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mardi, octobre 18, 2016

Hillary Clinton face au dilemme du libre-échange

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Publié le 18 octobre 2016 à 06h27 | Mis à jour à 06h27
Hillary Clinton... (Photo Brendan Smialowski, archives Agence France-Presse)
Hillary ClintonPHOTO BRENDAN SMIALOWSKI, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
JEREMY TORDJMAN
Agence France-Presse
Washington
C'est le coeur du procès en insincérité instruit contre Hillary Clinton: ses revirements sur le libre-échange commercial alimentent des doutes sur ses convictions profondes et d'incessantes attaques de son rival républicain Donald Trump.
À trois semaines du scrutin, la candidate démocrate à la Maison-Blanche n'en a ainsi pas fini de s'expliquer sur son soutien passé au très controversé Partenariat transpacifique (TPP), qui devrait ressurgir mercredi lors du dernier débat présidentiel.
Alors secrétaire d'État, elle avait assuré en octobre 2012 que ce traité entre les États-Unis et 11 pays de la région Asie-Pacifique, mais pas la Chine, était «un modèle d'excellence pour un commerce libre, transparent et juste».
Trois ans plus tard, cet accord visant à abolir les barrières commerciales est finalisé, mais se voit accusé de tous les maux par la société civile, l'aile gauche du parti démocrate ou Donald Trump. Mme Clinton opère alors un virage à 180°. «En me basant sur ce que j'en sais aujourd'hui, je ne peux pas soutenir cet accord», écrit-elle en octobre 2015.
«Le risque est devenu trop grand qu'en dépit de nos efforts, (ces accords) ne finissent pas faire plus de mal que de bien pour les familles américaines qui travaillent dur», ajoute celle qui bataille alors contre Bernie Sanders, farouche opposant au TPP, pour l'investiture démocrate.
Son équipe de campagne est alors elle-même consciente de l'ampleur du revirement et de la difficulté à le faire accepter, selon des courriels privés publiés par Wikileaks.
«C'est effectivement un équilibre difficile parce que nous ne voulons pas susciter des railleries en s'opposant de manière trop radicale à un accord qu'elle a autrefois défendu, ou en en faisant trop sur ses aspects négatifs alors que la décision (de s'opposer) n'est pas évidente», écrit alors Dan Schwerin, la plume de Mme Clinton.
Réagissant aux révélations de Wikileaks, l'équipe de M. Trump n'a pas fait dans la demi-mesure. «Nous savons maintenant que le revirement de Clinton sur le TPP était encore un stratagème politique cynique déployé par la politicienne la plus cynique de l'histoire américaine», assène un communiqué publié dimanche.
Doutes
Le camp républicain n'a pas été le seul à douter de la sincérité de l'ex-First Lady. En 2008, le jeune Barack Obama lui dispute l'investiture pour la présidentielle et raille son manque de constance sur Nafta, l'accord réunissant États-Unis, Canada et Mexique et signé en 1994 par Bill Clinton.
«Elle a dit de grandes choses sur Nafta jusqu'à ce qu'elle commence à briguer la présidence», dénonce M. Obama qui s'engage alors à le renégocier. Il n'en fera rien une fois arrivé à la Maison-Blanche.
De fait, même si elle s'en défend, Mme Clinton a changé de position sur ce traité, lui aussi accusé d'accélérer la désindustrialisation et les délocalisations d'emplois.
Après avoir estimé qu'il permettait de «récolter les fruits, et pas le fardeau de la mondialisation», la candidate a évolué. «Nafta a été une erreur dans la mesure où ses résultats n'ont pas été conformes aux attentes», assure-t-elle en novembre 2007.
Ces variations ne sont pas nécessairement une faiblesse ou la preuve d'une coupable duplicité, assure à l'AFP John Hudak, expert politique à la Brookings Institution de Washington.
«(Elle) a sans aucun doute évolué sur le commerce en pensant un peu plus à l'impact sur les salariés américains», analyse-t-il. «Il y a bien sûr une part de calcul, mais penser que toute évolution serait par essence problématique pour un politicien est une erreur».
La question demeure toutefois: où se situe sa réelle position sur le libre-échange?
En tant que sénatrice de New York (2001-2006), elle a voté en faveur de la quasi-totalité des accords commerciaux à l'exception notable du Cafta, signé avec cinq États d'Amérique centrale et la République dominicaine.
Aujourd'hui, elle assure publiquement vouloir des accords commerciaux «bien pensés et équitables» même si elle s'est montrée moins réservée dans de récents discours privés révélés par Wikileaks où elle disait notamment «rêver d'avoir un marché commun sur l'ensemble de l'hémisphère américain».
En politique, «il faut à la fois avoir une position publique et privée», assurait-elle en 2013 dans un de ces discours.

Propos vulgaires de Trump: l'animateur Billy Bush quitte NBC

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Publié le 18 octobre 2016 à 06h55 | Mis à jour à 06h55
Billy Bush... (Photo Richard Shotwell, archives Invision/AP)
Billy BushPHOTO RICHARD SHOTWELL, ARCHIVES INVISION/AP
Agence France-Presse
Washington
Billy Bush, animateur de télévision qui se trouvait au côté de Donald Trump saisi dans une vidéo dans laquelle il décrivait sa façon brutale et machiste d'approcher des femmes, quitte l'émission Today de NBC, a annoncé la chaîne américaine.
Cette vidéo filmée en 2005, diffusée au début du mois par leWashington Post, puis par NBC, a fait scandale et ébranlé la campagne du candidat républicain à la présidentielle américaine.
La vidéo fait partie de chutes d'images filmées par NBC pour une émission. Alors homme d'affaires et vedette de télévision, Donald Trump est enregistré à son insu en train de décrire sa façon d'approcher les femmes qui l'attirent.
«Quand on est une star, elles nous laissent faire. On fait tout ce qu'on veut», dit Donald Trump. Un pouvoir qui inclut la possibilité d'«attraper» les femmes par le sexe, dit-il en employant un terme beaucoup plus cru.
Billy Bush, neveu de l'ancien président George H.W. Bush, était l'animateur de Access Hollywood en 2005, une émission centrée sur les célébrités lorsque sa conversation avec Trump avait été saisie alors qu'ils se dirigeaient ensemble vers la scène de l'émission.
Bush avait rejoint l'équipe de Today, l'émission phare de NBC, en août dernier.
«Bush, animateur de Today quitte l'émission à compter de lundi, selon un mémo interne envoyé au personnel par le vice-président Noah Oppenheim», a annoncé tard lundi NBC News.
Aucune précision n'a été fournie sur les conditions du départ de Bush, licenciement ou départ à l'amiable.
«Je suis très reconnaissant après les conversations que j'ai eues avec mes filles, et tout le soutien de ma famille, mes amis et mes collègues», a simplement déclaré Billy Bush dans un communiqué. «J'attends avec impatience ce que me réserve l'avenir».
Sur la vidéo, on le voit rire des propos de Trump et plaisanter avec le milliardaire.
Bush, qui avait déclaré être «embarrassé et honteux» après la divulgation de la vidéo, avait signé un contrat de 3,5 millions de dollars par an pour son poste actuel à NBC, une heure d'antenne matinale mêlant information et divertissement.
Face au tollé, Trump s'était excusé de ses propos, expliquant qu'il ne s'était agi que de «discussions de vestiaire».

Sondage CROP-La Presse : Lisée chauffe Couillard et Legault

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EXCLUSIF
Publié le 18 octobre 2016 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
L'arrivée de Jean-François Lisée à la tête du... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)
PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
L'arrivée de Jean-François Lisée à la tête du Parti québécois chambarde de toute évidence l'échiquier politique, selon le président de CROP, Alain Giguère.

DENIS LESSARD
La Presse
À peine arrivé aux commandes du Parti québécois, Jean-François Lisée fait manifestement bouger l'aiguille chez les sondeurs. Le nouveau chef, qui croisera le fer avec Philippe Couillard aujourd'hui à l'Assemblée nationale, s'installe tout de suite aux côtés de ses adversaires en matière de popularité. Et surtout, ses positions sur les questions identitaires sont allées gruger des appuis du côté de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Si des élections générales avaient eu lieu cette semaine, Philippe Couillard aurait été reporté au pouvoir. Dans son plus récent sondage, réalisé du 12 au 17 octobre auprès de 1000 internautes, la maison CROP observe que le Parti libéral du Québec (PLQ) aurait obtenu 37% des suffrages, soit le même score que le mois précédent. Le Parti québécois (PQ) aurait récolté 30%, trois points de plus qu'en septembre, et la Coalition avenir Québec (CAQ) aurait reculé de 4%, à 22%. Québec solidaire marque le pas à 9%.
Selon le président de CROP, Alain Giguère, l'arrivée de Lisée chambarde de toute évidence l'échiquier politique. Avec de tels résultats quelques jours après son accession aux commandes du PQ, «c'est clair qu'il a le potentiel pour mettre Philippe Couillard en danger», observe M. Giguère. Il est trop tôt pour savoir s'il s'agit d'une lancée qui sera durable, mais la façon avec laquelle le chef péquiste a fait «bouger l'aiguille» laisse présager une véritable bagarre d'ici les prochaines élections générales.
La CAQ perdante
Pour le spécialiste, un premier constat s'impose. Les positions identitaires de Lisée sont allées gruger des appuis à la CAQ. On ne peut pas prédire l'effet du «rééquilibrage» promis par le nouveau chef, mais force est de constater que les caquistes, dont le parti est clairement fédéraliste, sont davantage attirés par les positions du chef péquiste que repoussés par l'idée d'un référendum éventuel. Un tel recul de la CAQ ne s'était pas vu depuis six mois.

Legault en recul
Le chef de la CAQ, François Legault, est aussi en recul quant à sa popularité personnelle. Il passe de 21 à 19 % comme «meilleur premier ministre», une descente négligeable, mais qui vient surtout casser une lente tendance à la hausse entamée le printemps dernier. Le premier ministre Couillard est vu comme le plus apte à diriger par 21% de répondants, un point de moins qu'en septembre, mais dans la moyenne de ce qu'il obtenait depuis six mois. Avec 19% d'appuis, Jean-François Lisée rejoint d'un coup les scores de Pierre Karl Péladeau avant sa démission, un bond appréciable par sa rapidité, constate Alain Giguère.
Francophones
Une autre mauvaise nouvelle pour la CAQ : Lisée s'est rapidement taillé une portion dans le vote francophone. Au précédent sondage, le PQ et la CAQ étaient au coude-à-coude chez l'électorat francophone. Avec le nouveau chef, le PQ récolte tout de suite 36% des francophones, et la CAQ glisse à 26%, un point de mieux seulement que le PLQ, qui ne bouge guère, à 27%.
Satisfaction stable
C'est le calme plat pour le gouvernement Couillard au chapitre de la satisfaction. Ainsi, 55% des Québécois se disent insatisfaits de leur gouvernement, un point de moins qu'en septembre. Les «satisfaits» montent aussi d'un cran, à 40%, le niveau le plus élevé de 2016.
Souveraineté
Du côté de la souveraineté, l'arrivée d'un nouveau chef péquiste n'a eu aucun impact. En octobre, le Oui à la souveraineté aurait obtenu 32% d'appuis, un point de moins qu'en septembre. Le Non, inversement, grimpe d'un point, à 68%.
De façon générale, l'humeur des Québécois s'améliore: 50% des gens pensent que le Québec «va dans la bonne direction», deux points de plus qu'en septembre. On rejoint les sommets connus en août 2016 et en décembre 2015.
Justin «rock star»
Le même coup de sonde révèle que la popularité personnelle de Justin Trudeau a encore monté en octobre. Le premier ministre est vu comme le meilleur des chefs fédéraux par 56% des Québécois, trois points de plus qu'en septembre.
«On a parlé de lune de miel, mais il faut voir que sa popularité est de plus en plus forte, on voit une tendance sur plusieurs mois», observe Alain Giguère. M. Trudeau a été vu avec Bono, il a assisté au dernier spectacle de Tragically Hip et a côtoyé Bill Gates. «C'est une rock star!», lance le sondeur.
La cote de Rona Ambrose, chef par intérim du Parti conservateur, baisse de deux points, à 3%, et celle de Thomas Mulcair, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), reste à 12%.
PLC en hausse
Le Parti libéral du Canada (PLC) aurait récolté 61% des suffrages au Québec si un scrutin avait eu lieu cette semaine, une hausse de deux points par rapport à septembre, le sommet de toute l'année 2016. Avec Thomas Mulcair, le NPD aurait eu 15% des suffrages, un point de mieux qu'en septembre. Le Bloc québécois augmente aussi d'un point, à 14%. Le Parti conservateur, en revanche, perd des plumes, passant de 11 à 7%, son niveau le plus bas au Québec depuis l'élection des libéraux.
Satisfaction
La satisfaction à l'endroit du gouvernement Trudeau a grimpé de deux points, à 68%, renouant avec les scores du début de l'été. Les insatisfaits glissent à 27%, un recul de trois crans.
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MÉTHODOLOGIE
Le sondage a été réalisé du 12 au 17 octobre 2016, par internet. Mille internautes ont répondu au questionnaire, et les résultats ont été pondérés selon le sexe, l'âge, la région, la langue maternelle et le niveau de scolarité. Pour ces échantillons non probabilistes, la marge d'erreur ne s'applique pas.