcours de la CAQ, jusqu’à récemment, semblait assez compréhensible – à tout le moins, celui des souverainistes qui s’y sont ralliés n’était pas inintelligible. La vision politique des souverainistes caquistes était à peu près la suivante : la souveraineté, aussi nécessaire soit-elle, est devenue tellement improbable à court et moyen terme qu’elle est devenue une illusion paralysant le Québec réel. On aurait beau plaider pour l’indépendance, les Québécois ne semblent pas en vouloir. Les souverainistes sont alors pris dans un piège: ils idéalisent le pays rêvé et pendant ce temps, le pays réel se décompose. Il faudrait donc se replier sur la défense des intérêts fondamentaux du Québec, en acceptant, pour un temps, de les penser dans le cadre canadien, ce qui n’implique aucune adhésion du cœur au fédéralisme. C’est ce qu’on appelle le pari initial de la CAQ. D’ailleurs, la CAQ avance des positions identitaires intéressantes, notamment sur la question linguistiqueet ose remettre en question les seuils d’immigration, même si elle le fait modestement, en se contentant de vouloir les baisser de 10 000 par année.
On peut être en accord ou non avec cette vision des choses, mais elle est légitime. Elle témoigne de ce qu’on pourrait appeler un nationalisme réaliste, qui est peut-être aussi un nationalisme pessimiste, occupé à sauver les meubles et désireux de donner un nouvel élan au Québec avec les moyens dont il dispose en ce moment. Mais en se disant fier d’être Canadien, François Legault vient de changer de philosophie politique. Il ne se contente plus d’évoluer dans le Canada parce qu’il n’a pas le choix. Il vient de se réconcilier moralement avec le Canada, comme s’il s’y ralliait de manière identitaire. Mais qu’a fait le Canada pour gagner le cœur de l’ex-souverainiste François Legault? A-t-il amendé la constitution de 1982 pour y réintégrer le Québec comme nation dans l’honneur et l’enthousiasme? Non. A-t-il proposé une grosse concession en acceptant le primat de la loi 101 sur la loi sur les langues officielles sur le territoire du Québec? Non plus. A-t-il accepté de suspendre l’application du multiculturalisme canadien au Québec? Pas davantage. Pour un Québécois, il n’y a aucune raison sérieuse d’être fier d’être Canadien.
Alors que s’est-il passé? D’où vient élan du cœur? D’où vient la fierté canadienne de Legault? Pourquoi s’amourache-t-il soudainement d’un pays qu’il voulait encore quitter il y a un peu moins de dix ans? René Lévesque disait que le Canada n’est pas le goulag. C’est vrai. Ce n’est pas le paradis non plus. D’ailleurs, nos fédéralistes locaux nous l’ont toujours vendu comme une bonne affaire, comme s’ils savaient que les Québécois, au fond d’eux-mêmes, ne doutent pas de leur identité nationale. Legault a-t-il connu une conversion? Une révélation? Qu’est-ce que le Canada a fait, sans qu’on s’en rende compte, pour susciter chez lui de la fierté? Tout cela est bien étrange et mystérieux. Il n’est pas interdit de penser non plus que le chef de la CAQ se soit enfargé dans ses mots, lui qui n’en est pas à sa première formulation approximative près. Mais comment comprendre alors qu’au même moment, des députés caquistes se soient mis à faire l’éloge du fédéralisme? Il faudra savoir : est-ce que la CAQ accepte ou célèbre le fédéralisme? C’est différent.
Il faut dire aussi que la CAQ est un drôle de parti. La CAQ se veut nationaliste mais une de ses principales figures, François Bonnardel, la présente comme un parti bilingue. Bonnardel ne se contente pas de dire, comme il va de soi, que la CAQ respecte les droits de la minorité historique anglaise. Non. Elle est bilingue. C’est-à-dire, pour peu qu’on prenne les mots au sérieux, que le français n’y est traité que comme une langue sur deux. François Bonnardel a été amené poussé à cette étrange déclaration cela après que Claude Benoit, un militant Québécois francophone de Terrebonne, se soit présenté au micro pour poser en anglais une question sur le rapport de son parti aux anglophones, que François Legault affirme d’ailleurs vouloir courtiser, comme s’il croyait vraiment que cette communauté pouvait déserter le PLQ. Il y avait quelque chose d’elvisgrattonesque dans cette scène, comme si les Québécois francophones, pour se prouver entre eux qu’ils sont ouverts, devaient se parler en anglais.
Revenons au plus important. François Legault peut croire que le Québec est appelé à évoluer pour un bon moment dans le Canada. Il peut même l’accepter, et comme on dit, se faire une raison. Il peut se résigner à ce que l’indépendance n’arrive jamais et chercher, dès lors, à assurer la survie de son peuple par d’autres moyens. Ceux qui croient au Québec d’abord mais qui jugent que l’indépendance est désormais un rêve étouffant qui nous empêche d’avancer dans le monde concret peuvent se rallier à une position autonomiste sans avoir l’impression de renier leurs convictions intimes. Mais à moins de vouloir concurrencer le Parti libéral dans le fédéralisme servile, François Legault devrait se garder une petite gêne avant de se dire fier d’être Canadien. Je suis persuadé qu’au fond de lui-même, il en convient.

Il a prédit la victoire de Trump, maintenant il prédit sa destitution

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Publié le 16 novembre 2016 à 07h14 | Mis à jour à 07h14
L'historien Allan Lichtman, professeur de l'American University de Washington... (PHOTO MARCUS YAM, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES)
L'historien Allan Lichtman, professeur de l'American University de Washington
PHOTO MARCUS YAM, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES
Alors que la vaste majorité des sondeurs et analystes prédisaient une victoire convaincante d'Hillary Clinton à la présidentielle du 8 novembre, Allan Lichtman voyait Donald Trump accéder à la Maison-Blanche. Aujourd'hui, celui que l'on surnomme le « professeur prédiction » - pour avoir réussi l'exploit de deviner avec succès l'issue de toutes les élections présidentielles américaines depuis 1984 - voit dans sa « boule de cristal » la destitution du 45e président des États-Unis.
L'historien de 69 ans, professeur à l'American University de Washington, est célèbre pour avoir mis au point en 1981 - en compagnie du mathématicien russe Vladimir Keilis-Borok - une formule de pronostic s'articulant autour de 13 éléments, baptisée les « 13 clés de la Maison-Blanche ». C'est grâce à cette formule qu'il a anticipé la victoire de Trump, comme celle de ses prédecesseurs. 
Mais depuis que le milliardaire est devenu le président désigné, M. Lichtman s'est mis à faire une nouvelle prédiction : Donald Trump sera destitué. Alors que le républicain populiste n'a pas encore emménagé à la Maison-Blanche (il doit prendre officiellement le pouvoir le 20 janvier prochain), le professeur soutient en entrevue avec plusieurs médias qu'il y a « d'excellentes chances de voir Donald Trump faire face à un impeachment », comme il l'a affirmé mardi sur les ondes de CNN.
Si son système mathématique binaire basé sur 13 déclarations jugées vraies ou fausses lui a servi pour affirmer que Trump deviendrait président alors que cela paraissait plus qu'improbable, c'est son intuition qui le conduit à dire que Donald Trump ne terminera pas son mandat présidentiel, comme il l'a confié à la journaliste de CNN Erin Burnett.
« Premièrement, tout au long de sa vie, il a joué vite et a perdu face à la loi », a dit Lichtman. « Il a mis sur pied une fondation illégale dans l'État de New York. Il a fait une contribution électorale illégale à travers cette fondation. Il a utilisé cette fondation pour s'acquitter de dettes personnelles », a poursuivi M. Lichtman avant d'être repris par la journaliste qui lui a rappelé que ces allégations n'avaient toujours pas été prouvées devant la loi. Mme Burnett, semblant sceptique face à la nouvelle prédiction de « l'oracle », lui a demandé s'il ne serait pas compliqué de destituer le président Trump, alors que les républicains contrôlent le Congrès (la Chambre des représentants et le Sénat).
« Les républicains sont nerveux au sujet de Donald Trump », a avancé Lichtman. « C'est un franc-tireur, personne ne sait ce qu'il pense réellement ni où il se situe. Il est incontrôlable. Les républicains préféreraient de loin avoir Mike Pence (le vice-président désigné qui prendrait la place du président en cas de destitution de Trump, NDLR) », a répondu le professeur Lichtman. 
Allan Lichtman n'est pas le seul à prévoir que Donald Trump sera éjecté de la Maison-Blanche, le documentariste Michael Moore, célébré pour ses Fahrenheit 9/11 (2004) et Bowling for Columbine (2002) et qui a sorti un documentaire surprise en pleine campagne Michael Moore in Trumpland, avait déclaré le 11 novembre sur les ondes de MSNBC que le futur président allait « briser la loi ». « C'est pour ça que nous n'aurons pas à souffrir durant quatre ans de Donald Trump, parce qu'il n'a aucune idéologie sauf l'idéologie de Donald Trump. Et quand vous avez un narcissique comme ça, il va, peut-être malgré lui, briser la loi. Il brisera des lois, car il se soucie seulement de ce qui est bon pour lui. »
-Avec CNNMSNBC et le Huffington Post


L'ex-ministre Emmanuel Macron candidat à la présidentielle française

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Publié le 16 novembre 2016 à 06h31 | Mis à jour à 06h39
Emmanuel Macron... (PHOTO PHILIPPE LOPEZ, AGENCE FRANCE-PRESSE)
Emmanuel Macron
PHOTO PHILIPPE LOPEZ, AGENCE FRANCE-PRESSE
BÉATRICE LE BOHEC
Agence France-Presse
Bobigny
L'ex-ministre français de l'Économie Emmanuel Macron s'est lancé mercredi dans la course à la présidentielle de 2017 en plaçant cette énième candidature sous le signe du renouvellement face à un «système politique bloqué», une entrée en lice qui rebat les cartes.
Se posant en homme nouveau, l'ancien protégé du président socialiste François Hollande, qui est au plus bas dans les sondages, a appelé à «sortir du statu quo» politique et des «recettes du siècle dernier» pour répondre aux défis d'un «monde en plein bouleversement».
«J'ai vu de l'intérieur la vacuité de notre système politique (...). Ce système, je le refuse», a dit celui qui a démissionné du gouvernement en août après avoir fondé son propre mouvement «ni de droite ni de gauche». Lors de son discours prononcé depuis Bobigny, une banlieue populaire du nord-est de Paris, il a appelé à une «révolution démocratique profonde».
Son entrée en lice risque d'accentuer la fragmentation de la gauche française, à laquelle les sondages prédisent régulièrement une défaite dès le premier tour de la présidentielle le 27 avril prochain, face à une extrême droite remontée à bloc par la victoire de Donald Trump aux États-Unis et à une droite décidée à revenir à l'Élysée.
Son annonce intervient à quelques jours du premier tour de la primaire à droite, prévue dimanche, avec sept candidats en lice. Le scrutin s'annonce serré, d'autant que l'ex-premier ministre François Fillon remonte dans les sondages et pourrait finir par menacer les deux favoris, l'ancien président Nicolas Sarkozy et l'ex-premier ministre Alain Juppé.
«Mêmes visages, mêmes hommes, mêmes idées», a taclé Emmanuel Macron, 38 ans, en visant tant la droite que la gauche.
Il avait posé les jalons de sa candidature en mars, en fondant son mouvement baptisé «En Marche». Celui qui revendique la liberté de «dire ce qu'il pense quoi qu'il en coûte» avait ensuite démissionné du gouvernement et entretenu le mystère sur ses intentions.
Inconnu du grand public il y a encore deux ans, il a atteint en un temps record une notoriété et un niveau d'organisation enviables: près de 100 000 adhérents structurés en plus de 1700 comités locaux, plus de 2,7 millions d'euros de dons, une cinquantaine de parlementaires conquis, égrènent ses proches.
Son discours séduit notamment les jeunes urbains et les milieux d'affaires. Plus largement, les Français s'intéressent à l'émergence d'une nouvelle tête sur un échiquier politique qui peine à se renouveler. Sans même avoir présenté de programme concret, il jouit de 49 % de bonnes opinions, selon un récent sondage.
Sur le plan économique et social, celui qui a démarré sa carrière au sein de la banque Rothschild veut simplifier «des normes trop rigides».
Sur les questions de société, il assume des positions libérales et s'est par exemple opposé au projet de déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour terrorisme porté par son ancien mentor François Hollande.
Seul face aux critiques
Sa candidature soulève l'inquiétude à gauche, mais aussi à droite et chaque camp tente de décrédibiliser le nouveau venu.
Pour gouverner, «il faut de l'expérience et refuser les aventures individuelles», a souligné le premier ministre Manuel Valls.
«L'enjeu (pour 2017), c'est le rassemblement, c'est la cohésion», la gauche ne pouvant pas être au «rendez-vous» de la présidentielle «si elle n'est pas rassemblée», a prévenu dès mardi soir François Hollande. Le président, très impopulaire, doit dire d'ici un mois s'il brigue un nouveau mandat en dépit des très mauvais sondages.
Pour le secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, Matthias Fekl, M. Macron est le «candidat de ceux qui veulent faire exploser la gauche». «C'est très embêtant», a pour sa part concédé le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis.
À droite, les uns soulignent que les Français «ne confieront pas leur destin à quelqu'un qui n'a aucune expérience», les autres qu'il ne faut pas «être naïf» face à un candidat qui se présente en «chevalier blanc» alors qu'il «a totalement cautionné la politique économique menée depuis 2012».
L'extrême droite, elle, juge que sa candidature s'ajoute à une offre «libérale», déjà «complètement saturée». «Je ne crois pas que le candidat des banques puisse être un renouveau», a commenté la chef du Front national, Marine Le Pen.

Syrie: Alep sous les bombes, l'aide alimentaire s'épuise

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Publié le 16 novembre 2016 à 07h26 | Mis à jour à 07h26
Yahya Arja, un secouriste des Casques Blancs, la... (PHOTO OMAR HAJ KADOUR, AGENCE FRANCE-PRESSE)
Yahya Arja, un secouriste des Casques Blancs, la Défense civile dans les zones rebelles,
 a indiqué que les «bombardements avaient frappé des civils innocents dans leurs maisons,
 dont certaines ont été détruites à Kafar Jales».
PHOTO OMAR HAJ KADOUR, AGENCE FRANCE-PRESSE
KARAM AL MASRI
Agence France-Presse
Alep
Les chasseurs-bombardiers russes et syriens frappaient mercredi pour le deuxième jour consécutif la province d'Idleb et les quartiers rebelles d'Alep, où l'aide alimentaire arrive à épuisement après un siège de quatre mois.
Les bombardements aériens et d'artillerie ont causé la mort de 20 civils, dont neuf enfants, ces dernières 24 heures dans les quartiers rebelles d'Alep. Dans la province d'Idleb (nord-ouest), six civils ont péri dont un enfant à Kafar Jales, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
«Les avions militaires russes ont visé toute la nuit et jusqu'au matin plusieurs régions d'Idleb», province contrôlée par une alliance de rebelles et de djihadistes, a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.
«Dans le même temps, l'armée de l'air du régime a bombardé les quartiers Est d'Alep», la deuxième ville syrienne divisée depuis juillet 2012 entre secteurs gouvernementaux et rebelles et que le régime entend reprendre entièrement.
Yahya Arja, un secouriste des Casques Blancs, la Défense civile dans les zones rebelles, a indiqué que les «bombardements avaient frappé des civils innocents dans leurs maisons, dont certaines ont été détruites à Kafar Jales». «Nous avons travaillé toute la nuit pour fouiller les décombres et en retirer les martyrs et les survivants», a-t-il ajouté à l'AFP.
«Inexcusables»
Après un mois d'accalmie, la campagne de frappes a été relancée mardi par l'armée gouvernementale sur les quartiers rebelles d'Alep, coïncidant avec l'annonce par Moscou d'une nouvelle offensive, officiellement contre les djihadistes d'Idleb et de Homs (centre).
L'armée russe possède une puissance de feu considérable grâce aux avions qui décollent du porte-avions Amiral Kouznetsov, arrivé la semaine dernière au large des côtes syriennes.
Moscou a ainsi nettement renforcé le dispositif militaire mis en place depuis plus d'un an pour soutenir le régime du président Bachar al-Assad aux côtés de l'Iran ou du Hezbollah libanais.
Les nouvelles frappes ont été qualifiées d'«inexcusables» par Washington, qui soutient la rébellion dite modérée et a souvent accusé Moscou de viser les insurgés anti-régime sous couvert de bombarder les djihadistes.
Moscou lui a répondu en dénonçant une «rhétorique» basée sur des «mensonges».
La reprise des bombardements intervient une semaine après l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Ce dernier a annoncé à plusieurs reprises que sa priorité était la lutte contre les djihadistes et non pas de faire tomber Bachar al-Assad comme le souhaitait Barrack Obama.
Dans sa première réaction, le chef de l'État syrien a déclaré que M. Trump serait «un allié naturel» s'il luttait contre le terrorisme, dans un entretien diffusé mardi soir par la télévision publique portugaise RTP. «Nous ne pouvons rien dire sur ce qu'il va faire, mais disons que s'il va lutter contre le terrorisme, bien sûr nous allons être alliés, des alliés naturels de la même manière que nous le sommes avec les Russes, les Iraniens et beaucoup d'autres pays qui veulent défaire le terrorisme», a dit M. Assad.
Par le terme de «terrorisme», le régime entend toutes les formations armées qui lui sont hostiles, que ce soit celles considérées comme modérées ou les djihadistes, comme le groupe Etat islamique (EI), qui contrôle de vastes régions en Syrie.
«Nos dépôts sont vides»
Sur le plan humanitaire, la situation devient de plus en plus critique pour les 250 000 habitants d'Alep-Est, soumis à un siège implacable depuis le 17 juillet. Leurs provisions touchent à leur fin et le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a indiqué à l'AFP avoir effectué dimanche sa dernière distribution.
«Nos dépôts sont vides, nous ne pouvons plus rien distribuer», a affirmé à l'AFP Ammar Qadah, le directeur d'al-Cham al-Insaniya, une association de charité. Des volontaires ont distribué mardi ses derniers maigres sacs d'aides, a constaté un correspondant de l'AFP.
L'ONU avait déjà averti la semaine dernière que les dernières rations alimentaires étaient en train d'être distribuées aux habitants d'Alep-Est.
La guerre en Syrie, qui a fait plus de 300 000 morts en cinq ans et demi, est devenue la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Iran: Khamenei n'a «pas d'inquiétude» après l'élection de Trump

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Publié le 16 novembre 2016 à 07h34 | Mis à jour à 07h34
Ali Khamenei... (Photo archives Agence France-Presse)
Ali Khamenei
PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Agence France-Presse
Téhéran
Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a affirmé mercredi que l'Iran n'avait «pas d'inquiétude» après l'élection de Donald Trump comme président des États-Unis, pays qui, quel que soit son dirigeant, s'est toujours opposé à l'Iran selon lui.
«Cela ne fait aucune différence pour nous. Nous n'avons pas d'inquiétude et, grâce à Dieu, nous sommes prêts à faire face à toute possibilité», a déclaré le guide dans un discours à Téhéran publié sur son site internet.
Il a expliqué ne pas avoir de «jugement sur cette élection», car «au cours des 37 dernières années, aucun des partis (républicain ou démocrate) ayant dirigé l'Amérique ne nous a fait du bien et leur malfaisance a en permanence été dirigée contre nous».
Selon Ali Khamenei, «ce sur quoi nous devons nous concentrer maintenant, c'est sortir le pays de ses problèmes actuels ou à venir, et la seule manière (d'y parvenir) est de préserver et de renforcer l'intégrité nationale et le système» en place.
Avant le scrutin, le président iranien Hassan Rohani avait déclaré que le choix entre la candidate démocrate Hillary Clinton et le candidat républicain Donald Trump était un choix entre «le mal» et le «pire», sans dire qui était «le pire».
En dépit d'un dégel très relatif à l'occasion de l'accord international de juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien, l'Iran considère toujours les États-Unis comme son principal «ennemi». Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980 quelques mois après la révolution islamique iranienne de 1979 ayant renversé le shah d'Iran, allié des États-Unis.

Face à Trump, Merkel catapultée «leader du monde libre»

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Publié le 16 novembre 2016 à 08h51 | Mis à jour à 08h51
Angela Merkel... (Photo Tobias Schwarz, archives Reuters)
Angela Merkel
PHOTO TOBIAS SCHWARZ, ARCHIVES REUTERS
YACINE LE FORESTIER
Agence France-Presse
Berlin
États-Unis tentés par l'isolationnisme, autoritarisme en Russie ou en Turquie, Union européenne en crise: depuis l'élection de Donald Trump, tous les regards se tournent vers Angela Merkel, qui s'apprête à devoir endosser de nouvelles responsabilités.
«L'expression "leader du monde libre" est habituellement appliquée au président des États-Unis, rarement du reste sans ironie. Je suis tenté de dire que le leader du monde libre est désormais Angela Merkel», estime l'historien britannique Timothy Garton Ash, professeur à Oxford, dans une tribune publiée par le Guardian.
En lui rendant visite jeudi et vendredi à Berlin, Barack Obama va un peu plus souligner les attentes croissantes pesant sur la chancelière allemande, qu'il a qualifié avant de partir «de partenaire internationale probablement la plus proche de ces huit dernières années».
Ce n'est pas en Grande-Bretagne, allié traditionnel de Washington, que le président américain sortant a décidé de faire ses adieux à l'Europe, mais en Allemagne, où il donne à certains le sentiment de vouloir y passer un relais.
Quatrième mandat
«L'élection de Donald Trump fait d'Angela Merkel le dernier défenseur des valeurs humanistes de l'Occident», juge ainsi le New York Times. Pour le quotidien allemand de gauche taz, «l'importance de la chancelière va croître, elle doit maintenir la cohésion de l'UE, faire face à Poutine et Erdogan et contrôler Donald Trump».

Car le président américain élu alimente les craintes sur la fin du camp occidental en proclamant agir selon le principe du «America first», y compris dans les relations transatlantiques.
Les alternatives de leadership en Europe, fragilisée par la montée du populisme, ne sont pas légion: la Grande-Bretagne va être occupée pour des années par le Brexit, la France et l'Italie sont empêtrées dans les difficultés économiques internes.
Dans ce contexte, rares sont les Allemands à douter qu'Angela Merkel sera candidate à un quatrième mandat lors des législatives de 2017. «La chancelière est l'une des pierres angulaires de ce concept politique de l'Occident agissant comme un acteur mondial. Elle va donc se présenter, elle va agir comme un leader responsable», a affirmé un responsable de son parti, Norbert Röttgen, mardi sur CNN.
La popularité de la chancelière a du reste bondi depuis l'élection américaine et elle pourrait dévoiler ses intentions dès dimanche.
«Au vu des répercussions de la victoire électorale de Trump en Europe, elle va sans doute penser que sa tâche n'est pas terminée et qu'elle doit continuer à mener l'Europe», estime Daniela Schwarzer, directrice de l'institut de recherche allemand DGAP.
Marge de manoeuvre limitée
Dans son message de félicitation à Donald Trump, Angela Merkel a été inhabituellement claire en lui rappelant l'importance des valeurs démocratiques.
«Les attentes à l'égard (de l'Allemagne) pour que nous contions les tendances antidémocratiques sont une responsabilité historique et j'espère que nous serons à la hauteur», résume à l'AFP Stefani Weiss, experte de la Fondation allemande Bertelsmann.
Avec Donald Trump, la chancelière devra toutefois affronter une tendance au repli à Washington déjà perceptible. «Nous avons déjà observé sous l'ère Obama que la relation transatlantique s'est distendue et que les États-Unis ne voulaient et ne pouvaient plus être le gendarme du monde», souligne l'analyste.
Reste à savoir quelle sera la marge de manoeuvre d'Angela Merkel, dont le pays ne fait pas partie du conseil de sécurité de l'ONU et qui, en dépit de l'envoi récent de soldats au Mali pour lutter contre les islamistes ou en Lituanie face à la menace russe, reste méfiant face à l'action militaire.
Face à la volonté de Donald Trump de nouer une relation plus apaisée avec Vladimir Poutine, «la politique pro-occidentale de Merkel sur la Russie pourrait finir en désastre», juge le quotidien allemand Die Welt.
Avec Donald Trump, la chancelière voit aussi croître le camp des pays qui critiquent ouvertement sa politique migratoire généreuse, sa défense du libre-échange au niveau mondial ou la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique, autant de sujets phares de sa politique.
«La tâche de Merkel vient juste de devenir infiniment plus difficile», prévient Constanze Stelzenmüller, analyste de la Fondation Robert Bosch, dans une tribune pour le Washington Post.

John McCain juge «inacceptable» tout rapprochement avec la Russie

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Publié le 15 novembre 2016 à 17h35 | Mis à jour le 15 novembre 2016 à 17h35
John McCain... (PHOTO AP)
John McCain
PHOTO AP
Associated Press
Washington
Toute tentative de la future administration de Donald Trump de réinitialiser les liens entre les États-Unis et la Russie serait «inacceptable», estime le sénateur John McCain, une figure républicaine respectée en matière de sécurité nationale.
Reprendre sur une nouvelle base les relations avec la Russie rendrait les États-Unis complices du «massacre des citoyens syriens» commis par les présidents russe et syrien, Vladimir Poutine et Bachar Al-Assad, a soutenu le sénateur McCain dans un communiqué publié mardi.
Le président désigné des États-Unis, Donald Trump, s'est entretenu avec le président russe, lundi, pour discuter de la manière dont ils pourront éventuellement améliorer les relations entre leurs deux pays.
Donald Trump a déclaré par communiqué vouloir développer «une relation forte et durable avec la Russie».
John McCain, qui siège comme président au comité sénatorial des forces armées, a rappelé le passé de Vladimir Poutine en tant qu'ancien agent du KGB, l'accusant d'avoir entraîné la Russie dans la tyrannie, d'avoir assassiné ses adversaires politiques et d'avoir menacé les alliés des États-Unis.

À DÉCOUVRIR SUR LAPRESSE.CA

La Russie veut retirer sa signature du traité fondateur de la CPI

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Publié le 16 novembre 2016 à 07h02 | Mis à jour à 07h37
Façade de la Cour pénale internationale à La... (Photo Peter Dejong, archives Associated Press)
Façade de la Cour pénale internationale à La Haye aux Pays-Bas.
PHOTO PETER DEJONG, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Agence France-Presse
Moscou
La Russie a annoncé mercredi son intention de retirer sa signature du Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI), reprochant à cette instance de ne pas être «véritablement indépendante» et de ne pas avoir été à la hauteur des espoirs placés en elle.
Moscou a signé en 2000 - mais n'a jamais ratifié - le Statut de Rome créant la CPI, juridiction pénale chargée de juger les personnes accusées de crime contre l'humanité et de crime de guerre.
«Le président (Vladimir Poutine) a signé un décret sur l'intention de la Russie de ne pas être État partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale. La notification parviendra bientôt» à la Cour, a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
«La Cour n'a pas été à la hauteur des espoirs qui ont été placés en elle et n'est jamais devenue une institution véritablement indépendante et faisant autorité en justice internationale», poursuit le ministère.
«De fait, en 14 ans d'activité de la CPI, elle a seulement prononcé quatre verdicts, en dépensant malgré cela plus d'un milliard de dollars», ajoute-t-il.
La diplomatie russe reproche en outre à la CPI de se focaliser sur les crimes présumés commis par les milices ossètes et les troupes russes en Géorgie lors de la guerre ayant opposé les deux pays en août 2008, passant selon elle sous silence ceux commis par les troupes géorgiennes.
«Dans de telles circonstances, on ne peut guère parler de la crédibilité de la Cour pénale internationale», affirme le ministère.
«Nous n'étions pas membres de la CPI. Nous avions signé le Statut, mais ne l'avions pas ratifié. Désormais, nous retirons notre signature et les obligations qui étaient liées à cette signature sont donc aussi retirées», a résumé à l'AFP la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. «Il n'y a désormais plus aucune obligation» pour la Russie, a-t-elle ajouté.
La CPI avait annoncé fin janvier ouvrir une enquête sur la guerre russo-géorgienne de 2008, sa première en dehors de l'Afrique. Elle enquête également sur le soulèvement pro-européen du Maïdan en Ukraine et le conflit qui a suivi dans l'est du pays, où Moscou a été accusé de soutenir militairement les séparatistes prorusses.
Trois pays africains - la Gambie, l'Afrique du Sud et le Burundi - ont récemment annoncé leur intention de se retirer de la CPI. Les États-Unis et la Chine ne sont pas des États faisant partie au Statut de Rome.

Donald Trump mène dans le plus grand secret les tractations sur son équipe

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Publié le 15 novembre 2016 à 22h15 | Mis à jour le 16 novembre 2016 à 07h24
Donald Trump... (Photo d'archives)
Donald Trump
PHOTO D'ARCHIVES
CATHERINE TRIOMPHESHAHZAD ABDUL
Agence France-Presse
New York et Washington
Le président désigné Donald Trump a démenti que les tractations pour la composition de sa future administration, conduites dans le plus grand secret, étaient «chaotiques» et «à couteaux tirés» comme l'ont affirmé plusieurs médias.
«Sélection de mon cabinet et d'autres postes très organisée. Je suis le seul à connaître les finalistes!», a tweeté mardi soir le nouveau président qui n'a pas donné de conférence de presse depuis son élection.
Donald Trump, peu friand des médias depuis sa victoire, a donc préféré communiquer via les réseaux sociaux pour démentir les informations de CNN, selon lesquelles les discussions pour la formation de son équipe étaient «à couteaux tirés» ou encore «chaotiques» selon le New York Times.
Signe toutefois que les tractations sont difficiles, le vice-président désigné Mike Pence a quitté mardi en fin d'après-midi la Trump Tower de Manhattan sans faire d'annonce, alors que le nom de Rudy Giuliani, ex-maire de New York, circulait de nouveau, cette fois pour le poste de secrétaire d'État.
Donald Trump, qui ne s'est pas adressé à la presse depuis le 8 novembre, est parvenu mardi soir à sortir au restaurant en évitant les journalistes, congédiés peu avant de la Trump Tower.
C'est une journaliste de Bloomberg, Taylor Riggs, qui a tweeté une photo du président désigné dans un restaurant de Manhattan.
Plusieurs proches de Donald Trump, dont le haut conseiller à la Sécurité nationale Mike Rogers, ont décidé de quitter mardi l'équipe de transition tandis que le bal des prétendants, lui, se poursuivait à la tour Trump.
Une vingtaine de personnalités y ont été vues, dont l'ancienne épouse du président désigné, Marla Maples, ou encore le sénateur du Texas Ted Cruz, candidat malheureux à la primaire républicaine.
Pour le deuxième jour de suite, l'ancien dirigeant de la banque d'affaires Goldman Sachs Steve Mnuchin, pressenti pour le poste de secrétaire au Trésor, s'est aussi présenté.
«Nous travaillons sur le programme économique (...) pour nous assurer que nous allons passer la plus grosse loi sur la fiscalité, le plus gros changement sur la fiscalité depuis (Ronald) Reagan, nous aurons donc beaucoup de choses enthousiasmantes pendant les 100 premiers jours de sa présidence», a-t-il dit aux journalistes.
«Maire de l'Amérique»
Bien que sans mandat depuis 15 ans et dépourvu d'expérience significative sur les questions diplomatiques, Rudy Giuliani a été au centre des spéculations mardi.
L'indéfectible soutien de Donald Trump conserve aux États-Unis l'image du «maire de l'Amérique» qui a remis New York debout après les attentats du 11 septembre 2001 et inscrit la lutte contre le terrorisme dans les prérogatives du poste.
«Son nom a été mentionné sérieusement en lien avec le poste de secrétaire d'État, une fonction pour laquelle il est qualifié et un travail qu'il ferait vraiment bien», a déclaré mardi sur Fox News la directrice de campagne de M. Trump, Kellyanne Conway.
Ancien procureur rendu célèbre par son passage à la mairie de New York (1994-2001), Rudy Giuliani, 72 ans, avait également été cité pour le poste de ministre de la Justice.
Il a fait preuve d'un soutien sans faille envers Donald Trump, qu'il connaît depuis plusieurs décennies et a été pendant la campagne l'un de ses plus proches conseillers.
Le nom de John Bolton, ancien ambassadeur des États-Unis à l'ONU et ferme partisan de l'invasion de l'Irak en 2003, a également été avancé pour diriger la diplomatie.
Rudy Giuliani a lui-même affirmé que «John serait un excellent choix». Mais interrogé mardi sur une meilleure candidature, il a répondu: «Peut-être moi».
«Non au Ku Klux Klan»
Donald Trump va disposer d'une importante marge de manoeuvre, le Congrès étant contrôlé par les républicains, qui ont reconduit mardi sans surprise Paul Ryan à la tête de la Chambre des représentants.
Dans ce contexte, plusieurs centaines d'étudiants ont manifesté mardi devant la Trump Tower pour dire «non au Ku Klux Klan, non aux racistes, non aux fascistes».
À Washington également, quelques centaines de manifestants ont battu le pavé jusque devant la Maison-Blanche, que Donald Trump doit investir le 20 janvier.
Ce dernier semble tiraillé entre sa promesse de campagne de secouer Washington et la nécessité de s'appuyer sur une équipe de professionnels pourvus d'un bon carnet d'adresses au Congrès.
En témoignent ses choix, dimanche, de nommer le président du parti républicain, Reince Priebus, au poste stratégique de secrétaire général de la Maison-Blanche, et celui de nommer Steve Bannon, figure de l'extrême droite, au poste de haut conseiller.
Donald Trump s'est par ailleurs entretenu mardi au téléphone avec son futur homologue ukrainien Petro Porochenko, qui a demandé le «soutien» américain face à la Russie.
Sur un autre front, le président syrien Bachar al-Assad a assuré que le magnat de l'immobilier serait un «allié naturel» s'il luttait contre le «terrorisme».
Une semaine après le scrutin, une sénatrice démocrate de Californie a déposé une proposition de loi pour supprimer le collège électoral de la Constitution, au prétexte que Donald Trump avait été élu avec moins de voix qu'Hillary Clinton.

Barack Obama demande «un changement de cap» dans la mondialisation

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Publié le 16 novembre 2016 à 07h05 | Mis à jour à 08h23
Barack Obama... (PHOTO KEVIN LAMARQUE, REUTERS)
Barack Obama
PHOTO KEVIN LAMARQUE, REUTERS
JÉRÔME CARTILLIERCATHERINE BOITARD
Agence France-Presse
Athènes
Le président américain Barack Obama a souligné mercredi à Athènes que les inégalités étaient «l'un des plus grands défis» des démocraties modernes, appelant de ses voeux un «changement de cap» dans la mondialisation.
Les inégalités «à la fois entre pays et au sein même des pays» nourrissent «un profond sentiment d'injustice», a souligné M. Obama lors d'un discours au dernier jour de sa visite en Grèce. Elles sont «l'un des plus grands défis de nos économies et de nos démocraties», a-t-il ajouté.
M. Obama prononçait à Athènes, berceau de la démocratie, un discours-testament de sa présidence sur ce thème, alors qu'il effectue son dernier voyage en Europe.
Le président américain a remarqué que celle-ci souvent est «imparfaite», qu'elle peut «être lente, frustrante, désordonnée».
Il a souligné que, si le monde «ne s'est jamais collectivement mieux porté», «d'énormes perturbations» sont visibles également, notamment lorsque l'on «voit les élites mondiales ... paraître vivre selon des règles différentes», «ne pas payer d'impôts, accumuler les richesses lorsque (d'autres) ont du mal à joindre les deux bouts».
Il a remarqué que, «tout le monde ayant désormais un téléphone portable, il peut voir ces inégalités», depuis son village d'Afrique en regardant comment on vit à Londres, par exemple.
«Il y a à la fois plus d'inégalités et une plus grande conscience des inégalités», «voilà pourquoi il est compréhensible de vouloir se retirer de la mondialisation», comme lors du vote sur le Brexit, a-t-il noté.
«Face à cette nouvelle réalité de chocs des cultures, il est naturel que certains cherchent à se réfugier dans le nationalisme...», a concédé M. Obama.
Alors qu'il sera remplacé en janvier par le controversé Donald Trump, M. Obama a noté «qu'aujourd'hui plus que jamais le monde a besoin d'une Europe démocratique».
Message qu'il devrait répéter jeudi et vendredi à Berlin, où il rencontrera sa grande alliée la chancelière allemande Angela Merkel, et les dirigeants français, britannique et italien François Hollande, Theresa May et Matteo Renzi.
Il a espéré enfin que «l'arc du monde plierait dans le sens de la justice», sous l'action de ceux «qui ont le titre le plus important, pas président ou premier ministre, mais citoyens».

SIQ : Québec vérifiera l'ensemble de ses baux

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EXCLUSIF
Publié le 16 novembre 2016 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Québec fera évaluer l'ensemble de ses 960 baux... (PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE)
Québec fera évaluer l'ensemble de ses 960 baux sous deux angles :
 le processus d'attribution du contrat et le réalisme du coût locatif exigé par
rapport au marché local.
PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE
Denis Lessard
DENIS LESSARD
La Presse
(Québec) Conséquence des transactions controversées de la Société immobilière du Québec (SIQ), le gouvernement a enclenché une vérification couvrant l'ensemble des 960 baux qu'il a signés pour loger ses services dans l'ensemble de la province.
À La Presse, le ministre des Finances Carlos Leitao a indiqué hier que la démarche avait été entreprise par la Société québécoise des infrastructures et que l'organisme pourrait solliciter l'appui d'un vérificateur externe si c'était jugé nécessaire. «C'est l'ensemble des engagements qui sera vérifié», a souligné M. Leitao, qui avait éludé la question à l'Assemblée nationale. Ces baux seront évalués sous deux angles : le processus d'attribution du contrat et le réalisme du coût locatif exigé par rapport au marché local, a-t-on appris par ailleurs.
En chambre, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, avait rappelé «le scandale de la Société immobilière du Québec» et le reportage de Radio-Canada qui avait «démontré que les collecteurs de fonds [Charles] Rondeau, [Franco] Fava et [William] Bartlett ont détourné des millions de dollars» à la suite de la signature de baux prolongés avec George Gantcheff, qui avait fait l'acquisition du 500, boulevard René-Lévesque Ouest, à Montréal, et du 525, rue Saint-Amable, à Québec. Après la vente par Québec, il avait obtenu des baux à très long terme et la gestion des stationnements, en dépit d'un contrat à long terme avec une société sans but lucratif.
La CAQ a recensé les baux signés avec George Gantcheff. «Il y en a 21, et ça totalise 26 millions de dollars par année», a rappelé M. Legault. Pour lui, la Société québécoise des infrastructures - qui a remplacé la SIQ - devrait imiter la Caisse de dépôt et annoncer qu'elle ne ferait plus affaire avec M. Gantcheff.
«Est-ce qu'il peut nous dire [Carlos Leitao] s'il a fait vérifier si les baux signés avec George Gantcheff ont été signés à la valeur du marché?». dit M. Legault.

Faits troublants
Pour le ministre Leitao, «il y a des faits très troublants qui ont été révélés» par l'émission Enquête. «Tout cela a été investigué, a été regardé par, entre autres, les rapports de l'entreprise Accuracy, juricomptables, qui d'ailleurs avait été, dès le printemps 2012».
«Accuracy qui a identifié en effet les faits qui sont maintenant rendus publics. Nous savons aussi qu'il y a une investigation policière qui est en cours, et je pense que ce serait un peu hasardeux pour nous maintenant de divulguer des informations qui pourraient contaminer cette investigation policière qui est complexe et qui se poursuit», a soutenu M. Leitao.
«Ce n'est pas aux policiers de déterminer si les baux, les loyers qu'on paie à M. Gantcheff sont payés au prix du marché, c'est au gestionnaire, puis le responsable des gestionnaires, c'est le ministre des Finances!», a répliqué M. Legault. Pour lui, «les Québécois sont en colère» devant un tel dérapage. «Ce n'est pas un problème de perception, mais de responsabilité, de responsabilité que ne prend pas le gouvernement libéral!»