mardi, juin 28, 2016

Accueil hostile à Québec pour le président mexicain

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Publié le 27 juin 2016 à 13h00 | Mis à jour le 27 juin 2016 à 19h22
Les manifestants étaient peu nombreux, une quarantaine, mais... (Tirée de Twitter)
TIRÉE DE TWITTER
Les manifestants étaient peu nombreux, une quarantaine, mais ils se sont fait voir et entendre devant le Château Frontenac pour accueillir le président mexicain, Enrique Peña Nieto.

(Québec) C'est en scandant en espagnol «assassin» et «oppresseur» que des manifestants ont accueilli le président du Mexique, Enrique Peña Nieto, à son arrivée au Château Frontenac, en réclamant l'arrêt de l'oppression et de la violence contre le peuple mexicain.
Ils étaient peu nombreux, une quarantaine, mais ils se sont fait voir et entendre. «Vous n'êtes pas le bienvenu au Canada. Allez en enfer», a lancé une manifestante. Ils accusent le gouvernement d'être complice d'assassinats et de disparitions politiques. Isabel Sanchez, arrivée au Québec alors qu'elle était adolescente, a été témoin de cette oppression. Elle raconte que ses parents ont quitté le Mexique parce qu'ils craignaient pour leur sécurité.
«Dans mon village, il y avait beaucoup d'enlèvements. Même le maire était reconnu pour faire partie des kidnappeurs. C'était un climat déjà très tendu. Et c'est pire aujourd'hui.» La montée de la violence a débuté il y a une dizaine d'années. L'un des événements qui cristallisent cette dénonciation est la disparition de 43 étudiants il y a près de deux ans à Ayotzinapa, et à laquelle aurait pris part le gouvernement.

Enrique Peña Nieto... - image 3.0
Enrique Peña Nieto
«Plusieurs crimes ont été dénoncés par des organismes internationaux, même l'ONU, et le gouvernement ne fait rien pour éclaircir ces crimes», se désole Mme Sanchez. Elle montre du doigt la corruption dans les plus hautes sphères du gouvernement et la collusion avec les cartels de la drogue pour expliquer la situation.
«Il ne faut pas oublier»
«No se olvide» traduit par «Il ne faut pas oublier» était sur toutes les lèvres. Par leur action, les manifestants veulent rappeler à la mémoire les fosses communes trouvées ces dernières années, sans que les victimes soient identifiées; les assassinats d'activistes sociaux qui dénoncent le système politique; et les atteintes à la liberté d'expression et de presse, énumère Mme Sanchez.
Le plus récent événement est survenu le 19 juin. Au moins huit personnes ont été tuées et une centaine d'autres blessées lors d'une manifestation d'un syndicat national des travailleurs de l'éducation contre la réforme en cours. Les forces de l'ordre ont tiré sur la foule, prétextant que des infiltrés se trouvaient parmi les manifestants.
Mme Sanchez souhaite que les gouvernements du Québec et du Canada questionnent le président mexicain sur le respect des droits de la personne au cours de son passage au pays et qu'ils cessent de fermer les yeux au nom d'intérêts économiques. «On voudrait que le Canada soit cohérent avec l'idée qu'il se fait du respect des droits de l'homme», conclut-elle.

Le Canada et le Mexique «sont plus que des amis»

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Publié le 27 juin 2016 à 22h10 | Mis à jour le 27 juin 2016 à 22h10
Enrique Pena Nieto a été accueilli lundi par... (PHOTO PC)
Enrique Pena Nieto a été accueilli lundi par Justin Trudeau à Toronto.PHOTO PC

COLIN PERKEL
La Presse Canadienne
Toronto
Le premier ministre Justin Trudeau a accueilli le président mexicain Enrique Pena Nieto, affirmant que les deux dirigeants auront de nombreuses discussions au cours des prochains jours, notamment au sujet de la circulation des biens et des personnes.
M. Trudeau a souhaité la bienvenue à son homologue au chic Casa Loma de Toronto où les attendait un banquet réunissant environ 300 personnes.
Le premier ministre a affirmé que le Canada et le Mexique «sont plus que des amis, ce sont des partenaires».
Il a remercié le Mexique d'avoir envoyé 41 pompiers combattre l'immense feu de forêt ayant ravagé Fort McMurray en Alberta, le mois dernier.
M. Trudeau a indiqué que les deux hommes parleront des solutions à trouver pour combattre efficacement les changements climatiques et mieux protéger l'environnement.
Il a aussi rappelé que les deux pays partageaient des intérêts économiques communs. Tous deux comprennent l'importance d'une fructueuse et respectueuse relation qui contribue à améliorer le commerce, affermit la croissance et crée des emplois.
Le chef du gouvernement canadien a aussi mentionné que de nombreux touristes se rendaient au Mexique pour y savourer la culture, la cuisine et «un climat légèrement plus hospitalier» tandis que de nombreux Mexicains faisaient le voyage en sens inverse pour venir étudier au Canada.
Parlant en espagnol, M. Pena Nieto a qualifié la visite et le renouvellement des relations bilatérales entre les deux pays «d'historiques».
«Vous avez amené cette relation encore plus loin, a-t-il dit à M. Trudeau. Ce n'est plus seulement de la coopération, ce n'est pas seulement au sujet de l'économie. Nous sommes ici pour consolider nos liens d'amitié.»
Le président a déclaré que le Canada et le Mexique sont «des pays frères». Il a souligné que 96 000 Mexicains vivaient au Canada - un seul autre pays accueille un plus grand nombre de ressortissants mexicains -  tandis qu'environ 60 000 Canadiens se sont établis au sud du Rio Grande.
M. Pena Nieto a aussi parlé de l'immigration, d'un environnement plus sain. Selon lui, les peuples autochtones sont un atout pour les deux pays.
Il a louangé le premier ministre affirmant que le Canada avait démontré, sous la gouverne de M. Trudeau, qu'il était un pays «progressif».
«C'est ce dont le monde a besoin aujourd'hui», a-t-il dit.

Les autorités mexicaines abusent des femmes arrêtées, selon Amnesty International

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Publié le 28 juin 2016 à 06h49 | Mis à jour à 06h49
Les forces de sécurité mexicaines font régulièrement subir des abus sexuels aux... (Photo Victor Ruiz Garcia, Archives REUTERS)
PHOTO VICTOR RUIZ GARCIA, ARCHIVES REUTERS
Agence France-Presse
MEXICO
Les forces de sécurité mexicaines font régulièrement subir des abus sexuels aux femmes arrêtées afin d'obtenir des «aveux», révèle Amnesty International dans un rapport publié mardi.
L'ONG basée à Londres a enquêté sur les cas de 100 femmes incarcérées dans des prisons du Mexique. Toutes ont déclaré avoir subi des formes de harcèlement sexuel ou d'abus psychologiques lors de leur arrestation et de leur interrogatoire.
Selon Amnesty, «72 ont dit avoir été agressées sexuellement pendant leur arrestation ou dans les heures qui ont suivi. Trente-trois affirment avoir été violées».
«Quand on parle de violence contre les femmes, la méthode préférée de l'État (mexicain) est la violence sexuelle. Ça a été une découverte effrayante», commente à l'AFP Madeleine Penman, auteure du rapport.
«Ce que décrivent ces femmes donne un aperçu choquant de la prévalence de la torture contre les femmes au Mexique», estime Erika Guevara-Rosas, directrice pour les Amériques d'Amnesty International. Selon elle, «la violence sexuelle utilisée comme forme de torture semble s'être banalisée durant les interrogatoires».
Selon l'ONG, la plupart des femmes incarcérées ont déclaré avoir subi «des agressions sexuelles, des coups, des décharges électriques, des palpations et des attouchements en détention et durant les interrogatoires».
Sur ces 100 femmes interrogées, soixante-dix d'entre elles ont signalé les agressions à un juge ou à d'autres représentants de l'État, «mais des enquêtes n'ont été ouvertes que dans 22 cas», indique le rapport qui précise que «personne n'a été poursuivi».
La grande majorité de ces femmes a été accusée d'infractions en liaison avec le crime organisé ou les stupéfiants. «Beaucoup d'entre elles viennent de familles pauvres, ce qui les rend moins susceptibles de pouvoir s'offrir une défense digne de ce nom», souligne Amnesty.
Le cas «Monica»
Parmi les cas présentés figure celui de Monica, 26 ans, mère de quatre enfants, «qui a été violée par six policiers, a reçu des décharges électriques sur les parties génitales, a été asphyxiée à l'aide d'un sac en plastique et a eu la tête plongée dans un seau d'eau» à Coahuila (nord) en 2013.
Selon l'ONG, les forces de l'ordre l'ont ensuite obligée à regarder son frère et son mari être torturés. Sur le trajet vers le parquet général, son mari a succombé «dans ses bras des suites des actes de torture qu'il avait subis». Cette femme aurait ensuite été obligée de signer des «aveux» selon lesquels elle appartenait à un cartel de drogue, ajoute le document.
Malgré un rapport de la Commission nationale des droits humains (CNDH), d'août 2014, confirmant les actes de tortures infligés à cette jeune femme, aucun des auteurs présumés de ces abus n'a été inculpé, indique l'ONG.
Sur les milliers de cas de tortures dénoncés au Mexique depuis 1991, seuls 15 ont abouti à des condamnations, dénonce Amnesty.
En 2012, année de l'accession au pouvoir du président Pena Nieto, 287 cas de tortures avaient été recensés dans le pays. En 2014, ce chiffre s'élevait à 2403 cas, selon des chiffres obtenus par l'ONG auprès des autorités judiciaires mexicaines.
Au Mexique, les forces de sécurité font régulièrement l'objet d'accusations de violations des droits de l'Homme depuis le lancement de la guerre contre le narcotrafic lancée par l'ex-président Felipe Calderon (2006-2012).


Le Québec peinerait à attirer les résidants du reste du pays

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Publié le 28 juin 2016 à 05h00 | Mis à jour à 06h07
Selon les données recensées par l'Institut Fraser, le... (Photo Sarah Mongeau-Birkett, archives La Presse)
PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE
Selon les données recensées par l'Institut Fraser, le Québec est la province où les habitants s'exportent le moins pour aller s'établir ailleurs au pays.

(Ottawa) Le Québec est la seule province canadienne à avoir maintenu un solde migratoire négatif chaque année depuis 1971 lorsqu'on examine le nombre de résidants qui déménagent d'une province à une autre, selon une étude de l'Institut Fraser qui sera publiée aujourd'hui.
Le groupe de réflexion de droite a conclu que la situation est causée d'abord et avant tout par la difficulté du Québec à attirer des Canadiens du reste du pays, plutôt que par le nombre relativement faible de Québécois qui partent bon an mal an pour s'établir dans le ROC. L'un des chercheurs estime néanmoins que la province devrait en tirer les leçons qui s'imposent. 
Peu de Québécois quittent le Québec...
Selon les données recensées par l'Institut Fraser, le Québec est la province où les habitants s'exportent le moins pour aller s'établir ailleurs au pays. Entre 1971 et 2015, la province a maintenu en moyenne une émigration interprovinciale de 5,4 personnes par tranche de 1000. «Il est intéressant de noter l'absence d'une hausse prononcée dans l'émigration totale autour du moment où le Parti québécois a été élu dans les années 70», ont même souligné les chercheurs. L'Île-du-Prince-Édouard arrive au premier rang avec 23,4 personnes par tranche de 1000. «C'est conséquent avec des travaux empiriques antérieurs qui montrent que les Québécois francophones sont moins susceptibles d'émigrer que les Québécois non francophones», ont écrit les auteurs.

Or, le Québec est aussi dernier au chapitre de l'immigration interprovinciale : c'est-à-dire que proportionnellement parlant, il a le taux le plus faible de Canadiens qui choisissent de s'y établir (3,5 personnes par tranche de 1000). Sans grande surprise, l'Alberta est la province qui a attiré le plus d'immigration nationale: 26,8 personnes par tranche de 1000 entre 1971 et 2015. L'Ontario arrive à l'avant-dernier rang, tout juste avant le Québec, avec 4,5 personnes par tranche de 1000. «En clair, le Québec perd relativement peu de résidants chaque année, mais il attire une immigration minimale de la part des autres provinces», ont conclu les chercheurs.
Solde négatif
Le résultat est donc «un solde négatif annuel de 1,9 personne par tranche de population de 1000 personnes», a indiqué cette étude de l'Institut Fraser. Ce solde s'est traduit par une perte nette de plus d'un demi-million de résidants (582 478) au cours des 44 dernières années, ce qui place la province au premier rang à ce chapitre - et la seule à avoir connu un solde négatif pour chacune des 44 années entre 1971 et 2015. Examiné en fonction de la proportion de sa population, par contre, le Québec se classe au quatrième rang, derrière Terre-Neuve-et-Labrador, la Saskatchewan et le Manitoba.
Facteurs économiques d'abord
L'un des auteurs de l'étude estime qu'au-delà de la langue ou de la politique, ce sont des facteurs économiques (niveau d'imposition, dette publique, taux d'emploi et «modèle québécois») qui expliquent cette situation. «De façon générale, on s'aperçoit que les gens des autres provinces [...] ne sont pas désireux de venir profiter de ce fameux modèle-là en s'établissant ici. C'est un certain constat d'échec», a noté l'économiste Yanick Labrie. La situation est d'autant plus préoccupante, selon lui, qu'on «ne compense pas par d'autres moyens: ni par l'immigration internationale ni par la natalité, si on compare avec les autres provinces. [Donc] on a un poids démographique qui diminue dans le temps et on a un poids économique aussi qui diminue dans le temps».