vendredi, avril 22, 2016

Dilma pour présidente!

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Dilma pour présidente!
Dilma Rousseff est accueillie par ses partisans.Photo Archives / AFP

Jacques Lanctôt

Tandis qu'ici, à l'Assemblée nationale, le gouvernement libéral de Philippe Couillard se défend d'accusations de malversations et de corruption, en jouant la carte du cocu qui ne savait rien, un peu plus au sud, la droite musclée a sorti ses gros canons pour faire tomber un gouvernement de gauche.
On a assisté en direct à un coup d'État de velours, comme on les appelle désormais. Des coups d'État qui n'ont plus rien à voir avec ces images violentes qui frappent notre mémoire à jamais, comme celui qui a renversé le gouvernement légitime de Salvador Allende au Chili, le 11 septembre 1973, avec ses bombardements sur le siège du gouvernement, les coups de feu, les morts dans les rues, les soldats, mitraillettes et fusils en joue pourchassant les résistants, etc.
Dilma Rousseff, la présidente légitime du Brésil, a été destituée au terme d'une longue campagne de salissage dans les médias écrits, parlés et électroniques contrôlés majoritairement par la droite corrompue de ce pays et avec l'appui des États-Unis qui ne sont jamais loin lorsqu'il s'agit de reprendre le terrain qu'ils ont perdu au cours des dernières décennies.
Cent dix-sept parlementaires sont liés directement ou indirectement à des entreprises de presse. Rien à voir avec PKP qui ne peut plus intervenir dans les affaires de Québecor. Là-bas, on ne se gêne pas pour influencer l'opinion publique. Aucun de ces médias n'a dénoncé la corruption, aucun n'a souligné que parmi les parlementaires qui exigeaient la destitution de la présidente du Brésil, trois cents sur 513 membres du Congrès font l'objet d'enquêtes judiciaires ou ont déjà été condamnés pour fraude, corruption, blanchiment d'argent et même assassinat. Ce sont eux, des bandits, et quelques autres dont les votes ont été achetés qui ont voté la destitution de la présidente du Brésil.
Qui est Dilma Rousseff? Un peu comme Pepe Mujica, qui fut jusqu'à tout récemment président de l'Uruguay, Dilma a combattu les armes à la main pour libérer son pays de la dictature militaire. Elle a risqué sa vie pour son pays et pour défendre ses idéaux de justice sociale. Pour les uns, elle est une terroriste, pour d'autres, elle est une héroïne.
Dilma Rousseff a été arrêtée en 1970, à l'âge de 19 ans. Elle sera torturée par la police secrète du régime militaire pendant une vingtaine de jours, sans jamais révéler les noms de ses camarades, leurs adresses, leur modus operandi. Pire. On raconte qu'elle aurait même craché au visage de ses tortionnaires. Une femme de fer, mais qui n'a rien à voir avec une autre femme de fer, Margaret Thatcher. On l'appelait aussi la «Jeanne d'Arc de la subversion». À un sénateur qui la traitait de menteuse parce qu'elle avait délibérément menti aux militaires qui l'interrogeaient, elle s'est exclamée : «J'avais dix-neuf ans, sénateur, j'ai été sauvagement torturée, et je peux vous dire que mentir sous la torture n'est pas facile. Et j'en suis fière car j'ai sauvé la vie de mes compagnons.»
Cette femme de tête ne faisait pas l'unanimité dans un pays aussi macho que le Brésil. Elle était la première femme à diriger la plus grande économie d'Amérique latine, un rôle normalement dévolu aux hommes par la grâce de Dieu et des armes. Poursuivant le travail amorcé par son prédécesseur du Parti des Travailleurs, Lula da Silva, avec des mesures en faveur des plus démunis et de redistribution de la richesse, on l'a empêché de gouverner. On a tout fait pour lui rendre la vie impossible, même si elle n'a rien à se reprocher, même si aucune procédure judiciaire ne vient entacher sa carrière politique, même si elle n'a aucun compte bancaire à l'étranger et n'est pas accusée de blanchiment d'argent comme ceux qui s'apprêtent à la remplacer.
Cette incapacité à gouverner a créé bien évidemment un mécontentement dans la population, mais la faute en incombe à l'opposition qui lui a rendu la vie impossible, surtout depuis sa réélection par une faible majorité, en octobre 2014. La vraie raison, c'est que le Brésil est, depuis la première élection de Lula, en 2001, un pays aligné à gauche, qui a appuyé d'autres pays de la région dans leur démarche d'émancipation, comme l'Équateur, le Venezuela, la Bolivie, Cuba et jusqu'à tout récemment l'Argentine. La vraie raison, c'est que les classes favorisées n'acceptent pas le partage de la richesse et ne veulent pas perdre leurs privilèges. La vraie raison, c'est que Dilma Rousseff a créé, en octobre dernier, une Commission de la vérité pour faire la lumière sur les violations des droits de l'homme et les exactions commises par les régimes militaires passés. Lors du vote de destitution, on a même vu un député d'extrême droite dédier son vote à la mémoire du tortionnaire reconnu de Dilma Roussef, le colonel Ustra!
Dilma a accusé ses adversaires de «torturer ses rêves» et d'avoir fomenté «un coup d'État avec l'apparence d'un processus légal». Elle a surtout promis de se battre. «Le combat ne fait que commencer.» Pour que cela ne se reproduise plus jamais.

Québec verse 16 140 $ pour démontrer qu'une passoire n'est pas un signe religieux

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Publié le 21 avril 2016 à 16h50 | Mis à jour le 21 avril 2016 à 16h50
Ceci n'est pas un signe religieux.... (PHOTO THINKSTOCK)
Ceci n'est pas un signe religieux.PHOTO THINKSTOCK

La Presse Canadienne
QUÉBEC
Des fonds publics ont servi à démontrer qu'un foulard de pirate et une passoire à spaghettis ne peuvent pas être considérés comme des signes religieux justifiant une demande d'accommodement.
La Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) a déboursé 16 140 $ pour donner un contrat servant à déterminer si le « pastafarisme », qui se réclame d'un dieu appelé le « Monstre en spaghetti volant », constituait une religion.
La députée caquiste Nathalie Roy s'est indignée de ce qu'elle a qualifié de gaspillage de fonds publics basé sur un manque de jugement, jeudi, lors de l'étude des crédits budgétaires du ministère des Transports.
Selon elle, cette commande « loufoque et ridicule » relance le débat autour des accommodements religieux, alors que Québec n'a toujours pas défini de balises claires pour encadrer les demandes visant à obtenir ce type d'accommodements.
L'étude avait été commandée dans le cadre de procédures judiciaires. Elle devait fournir une assise juridique au gouvernement pour appuyer son argumentaire voulant qu'un foulard de pirate ou encore une passoire pour pâtes alimentaires ne pouvaient pas constituer des signes religieux ostentatoires.

Une passoire sur la tête
L'histoire avait commencé quand une femme, à l'emploi de la Ville de Montréal, a intenté un recours judiciaire en 2014 pour revendiquer le droit de porter sur la tête ses accessoires religieux (foulard de pirate ou passoire à spaghettis) pour sa photo apparaissant sur son permis de conduire.
Selon Mme Roy, les avocats du gouvernement auraient très bien pu refuser dès lors d'aller de l'avant et couper court aux procédures, compte tenu du caractère frivole et loufoque de la démarche de la demanderesse, Isabelle Narayana.
Cette dernière a d'ailleurs perdu sa cause, en Cour supérieure, en octobre 2015.
Brandissant la Charte canadienne des droits et libertés, Mme Narayana contestait le fait que la SAAQ lui avait interdit d'afficher ses croyances religieuses.
Nathalie Roy n'en revient pas de l'absence de gros bon sens à la base de toute cette histoire. Personne de sensé ne pourrait croire « qu'une passoire à spaghettis sur la tête » équivaut à un signe religieux, fait-elle valoir.
« Voyons, batinsse, il n'y a personne qui penserait que c'est une religion! Il faut être complètement déconnecté ou vivre dans un monde artificiel », lance-t-elle en entrevue téléphonique, persuadée que la dame voulait seulement tester les limites de la Charte et que la SAAQ est tombée dans le piège.
Le sous-ministre adjoint aux Transports, André Meloche, a indiqué jeudi que le contrat, accordé à Louis Rousseau, avait été passé « à la demande du Procureur général du Québec », la ministre Stéphanie Vallée.
« Est-ce qu'elle manque de jugement à ce point-là? », questionne Mme Roy.
M. Meloche a justifié la dépense en faisant valoir que le gouvernement devait démontrer que les prétentions de la dame étaient fausses.
Le voile islamique (hijab), la kippa juive et le turban sont acceptés par la SAAQ, le principe étant qu'un couvre-chef religieux est toléré si le visage demeure découvert.
Dans sa décision rendue en octobre 2015, le juge Stéphane Sansfaçon critique la décision des avocats de la SAAQ de ne pas avoir rejeté la requête dès le début, estimant que « la frivolité évidente de la demande aurait aussi pu être invoquée ».
Il a fait valoir que de tels dossiers « loufoques » devraient « être écartés rapidement dès le début de l'instance, et non après une longue et coûteuse audition ».
Malgré cela, le ministre des Transports, Jacques Daoust, a pris la défense des avocats de la SAAQ, qui relève de sa responsabilité.
« Si le tribunal avait décidé ce matin-là que ce n'était pas frivole, et puis on n'avait pas de défense à offrir, bien imaginez-vous, le chapeau de pirate aurait gagné », a-t-il commenté, lors d'une brève mêlée de presse, au terme des travaux, jeudi.

Financement des partis: le DGE s'intéressera aux 20 dernières années

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Publié le 21 avril 2016 à 19h37 | Mis à jour le 21 avril 2016 à 19h37
Le Directeur général des élections (DGE) entreprendra une vérification du... (Photothèque Le Soleil)
PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL

ALEXANDRE ROBILLARD
La Presse Canadienne
Québec
Le Directeur général des élections (DGE) entreprendra une vérification du financement des partis politiques pour les 20 dernières années, a déclaré jeudi une porte-parole.
Alexandra Reny a affirmé que le DGE acceptera les pièces justificatives qui seront disponibles, compte tenu des délais de prescription qui sont plus courts que la période visée.
Actuellement de cinq ans, ce délai, qui oblige les formations politiques à conserver leurs documents, était de deux ans en 2010, avant d'être haussé.
« On ne sait pas encore quel sera l'échantillonnage qu'on pourra vérifier mais à première vue, l'examen des livres, des rapports pourrait ne pas établir un portrait global du financement illégal, a dit Mme Reny en entrevue. Les vérifications vont pouvoir nous guider sur les actions à prendre. »
La vérification est une étape préliminaire qui sert à déterminer si une enquête est nécessaire.
Cette semaine, tous les partis politiques à l'Assemblée nationale ont accepté d'ouvrir leurs livres au DGE, dans un geste qui vise à rassurer l'opinion publique sur leurs méthodes de financement.
Plusieurs questions sont posées par l'opposition, notamment après l'arrestation de l'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau, en mars dernier, relativement à des accusations de trafic d'influence.
Mme Reny n'a pas été en mesure de relier la décision du DGE aux déclarations des représentants politiques cette semaine.
« Je ne pourrai pas donner plus de commentaires précis aujourd'hui », a-t-elle dit.
Le député de Québec solidaire Amir Khadir a estimé le mois dernier à 20 millions de dollars la valeur des contributions illégales reçues par le PLQ depuis 1996.
Le chef caquiste François Legault a quant à lui évalué que Mme Normandeau avait amassé 1 million de financement illégal à elle seule entre 1998 et 2011.
Le député Simon Jolin-Barrette, de la Coalition avenir Québec (CAQ), a salué la décision du DGE et plaidé pour que la loi soit modifiée afin d'obliger le remboursement de tout financement illégal perçu au cours des 20 dernières années.
« Nous on n'a rien à cacher de notre côté. C'est important que le Parti libéral lui, ouvre ses livres, a-t-il dit. Et surtout si le DGE enquête pour 20 ans, il faut qu'il y ait des remboursements pour 20 ans également. »
Un porte-parole du Parti libéral du Québec, Maxime Roy, n'était pas en mesure de confirmer, jeudi, la période de conservation des archives comptables de la formation politique.
« Nous sommes présentement à faire certaines vérifications », a-t-il dit.
La CAQ a indiqué qu'elle ne dispose pas de tous les documents comptables portant sur les activités de financement de l'Action démocratique du Québec (ADQ), avant leur fusion en 2012.
« Quand la CAQ a fusionné avec l'ADQ, elle-même n'avait pas conservé tous les dossiers, a répondu par courriel la porte-parole Émilie Toussaint. On en a plusieurs, mais on sait que c'est pas la totalité. »

ARTS | MUSIQUE Deux nuits mémorables avec Prince

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/arts_et_spectacles/

PUBLIÉ LE JEUDI 21 AVRIL 2016 À 22 H 33
Prince en 2013, lors des Billboard Music Awards
Prince en 2013, lors des Billboard Music Awards 
 
PHOTO : GETTY IMAGES/ETHAN MILLER

Un dernier adieu au dramaturge Marcel Dubé

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PUBLIÉ AUJOURD'HUI À 7 H 52
Marcel Dubé
Marcel Dubé   PHOTO : MAXIME CÔTÉ
La famille de l'écrivain et dramaturge québécois Marcel Dubé, mort le 7 avril dernier à l'âge de 86 ans, recevra les condoléances du public à compter de 14 h cet après-midi dans un complexe funéraire de la rue Sherbrooke Est, à Montréal.
La famille recevra les témoignages de 14 h à 17 h et de 19 h à 22 h. Quant aux funérailles de M. Dubé, elles seront célébrées samedi, à 11 h, à l'église de l'Immaculée-Conception de la rue Rachel Est.
Marcel Dubé a signé plus de 300 œuvres pour le théâtre, la radio et la télévision au cours de sa carrière de 40 ans. Outre ces grands médiums, il a également réalisé des traductions, des adaptations, des récits, des nouvelles, des poèmes et des essais.
Au théâtre, il a notamment signé les pièces Bilan (1960), Zone (1953), Florence (1956),Au retour des oies blanches (1966) et Le temps des lilas (1958) dans lesquelles il explore ses thèmes de prédilection soit : la famille, la religion et l'échec.
La pièce la plus marquante de son œuvre demeure Un simple soldat, qui est devenu un classique de la dramaturgie québécoise. La pièce relate l'histoire d'un soldat de la Seconde Guerre mondiale démobilisé avant même d'avoir pu combattre.
Marcel Dubé en 1957
Marcel Dubé en 1957   PHOTO : ARCHIVES DE RADIO-CANADA
Présenté sous la forme d'un téléthéâtre en 1957, Un simple soldat est la pièce dont Marcel Dubé estimait lui-même qu'elle était la plus importante de son œuvre. « Ayant trouvé un personnage auquel je demeure encore aujourd'hui très attaché, j'ai pris beaucoup de soin à écrire Un simple soldat et j'y ai mis tout ce que je pouvais, disait M. Dubé. Alors, Un simple soldat demeure pour moi la pièce la plus importante que j'ai écrite. » 
La pièce a été montée au théâtre l'année suivante.
À la télévision, il a écrit les trois émissions La côte de sableDe 9 à 5 et La vie promise, toutes diffusées à Radio-Canada.
Un des auteurs québécois les plus prolifiques des années 50 et 60, Marcel Dubé a marqué toute une génération de téléspectateurs avec ses téléthéâtres. Il connaît un premier succès en 1952 avec sa pièce De l'autre côté du mur.
La renommée survient toutefois l'année suivante avec la pièce Zone qui remporte le Grand Prix du défunt Festival national d'art dramatique.
À une époque où les théâtres québécois présentaient surtout les grandes pièces du répertoire français, Marcel Dubé contribue à l'émergence d'une dramaturgie québécoise.
Marcel Dubé en 1974
Marcel Dubé en 1974   PHOTO : RADIO-CANADA/ANDRÉ LE COZ
L'univers du début de sa carrière campe dans un milieu populaire, comme celui où il a grandi. À la fin des années 60, Marcel Dubé commence à décrire un nouvel univers, celui de la bourgeoisie. Un milieu qu'il dépeint sans pitié : un monde fait d'ennui, de désillusions et de trahisons.
En 1968, l'arrivée de nouveaux dramaturges, comme Michel Tremblay, le relègue au second plan. Marcel Dubé sera ensuite affaibli par une longue maladie. Après avoir passé de nombreuses années dans l'oubli, le milieu théâtral lui a rendu hommage au milieu des années 90.
Marcel Dubé a agi à titre de président du Conseil de la langue française. Il a obtenu en 2005 le Prix du gouverneur général du Canada pour les arts de la scène.
Le dramaturge a été fait Officier de l'Ordre national du Québec en 1993.