mercredi, octobre 12, 2016

La fin de la récréation

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MISE à JOUR 
Depuis son élection, Philippe Couillard a eu la partie relativement facile face à l’opposition. Le PQ a passé beaucoup de temps à se choisir un chef, puis un autre. La CAQ a connu sa part de défections qui affaiblissent sa position.
Les partis d’opposition ont malmené le gouvernement lors de la période des questions à quelques reprises, surtout dans la dernière année, mais l’impression demeure que tout cela égratigne peu la coque du gros navire libéral.
Les choses risquent de changer. Jean-François Lisée va être un chef de l’opposition stratégique, dur, imprévisible et vicieux à certains moments. Ceux qui avaient encore leur sourire en coin dans l’équipe libérale pourraient le perdre... et leur dentier avec.
Fin stratège
En remportant la course à la direction du PQ, monsieur Lisée a démontré l’ampleur de ses qualités de stratège. Même s’il s’agissait d’une bataille entre collègues du même parti, ses attaques contre le meneur de la course ont porté fort, au point de faire basculer la trajectoire. Nous n’avons rien vu: maintenant il s’attaquera à un véritable ennemi.
Le chef Lisée sera d’abord redoutable comme parlementaire lui-même. Il est cultivé, il a une longue mémoire et une vaste expérience politique. Il pense plusieurs coups d’avance. Il n’est nullement intimidé ni par Philippe Couillard ni par quiconque dans le Salon bleu de l’Assemblée nationale.
Il a les atouts d’un solide chef de l’opposition. Il doit se méfier de ses attitudes et de sa tendance à se montrer un peu trop sûr de lui.
Cependant, sa performance personnelle n’est qu’un élément parmi plusieurs qui me font affirmer que l’opposition péquiste sera plus virulente sous sa direction.
Libéraux sous pression
Je crois aussi qu’il saura mieux utiliser tous les éléments de l’équipe pour matraquer les maillons faibles de l’équipe d’en face. Il y a dans le caucus du PQ quelques bons talents, quelques vieux loups de mer qui ont l’expérience du combat, quelques jeunes affamés, tout ce qu’il faut pour composer une opposition féroce.
Il reste à monsieur Lisée à réussir ce qui semble toujours périlleux dans ce parti: faire ramer tout ce beau monde dans la même direction. A-t-il ce talent de rassembleur? Je n’en suis pas certain. Sauf qu’il a rallié des gens dans cette course pour une période assez brève en leur faisant rêver à la victoire. Ce rêve pourrait porter toute l’équipe d’ici 2018.
Mon pif me dit que le calculateur Lisée mettra d’autres moteurs en marche pour agir en opposition efficace. Les chefs péquistes ont souvent su s’allier à toutes sortes de forces de la société qui jouissent de gros haut-parleurs pour crier à quel point le gouvernement libéral est mauvais.
Les fameux partenaires sociaux (syndicats, groupes communautaires, etc.) pourraient, par exemple, entonner le même refrain que l’opposition péquiste.
Lorsque les libéraux ont été dans l’embarras dans la dernière année, c’est généralement qu’ils trébuchaient par eux-mêmes. Tomber égratigne les genoux. Mais si un méchant te piétine une fois au sol, ça fait plus de dommages. Attention!

Trump serait un président «dangereux», estime l'ONU

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Publié le 12 octobre 2016 à 08h27 | Mis à jour à 08h27
Le sulfureux candidat républicain à la présidentielle américaine... (photo Mike Segar, REUTERS)
Le sulfureux candidat républicain à la présidentielle américaine participe à un rassemblement de campagne à Panama City, en Floride, le 11 octobre.
PHOTO MIKE SEGAR, REUTERS
Agence France-Presse
GENÈVE
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a estimé mercredi que Donald Trump serait « dangereux » sur la scène internationale s'il était élu comme président des États-Unis.
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme,... (photo Denis Balibouse, REUTERS) - image 1.0
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, à Genève, le 12 octobre.
PHOTO DENIS BALIBOUSE, REUTERS
Lors d'une conférence de presse à Genève, M. Zeid a expliqué qu'il n'avait pas pour habitude d'interférer dans les campagnes politiques.
Mais au vu des commentaires « inquiétants » faits par Donald Trump, le Haut-Commissaire estime avoir le droit de prendre la parole et de tirer la sonnette d'alarme.
« Si Donald Trump est élu, vu ce qu'il a déjà dit, et à moins que cela ne change, je pense sans aucun doute qu'il serait dangereux du point de vue international », a déclaré M. Zeid.
Il a souligné que le candidat républicain a notamment évoqué le retour de la torture comme technique d'interrogatoire, et a tenu des propos sur les « communautés vulnérables », tels que les musulmans, les immigrés ou les minorités, qui « suggèrent qu'elles pourraient bien se voir priver de leurs droits fondamentaux ».
Début septembre, le Haut-Commissaire avait déjà vivement critiqué les responsables politiques considérés comme populistes, citant notamment Donald Trump et le dirigeant néerlandais d'extrême droite Geert Wilders, appelant à barrer la route à de tels « démagogues ».
Le chef onusien des droits de l'homme avait assuré que M. Wilders avait beaucoup de choses en commun avec le candidat républicain Donald Trump, le premier ministre hongrois Victor Orban, la dirigeante du parti d'extrême droite Marine Le Pen (Front national), et l'ex-dirigeant du parti britannique europhobe Nigel Farage.
Ces propos ne sont pas restés sans suite.
L'ambassadeur russe auprès des Nations unies a indiqué lundi s'être plaint auprès du secrétaire général Ban Ki-moon de critiques onusiennes contre les populistes.
Interrogé sur la démarche de l'ambassadeur russe, le Haut-Commissaire a rétorqué mercredi qu'il soutenait la « liberté d'expression » et qu'il ne « voyait aucune raison de modérer ses propos ».

Lisée dénonce les propos de Couillard


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Publié le 11 octobre 2016 à 18h30 | Mis à jour le 11 octobre 2016 à 20h38
Le nouveau chef du Parti québécois Jean-François Lisée... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)
Le nouveau chef du Parti québécois Jean-François Lisée
PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
LOUIS-SAMUEL PERRONMARTIN CROTEAU
La Presse
En tant que premier ministre du Québec, Philippe Couillard devrait être «plus tolérant» au lieu d'accuser ses adversaires d'avoir des propositions «d'extrême droite», a dénoncé Jean-François Lisée. Le nouveau chef du Parti québécois a réagi pour la première fois depuis son élection mardi soir aux propos du premier ministre qui avait associé samedi le PQ aux «partis populistes d'Europe».

































«C'est préoccupant que le premier ministre du Québec ne donne pas l'exemple de la tenue d'un débat démocratique respectueux. [...] Ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'accord avec lui [M. Couillard] qu'on est membre d'un parti populiste européen !», a lancé Jean-François Lisée, en mêlée de presse à Montréal. Le nouveau chef soutient avoir trouvé «bizarre» la réaction du premier ministre au lendemain de son élection. «Je ne suis pas assez formé pour entrer dans sa tête», a-t-il ajouté, lapidaire, au sujet des motivations de Philippe Couillard.
En visite en Islande samedi pour participer à l'Arctic Circle, Philippe Couillard a affirmé que la victoire de Jean-François Lisée ramènerait le Parti québécois «vers la voie des partis populistes d'Europe, vers la voie de l'exclusion, [à un] discours qui va être très fermé par rapport à l'immigration». Il a également déclaré que le nouveau chef de l'opposition officielle prônait un «nationalisme de peureux, de fermeture et d'exclusion».
«Que le premier ministre réagisse comme ça, en voulant disqualifier du débat des positions raisonnables, ce n'est pas à moi qu'il parle, c'est à l'immense majorité des Québécois qui trouvent que ces questions devraient être discutées sans être accusé d'être d'extrême droite», a déploré Jean-François Lisée.
Lisée veut unir les troupes
Jean-François Lisée n'a pas la «moindre inquiétude» qu'il arrivera à recoller les morceaux au sein de son caucus péquiste, divisé entre lui et Alexandre Cloutier au terme d'une course aux attaques parfois acrimonieuses. «C'était une course intense. On est au Parti québécois !», a-t-il résumé. Le nouveau chef a obtenu l'appui de seulement six députés péquistes sur 28 pendant la course à la direction, contre 14 pour son rival Alexandre Cloutier.
Jean-François Lisée tient cette semaine une série de rencontres individuelles avec ses députés pour désigner des officiers et préciser les rôles de chacun. Il était à Montréal mardi et sera à Québec mercredi. L'équipe parlementaire se réunira en caucus vendredi. Au cours des rencontres tenues mardi, certains députés avaient des reproches à lui faire, a-t-il concédé.
«Chacun voit ça comme un nouveau départ, donc il ne faut pas manquer ce nouveau départ. C'est une occasion de mieux aligner nos choses. Il y a des gens qui avaient des choses à me dire, à me suggérer, à me reprocher. On s'est parlé franchement. Je pense qu'il fallait diffuser un certain nombre de malentendus. Il y a des gens qui avaient même mal compris ce que je voulais dire par certaines propositions», a expliqué M. Lisée.
Questionné au sujet des reproches exacts de ses députés, le nouveau chef péquiste a plutôt parlé d'incompréhension sur sa démarche souverainiste. «Il y a des gens qui disent : "mais oui, Jean-François, on va juste parler de renverser le gouvernement". J'ai dit : ''mais non ! Ce n'est pas ça !'' Je veux faire en sorte d'augmenter le nombre d'indépendantistes d'ici 2022, on va commence tout de suite à le faire. Ne pensez pas qu'on va manquer l'occasion du 150eanniversaire du Canada pour dire les 150 fois où on s'est fait avoir par le Canada ! Ça va être un moment pédagogique extraordinaire !», a-t-il lancé, enthousiasme. 
L'un des députés du Parti québécois rencontrés mardi, Dave Turcotte, s'est dit « satisfait et enthousiaste » de sa conversation avec son nouveau chef. Il ne croit pas que l'élection de M. Lisée sera contestée à l'interne, même s'il a eu besoin de deux tours de scrutin pour obtenir l'appui d'une majorité des membres du PQ.
«La différence, l'écart avec les autres candidats, est tellement importante que ça lance un message très clair», a noté M. Turcotte, qui a soutenu la candidature d'Alexandre Cloutier.  Du reste, le député de Saint-Jean s'attend à ce que le caucus se rallie au nouveau chef, même si la majorité ne l'a pas appuyée dans la course.
«Quand c'est notre poulain qui gagne, on est contents que les autres se rallient et on veut que tout le monde se rallie, a-t-il dit. Quand nous perdons, nous devons être cohérents avec nous-mêmes.»

Système de santé canadien: Donald Trump se trompe, selon Gaétan Barrette

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Publié le 12 octobre 2016 à 06h24 | Mis à jour à 06h24
Gaétan Barrette, ministre québécois de la Santé... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)
Gaétan Barrette, ministre québécois de la Santé
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Donald Trump « parle énormément à travers son chapeau » quand il dénigre le système de santé canadien, estime le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette.
« Notre système de santé a de grandes qualités. [...] Oui, on attend. Mais aux États-Unis, on paye très cher. Et en ce qui concerne la qualité, on n'a rien à envier aux Américains », martèle le ministre.
Lors du débat présidentiel de dimanche aux États-Unis, le candidat républicain Donald Trump a critiqué le système de santé canadien en affirmant qu'il était « tellement lent » que c'était « une catastrophe ».
« Tout le monde connaît le personnage. Les gens sont habitués de le voir lancer des choses à tort et à travers », a commenté le ministre Barrette, hier.
Accès universel
M. Barrette rappelle qu'au Canada, « tout le monde » est couvert par l'assurance maladie, ce qui n'est pas le cas aux États-Unis.
« On peut envier les infrastructures américaines et le fait qu'il y ait moins d'attente. [...] Mais des millions de personnes n'ont pas totalement accès au système de santé aux États-Unis. »
Si le ministre reconnaît que le système de santé canadien n'est « pas parfait », il est « convaincu que notre système est meilleur que celui des États-Unis et de qualité égale ».
M. Barrette, qui a effectué une partie de ses études aux États-Unis, affirme même que le système canadien est « plus productif par rapport à celui des États-Unis ». « On fait plus avec le même nombre de personnel et d'équipement », dit-il.
Pour le ministre Barrette, il est évident que Donald Trump « parle en méconnaissance de cause ».
Il ne partage pas non plus l'opinion du candidat républicain lorsqu'il affirme que la réforme de la santé du président Barack Obama (Obamacare) est un « désastre total ». « Au contraire, c'est une percée inespérée dans le monde américain. Avant, le système de santé américain était injuste et laissait des tas de gens en plan. Ce n'est pas encore parfait. Mais un grand pas a été franchi », note le ministre Barrette.
Donald Trump a également soutenu que « quand les Canadiens ont besoin d'une grosse opération, ils viennent aux États-Unis dans plusieurs cas ». Le ministre Barrette réplique qu'il arrive aussi que des Américains franchissent la frontière pour venir se faire soigner. « Plusieurs Américains envient notre système de santé. [...] Plusieurs viennent aussi acheter leurs médicaments ici, car chez eux, c'est trop cher », note-t-il.