UPAC Couillard nie toute ingérence

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11 novembre 2016 | Alexandre Robillard - La Presse canadienne à Québec
Le premier ministre Philippe Couillard
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne
Le premier ministre Philippe Couillard
Le premier ministre Philippe Couillard a nié, jeudi, toute ingérence de son cabinet dans les enquêtes de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

M. Couillard a reconnu que des échanges sont établis entre son personnel politique et les policiers, mais seulement lors de nominations, pour des vérifications de sécurité.

« Jamais, jamais il n’y a quelque communication entre mon cabinet et les forces policières au sujet de l’enquête, a-t-il dit en chambre. Il y a, comme c’est normal que ce soit le cas, des contacts pour les vérifications de sécurité qui entourent les nominations de membres du Conseil des ministres, ce qui est tout à fait régulier, normal. »

Liens suspects

Plus tôt, les partis de l’opposition se sont inquiétés des liens qui pourraient exister entre le bureau du premier ministre et le corps policier.

Leurs propos ont été inspirés par les allégations d’un ex-entrepreneur en construction, Lino Zambito, au sujet d’échanges entre l’UPAC et l’entourage de M. Couillard. M. Zambito a affirmé que les enquêtes de l’UPAC sont bloquées. Selon l’ex-homme d’affaires, le commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière, a des conversations fréquentes avec le directeur de cabinet du premier ministre, Jean-Louis Dufresne.

En point de presse, jeudi, le chef péquiste, Jean-François Lisée, a évoqué l’hypothèse que le bureau de M. Couillard soit en position de « caller les shots ». « Les allégations qui sont là aujourd’hui ouvrent des pistes [laissant entendre] que c’est peut-être le cas », a-t-il dit.

UPAC Couillard nie toute ingérence

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11 novembre 2016 | Alexandre Robillard - La Presse canadienne à Québec
Le premier ministre Philippe Couillard
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Le premier ministre Philippe Couillard
Le premier ministre Philippe Couillard a nié, jeudi, toute ingérence de son cabinet dans les enquêtes de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

M. Couillard a reconnu que des échanges sont établis entre son personnel politique et les policiers, mais seulement lors de nominations, pour des vérifications de sécurité.

« Jamais, jamais il n’y a quelque communication entre mon cabinet et les forces policières au sujet de l’enquête, a-t-il dit en chambre. Il y a, comme c’est normal que ce soit le cas, des contacts pour les vérifications de sécurité qui entourent les nominations de membres du Conseil des ministres, ce qui est tout à fait régulier, normal. »

Liens suspects

Plus tôt, les partis de l’opposition se sont inquiétés des liens qui pourraient exister entre le bureau du premier ministre et le corps policier.

Leurs propos ont été inspirés par les allégations d’un ex-entrepreneur en construction, Lino Zambito, au sujet d’échanges entre l’UPAC et l’entourage de M. Couillard. M. Zambito a affirmé que les enquêtes de l’UPAC sont bloquées. Selon l’ex-homme d’affaires, le commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière, a des conversations fréquentes avec le directeur de cabinet du premier ministre, Jean-Louis Dufresne.

En point de presse, jeudi, le chef péquiste, Jean-François Lisée, a évoqué l’hypothèse que le bureau de M. Couillard soit en position de « caller les shots ». « Les allégations qui sont là aujourd’hui ouvrent des pistes [laissant entendre] que c’est peut-être le cas », a-t-il dit.

Terrorisme en Afrique: le Canada à la recherche d'un «appui optimal»

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Publié le 11 novembre 2016 à 09h26 | Mis à jour à 09h26
Le Canada souhaite renforcer son aide envers les... (Image archives Agence France-Presse)
Le Canada souhaite renforcer son aide envers les pays africains
qui combattent le groupe terroriste Boko Haram
IMAGE ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Le Canada s'inquiète de la présence de groupes terroristes en Afrique, dont les milices islamistes shebab, responsables d'exactions contre les populations en Somalie et qui font des incursions au Kenya et en Éthiopie, mais aussi Boko Haram, au Nigeria, et la multitude de groupes présents dans le Sahel.
De passage aujourd'hui en Éthiopie, où se trouve le siège de l'Union africaine, le ministre canadien des Affaires étrangères Stéphane Dion annoncera des investissements totalisant près de 1 million de dollars en lien avec la lutte contre l'extrémisme violent dans sept pays africains, ainsi qu'au Centre africain d'études et de recherches sur le terrorisme.
Hier, au Kenya, le ministre Dion a annoncé un investissement de 2,38 millions pour la lutte contre le terrorisme, la prévention de la radicalisation, l'amélioration de la sécurité frontalière et la gestion de l'immigration.
Lundi, au Nigeria, il avait rappelé que le Canada avait versé depuis de début de l'année 8 millions à différentes organisations, dont la Croix-Rouge, qui viennent en aide aux populations touchées par l'insurrection de Boko Haram dans le nord-est du pays.
Outre ces annonces, « le principal objectif de mon voyage, c'est de bien comprendre comment le Canada pourrait avoir un appui optimal » dans les pays qu'il souhaite aider, a indiqué Stéphane Dion en entrevue téléphonique avec La Presse.
Au Nigeria, par exemple, « on est déjà présents », mais le ministre souhaite « renforcer notre aide, non seulement pour lutter contre Boko Haram, mais aussi pour d'autres problèmes », poursuit le ministre, évoquant les problèmes environnementaux liés à l'exploitation pétrolière dans le delta du Niger, l'assèchement du lac Tchad, « qui a perdu 90 % de son volume », ou encore les tensions intercommunautaires.
RÉFUGIÉS ET DROITS DE LA PERSONNE
Stéphane Dion a profité de sa rencontre avec le président kényan Uhuru Kenyatta pour rappeler l'importance que le Canada accorde au camp de réfugiés de Dadaab et lui demander de le maintenir en place.
Nairobi avait annoncé en mai dernier son intention de fermer ce camp de réfugiés, le plus grand du monde avec une population de 344 000 personnes, et d'expulser ceux qui y vivent, affirmant qu'il sert de « sanctuaire » aux shebab somaliens.
En Éthiopie, le ministre Dion entend par ailleurs appeler les autorités à un plus grand respect des droits de la personne et à une amélioration du « processus démocratique », à la suite des manifestations réprimées dans le sang au cours des derniers mois.
PLAIDOYER POUR LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE
Cette première visite en Afrique subsaharienne du ministre Dion est également l'occasion pour lui de se livrer à un plaidoyer en faveur de la Cour pénale internationale, dont trois pays africains ont annoncé récemment leur retrait.
« Le message, c'est "si vous avez des problèmes avec l'institution, exprimez-les et voyons comment on peut l'améliorer, mais on ne peut pas l'améliorer si on en sort" », explique le ministre Dion.
Il ne s'inquiète cependant pas outre mesure, rappelant que de nombreux pays africains « ont parlé très fort pour la Cour » et critiquant ceux qui souhaitent faire défection, la Gambie, l'Afrique du Sud et le Burundi.
« Ce n'est pas tout un pays qui demande à s'en retirer, affirme Stéphane Dion, c'est un gouvernement, lequel est parfois assez déconnecté d'une bonne partie de sa population. »
***
ET DONALD TRUMP ?
« On ne s'est pas trop attardés à ça », confie Stéphane Dion à propos de l'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, disant avoir mis l'accent sur les relations entre le Canada et l'Afrique avec ses interlocuteurs africains. Il note toutefois que le résultat de l'élection présidentielle états-unienne a suscité « un intérêt additionnel pour le Canada », pour le « rôle positif et constructif » qu'il pourrait jouer auprès de la prochaine administration à Washington « pour que les institutions multilatérales du monde s'en portent le mieux possible ».

Deux Amériques, une nation

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Trump change de ton, sollicite les conseils d’Obama et refait l’unité de son parti, pendant que la moitié du pays est encore sous le choc

11 novembre 2016 |Marco Fortier
Barack Obama a reçu Donald Trump à la Maison-Blanche, les deux hommes se serrant la main devant les médias après une rude campagne.
Photo: Jim Watson Agence France-Presse
Barack Obama a reçu Donald Trump à la Maison-Blanche, les deux hommes se serrant la main devant les médias après une rude campagne.
Il faudra bientôt l’appeler « Monsieur le Président ». Et il se comporte en conséquence. Donald Trump a mis de côté son ton hargneux et a lancé une vaste opération de séduction à la Maison-Blanche et au Capitole, jeudi, dans l’espoir de rassurer les Américains et de guérir les profondes blessures qui déchirent le Parti républicain.
 
Le président désigné a serré la main du président Barack Obama et de hauts gradés du Parti républicain qu’il avait couverts d’injures en campagne électorale. Trump a décrit en termes élogieux le président Obama ainsi que Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants, avec qui il était en guerre ouverte à la fin de la course à la Maison-Blanche.
 
Malgré ce changement de ton, les divisions au sein de la société américaine restent vives : une centaine de personnes manifestaient devant le nouvel hôtel de Trump, au coeur de la capitale, dans l’avenue Pennsylvanie entre la Maison-Blanche et le Capitole. Des dizaines de manifestations anti-Trump ont pris place au pays durant toute la journée de jeudi.
 
Trump et les hauts dirigeants du Parti républicain ont convenu d’une trêve au terme d’une campagne brutale. Les deux camps s’étaient littéralement déchirés après la diffusion de la vidéo incriminante de 2005 où Trump se vante d’agresser des femmes en toute impunité.
 
« Nous allons accomplir des choses spectaculaires pour le peuple américain », a lancé Donald Trump en rencontrant Paul Ryan, numéro un du Parti républicain, jeudi à Washington. Le président et la majorité républicaine au Congrès pourront mettre en avant « très rapidement » le changement de cap proposé en campagne électorale, a affirmé Trump.
 
Il a énuméré ses trois priorités : des réformes en santé et en immigration, puis la création d’emplois. « Big-league jobs », a précisé Donald Trump après avoir rencontré Mitch McConnell, leader de la majorité républicaine au Sénat. Trump s’est notamment engagé à éliminer l’Obamacare, qui fournit une assurance médicale à 20 millions d’Américains démunis.
 
Signe du changement de ton en cours, au moment même où Trump lançait son opération de charme à Washington, des éléments importants de son programme électoral avaient disparu de son site Web de campagne.
 
Sa promesse d’interdire « totalement et complètement » l’accès du pays aux musulmans s’était envolée, tout comme l’engagement d’annuler la signature des États-Unis sur l’Accord de Paris sur les changements climatiques. Sa liste des candidats pressentis pour devenir juges à la Cour suprême avait aussi disparu, a rapporté l’agence Reuters.
 
Questionné sur sa promesse maintes fois répétée de faire emprisonner Hillary Clinton pour l’affaire des courriels, Trump a tourné les talons.
 
Ce vernis de respectabilité a surpris des membres influents des deux partis à Washington. Ils se sont demandé quelle mouche avait piqué Trump, réputé pour ses coups de gueule dévastateurs davantage que pour ses aptitudes de rassembleur. « Ce qui s’est produit ? Trump est le président désigné. Nous devons souhaiter qu’il soit bien entouré pour l’empêcher de faire foncer le Titanic dans un glacier », a affirmé sur Twitter Ana Navarro, une stratège républicaine qui a voté pour Hillary Clinton.
 
Un membre important de l’entourage de Trump était à ses côtés durant toute cette journée d’introduction aux cercles du pouvoir à Washington : Jared Kushner, son gendre de 35 ans, marié à sa fille Ivanka, est décrit comme le prochain directeur de cabinet du président Trump.
 
Kushner fait partie des rares proches de Trump qui ont eu un effet calmant sur le bouillant candidat à la présidence durant la campagne, selon les analystes américains. D’autres médias évoquent la possible nomination de Stephen Bannon, réputé pour son conservatisme abrasif, à l’image du nouveau président.
 
Poignée de main historique
 
En fin d’avant-midi, le moment que le monde entier attendait s’est produit : Donald Trump a fait son entrée à la Maison-Blanche. Il a eu droit à un entretien de 90 minutes avec le président Barack Obama, qui lui a expliqué les tenants et aboutissants de la présidence.
 
Pendant ce temps, Michelle Obama a reçu Melania Trump, qui deviendra la première dame à compter du 20 janvier 2017. Une légère entorse au protocole de la Maison-Blanche a été notée par des observateurs : aucune photo des deux couples ensemble n’a été prise. On a plutôt eu droit à une séance de questions avec des journalistes dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, suivie par une poignée de main entre le président Obama et son successeur.
 
« Monsieur le Président désigné, nous ferons tout en notre possible pour vous aider à réussir. Parce que si vous avez du succès, le pays a du succès », a affirmé Barack Obama. Il a dit avoir apprécié son « excellente conversation » avec Trump, et celle entre Michelle Obama et Melania Trump.
 
Le nouveau président a adopté un ton tout aussi conciliant. Trump a fait part de son « grand respect » pour Obama, qu’il avait pourtant qualifié de « pire président de l’histoire des États-Unis » en campagne électorale. « J’ai hâte de collaborer avec vous à l’avenir, y compris pour solliciter vos conseils », a précisé le magnat de l’immobilier.
 
Donald Trump se pliait ainsi à un rituel sacré de la démocratie américaine : la passation harmonieuse des pouvoirs, a souligné à CNN Douglas Brinkley, historien spécialisé dans la présidence. Barack Obama et George W. Bush sont ainsi devenus de réels amis qui ont gardé un respect mutuel dans la foulée de la passation des pouvoirs en 2008.

L'angoisse des sans-papiers aux États-Unis de Trump

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Publié le 11 novembre 2016 à 10h45 | Mis à jour à 11h11
Un partisan de Donald Trump manifeste devant l'entrée... (photo Lucy Nicholson, archives REUTERS)
PHOTO LUCY NICHOLSON, ARCHIVES REUTERS
Un partisan de Donald Trump manifeste devant l'entrée de l'hôtel Luxe à Brentwood en Californie, le 10 juillet, où l'aspirant républicain à la Maison-Blanche d'alors devait prendre la parole, pour lui rappeler sa promesse électorale de mettre un frein à l'immigration illégale aux États-Unis. Les sans-papiers américains sont inquiets depuis l'élection du milliardaire à la présidence.

JAVIER TOVARSAID BETANZOS
Agence France-Presse
LOS ANGELES et TIJUANA
Bernardino et Samuel étaient au Mexique, tout près de la frontière américaine quand ils ont appris la victoire de Donald Trump. Ils ont immédiatement renoncé à leur plan d'entrer illégalement aux États unis et ont fait demi-tour.
Samantha Yanez, arrivée clandestinement aux États-Unis quand elle avait six ans, n'a quant à elle pas fermé l'oeil de la nuit.
Pour les sans-papiers hispaniques aux États-Unis, le triomphe du magnat de l'immobilier, élu sur un programme anti-immigration, ouvre une ère d'angoisse. Y aura-t-il des expulsions massives ? Des obstacles majeurs aux mouvements migratoires ?
Le multimilliardaire populiste a promis d'expulser les quelque 11 millions d'immigrés en situation irrégulière aux États-Unis, en majorité hispaniques, et de construire un « gigantesque » mur tout le long de la frontière avec le Mexique.
Il a traité les Mexicains de « violeurs » ou « trafiquants de drogue », a mis en doute l'impartialité d'un juge d'origine mexicaine, entre autres.
« Je me sens apatride »
Samantha, une Mexicaine aujourd'hui âgée de 21 ans, se demande ce qu'elle va devenir. Elle ne dispose que d'un permis de séjour temporaire accordé par le président sortant Barack Obama, car elle est arrivée dans le pays enfant. Elle craint que Donald Trump l'annule.
« C'est comme si j'étais apatride, je me sens étrangère dans le seul pays que je connaisse », constate-t-elle d'une voix blanche. « Je me sens inquiète, enragée, triste, trahie par le rêve américain. »
Bernardino, trentenaire originaire du Honduras  - il ne veut pas donner son nom de famille - cherchait tout comme Samuel, 18 ans, un passeur qui l'aiderait à entrer aux États-Unis près de Tijuana. Ils ont renoncé par peur de mettre en danger leur famille déjà de l'autre côté.
« Imaginez s'ils me placent en détention alors que ma famille sur place a déjà des problèmes. La vérité, c'est que je n'aurais jamais pensé que le blond gagnerait », se désole Samuel, attablé dans une cantine de Tijuana où sont distribués repas et vêtements à plus de 1000 migrants chaque jour.
Environ 65 % des électeurs qui se sont déclarés Hispaniques ont voté Clinton, mais cela n'a pas été suffisant pour barrer la route au candidat républicain.
« On vit dans l'incertitude, nous sommes très inquiets, on ne sait pas ce qui va se passer », admet Libertad Sánchez, une coiffeuse équatorienne de 50 ans qui vit à New York. Arrivée aux États-Unis il y a 17 ans, elle n'a pas de visa en règle.
Trump « a besoin de nous »
José Alejo veut quant à lui relativiser. Ce Mexicain qui vit aux États-Unis sans papiers depuis 22 ans et n'a jamais eu de problèmes est surtout déçu, car il « espérait avoir une présidente ».
Cet ouvrier dans la construction qui vit de petits boulots distribués au jour le jour dans un centre communautaire de Pasadena, en banlieue de Los Angeles, pense que les menaces agitées par M. Trump contre les immigrants ne sont que des promesses de campagne.
Au final, veut-il croire, « il sera comme tous les autres présidents : beaucoup de promesses, peu d'action ».
« Qui sont ceux qui font les récoltes dans les champs, qui lavent les assiettes dans les restaurants ? Vous avez vu un Américain ou un (blond) ? », lance cet homme corpulent de 47 ans.
« Trump a promis de faire croître l'économie, il a besoin de nous pour ça », insiste-t-il.
Les experts politiques soulignent que les classes populaires blanches qui ont porté Trump à la Maison-Blanche attendent de lui qu'il tienne parole et freine l'immigration.
Outre ses attaques envers les Hispaniques, il a aussi parlé d'un moratoire sur l'entrée aux États-Unis des musulmans, et d'une « surveillance extrême » pour les immigrants originaires de pays touchés par le terrorisme - y compris la France.
Hillary Clinton avait à l'inverse promis une vaste réforme migratoire, mais le président sortant Barack Obama avait fait de même en 2012 avant de se heurter au blocage du Congrès républicain.
Beaucoup d'Hispaniques reprochent en outre à M. Obama d'avoir expulsé entre 2009 et 2015 quelque 2,5 millions de personnes, plus qu'aucun autre président américain, et certains l'ont affublé du surnom d'« expulseur en chef ».
Et si Donald Trump le surpasse ? « Tôt ou tard nous devons rentrer chez nous, s'ils me prennent, ils me prennent », philosophe José.

ÉTATS-UNIS Deuxième nuit de manifestations contre l'élection de Trump

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Des opposés à la présidence de Trump ont défilé même dans les rues de Vancouver

11 novembre 2016 09h47 | Associated Press à Washington
Des rassemblements ont notamment été signalés à New York, Chicago, Denver (notre photo) ou Dallas.
Photo: Jason Connolly Agence France-Presse
Des rassemblements ont notamment été signalés à New York, Chicago, Denver (notre photo) ou Dallas.
Portland — Des manifestants opposés à l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis sont sortis exprimer leur colère pour une deuxième nuit consécutive, jeudi, défilant même dans les rues de Vancouver, en Colombie-Britannique.
 
Des centaines de personnes ont ainsi marché dans les rues de la métropole canadienne, en agitant le poing et en scandant « Love trumps hate » (« l’amour est plus fort que la haine », avec un jeu de mots sur le nom du candidat). D’autres manifestants s’étaient munis d’écriteaux sur lesquels on pouvait notamment lire « Construisez la gentillesse, pas des murs » et « Fier partisan de l’amour ».
 
Un New-Yorkais qui avait choisi de visiter Vancouver pour échapper à la folie de la soirée électorale aux États-Unis a dit ne pas être surpris de voir des gens manifester contre M. Trump aussi loin puisque, selon lui, « la communauté internationale a toutes les raisons du monde de se méfier de lui ».
 
Steve Cucuzza a dit qu’il est « très préoccupant » que M. Trump ait accès à l’arsenal nucléaire américain, d’autant plus que le prochain président « a tendance à se fâcher quand tout ne va pas comme il le souhaite », a-t-il ajouté.
 
À Portland, dans l’Oregon, des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour dénoncer l’élection de M. Trump. La police a évoqué une « émeute » et commencé à arrêter des participants quand certains manifestants ont fracassé des vitrines et mis le feu à un conteneur de déchets.
 
Des centaines d’autres manifestants se sont fait entendre ailleurs au pays, que ce soit en Californie, à New York ou à Chicago, aussi bien dans des États qui ont voté pour M. Trump que dans des États qui se sont ralliés à sa rivale démocrate Hillary Clinton.
 
À Denver, des manifestants ont réussi à brièvement paralyser l’autoroute 25 qui mène au centre-ville, jeudi soir. L’artère a été rouverte vers 22 h 30, heure locale. Des scènes similaires se sont déroulées à Minneapolis et à Los Angeles.
 
Au centre-ville de San Francisco, de jeunes étudiants ont scandé « pas mon président ». Ils ont agité des écriteaux qui réclamaient le départ du nouveau président ou encore des bannières arc-en-ciel ou des drapeaux mexicains. Ils ont été applaudis par des badauds dans cette ville lourdement démocrate.
 
À New York, les manifestants se sont de nouveau massés devant Trump Tower, sur la 5e Avenue, à Manhattan. Ils ont scandé des slogans et agité des pancartes anti-Trump.
 
Des manifestations ont aussi eu lieu à Philadelphie, à Louisville, à Baltimore et à Oakland, où des échauffourées ont éclaté entre policiers et manifestants.
 
Les partisans de M. Trump accusent les manifestants d’être « de mauvais perdants » qui ne respectent pas la démocratie. M. Trump a remporté la victoire au collège électoral, mais en date de jeudi soir, Mme Clinton récoltait 47,7 pour cent du vote populaire, contre 47,5 pour cent pour son rival.

Les Mexicains tremblent en silence après l'élection de Trump

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Publié le 11 novembre 2016 à 05h00 | Mis à jour à 06h11
Une télévision couvrait la soirée électorale américaine, mardi,... (Photo Cesar Rodriguez, Bloomberg)
Une télévision couvrait la soirée électorale américaine, mardi, dans un restaurant de Mexico.
 Au lendemain de l'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche,
 le président mexicain Enrique Peña Nieto a prononcé un discours conciliant à son égard.
PHOTO CESAR RODRIGUEZ, BLOOMBERG
LAURA-JULIE PERREAULT
envoyée spéciale
La Presse
(MEXICO) La victoire de Donald Trump est tombée comme une tonne de briques sur la tête des employés du Centro de los derechos del migrante. Cette organisation, qui défend les droits des migrants mexicains aux États-Unis, pourrait hurler sa peur au lendemain de l'élection du candidat républicain, qui promet d'expulser des millions de sans-papiers vivant aux États-Unis. Ses leaders ont plutôt décidé de garder le silence.
Enrique Peña Nieto, président du Mexique... (PHoto Rebecca Blackwell, Associated Press) - image 1.0
Enrique Peña Nieto, président du Mexique
PHOTO REBECCA BLACKWELL, ASSOCIATED PRESS
« Nous sommes trop abasourdis pour dire quoi que ce soit. Nous sommes en réunion pour essayer d'établir une stratégie. Nous ne parlerons pas avant un bon bout de temps », note Evy Peña, la responsable des communications de l'organisation établie à Mexico avant d'escorter La Presse vers la porte de l'édifice de l'avenue du Nuevo León qui abrite ses bureaux.
« On a deux mois pour se préparer à l'administration Trump, on n'a pas une minute à perdre. », dit Evy Peña.
Pour les organismes comme le Centro de los derechos del migrante, les enjeux sont immenses. Dès le premier jour de sa campagne, Donald Trump a promis de construire un mur, qui pourrait atteindre jusqu'à 30 mètres de hauteur, tout au long de la frontière entre le Mexique et les États-Unis. S'il met à exécution son plan d'expulsions massives, ce sont près de 12 millions de migrants sans permis de séjour qui pourraient être expulsés des États-Unis, dont cinq millions de Mexicains.
CIBLER LES PLUS PAUVRES
Donald Trump projette aussi de rendre la vie difficile aux immigrants qui veulent envoyer de l'argent dans leur famille, restée dans leur pays d'origine. Selon Alan Camora, un militant de gauche de la région de Jalisco, cette mesure, moins médiatisée, pourrait être la plus dommageable pour les Mexicains les moins nantis. Chaque année, 20 milliards US sont injectés dans l'économie du pays de 122 millions de personnes par les quelque 35 millions de Mexicains et Mexicano-Américains vivant au pays de l'oncle Sam.
« Si Trump va de l'avant avec son programme socioéconomique, l'impact sur le Mexique va être gigantesque. Des villages entiers vivent des envois d'argent de leurs proches. La famille de ma conjointe dépend en partie de cet argent. Et ça aura un impact sur tous les Mexicains si ces sommes disparaissent du jour au lendemain », a dit le militant de 25 ans, qui était de passage à l'Université autonome de Mexico (UAM) pour prononcer un discours sur les luttes paysannes qui ont lieu aux quatre coins du pays.
Il croit aussi qu'une renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain, voire sa disparition, ébranlera l'économie mexicaine. « Ce sera à nous de résister, ajoute-t-il. Ce sera difficile au début, mais ça nous obligera à transformer notre économie », plaide-t-il, en affirmant que la remise en cause de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) annoncée par le nouveau président aura sans doute aussi.
RÉSISTANCE PASSIVE
Le campus de l'université, connue pour sa culture revendicatrice, est particulièrement calme au lendemain de l'élection américaine qui a pris les Mexicains, comme le reste du monde, par surprise. Si des graffitis dénoncent le projet de mur de Donald Trump, aucune manifestation n'est prévue pour dénoncer son élection. Même constat au centre-ville de Mexico, où la vie suit son cours.
« Il y a beaucoup de discussions au travail, dans les cafés et sur les médias sociaux. Les gens se demandent ce qui s'en vient, en quoi ça va toucher le Mexique, mais il n'y aura pas de manifestations », explique Mariane Wheelock, de l'organisation Soy migrante (Je suis migrant).
« Tout ça, ça se passe à l'extérieur de notre pays, on ne peut pas faire grand-chose pour changer le résultat», dit Mariane Wheelock.
Journaliste d'enquête pour le média numérique Sin embargo, Sandra Rodríguez explique que ses concitoyens - qui doivent faire face tant à l'insécurité qu'à une économie inégalitaire - sont peu enclins à descendre dans les rues.
« Les plus récentes manifestations au Mexique ont été liées à des questions intérieures, le plus souvent sur l'impunité à la suite de la disparition d'étudiants. La plupart des Mexicains pensent qu'ils n'ont aucun pouvoir sur ce qui se passe dans un autre pays », dit Sandra Rodríguez. « Ça ne veut pas dire pour autant que les gens ne sont pas conscients de l'impact sur eux des décisions prises ailleurs », ajoute-t-elle.
« DÉFI ET OCCASIONS »
Cette même contenance semble avoir aussi guidé la réaction du gouvernement mexicain dans les heures suivant l'élection de Donald Trump. S'il a maintes fois comparé le politicien républicain à Hitler au cours de la campagne électorale et s'est attiré les foudres de la population en invitant le multimilliardaire à visiter le Mexique en août dernier, le président mexicain Enrique Peña Nieto a prononcé un discours conciliant mercredi soir à l'égard du président américain désigné.
« [L'élection de Donald Trump] ouvre un nouveau chapitre dans la relation entre les États-Unis et le Mexique qui impliquera un changement, un défi, mais aussi, nous devons le dire, de grandes occasions », a dit le chef d'État mexicain, en précisant que lors de la conversation qu'il avait eue avec M. Trump hier, il n'avait pas été question de construire un mur, mais bien de « reconstruire une relation de confiance entre les deux pays ».
TROP CALME ?
Tous n'apprécient pas le flegme du président et de la société civile mexicaine à l'égard de M. Trump. « Dans ma famille, beaucoup de gens pensent qu'il va y avoir une guerre entre les deux pays sous une présidence Trump. Et notre gouvernement ne semble pas vouloir bouger le petit doigt », tonne Natalia Couturier, étudiante de 23 ans. « Nous devons prendre beaucoup plus au sérieux les menaces de Trump et déployer nos meilleurs éléments à Washington. Des gens qui vont défendre nos intérêts. L'avenir du Mexique en dépend. »
LE RETOUR DU RÉPUBLICAIN RÉCALCITRANT
Représentant du Parti républicain au Mexique, Larry Rubin ne sait plus sur quel pied danser depuis la victoire de Donald Trump. Comme neuf personnes sur dix au Mexique, le consultant en commerce international s'opposait à l'élection du multimilliardaire à la Maison-Blanche. « Je n'étais pas un partisan de Trump, je ne pensais pas qu'il est la personne dont les États-Unis ont besoin, mais maintenant qu'il est élu, nous devons tous nous ranger derrière lui », a dit M. Rubin à La Presse. Il compte faire des démarches auprès de la nouvelle administration pour faire valoir l'importance de la relation américano-mexicaine. « Le Mexique est le troisième partenaire commercial des États-Unis en importance. Les liens culturels sont très profonds », remarque-t-il. Il espère que les gouvernements mexicain et canadien vont travailler ensemble pour plaider la cause de l'ALÉNA. « Il faut oublier ce qui s'est dit pendant la campagne. M. Trump n'est plus un candidat, c'est le président maintenant. »

Francisation: la CAQ propose un programme obligatoire pour toute la famille

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Publié le 10 novembre 2016 à 20h48 | Mis à jour le 10 novembre 2016 à 20h48
Le chef de la CAQ, François Legault... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)
Le chef de la CAQ, François Legault
LIA LÉVESQUE
La Presse Canadienne
La Coalition avenir Québec propose de rendre obligatoires pour tous les membres d'une famille les programmes de francisation des nouveaux arrivants. Et, pour leur faciliter la vie, elle veut hausser l'allocation qui leur est versée de 120 $ à 200 $ par semaine.
La députée d'Iberville, Claire Samson, qui a rencontré les acteurs du milieu, le printemps et l'été derniers, a expliqué quelques-unes des propositions contenues dans son rapport, jeudi, au cours d'une rencontre avec la presse à l'Assemblée nationale.
Ce programme obligatoire de francisation toucherait toutes les catégories d'immigrants, qu'ils soient économiques, réfugiés ou issus de la réunification des familles, propose le deuxième parti d'opposition. Il devrait également être suivi «le plus tôt possible après l'arrivée au Québec».
«Un couple, ça lui fait quand même 400 $ par semaine. De plus, dans le rapport, on dit qu'on devra s'organiser pour que les femmes puissent aller en francisation, qu'il y ait des places en garderie qui soient prévues pour eux, ainsi que le remboursement des transports en commun pour qu'ils puissent y avoir accès. Il faut rendre ça plus attrayant un peu et un peu plus motivant pour les immigrants de se franciser», a plaidé Mme Samson.
«Apprendre le français quand on vit au Québec, ça ne doit pas être perçu comme une punition, mais plutôt comme une opportunité pour les immigrants», a commenté la députée d'Iberville.
La CAQ tient également à ce que le programme de francisation inclue «un volet d'initiation aux réalités québécoises ainsi qu'à sa culture, ses institutions sociales et politiques, son système électoral et politique, son système légal, les valeurs québécoises, la législation du travail, ses programmes sociaux, son système d'éducation, de santé, etc.».
La Coalition avenir Québec tient également à abaisser à 40 000 le nombre de nouveaux arrivants, afin de s'assurer de faire un meilleur travail d'intégration et de francisation avec un moins grand nombre.
La porte-parole de la CAQ pour les dossiers de protection et de promotion de la langue française a souligné qu'à l'heure actuelle, environ 200 000 Néo-Québécois ne peuvent tenir une conversation soutenue en français.
Elle veut également que les entreprises mettent la main à la pâte et donnent priorité à la francisation de leurs employés avant d'autres programmes de formation de la main-d'oeuvre.
La députée caquiste estime que l'ensemble des mesures proposées coûterait 175 millions $ de plus que les sommes qui sont actuellement consacrées à la francisation. Ce serait «amplement suffisant pour toutes les mesures», a-t-elle opiné.
De même, parmi les autres mesures, Mme Samson estime qu'il faut mieux financer les organismes communautaires qui oeuvrent présentement à la francisation des immigrants.
Finalement, pour bien marquer le changement de cap, elle voudrait changer le nom du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion pour celui de ministère de l'Immigration et de la Francisation.

Journalistes espionnés: guerre interne à la SQ

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Publié le 11 novembre 2016 à 06h57 | Mis à jour à 06h57
Mario Laprise a été le directeur général de... (Photo Alain Roberge, Archives La Presse)
Mario Laprise a été le directeur général de la Sûreté du Québec d'octobre 2012 à août 2014.
PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE
DENIS LESSARD
La Presse
(Québec) Bien des questions restent en suspens quand on se penche sur l'opération qui a mené la Sûreté du Québec à solliciter auprès du tribunal l'autorisation de scruter les relevés téléphoniques de six journalistes, dont Alain Gravel, Marie-Maude Denis et Isabelle Richer de Radio-Canada.
Ne pensez pas que rue Parthenais, on cherchait à allonger la liste des suspects, des mafieux ou des motards. Officiellement, l'enquête déclenchée en 2013 par un coup de fil du ministre de la Sécurité publique à l'époque, Stéphane Bergeron, visait à identifier la source de fuites médiatiques touchant l'écoute téléphonique de Michel Arsenault, alors président de la FTQ.
Mais l'affaire a pris une tout autre proportion, une fois la commande arrivée au 11e étage à Parthenais. Avec cinq ans d'appels faits ou reçus par ces journalistes de choc, « il doit y avoir une cinquantaine de numéros qui scintillent sur l'écran », ironise une source policière bien au fait de ces pratiques. Ces numéros sont ceux de policiers que la direction de la SQ va éloigner des postes stratégiques.
L'ex-ministre Bergeron a indiqué qu'il s'était entretenu avec le chef de la SQ, Mario Laprise, au sujet des récriminations du syndicaliste Michel Arsenault en septembre 2013. Ce dernier se plaignait de fuites sur les conversations téléphoniques qui avaient été épiées en 2008 et 2009 par la SQ. La divulgation du contenu d'une écoute en dehors du cadre judiciaire est une infraction au Code criminel. Dans sa lettre du 10 septembre 2013 au ministre Bergeron, M. Arsenault évoquait les journaux de Québecor, l'agence QMI, un reportage de TVA.
Qu'à cela ne tienne, on demandera au tribunal d'avoir un mandat de surveillance de relevés, la liste des numéros de téléphone entrants et sortants que la police demandera aux sociétés de téléphone. C'est ainsi qu'on fouinera dans les relevés téléphoniques de trois journalistes de Radio-Canada, d'un autre de La Presse (l'auteur de ces lignes), d'un collaborateur de Radio-Canada et, finalement d'un reporter du Journal de Montréal qui ne touchait pourtant pas aux enquêtes policières.
POURQUOI TANT DE CIBLES ?
À l'interne, chez les officiers supérieurs, on explique que Marcel Savard, directeur général adjoint, responsable du respect des normes professionnelles, avait depuis longtemps dans sa ligne de mire certains officiers, en particulier un enquêteur, un « loner » à qui on avait confié la fin de l'enquête Diligence, sur les liens entre les syndicats, les motards et Tony Accurso. Savard le soupçonnait de converser régulièrement avec les journalistes.
La lettre du président de la FTQ aura donc avant tout été une belle occasion de régler des comptes à l'interne.
La culture de clans est encore très forte à la SQ. Le clan de l'ex-directeur Richard Deschênes avait été supplanté par celui de Mario Laprise, et il sera tassé par celui du directeur actuel Martin Prud'homme à la fin 2014. Depuis cette enquête, l'officier soupçonné d'indiscrétions a quitté Parthenais, affecté tout de même à un poste convoité.
QUI SAVAIT ?
Le directeur général de l'époque, Mario Laprise, était assurément bien informé des ramifications de l'enquête et des mandats touchant les journalistes. Il n'avait guère eu d'autre choix que d'obtempérer à la demande du ministre Bergeron, explique-t-on. Souvent perçu comme proche du PQ parce qu'il avait été nommé patron de la SQ par Pauline Marois, Laprise était pourtant le premier choix du libéral Jacques Dupuis pour devenir sous-ministre à la Sécurité publique, mais ce dernier avait choisi de garder son job plus lucratif à Hydro-Québec.
Le ministre Bergeron n'était pas interventionniste auprès de la SQ, confie-t-on, même s'il a fait bien mauvaise figure à ce récent point de presse où il tentait gauchement d'expliquer l'origine de la commande sur les fuites.
Ancien patron de Carcajou, Laprise a depuis longtemps la réputation de laisser ses hommes de confiance faire leur travail, mais de vouloir des « débriefings au quart de tour ». Son erreur aura peut-être été de confier ce dossier à des enquêteurs insensibles aux conséquences politiques d'un espionnage des journalistes. Le sous-ministre de l'époque, Martin Prud'homme, qui a pris les commandes de la SQ depuis, savait que Laprise avait déclenché une enquête sur ces fuites. Il n'a jamais fait de suivi ni appris que des mandats avaient été demandés sur les communications des journalistes, semble-t-il.
POURQUOI AUSSI LONGTEMPS ?
La SQ a remonté sur cinq ans pour les relevés téléphoniques des trois journalistes d'Enquête. Pourquoi une si longue période, si, comme il faut le rappeler, le but était de trouver la source du contenu de l'écoute visant Michel Arsenault ? Autre fait troublant, M. Arsenault avait sauté les plombs quand il avait rencontré le ministre Raymond Bachand en août - il venait apparemment d'apprendre qu'il avait fait l'objet d'écoute électronique. Or, dans la lettre qu'il fait parvenir au ministre Bergeron, le syndicaliste révèle que la SQ l'avait informé dès le printemps qu'il était sur écoute. Deux agents l'avaient rencontré en présence de l'avocat du Fonds de solidarité, André Ryan.
DÉLAIS POUR LES SCELLÉS ?
Autre fait inexpliqué : pourquoi les « mandats de surveillance » visant ces relevés téléphoniques n'ont-ils été mis sous scellés qu'en août et septembre 2014, donnée qui fait sourciller ceux qui connaissent ces procédures ? Ces dossiers « chauds, relevant de l'état-major », ont circulé pendant presque un an au quartier général de Parthenais, ce qui a permis aux enquêteurs de faire des recoupements. Oubliez l'image folklorique du rond de cuir qui épluche patiemment des listes de numéros de téléphone pour faire des croisements : tout se fait par ordinateur, et les numéros suspects scintillent immédiatement sur l'écran.
Nouveau gouvernement, rumeurs de remue-ménage à la SQ ; on demande à la cour, presque un an plus tard, de fermer la boîte à double tour.

Loi 70 adoptée: des assistés sociaux devront vivre avec 399$ par mois

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Publié le 10 novembre 2016 à 13h20 | Mis à jour le 10 novembre 2016 à 19h38
La loi 70 est la loi la plus... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)
La loi 70 est la loi la plus «honteuse» jamais adoptée par le gouvernement Couillard,
 selon la députée solidaire de Gouin, Françoise David.
PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE
JOCELYNE RICHER
La Presse Canadienne
QUÉBEC
Certains assistés sociaux devront se débrouiller pour vivre désormais avec aussi peu que 399 $ par mois, en vertu de la loi 70 adoptée jeudi.
Avec cette loi, le gouvernement s'arroge le pouvoir de couper environ du tiers la prestation de base mensuelle de 623 $ des nouveaux demandeurs d'aide sociale jugés aptes à travailler qui refusent d'entreprendre un parcours de recherche d'emploi.
Au moment du vote, les trois élus de Québec solidaire étaient si outrés de l'approche punitive choisie par le gouvernement que Françoise David, Amir Khadir et Manon Massé se sont levés tour à tour pour voter contre le projet de loi, tout en tournant le dos au gouvernement, un geste symbolique inusité à l'Assemblée nationale.
La loi 70 est la loi la plus «honteuse» jamais adoptée par le gouvernement Couillard, selon la députée solidaire de Gouin, Françoise David.
Le projet de loi controversé, qui prévoit d'importantes pénalités financières imposées aux premiers demandeurs d'aide sociale qui ne s'y soumettront pas, est une des principales pièces législatives au menu gouvernemental cet automne. Le premier ministre Philippe Couillard s'était engagé à ce que le projet de loi 70 soit adopté rapidement durant la présente session.
Au cours des derniers mois, la députée solidaire Françoise David, le député péquiste Dave Turcotte, de même que des groupes de défense des assistés sociaux ont tenté, en vain, de convaincre le ministre de l'Emploi, François Blais, que son projet de loi allait jeter à la rue et pousser à la mendicité des gens, souvent de jeunes adultes, parmi les plus démunis et les plus vulnérables de la société.
Mais le ministre Blais est demeuré intraitable, convaincu qu'il fallait forcer les prestataires à s'inscrire au programme Objectif Emploi, sous peine de sanctions financières sévères, pour favoriser leur réinsertion sociale.
La loi permet aussi au gouvernement de retenir le chèque d'un assisté social, s'il ne se présente pas à son rendez-vous destiné à fixer son plan d'action de recherche d'emploi.
Fin septembre, après des dizaines d'heures de débats, pressé d'en finir sans devoir subir l'odieux d'imposer un bâillon, le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, avait négocié avec les partis d'opposition un calendrier d'adoption avant l'hiver du projet de loi 70.
De guerre lasse, ces derniers avaient accepté, sachant que de toute façon, de gré ou de force, le projet de loi serait adopté, le gouvernement libéral étant majoritaire. Ils espéraient ainsi soutirer au moins quelques amendements au gouvernement avant la tombée du couperet.
Ils ont ainsi obtenu que la coupe de la prestation de base ne vise que les nouveaux demandeurs de l'aide sociale et non les prestataires actuels, a commenté en point de presse Mme David, qui n'a pas caché sa colère pour qualifier la loi 70 d'«immorale et irresponsable», voire de «condescendante et paternaliste».
Elle s'est montrée aussi soulagée d'avoir obtenu que Québec accepte de faire une évaluation de l'application et de l'impact de la loi 70 dans deux ans.
Dans le passé, des gouvernements ont eux aussi coupé dans les chèques d'aide sociale, mais jamais on n'attaquait la prestation de base, s'est indignée Mme David, considérant que le gouvernement Couillard avait franchi une ligne avec cette loi.
Le gouvernement pousse ainsi vers l'itinérance des jeunes qui selon elle «vivent une grande détresse physique et psychologique. Ils ont besoin de se refaire» avant de songer à s'inscrire à un programme de recherche d'emploi.
On parle de gens qui souvent n'ont ni téléphone, ni adresse, a renchéri le député péquiste Dave Turcotte, en entrevue téléphonique, pour exprimer la difficulté de certains de participer à des programmes gouvernementaux. Il juge que le gouvernement, sous couvert de réinsertion sociale, cherchait avant tout «à serrer la vis» aux assistés sociaux.
Chaque année, quelque 17 000 Québécois sans contrainte à l'emploi présentent une demande d'aide sociale, dans la majorité des cas des gens âgés de moins de 29 ans, et plusieurs milliers d'entre eux sont issus d'une famille vivant de l'aide sociale.
Avec sa loi, Québec compte épargner jusqu'à 50 millions $ par an.

Allégations de vol de documents: la CAQ met en demeure Agnès Maltais

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Publié le 10 novembre 2016 à 19h16 | Mis à jour le 10 novembre 2016 à 19h16
Agnès Maltais dit détenir des preuves démontrant que... (PHOTO Jacques Boissinot, PC)
PHOTO JACQUES BOISSINOT, PC
Agnès Maltais dit détenir des preuves démontrant que deux employées de la CAQ auraient dérobé 34 documents du PQ avant de changer d'allégeance politique, en 2011.

La Coalition avenir Québec a remis une mise en demeure à la députée péquiste Agnès Maltais jeudi soir pour la sommer de s'excuser pour ses propos «diffamatoires» et «sans fondement» à l'endroit de la CAQ. La porte-parole en matière d'éthique du Parti québécois accuse deux employées de la CAQ d'avoir volé des documents «stratégiques» du PQ en 2011.
En entrevue à TVA jeudi, Agnès Maltais a dit détenir des preuves démontrant que deux employées de la CAQ auraient dérobé 34 documents du PQ avant de changer d'allégeance politique, en 2011. Les deux transfuges montrées du doigt par la députée sont Nicole Savard, directrice du cabinet du whip de la CAQ et Lynne Arpin, responsable du bureau de comté de François Legault.
«Depuis des semaines, François Legault accuse le Parti libéral de vols de documents. Ce qui est grave, c'est que ses propres employés ont volé des documents au PQ, quand François Legault a fondé son parti politique», a déclaré Agnès Maltais à TVA. Elle allègue que les deux employées auraient volé des documents comme la liste de membres, la liste du financement et l'organisation électorale de la circonscription de Rousseau. 
La Presse n'a pas pu obtenir d'entrevue avec la députée jeudi. Selon Valérie Chamula, attachée de presse de l'aile parlementaire péquiste, la députée va «exposer les faits plus précisément» vendredi matin lors d'un point de presse et ne compte «pas du tout» retirer ses propos.
La CAQ s'insurge
La CAQ n'a pas pris de temps à réagir en faisant parvenir jeudi soir une mise en demeure à la députée de Taschereau pour dénoncer ces «allégations très graves».
«Les accusations de Mme Maltais sont sans fondement. C'est de la petite politique qui vise seulement à nuire à la réputation de la CAQ et [à celles] de deux femmes engagées. C'est à Mme Maltais de retirer ses propos et de s'excuser», maintient Guillaume Simard-Leduc, porte-parole de la CAQ, en entrevue avec La Presse.
Dans leur mise en demeure, la CAQ soutient que ses deux employées n'ont en «aucun moment [...] «illégalement téléchargé» ou «volé» des documents appartenant au PQ, ou autrement agi de manière inappropriée». Ainsi, si Mme Maltais ne retire pas ses propos, la CAQ envisage d'entamer des «procédures judiciaires» contre la députée, dit Guillaume Simard-Leduc.
«Dans les circonstances, vos affirmations gratuites et sans fondement quant à la nature du comportement et aux motivations de mesdames Savard et Harpin sont diffamatoires et constituent de graves atteintes à leur réputation. Ces atteintes sont d'ailleurs d'autant plus graves qu'il est évident que votre sortie publique n'a d'autre but que de tenter d'embarrasser la CAQ et de nuire à la réputation de ces deux femmes», écrivent les avocats de la CAQ.
«En conséquence de ce qui précède, vous êtes par la présente formellement mise en demeure de cesser de nuire à la réputation de mesdames Savard et Harpin, de retirer vos propos et de leur présenter des excuses publiques. Nous exigeons également que vous nous fassiez parvenir l'ensemble des informations en votre possession qui démontreraient selon vous un comportement inapproprié de leur part, et ce, afin de leur permettre de répondre à vos allégations et de rétablir leur réputation», peut-on lire dans la mise en demeure.