samedi, novembre 05, 2016

Les 12 moments marquants de la course présidentielle

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PUBLIÉ LE VENDREDI 4 NOVEMBRE 2016 À 15 H 57 | Mis à jour à 5 h 00
Donald Trump et Hillary Clinton lors du deuxième débat
Donald Trump et Hillary Clinton lors du deuxième débat   PHOTO : RICK WILKING / REUTERS

Toutes les Amériques de Richard Séguin

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PUBLIÉ AUJOURD'HUI À 2 H 47
Richard Séguin
PHOTO : COURTOISIE COUP DE COEUR FRANCOPHONE / JEAN-FRANÇOIS LEBLANC

« Quand tu joues de l'harmonica en fa, dès les premières notes, tu vois tout de suite la route », a dit Richard Séguin vendredi soir à L'Astral, avant d'interpréter « Roadie », une nouvelle chanson de son plus récent disque Les horizons nouveaux.
Philippe Rezzonico

Un texte de Philippe Rezzonico
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Joignant le geste à la parole, Séguin a soufflé quelques mesures dans le petit instrument et il a lancé à la foule : « Vous voyez? » Et comment! Le bout de la route à perte de vue... Les paysages sans fin... Les étoiles qui éclairent le ciel... L'Amérique, en définitive. Celle que Séguin chante depuis trois bonnes décennies.
Mais, au fait, quelle est la définition de l'Amérique pour Séguin?
« Ma langue est d'Amérique. Je suis né de ce paysage », répond-il au bout du fil, tout en citant le poète québécois Gatien Lapointe, jeudi, lorsque joint à la veille de sa rentrée montréalaise lors du Coup de cœur francophone.
« Cette américanité, ça a commencé avec la chanson « L'ange vagabond », inspirée de [Jack] Kerouac pour un symposium, avant même le disque Journée d'Amérique (1988). Dans les années 1980, on se définissait encore par rapport à la France. »
« L'ange vagabond » prenait ses racines aux États-Unis, mais Journée d'Amérique était complètement ancrée dans un milieu québécois, particulièrement sur le clip de la chanson, tourné dans le quartier de Saint-Henri. Comme quoi l'Amérique pouvait être celle d'ici et d'ailleurs.
« Mon grand-père est né au Wisconsin. Il est revenu au pays avec le drapeau américain et des chansons de là-bas. Je réside à 20 kilomètres des États-Unis. On va y déjeuner souvent. C'est proche de ma réalité. J'habite les Appalaches, qui sont un territoire partagé entre nos deux pays. »
Les diverses facettes de l'Amérique
Cette Amérique a été présentée de diverses façons par l'auteur-compositeur et interprète au cours des ans, tant sur disque que sur scène. Dans le temps, des formations bâties sur le modèle de celles des groupes de rock n' roll ont fait résonner les mots et les mélodies du jeune Séguin. De nos jours, les configurations de ses spectacles sont similaires à celles de ses récents albums plus épurés.
À l'extrême droite de Séguin (à gauche, pour le spectateur), Hugo Perreault (guitares, mandoline, dobro), à ses côtés depuis près de 20 ans. À l'extrême gauche, Simon Godin (guitares, dobro, basse), présent depuis une dizaine d'années. Tout près de lui, Myëlle (violoncelle, claviers, percussions), la petite nouvelle.
Pas de batterie sur les planches pour marteler le tout. Une Amérique sans violence, finalement. Une Amérique célébrée en finesse et en sensibilité, avec un Séguin toujours droit comme un chêne, vêtu de sa veste et de son jean, un peu comme il s'est présenté au Gala de l'ADISQ dimanche dernier : fidèle à son image. Fin du volet vestimentaire.
Mais une Amérique où l'espoir, le passé, l'amour, la désillusion et le présent s'entremêlent. De nos jours, l'espoir est plus rare. Donc acte et ouverture avec la nouvelle Les vents contraires (« Que viennent les vents contraires/qui ramènent l'espérance »), aussitôt suivie de L'envie d'y croire, dédiée « à tous les rêveurs et les utopistes, ceux qui ne font mal à personne ». Chanson, fait rare, que Séguin a interprété au banjo. Mais l'Amérique ne serait pas l'Amérique sans toutes les interrogations soulevées dans Qu'est-ce qu'on leur laisse.
L'Amérique de Séguin est aussi celle de la compassion. Les bouts de papiers, inspirée par un de ses oncles qui ne savait ni lire ni écrire, a été interprétée au « je » et non pas à la troisième personne, comme elle a été composée.
« Quand on chante à la première personne, on se rapproche d'un personnage », a expliqué le chanteur. Et parfois, l'Amérique est triste et elle se résume à un seul individu en crise, comme l'individu dans Pleure à ma place.
Médiocratie affirmée
Richard Séguin
PHOTO : COURTOISIE COUP DE COEUR FRANCOPHONE / JEAN-FRANÇOIS LEBLANC
Étonnamment, dans le contexte de la présidentielle américaine, Séguin a écarté Protest Song. Ma foi, le « welcome yankee » de la chanson aurait pu être remplacé par un « go home yankee » tant l'élection chez nos voisins du sud est surréaliste. Mais ça ne l'empêche pas d'être très préoccupé par ce qui s'y passe.
« C'est incroyable comment les deux candidats sont si impopulaires. Les républicains récoltent ce qu'ils ont semé. Ils avouent ouvertement êtres racistes, homophobes, anti-avortement et pro-individualité. C'est la médiocratie affirmée. C'est comme si l'Amérique ne supportait plus son propre poids. »
Séguin avait quand même un brûlot politique à saveur locale dans son spectacle, la récente Tant qu'en y a, où l'avarice et la courte vue de certains politiciens est soulignée à gros traits : « Tant qu'y en a/on va tout prendre/ta petite patrie/même ton bonheur de vivre ici. »
Mais Séguin est encore plus fort quand il touche droit au cœur avec la nouvelle P'tit frère, interprétée en mode guitare-voix, au rappel. Également avec Au bord du temps, une chanson portant sur les migrants inspirée par une question de sa petite-fille de dix ans. À faire écouter à tout le peuple québécois, celle-là. Et il peut aussi nous surprendre, quand il reprend Belle Ancolie en duo avec Myëlle, qui a une voix formidable.
Parlant de relecture, celles de L'Ange Vagabond et de Rester debout auront été parmi les plus réussies. Amorcées tout en douceur et en nuances stylistiques, les deux chansons se sont transformées en cavalcades épiques en fin de parcours, bénéficiant des voix des quatre instrumentistes : une explosion de cordes et de voix, comme si l'Amérique, fougueuse cette fois, pouvait vibrer joyeusement de toutes parts.
Et, il faut le noter, le peuple d'Amérique peut aussi avoir une classe et un respect exemplaire. Séguin a eu raison de remercier la salle bondée de L'Astral pour sa qualité d'écoute. Écoute religieuse afin d'apprécier toute la lutherie des instrumentistes et la puissance évocatrice des mots.
Après plus de deux heures d'une prestation riche en textures, mélodique à souhait et parsemée de textes forts et poétiques (notamment Dans le désir du monde, de Pierre Morency), il était normal que Journée d'Amérique boucle la boucle. Car, l'Amérique, en définitive, peut surtout être rassembleuse.
Richard Séguin est de retour à L'Astral samedi soir lors du Coup de cœur francophone.

Élections partielles dans 4 circonscriptions: l'opposition s'active

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Publié le 05 novembre 2016 à 07h45 | Mis à jour à 07h45
Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, ira à... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)
Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, ira à la rencontre de citoyens
dans les circonscriptions de Verdun et Marie-Victorin, samedi.
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
La Presse Canadienne
Depuis le déclenchement cette semaine d'élections partielles dans quatre circonscriptions au Québec, le 5 décembre, les partis d'opposition s'activent sur le terrain.
Les leaders du Parti québécois, Jean-François Lisée, de la Coalition avenir Québec, François Legault, et de Québec solidaire, Françoise David, s'impliquent personnellement auprès de leurs candidats respectifs.
Vendredi, notamment, François Legault a fait campagne dans Arthabaska. Françoise David s'est rendue dans Saint-Jérôme, alors que son collègue député Amir Khadir parcourra Marie-Victorin samedi.
Également samedi, Jean-François Lisée ira à la rencontre de citoyens dans les circonscriptions de Verdun et Marie-Victorin.
Quant à Option nationale, il lancera dimanche à Longueuil, en présence du chef Sol Zanetti, sa campagne conjointe dans les 4 circonscriptions.
Le comté de Saint-Jérôme est vacant depuis la démission de l'ancien chef péquiste Pierre Karl Péladeau. Marie-Victorin était représenté par le péquiste démissionnaire Bernard Drainville. Arthabaska est sans député depuis le décès de la caquiste Sylvie Roy, et Verdun est disponible depuis le départ du ministre libéral Jacques Daoust.

Clinton et Trump tentent de mobiliser les électeurs à 3 jours du vote

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Publié le 05 novembre 2016 à 07h34 | Mis à jour à 08h08
Hillary Clinton et Donald Trump... (PHOTOS REUTERS)
Hillary Clinton et Donald Trump
PHOTOS REUTERS

IVAN COURONNE
MICHAEL MATHES
Agence France-Presse
CLEVELAND et Hershey
L'Amérique et le monde retiennent leur souffle samedi, au début du dernier week-end de la campagne présidentielle américaine, Hillary Clinton et Donald Trump proposant aux Américains deux voies radicalement opposées pour les quatre prochaines années.
À trois jours du scrutin, les sondages ne sont guère d'utilité pour prédire avec certitude l'issue du vote. La démocrate de 69 ans conserve un mince avantage de 2,3 points en moyenne sur le milliardaire populiste de 70 ans, mais Donald Trump est porté par un rebond soudain dans les États-clés où se jouera véritablement l'élection, et qui lui font croire qu'une surprise est possible mardi soir.
Les deux candidats quadrillent donc inlassablement le pays, enchaînant les rassemblements pour lancer un dernier appel à la mobilisation, avec un même message : chaque voix compte dans cette élection décrite par les deux camps comme une chance historique.
Hillary Clinton commencera la journée à Miami et la terminera à Philadelphie, avec un concert de la chanteuse Katy Perry. Donald Trump traversera le pays, de Tampa, en Floride, au Colorado, en passant par la Caroline du Nord et le Nevada.
Côté démocrate, ce sont les superstars Beyoncé et Jay Z qui ont donné le coup d'envoi du week-end, dans un grand concert avec d'autres rappeurs à Cleveland, bastion démocrate de l'Ohio.
« Le monde attend de nous que nous restions un pays progressiste à la pointe du changement », a lancé Beyoncé, acclamée par une foule déchaînée de 10 000 personnes, très majoritairement noires. « Je veux que ma fille grandisse dans un pays présidé par une femme », a dit la chanteuse, qui a chanté son tube « Run the World [Girls] ».
Clin d'oeil aux tenues de l'ancienne première dame, les six danseuses de Beyoncé portaient des tailleurs-pantalons...
Dans cette atmosphère survoltée et inédite pour la grand-mère de deux petits-enfants, Hillary Clinton a pris la parole quelques minutes, sans épiloguer sur son programme mais en rappelant les horaires et l'adresse du bureau de vote le plus proche, déjà ouvert.
« Nous avons un travail à terminer, plus d'obstacles à abattre, et avec votre aide, un plafond de verre à briser une fois pour toutes », a lancé la démocrate.
Plus tôt, elle avait méthodiquement tâché de démolir le message populiste de son adversaire, dénonçant des promesses creuses.
« Le 20 janvier, l'Amérique aura un nouveau président », a-t-elle dit à Detroit, dans le Michigan industriel. « Le changement est inévitable. Les choses vont changer. La question est : quel changement choisirons-nous ? »
Et à ceux à qui la virulence de cette campagne donne des migraines, elle a lancé : « tout dépend de vous ».
Le changement Trump
À 450 km à l'est de Cleveland, à un autre bout de la « Rust Belt », Donald Trump a rempli à nouveau une salle de 13 000 personnes. Depuis l'année dernière, l'homme d'affaires est le seul à rassembler des foules aussi importantes.
« Et au fait, je n'ai pas eu besoin d'amener Jennifer Lopez ou Jay Z, je suis ici tout seul ! » a-t-il ironisé à Hershey, en Pennsylvanie, où il tente de percer le « pare-feu » d'Hillary Clinton, qui a mené jusqu'ici dans les sondages de ce grand État.
Jamais candidat populiste n'était allé aussi loin que Donald Trump dans l'histoire récente des États-Unis.
Son coeur d'électorat est composé de Blancs, notamment ceux qui n'ont pas fait d'études universitaires. Un groupe démographique gagné par la peur du déclassement dans une Amérique de plus en plus diverse ethniquement, et séduit par la promesse du milliardaire de changer le système.
« Je veux que l'establishment corrompu de Washington entende les mots suivants : quand nous l'emporterons le 8 novembre, nous allons curer le marigot », a-t-il lancé, reprenant une formule devenue un slogan de campagne.
Brandissant la relance par le FBI le 28 octobre de l'affaire du serveur de courriels privé de l'ancienne chef de la diplomatie, il répète qu'une présidence Clinton serait minée par cette enquête, voire un procès.
Pour le républicain, la question est de savoir si son avantage chez les hommes et les ouvriers suffira à compenser l'avantage d'Hillary Clinton chez les minorités, les femmes et les diplômés.
« Les gens ne disent peut-être pas ouvertement pour qui ils vont voter, mais je suis sûr qu'il a plus de soutien que ce que disent les sondages », prédit Zach Rehl, ex-militaire « trumpiste » de 31 ans.