mardi, mai 17, 2016

La pauvreté touche deux fois plus les enfants autochtones que les autres

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Publié le 17 mai 2016 à 06h54 | Mis à jour à 06h54
La communauté algonquine de Kitcisakik vit sans eau... (PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE
La communauté algonquine de Kitcisakik vit sans eau et sans électricité. Le village est situé à quelque 100 km de Val-d'Or, en Abitibi.

La Presse Canadienne
Un rapport s'attardant aux conditions de vie des jeunes autochtones au Canada déplore qu'ils aient au moins deux fois plus de risques de vivre dans la pauvreté que les enfants des autres communautés.
Le rapport publié mardi par le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) constate d'ailleurs que la majorité des enfants des Premières Nations demeurant dans des réserves, 60 pour cent, vivaient en 2010 dans la pauvreté et que depuis, leur situation s'est aggravée. Ce taux a été mesuré à 51 pour cent chez ceux vivant hors réserves.
Chez les enfants d'immigrants, le taux de pauvreté atteignait 32 pour cent comparativement à 22 pour cent chez les enfants des minorités visibles.
Pour ce qui est des enfants qui n'appartiennent à aucune de ces catégories, le taux de pauvreté a été mesuré à 13 pour cent, similaire à celui des autres pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Dans des réserves, des taux qualifiés de révoltants de 76 et de 69 pour cent ont été relevés au Manitoba et en Saskatchewan. À l'opposé, au Québec, ce taux de pauvreté était de 37 pour cent.
Le rapport signale que la pauvreté est parfois exacerbée par d'autres conditions dans les réserves, tel le sous-financement chronique des écoles et des services à l'enfance, les logements surpeuplés et l'eau non potable, par exemple.
Le Centre canadien de politiques alternatives a observé que le taux global de pauvreté des enfants au Canada était de 18 pour cent, ce qui le place parmi les pires de l'OCDE, au 27e rang sur 34 pays.
Le CCPA recommande notamment l'amélioration des mesures directes de soutien au revenu et des perspectives d'emploi.


Dieudonné: «On a été obligés de s'adapter à la dictature, mais on est là»

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Publié le 16 mai 2016 à 11h30 | Mis à jour le 17 mai 2016 à 08h29
Des centaines d'amateurs du provocateur s'étaient réunis dans... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)
PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
Des centaines d'amateurs du provocateur s'étaient réunis dans une salle de réception de Saint-Léonard pour le spectacle virtuel de Dieudonné.

(Montréal) Dieudonné se dit En paix, mais n'a pu s'empêcher de comparer les Juifs à une plante envahissante et de pester contre « la dictature » qui l'accablerait, hier, lors de la retransmission vidéo d'un spectacle finalement assez peu politique.
Des centaines d'amateurs du provocateur - 740 selon l'organisation - s'étaient réunis dans une salle de réception de Saint-Léonard pour ovationner au son de « Dieudo ! Dieudo ! » l'apparition de son visage sur un grand écran. La vedette de la soirée était coincée en France.
« On a été obligés de s'adapter à la censure, à la dictature, mais on est là », s'est félicité Dieudonné M'Bala M'Bala dès les premières secondes du spectacle, présenté dans le complexe Le Rizz. Une salle remplie essentiellement de jeunes.
La semaine dernière, le polémiste a été empêché d'entrer sur le territoire canadien lors de son arrivée à l'aéroport Montréal-Trudeau. En Europe, il a été condamné à de multiples reprises pour des propos antisémites.
« Mon casier est rempli ras la gueule », a-t-il lui-même résumé. « Mes avocats m'ont dit qu'il allait falloir en ouvrir un deuxième. »
«J'ai peut-être pas de Molière, pas de César, mais j'ai un casier judiciaire de 12 pages.»Dieudonné
« C'est l'avantage de vivre dans une véritable dictature », a-t-il continué, déclenchant les applaudissements de la foule. Mais « je suis en paix maintenant, même [avec] ces histoires d'immigration », a-t-il ajouté, quelques minutes plus tard.
LES SUJETS SENSIBLES PEU ÉVOQUÉS
Par la suite, M. M'Bala M'Bala s'est attardé sur les animaux, les problèmes des retrouvailles d'ex-camarades de classe ou la tragédie aérienne de Germanwings.
Très peu de blagues sur le judaïsme ou la Shoah, des sujets sur lesquels Dieudonné est un habitué des débordements. Un sketch sur les végétaux a tout de même déclenché les applaudissements lorsque les Juifs sont entrés en scène. « Je ne veux pas faire de parallèles avec certains groupes humains, mais le lierre grimpant, vraiment... », a dit Dieudonné. « Tu l'invites sur ton balcon et un an après, il vit chez toi. Et toi, tu es en territoire occupé. »
Il a ensuite raillé des Arabes - comparés aux orties dont on ne peut se débarrasser - qui planifieraient un attentat dans un stationnement.
Juste après, le polémiste s'est aussi moqué du mouvement « Je suis Charlie » en imitant un robot qui répétait le slogan et a fait un petit segment sur ses doutes quant à la visite de l'homme sur la Lune. « Chacun devrait croire ce qu'il veut, a-t-il dit. Si ça te fait du bien le père Noël, la petite souris [qui échange les dents tombées contre de la monnaie], le 11-Septembre. »
« UNE VICTOIRE »
Avant le début du spectacle, le producteur Gino Ste-Marie se réjouissait de pouvoir présenter En paix après que de nombreux obstacles se furent posés sur sa route ces derniers jours. « Son corps n'a pas pu passer, mais son esprit est ici », a-t-il dit. « C'est une victoire. »
À l'issue de la représentation, la foule a entonné un chant qui promeut la quenelle - geste antisystème pour les uns, antisémite pour les autres - et a crié à nouveau le nom du polémiste.
« C'était excellent. Les troisièmes degrés étaient là, l'humour sarcastique », s'est réjoui Janico Tremblay. « J'ai tout vu ce qu'il a fait. Je l'ai déjà vu aussi la dernière fois qu'il est venu à Montréal. C'était excellent à l'époque et c'est encore excellent.  »
«C'est la première fois que je voyais Dieudonné en spectacle. J'avais aucune attente particulière et j'étais content.»Victor Sauvé-Lafrance,
un spectateur
Dans ses spectacles précédents, M. M'Bala M'Bala s'est moqué notamment de l'Holocauste dans une chanson intitulée Shoah nanas et il s'en prend régulièrement à des personnalités françaises de confession juive. Il a aussi été condamné pour « apologie d'actes de terrorisme » après les attentats de Charlie Hebdo, en plus de frayer avec des négationnistes connus.
Le provocateur a été condamné, l'automne dernier, pour incitation à la haine raciale par la justice belge. Cette décision s'ajoute au lourd passif de l'humoriste, unanimement qualifié d'antisémite par la classe politique française. Il se considère plutôt comme antisioniste et « antisystème ».
Le jour même où il a atterri à Montréal, il a écopé de deux mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour des délits d'injure raciale et provocation à la haine.
Sa condamnation serait liée à des passages antisémites dans son avant-dernier spectacle. Il y évoque « le rôle qu'il attribue aux juifs dans la traite des Noirs et [ironise] sur le génocide commis par les nazis », selon Le Point.