mercredi, novembre 25, 2015

PETITE HISTOIRE DE LA CORRUPTION DU PLQ

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De retour d'ou nous ne sommes jamais partis...

Le PLQ était corrompu sous Simon-Napoléon Parent qui a été premier ministre de 1900 à 1905. Ce libéral, ami des grosses compagnies étrangères, donnait déjà nos ressources naturelles aux plus grands graisseux de patte de politiciens qui existaient alors ; cette pratique n’a donc pas commencé avec le plan Nord de Jean Charest que Philippe Couillard se propose de relancer, oh que non ! Ça fait plus d’un siècle que les libéraux retournent l’ascenseur aux amis du régime.

Parent, qui est entré en politique pauvre comme Job et en ressortit riche comme Crésus, a été accusé de s’être enrichi, lui personnellement, en favorisant de riches marchands du bois. Conséquence : il démissionna en 1905.

Il fut remplacé par Lomer Gouin, un autre bon libéral, ami de Wilfrid Laurier, premier ministre canadien d’obédience libérale lui aussi. Gouin dirigea les destinées du Québec de 1905 à 1920. Comme tout bon libéral, la corruption faisait partie de son quotidien. Le gouvernement Gouin sélectionnait les amis du régime lorsque venait le temps d’accorder de lucratifs contrats gouvernementaux. Ce qu’on apprend à la commission Charbonneau ces mois-ci, ce n’est donc rien de neuf !

Le cas de fraude le plus patent de l’époque Gouin se déroula dans la région de Trois-Rivières. Le gouvernement avait prévu la construction d’un barrage hydroélectrique sur la rivière Saint-Maurice. Un projet d’un million et demi de dollars. L’entrepreneur canadien-français Joseph Gosselin avait soumissionné à 80 000$ moins cher que la St-Maurice Construction company, une filiale de la très étrangère Shawinigan Water and Power.

Selon les règles, c’est Gosselin qui aurait dû obtenir le contrat. Hé bien non ! C’est plutôt la compagnie étrangère qui décrocha le contrat, et ce, parce qu’elle en menait très large dans ce Québec libéral ! Elle savait à quelle porte frapper pour obtenir ce qu’elle voulait des politiciens véreux qui n’attendaient que cela pour mieux prévoir leur retraite dorée.

Sous le règne de Gouin, on assista aussi à des manigances dans le cadre de la construction de la prison de Bordeaux. Au départ, le gouvernement Gouin avait annoncé que le projet coûterait 750 000$ aux contribuables. En cours de route, des journalistes s’aperçurent que la facture se chiffrait déjà à 3.5 millions$, et la prison n’était pas même complétée, permettant à tous et chacun de comprendre que la facture n’avait pas fini de grimper.

L’opposition démontra que les amis du régime libéral gonflaient les factures et construisaient n’importe comment la prison (ça rappelle les entrepreneurs véreux d’aujourd’hui qui mal construisent nos routes et nos infrastructures de façon à pouvoir les réparer plus tôt que tard) . Les entrepreneurs de cette époque et proches des libéraux profitaient des fonds publics pour remplir leurs portefeuilles, quoi !

Gouin se défendit en refusant de donner les détails du projet de Bordeaux, prétextant qu’en temps de guerre, ce n’était pas une bonne chose à faire ( !!!) Constatant pareilles inepties, le journaliste Jules Fournier rebaptisa Gouin-le-libéral « le premier ministre des contracteurs ».

L’opposition mit également au jour le fait que le gouvernement Gouin usait de la stratégie dite de la « barrière de péage » pour financer la caisse électorale du parti. Le procédé était bien simple. Si tu voulais une loi, il s’agissait de payer pour l’obtenir, en accordant des pots-de-vin aux membres du gouvernement. Dans ce dossier, le libéral chargé de recevoir les enveloppes brunes était le député Joseph-Octave Mousseau, responsable de l’adoption des bills privés.

C’est le journal Montreal Daily News, grâce à de l’écoute électronique (une première en la matière au Québec) qui parvint à faire éclater l’affaire. Gouin tenta par tous les moyens de remettre le couvercle sur la marmite en mettant sur pied une commission d’enquête dont il confia la présidence… au libéral notoire Louis-Alexandre Taschereau.

Après bien des délibérations qui indisposèrent les libéraux, le député Mousseau fut reconnu coupable ; mais il ne fut jamais traduit devant les tribunaux pour écoper d’une sentence bien méritée. C’est que le premier ministre Gouin, lui qui était également procureur général du Québec, en avait déjà assez entendu, il s’assura donc de clore l’affaire au plus vite sans recourir aux tribunaux, au grand dam des justiciers de l’époque. Dans les pages du Devoir, Henri Bourassa fit connaître sa colère et dénonça ce gouvernement corrompu jusqu’à la moelle.

Lomer Gouin, entré en politique québécoise pauvre comme bien d’autres, la quitta en 1920 plus riche que jamais. Pour les libéraux, la politique, c’est toujours payant.

Gouin fut remplacé par un autre libéral corrompu : Louis-Alexandre Taschereau (1920-1936).

Très rapidement, le gouvernement Taschereau a été accusé de favoritisme et de détournement de fonds publics. Avec les « culottes à Vautrin », la démonstration de toute cette corruption fut réalisée par l’absurde. En 1936, on découvrit que le ministre libéral de la Colonisation, Irénée Vautrin, avait un compte de dépense très élevé.

Les enquêtes démontrèrent qu’il utilisait les fonds publics à des fins personnelles, qu’il s’était même acheté des pantalons avec l’argent des contribuables. Il n’en fallut pas plus à Maurice Duplessis pour faire campagne en usant de ce cas, en scandant que les « culottes à Vautrin » démontraient bien jusqu’où étaient prêts à aller les libéraux lorsque venait le temps de piller le trésor public.

Ce qui, dans les faits, était loin d’être exagéré ou de constituer un cas isolé. Puisqu’on découvrit à la même époque que bien des contrats gouvernementaux étaient accordés à des compagnies qui finançaient la caisse électorale du PLQ. C’était le cas de la Beauharnois, Light, Heat and Power qui remit 700 000$ aux libéraux pour obtenir le mandat de détourner les eaux du Saint-Laurent afin de construire un barrage à Beauharnois. Il fut aussi démontré que le premier ministre Taschereau finançait illégalement, et en cachette, le train de vie des membres de sa famille. 42 personnes ayant un lien de parenté avec lui recevaient de l’argent provenant des fonds publics ! Ce qui scandalisa l’opinion publique.

Sous l’effet de la pression exercée par tous ceux que toute cette corruption écoeurait, Taschereau démissionna en 1936.

Le premier ministre libéral suivant fut Adélard Godbout (1939-1944). Sous son règne, le Québec perdit des pouvoirs aux mains du fédéral (assurance-emploi, points d’impôts et allocations familiales par exemples). Cela alimenta la majeure partie des critiques qu’il se méritait. Mais en ces temps troublés par la Deuxième Guerre mondiale, on ne parla pas beaucoup de corruption, sauf pour accuser la police provinciale d’agir malhonnêtement et de dénoncer les libéraux qui dissimulaient ses méfaits.

Pour ses félonies portées contre l’autonomie du Québec, Godbout fut battu par Maurice Duplessis en 1944, lui qui instaura le long règne de l’Union nationale. Il fallut attendre Robert Bourassa (1970-1976 et 1985-1994) pour voir la corruption libérale reprendre du poil de la bête.

En 1974, les journalistes mirent au jour le cas Paragon. Cette affaire prouvait, bien simplement, que Bourassa ne voyait aucun mal à ce que son gouvernement finance les affaires de sa belle-famille en lui accordant des contrats gouvernementaux. Paragon était la propriété de l’épouse du premier ministre Bourassa à hauteur de 20%. Le beau-frère du chef libéral, Claude, ministre du Tourisme dans son gouvernement, était également actionnaire de ladite compagnie. Cette affaire outra profondément les Québécois qui s’en rappelèrent en 1976, au moment de voter pour René Lévesque !

Les travaux de la commission Charbonneau ont démontré que la mafia n’est jamais bien loin lorsqu’il est question des affaires les plus louches du PLQ. C’est peut-être choquant, mais tout cela ne date pas d’hier. Dès les années 1970, grâce à la Commission d’enquête sur le crime organisé (CECO), on découvrit que la mafia soutenait le PLQ de diverses façons, allant même jusqu’à organiser des élections pour l’un des candidats à la chefferie de ce parti, Pierre Laporte pour ne pas le nommer. C’est aussi grâce à la CECO qu’on apprit que les libéraux utilisaient la Régie des alcools dans une vaste opération de patronage. Les contrats importants étaient accordés aux entreprises qui finançaient le parti, les autres étaient tout simplement éliminées des listes.

Lorsque le gouvernement Bourassa et le maire de Montréal, Jean Drapeau, annoncèrent la construction du stade Olympique dans les années 1970, on parlait alors d’une dépense de quelque 300 millions$. Mais cette somme ne prenait pas en compte l’avidité des petits copains du PLQ qui se chargèrent de la construction de l’éléphant blanc et qui firent grimper vertigineusement la facture.

On découvrit rapidement que la facture atteignait déjà les 1,5 milliard$, et ce n’était pas fini. À son arrivée au pouvoir en 1976, René Lévesque tenta de faire la lumière sur ce nouveau scandale libéral. Il mit sur pied la commission Malouf. Celle-ci démontra que les finances du PLQ avaient grandement profité de la générosité des deux firmes impliquées dans la construction du stade (LVLV-Lavalin et Désourdy-Duranceau). Plus ça change, plus c’est pareil !

Annonçant dernièrement ses couleurs en prévision de la prochaine campagne électorale qui devrait avoir lieu au printemps 2014, Philippe Couillard a dit qu’il relancerait les projets de mini-centrales hydroélectriques privées. Il n’y a rien là d’étonnant quand on pense au fait que ces projets servent à flatter dans le sens du poil les amis du PLQ depuis bien longtemps. C’était déjà le cas dans les années 1980 et 1990. C’est ce qu’ont démontré des journalistes du Soleil en 1995.

De 1984 à 1994 (sous les libéraux Robert Bourassa et Daniel Johnson, lui qui présidera la campagne électorale de Couillard soit dit en passant), sur les 65 contrats de production privée dont les actionnaires étaient connus, 57 furent associés à des entreprises qui fournissaient à la caisse du Parti libéral. Ce ne sont pas moins de 480 000$ provenant d’entrepreneurs impliqués dans de tels projets qui se sont ainsi retrouvés dans les coffres du PLQ.

En 1994, un document publié par le directeur général des élections identifiait, en plus, une trentaine d'actionnaires de petites centrales en tant que contributeurs du Parti libéral. Leurs dons s'élevaient à 35 000 $. Les présidents de l'Association des ingénieurs-conseils du Québec figuraient parmi les plus réguliers des donateurs. Le président de l’époque, Kazimir Olechnowics, donna pour sa part quelque 20 000 $ au PLQ en 10 ans, et l'ancien président, Bertrand Beaulieu, leur accorda quant à lui 25 000 $. On peut de ce fait un peu mieux comprendre l’intérêt de Couillard pour de tels projets…

Ce qui nous amène au règne de Jean Charest (2003-2012). Sous son égide, ce ne furent pas les cas de corruption qui manquèrent, ai-je besoin de le dire ! On peut penser au scandale des places en garderie présidé par les ô combien douteux ministres de la Famille que furent Tony Tomassi et Michelle Courchesne. Le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, démontra que le processus d'attribution des places en 2008 avait manqué de rigueur et « laissa une grande place à la subjectivité».

Plus concrètement, Lachance découvrit que Courchesne était allée à l'encontre de l'avis de ses fonctionnaires pour 21% des projets qu'elle avait retenus, plusieurs de ceux-là étant défendus par des donateurs libéraux. Elle accorda également 130 places à Joe Magri, un ami d'enfance de Tony Tomassi. Dans les Laurentides, quatre projets retenus par la ministre lui avaient été présentés par des promoteurs ayant contribué à la caisse du PLQ. Et n’oublions pas de mentionner que les frères Cola, fiers contributeurs du PLQ et impliqués dans le scandale de la fermeture de l'abattoir Levinoff-Colbex, sont à la même époque devenus propriétaires ou actionnaires de 13 garderies (1000 places) en plus d'acheter un projet de 60 places à Nourith Salonichios.

On découvrit également que des ministres de ce gouvernement déjeunaient avec des membres de la mafia. Line Beauchamp fut l’une d’entre eux. Ou que Nathalie Normandeau participa à une activité de financement frauduleux du PLQ. Ou que des prête-noms étaient utilisés afin de financer le parti, prête-noms associés à des compagnies obtenant des contrats avec le gouvernement libéral bien sûr. Ou que 22 ministres – dont Charest lui-même – versèrent 60 000$ en contribution à une œuvre de l’entrepreneur en construction Giuseppe Borsellino.

Et c’est aussi à la même époque que j’accusai le premier ministre Charest de n’avoir pas les revenus nécessaires au financement de son train de vie princier. Malgré les mises en demeure du premier ministre libéral, je tins mon bout et maintins mes accusations. Par conséquent, Charest admit qu’il recevait un salaire secret de 75 000$ de son parti depuis 10 ans, somme puisée à même un fonds secret du PLQ.

Jean Charest quitta la politique beaucoup plus riche qu’il ne l’était au moment de se marier avec elle, dans les années 1980. Ce qui n’est en soi que bien peu surprenant. Après tout, la famille libérale sait prendre soin des siens.

C’est tout ça que Philippe Couillard veut nous faire oublier en nous invitant à voter pour lui et son parti en 2013 ou en 2014. Il veut que nous oublions le fait que son parti a toujours été corrompu et que rien ne changera sous son règne, lui qui entretint jusqu’à tout récemment des liens d’amitié importants avec Arthur Porter, l’un des artisans de la méga fraude concernant le Centre universitaire de santé de McGill.

Ce nouveau chef libéral qui, alors qu’il était encore ministre de la Santé dans le gouvernement Charest, négociait des avantages pour le privé en santé tout juste avant de quitter ses fonctions ministérielles pour se mettre à l’emploi de Persistence Capital Partners, firme défendant l’idée que le privé doit avoir une plus grande place dans le réseau de la santé du Québec. Partant de là, comment reprocher à certains d’avoir parlé d’affreuses apparences de conflit d’intérêts ? Et comment croire que les choses changeront enfin?

Or, Couillard va comprendre que la corruption n’est en rien un projet de société et que les Québécois ont le droit de s’offrir autre chose qu’une gestion corrompue jusqu’à la moelle comme perspectives d’avenir. C’est aussi ça que j’expliquerai aux gens de Viau ou d’Outremont lors des élections partielles qui débuteront prochainement; je leur dirai que la liberté, la justice et la dignité seront toujours plus stimulantes et saines comme idées d’avenir que la soumission et la corruption libérales aux relents passéistes. Qui pourrait me contredire à ce sujet ?

Rapport Charbonneau : avant de dire « tout ça pour ça! »

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/

Mise à jour le mardi 24 novembre 2015 à 19 h 55 HNE

Si le travail d'une commission d'enquête est de trouver des coupables, alors la commission Charbonneau aura lamentablement échoué. Si son travail est de découvrir les rouages d'un système maléfique et de les démanteler, alors, elle a été un grand succès.
Une analyse de Michel C. Auger, animateur de Midi infoTwitterCourriel
Michel C. Auger
Évidemment, ceux qui rêvaient de voir des politiciens connus être embarqués dans des voitures de police avec les menottes au poing seront déçus. Mais cela est justement le travail de la police. Les commissions d'enquête existent pour autre chose.
On a recours à une commission quand les moyens habituels, soit de combattre le crime et de bien connaître une situation, s'avèrent inefficaces. La commission est un moyen d'exception et ne vise pas à remplacer les autres institutions de la société.
Que devait faire la commission Charbonneau? Enquêter sur la façon dont étaient octroyés et remplis les contrats publics dans l'industrie de la construction. Au passage, elle devait aussi regarder le comportement des principaux acteurs de cette industrie, dont les syndicats.
Faire le ménage
Puisque, comme disent les scientifiques, l'observation change le phénomène, le projecteur cru et puissant qu'a jeté la commission sur l'ensemble des dossiers dans l'industrie de la construction aura fait en sorte que les principaux mis en cause n'ont pas attendu le rapport pour faire le ménage.
La Fédération des travailleurs du Québec a fait un certain, bien qu'imparfait, nettoyage dans ses syndicats des métiers de la construction. Elle aura aussi mis de l'ordre dans la gouvernance de son Fonds de solidarité.
Les liens entre les contrats publics et les contributions aux partis politiques ont été si bien établis - quoi qu'en ait dit le commissaire Renaud Lachance - que les lois sur le financement des partis politiques ont été changées sans même attendre le rapport. La pratique des « prête-noms », qui était devenue la norme, est pratiquement tombée en désuétude avec le rabaissement des contributions maximales à un parti politique de 3000 $ par an à 100 $.
Même l'Unité permanente anticorruption (UPAC) - qui, ironie, avait été créée avec l'Opération Marteau pour prévenir la création d'une commission d'enquête - peut être considérée comme une des réalisations de la commission Charbonneau.
Tout comme le Bureau de l'inspecteur général à la Ville de Montréal, qui, même si l'institution ne peut tout prévenir, réussit quand même à mettre des bâtons dans les roues de ceux qui voudraient truquer le système.
Un peu partout, le ménage s'est fait pendant les travaux de la commission Charbonneau et à cause des audiences de celle-ci. On a tellement bien montré ce qui ne marchait pas, qu'il aurait été impensable de ne pas tenter d'y remédier tout de suite.
La commission a péché par... omission
Est-ce que la commission a un dossier parfait? Évidemment pas. On comprend mal qu'elle ait mis autant d'efforts et d'énergie sur les dossiers au niveau municipal pour étudier avec beaucoup moins de profondeur ceux qui relèvent du gouvernement provincial. Triste... Un choix discutable qui pourra leur être reproché. On pourrait dire que la commission a péché par omission!
De même, on notera que les blâmes sont décernés à des politiciens qui sont déjà à terre, comme Gérald Tremblay, pendant qu'on épargne les plus puissants, qui pourraient être tentés de contester les conclusions de la commission devant les tribunaux.
Et on peut déplorer longtemps que le commissaire Lachance n'ait jamais à s'expliquer plus avant sur sa dissidence qui a pour effet de discréditer, au moins aux yeux de certains, une partie centrale du rapport.
Avant de dire « tout ça pour ça », il faut quand même reconnaître que la politique et le syndicalisme au Québec sont plus propres qu'avant la commission Charbonneau. Est-ce que la corruption, la collusion et les trafics d'influence sont éradiqués et disparus pour toujours? Bien sûr que non. Comme la commission Cliche des années 1970 n'a pas fait disparaître pour toujours les éléments criminels dans les syndicats de la construction.
Mais si on suit bien les recommandations du rapport, on peut penser ou, au moins espérer, que la prochaine commission d'enquête ne sera pas nécessaire avant quelques décennies.

Rapport Charbonneau: passer la tondeuse

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CLAUDE VILLENEUVE
MISE à JOUR 
Je ne m’y attendais pas, mais je ressentais une certaine émotion en voyant France Charbonneau présenter son rapport derrière le pupitre d’où elle nous a été rendue familière.
J’étais à l’opposition officielle, en 2009, quand les allégations troublantes se sont multipliées. Avec des collègues, devenus amis, nous avons travaillé très fort avec nos élus à réclamer la tenue de cette commission d’enquête.
Les révélations se succédaient, de plus en plus grosses. On ne savait pas où ça allait s’arrêter. À un moment donné, c’était même rendu qu’on se rassemblait le jeudi soir: on commençait par un 5 à 7, puis on prenait les deux premières périodes de la partie de hockey et on passait de RDS à Radio-Canada à 21 h pour Enquête...
Changer la culture
Six ans, des millions de caractères imprimés puis des milliers d’heures de témoignages et de délibérations plus tard, qu’est-ce que tout ce travail aura donné?
Déformation professionnelle oblige, je me suis intéressé surtout aux recommandations du rapport portant sur les partis politiques. Il y a des choses très intéressantes là-dedans pour rendre plus imputables les personnes en autorité et pour que le financement soit plus transparent. Même à l’intérieur des différentes formations, on avait parfois de la difficulté à s’y retrouver.
Mais, au-delà de l’adoption de nouvelles règles, rien ne changera dans cet univers si le monde politique lui-même n’accepte pas de modifier sa culture.
Depuis trop longtemps, on refuse de débattre ouvertement de certains aspects de notre vie partisane. Un exemple, parmi d’autres: la juge Charbonneau recommande de nommer des représentants du public au comité consultatif du DGEQ. Il était temps! Les discussions qui s’y déroulaient demeuraient nébuleuses même pour les militants des partis.
Ce genre de recommandations forcera les acteurs politiques à ouvrir les fenêtres et, ce faisant, les libérera de cette espèce d’omertà qui, sans conduire à des activités illégales, retirait de l’emprise du débat public des pans importants de notre démocratie.
Constamment à refaire
Comme citoyen, il faut aussi opérer ce changement de culture. Depuis trop longtemps, on a considéré que la corruption était intrinsèque à l’activité politique, au point où on devait quasiment l’accepter.
On l’a beaucoup entendu, alors que la tenue de cette commission était réclamée. «De toute façon, qu’est-ce que ça donne? La corruption, on n’en viendra jamais à bout!» «Même la loi de René Lévesque, la belle loi dont on était si fier, elle ne fonctionne pas...»
À ce sujet, un collègue avait trouvé à l’époque une très belle métaphore: lutter contre la collusion et la corruption, c’est comme couper son gazon. Il faut passer la tondeuse régulièrement, sinon les mauvaises herbes se multiplient sur notre terrain, comme le crime organisé dans l’économie légitime.
C’est immature de réclamer une solution définitive à un tel problème, comme ça l’est pour la lutte au trafic de drogues. Ce serait comme décider de faire son lit un matin pour la dernière fois. Vous risquez de dormir sur l’édredon, pendant que les acariens proliféreront en dessous.
Prenons donc connaissance du rapport et, rapidement, exigeons du gouvernement qu’il bouge. Puis préparons-nous à devoir nous livrer à un nouvel entretien des quinze, vingt ou trente ans.

La commission libère les libéraux

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RICHARD MARTINEAU
MISE à JOUR 
Donc, il n’y aura pas de blâme.
La commission Charbonneau consacre des pages et des pages aux agissements problématiques de Marc Bibeau, Nathalie Normandeau et Jean Charest, mais aucun blâme ne sera porté.
Ben coudonc.
HEIN, DES PRÊTE-NOMS?
Prenons juste le cas de Nathalie Normandeau.
(Je sais que c’est ma compétitrice directe à la radio, mais je parle de sa carrière politique, ici, pas de son travail de coanimatrice...)
Lors de son passage devant la commission Charbonneau, l’ex-ministre des Affaires municipales a déclaré, sur le fameux système des prête-noms:
«Je savais qu’il se faisait du financement sectoriel au Parti libéral du Québec, mais ce que je ne savais pas comme ministre, c’est tous les stratagèmes qui ont été développés pour apporter une contribution à des partis politiques. Ça a été dévoilé par votre commission...
— Mais, de rappeler France Charbonneau, ce système de prête-noms avait déjà été mis au jour en 2006 par le rapport Moisan, non?
— Oui, oui, dans ce sens-là, on s’entend, de répondre Nathalie Normandeau. Mais quand je suis ministre, j’arrive en 2003, je ne sais pas qu’il y a des prête-noms...»
Attendez une minute, là.
Madame Normandeau a occupé différents postes de ministre de 2003 à 2011 et elle ne connaissait pas l’existence d’un système de prête-noms... alors que ce système avait été dévoilé dès 2006?
Ben coudonc.
NI VU NI CONNU
Extrait du rapport de la commission Charbonneau (page 582):
«Plusieurs témoins interrogés [...] ont déclaré qu’ils étaient conscients de commettre des gestes illégaux lorsqu’ils participaient à des activités de financement sectoriel reposant sur le recours à des prête-noms et le remboursement des contributions par les entreprises.
«Quatre témoins de la firme Roche ont livré des témoignages non équivoques à cet égard. L’ingénieur André Côté a affirmé que les partis politiques ne pouvaient ignorer que les contributions étaient remboursées, compte tenu de l’importance des montants en jeu: “C’est utopique de penser que les partis pensaient que c’étaient des individus qui payaient ça à même leur salaire...”»
Même Marc-Yvan Côté, qui était ministre libéral dans les années 80-90, a reconnu devant la commission qu’il savait que le recours à des prête-noms enfreignait la loi!
«Je savais que des prête-noms n’étaient pas permis.»
Mais l’ex-vice-première ministre, elle, ne le savait pas? Elle ne soupçonnait pas que son parti utilisait cette stratégie?
Alors que tout le milieu de la construction le savait?
Ben coudonc.
On est censé avaler cette couleuvre?
DES CAVES
Dans son témoignage devant la commission Charbonneau, Nathalie Normandeau a dit que les entrepreneurs qui participaient aux activités de financement du PLQ n’obtenaient aucune faveur de la part du parti.
«Il n’y a jamais eu de retour d’ascenseur», a-t-elle déclaré sous serment.
Or, voici ce qu’on peut lire dans le volumineux rapport de la commission Charbonneau (page 611):
«Il apparaît peu probable que ces professionnels de l’ingénierie et de la construction auraient versé des centaines de milliers de dollars en nourrissant l’illusion d’obtenir “certaines choses” qu’ils n’auraient jamais obtenues même après de nombreuses années de contributions...»
En d’autres mots: nous prenez-vous pour des caves, Madame Normandeau?

Après 2 milliards $ de fraude...

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MICHEL GIRARD
MISE à JOUR 
En raison des stratagèmes de collusion et de corruption qui sévissaient dans l’octroi de contrats publics de construction, combien avons-nous versé en trop aux firmes de génie, aux entrepreneurs et aux fournisseurs? Deux milliards de dollars? Minimum!
Dans son volumineux rapport de 1700 pages, la commission Charbonneau rapporte que des témoins ont évoqué des «surcoûts» pouvant aller de 22 à 35 % dans les contrats publics. On parle ici de surcoûts attribuables à la collusion et à la corruption.
Partant de ce constat, comment j’en arrive à évaluer la fraude à un minimum de deux milliards de dollars? Pour la seule période allant de 2007 à 2011, une étude de la firme SECOR-KPMG sur la gestion des investissements du gouvernement du Québec dans 20 gros projets d’infrastructure révélait des augmentations de coûts de 9,2 milliards $.
Comme il s’agissait de l’une des périodes les plus florissantes pour les stratagèmes de collusion, une simple règle de trois nous permet d’évaluer à 2 milliards (22 % X 9,2 G$) la fraude minimale dont les contribuables québécois ont été victimes. Je ne parle même pas de la fraude dans les contrats municipaux.
Un bon «placement»
Devant une telle fraude, il valait vraiment la peine de se payer la commission Charbonneau, dont la facture s’élève à quelque 45 millions. Ce qui représente un bon «placement», à mes yeux. Convenons qu’avec les audiences de la commission Charbonneau, la fraude dans les contrats publics de construction a fortement diminué.
Sur les 60 recommandations formulées par la commission Charbonneau, je tiens à souligner plus particulièrement celles-ci:
La création d’une autorité des marchés publics (AMP) permettrait au Québec de se doter d’une instance nationale d’encadrement des contrats publics, avec bien entendu des pouvoirs à la hauteur des attentes. L’AMP ne nécessiterait aucune dépense additionnelle puisqu’elle regrouperait les «ressources d’analyse, de contrôle et de vérification» existant déjà dans divers ministères, dont le Secrétariat du Conseil du trésor, le ministère des Transports, le ministère des Affaires municipales.
Infraction pénale
Pour contrer la fausse facturation dans les contrats publics, la Commission recommande de modifier la Loi sur l’administration fiscale afin de prévoir une infraction pénale pour la production et la possession d’un faux document.
Les villes de 100 000 habitants et plus ont l’obligation de nommer un vérificateur général dont le mandat consiste à vérifier les comptes et livres de la Ville. La commission Charbonneau recommande au gouvernement d’ajouter les municipalités de moins de 100 000 habitants au champ de compétence du Vérificateur général du Québec. Très bonne idée!
Deux autres recommandations, à saveur politique cette fois. Interdire aux ministres et à leur personnel de solliciter des contributions politiques aux fournisseurs et bénéficiaires de leur ministère. Interdire à tous les élus provinciaux et municipaux, à leur personnel politique, aux fonctionnaires, aux employés municipaux et aux administrateurs publics d’accepter tout cadeau, peu importe la nature.

Victimes d'homicides en 2014 au Canada: 23 % étaient des Autochtones

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AGENCE QMI
MISE à JOUR 
Bloc scène de crime meurtre coroner  OTTAWA - En 2014 au Canada, 23 % des victimes d'homicide déclarées par la police étaient des Autochtones, alors que ce groupe ne représente que 5 % de la population canadienne, selon Statistique Canada.
Ainsi, 117 des 516 victimes d'homicide déclarées par la police en 2014 au pays étaient autochtones.
«Le taux d'homicide chez les Autochtones en 2014 était environ six fois plus élevé que chez les non-Autochtones», mentionne Statistique Canada.
Les Autochtones de sexe masculin étaient sept fois plus susceptibles d'être victimes d'un homicide que les hommes non autochtones et trois fois plus à risques que les Autochtones de sexe féminin.
Le taux d'homicide chez les Autochtones de sexe féminin était six fois plus élevé que celui observé chez les femmes non autochtones.
C’est au Manitoba et en Alberta que le taux d'homicide impliquant des victimes autochtones était le plus élevé au Manitoba.
Les taux les plus faibles ont été observés au Québec et en Nouvelle-Écosse.
Statistique Canada souligne que les femmes autochtones représentent une proportion croissante du total des victimes d'homicide de sexe féminin au Canada. «En 1991, les Autochtones de sexe féminin constituaient 14 % des victimes de sexe féminin, comparativement à 21 % en 2014.»

Trudeau rencontre la reine à Londres

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Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a rencontré la reine Elizabeth à Londres.
Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a rencontré la reine Elizabeth à Londres.  Photo :  PC/Yui Mok

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s'est rendu à Londres pour rencontrer la chef de l'État canadien, la reine Elizabeth II, âgée de 89 ans. Justin Trudeau l'avait déjà rencontrée à la fin des années 1970 alors qu'il n'était encore qu'un enfant.
Il avait alors visité Buckingham Palace avec son père, Pierre Elliott Trudeau, lorsque ce dernier occupait la fonction de premier ministre du Canada. « Elle était très grande, s'est-il souvenu dans un communiqué publié par son bureau. C'est dire à quel point j'étais petit à l'époque. »
« C'était de moments merveilleux parce que je savais à quel point mon père l'aimait, a-t-il ajouté. Mon père était vraiment fier de présenter son fils à la reine. » M. Trudeau a lui-même fait le voyage avec sa femme et ses deux plus jeunes enfants.
Le fils de Justin Trudeau, Hadrien, donne un « high five » à l'ambassadeur canadien à Londres, Gordon Campbell. M. Trudeau est également acoompagné de sa femme, Sophie Grégoire, et de sa fille Ella-Grace.
Le fils de Justin Trudeau, Hadrien, donne un « high five » à l'ambassadeur canadien à Londres,
Gordon Campbell. M. Trudeau est également acoompagné de sa femme,
 Sophie Grégoire, et de sa fille Ella-Grace.
  Photo :  PC/Adrian Wyld

Le premier ministre doit livrer un discours à la Maison du Canada, à Trafalgar Square, avant de prendre part à une rencontre avec son homologue britannique, David Cameron. Les deux hommes devraient aborder des sujets comme les changements climatiques, les mesures antiterroristes et l'accord de libre-échange entre l'Europe et le Canada.
M. Trudeau quittera le Royaume-Uni, jeudi, pour se rendre à Valetta, sur l'île de Malte, où les 54 pays du Commonwealth tiennent leur sommet biannuel. Le premier ministre canadien entend encourager ses homologues à rehausser leurs ambitions dans la lutte aux changements climatiques.

Les appels robotisés font des ravages au pays, les fournisseurs tardent à réagir

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/

  Radio-Canada avec CBC
Fraude téléphonique
Photo :  IS/iStock

En 2014, les Canadiens ont perdu plus de 75 millions de dollars à la suite de fraudes téléphoniques ou d'appels robotisés. Il existe pourtant des technologies pour bloquer ces appels importuns, mais que les grandes compagnies de télécommunications n'offrent pas au grand public.
Malgré l'instauration, par les conservateurs, de la Liste nationale de numéros de télécommunication exclus (LNNTE) qui permet aux consommateurs de décider s'ils veulent ou non recevoir des appels de télévendeurs, des millions d'appels robotisés sont faits chaque semaine dans les foyers canadiens par des compagnies qui ignorent cette liste.
Plusieurs fois par semaine, des millions de Canadiens reçoivent des appels leur annonçant qu'ils gagnent une croisière, qu'un transporteur aérien leur offre un rabais ou encore qu'ils n'ont pas payé leurs impôts et qu'ils iront en prison à moins qu'ils les paient dès maintenant en envoyant un chèque.
Selon Statistique Canada, des consommateurs naïfs se sont fait soutirer pas moins de 75 millions de dollars l'an dernier à la suite de fraudes téléphoniques. Un montant qui serait en réalité 10 ou même 20 fois plus élevé, selon des experts antifraude consultés par CBC.
Selon eux, beaucoup de gens victimes d'une fraude ne signalent pas le vol, gênés de dire qu'ils ont été été manipulés.
Mais d'où proviennent ces appels?
Les compagnies de télémarketing canadiennes sont soumises à des règles strictes du CRTC, dont la LNNTE. Même si certaines persistent parfois à appeler des gens qui ont inscrit leur numéro sur la LNNTE, elles demeurent retraçables. Mais pour la majorité, les appels robotisés proviennent de l'étranger, notamment de l'Inde. Même si la majorité des gens raccrochent l'appareil téléphonique avant d'entendre le message, avec le volume d'appels réalisés dans le monde, les fraudeurs d'outre-mer arrivent à récolter de véritables fortunes.
Mais que faire contre ce fléau?
Il est certes possible pour le consommateur excédé par ces appels de faire bloquer chacun de ces numéros entrants auprès de son fournisseur de service, mais les fraudeurs n'ont qu'à changer leur numéro pour poursuivre leurs appels.
Mais aujourd'hui, la technologie permet aux grandes compagnies de télécommunication de mettre en place des « filtres de spams pour les téléphones » un peu comme on le fait avec les boîtes de courriels.
« Il existe plusieurs technologies disponibles », selon Maureen Mahoney, responsable des politiques publiques pour l'Union des consommateurs, basée à San Francisco.
« Ces outils détectent automatiquement les appels automatisés et les filtrent avant qu'ils n'atteignent le consommateur, de sorte qu'il ne revient pas qu'aux gens de bloquer ces appels un par un », explique Maureen Mahoney.
Des solutions existent
La compagnie canadienne de télécommunication Primus, qui utilise un système appelé « Telemarketing Guard » depuis 2006, a intercepté et traité plus de 80 millions d'appels robotisés, selon Brad Fisher, vice-président senior du marketing et produits chez Primus.
Ce système de Primus est inclus dans le prix de base de ses forfaits et fonctionne autant avec les téléphones IP qu'avec les lignes terrestres régulières.
Plusieurs autres systèmes du genre sont offerts sur le marché, selon CBC, tels « Honeypot traps spam calls » ou « Nomorobo ».
Selon Maureen Mahoney, il serait très envisageable que les grandes compagnies de téléphone se dotent de tels outils pour bloquer les appels indésirables et, surtout, échanger de l'information entre elles afin de rendre les filtres encore plus efficaces. Or, il semble qu'en Amérique du Nord, les grandes compagnies de télécommunication ne soient pas très enclines à prendre la responsabilité de filtrer les appels robotisés.
CBC a contacté les géants canadiens Bell, Telus et Rogers pour connaître les raisons pour lesquelles ils n'utilisent pas les technologies existantes pour filtrer et bloquer les appels robotisés.
Les compagnies canadiennes travaillent sur le problème
Selon Jennifer Kett, directrice des relations avec les médias chez Rogers, il n'est pas si facile de traquer ces appels à très grande échelle. « Les appels robotisés sont souvent basés sur l'usurpation d'identité. C'est-à-dire que le fraudeur manipule l'identifiant de l'appelant pour le faire ressembler à un appel local. Qui plus est, les appels proviennent souvent de l'extérieur du Canada, ce qui nous rend la tâche particulièrement difficile », explique Mme Kett.
« Soyez assurés que nous prenons le problème très au sérieux et que nous travaillons avec les autres fournisseurs et le CRTC pour déterminer de quelle façon l'industrie peut combattre les appels et textos indésirables. »— Jennifer Kett, directrice des relations avec les médias chez Rogers

Mêmes arguments chez Bell, où on souligne l'efficacité des fraudeurs outre-mer pour imiter les appels locaux. « C'est un problème international et nous sommes engagés dans plusieurs projets et initiatives avec nos partenaires de l'industrie pour développer des solutions », explique pour sa part Jason Laszlo.
Ce que les grandes compagnies de télécommunication ne disent pas cependant, c'est qu'une lutte efficace contre les appels et les textos robotisés engage des sommes et des investissements importants. Reste à savoir jusqu'où les géants des télécommunications canadiennes engageront leurs ressources financières et techniques pour régler le problème.

Rapport de la commission Charbonneau: 1741 pages et 60 recommandations

http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/actualites/

Publié le 24 novembre 2015 à 19h16 | Mis à jour le 25 novembre 2015 à 07h07
La juge France Charbonneau et le commissaire Renaud... (La Presse Canadienne)
LA PRESSE CANADIENNE

La juge France Charbonneau et le commissaire Renaud Lachance ont rendu public le rapport sur la corruption dans l'industrie de la construction mardi matin.

LIA LÉVESQUE
La Presse Canadienne
Montréal
Dans son rapport tant attendu, la commission Charbonneau y va de plus d'une soixantaine de recommandations pour assainir les moeurs dans l'industrie de la construction et le financement des partis politiques, parmi lesquelles une loi pour mieux protéger les lanceurs d'alerte et, surtout, la création d'une Autorité des marchés publics.
Le rapport est toutefois assombri par un désaccord entre la présidente de la commission, la juge France Charbonneau, et le commissaire Renaud Lachance. Celui-ci a pris la peine d'écrire le «mot du commissaire» pour expliquer là où il trouve que la preuve n'a pas été si concluante.
«Je ne peux pas souscrire à la thèse développée dans la section 4,6 concluant à un lien indirect entre le versement de contributions politiques et l'octroi des contrats au niveau provincial», écrit ce dernier.
«Il y a un lien entre le développement des affaires et le financement des partis politiques au niveau provincial. Ce lien ne doit pas cependant être confondu avec celui faisant l'objet du mandat de la commission d'un lien entre l'octroi d'un contrat et le financement des partis politiques», écrit le commissaire Lachance.
Il rappelle que «tous les dirigeants d'entreprise témoins à la commission» ont répondu «non» à la question de savoir si le versement d'une contribution à un parti leur avait permis d'obtenir un contrat.
Même s'il se dit en désaccord «sur le contenu de ce chapitre, des faits saillants et de la description des stratagèmes associés à celui-ci, je suis en accord avec les recommandations liées à ce volet de notre mandat», prend-il la peine de souligner.

Financement des partis

Il reste que la commission est parvenue à formuler maintes recommandations ayant trait au financement des partis politiques.
Par exemple, elle recommande l'identification de l'employeur de celui qui fait un don à un parti politique.
Elle propose aussi que le chef d'un parti politique soit tenu de signer le rapport financier annuel du parti et qu'il y déclare qu'il a été «informé des pratiques de sollicitation de son parti et juge qu'elles sont conformes à la loi».
La CEIC propose aussi de modifier les codes d'éthique des élus municipaux et provinciaux ainsi que des membres de leur personnel afin d'interdire que des subventions ou projets soient annoncés lors d'événements de financement d'un parti politique.
Elle recommande aussi d'interdire au personnel des ministères de solliciter des contributions politiques aux fournisseurs et bénéficiaires de leur ministère.
Plus largement, en matière politique, la commission recommande de prévoir la suspension temporaire d'un élu qui est poursuivi pour corruption ou collusion et de «réfléchir» à la durée du mandat des maires.
La commission recommande aussi d'abolir le poste du Commissaire à l'éthique et à la déontologie de l'Assemblée nationale et du Commissaire au lobbyisme du Québec pour plutôt nommer un Commissaire à l'éthique et au lobbyisme. Celui-ci s'occuperait des règles d'éthique et de lobbyisme tant pour l'État québécois que les municipalités. Il serait nommé par un vote de l'Assemblée nationale avec le deux tiers des votes pour un mandat de sept ans.
De façon plus générale, elle conseille de limiter les exceptions au caractère public des délibérations des élus municipaux, afin que leurs échanges se fassent dans la transparence.
Elle recommande également de resserrer les règles concernant l'acceptation de cadeaux par des titulaires de charges publiques de la part de fournisseurs. Les audiences de la commission avaient permis de relever de nombreux cas d'invitations à des parties de hockey, sans compter les offres de bouteilles de vin et autres par des entreprises à des fonctionnaires.

Autorité des marchés

Mais la recommandation pivot de la CEIC consiste en la création d'une Autorité des marchés publics, chargée d'encadrer les marchés publics et de déceler les problèmes de malversation. Cette instance pourrait épauler les «donneurs d'ouvrage publics» dans leur gestion des contrats.
D'ailleurs, à cet effet, la CEIC propose de permettre à tous les donneurs d'ouvrage publics de pondérer les critères de prix et de qualité dans le processus d'adjudication des contrats dans la construction. Des ingénieurs s'étaient d'ailleurs plaints devant la commission de cette course au plus bas prix qui avait entraîné une baisse de la qualité des ouvrages.
De même, la commission d'enquête recommande le maintien d'une expertise au sein du ministère des Transports, qui avait transféré certaines fonctions aux firmes privées de génie. Ce ministère a déjà amorcé un certain processus pour regarnir ses rangs et la commission l'invite à poursuivre.
La commission recommande également d'étendre le champ de compétence du Vérificateur général du Québec à la gestion des municipalités de moins de 100 000 habitants.

Lanceurs d'alerte

Par ailleurs, comme on s'y attendait et comme plusieurs organismes le lui avaient suggéré, la commission recommande de mieux protéger les lanceurs d'alerte. La juge Charbonneau, dans son allocution, a d'ailleurs loué le «courage» de certains d'entre eux, comme le syndicaliste Ken Pereira, qui a dénoncé l'ancien directeur général de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis et ses dépenses, en plus de dénoncer les pratiques de discrimination dans le placement entre organisations syndicales.
La commission va jusqu'à recommander qu'on apporte aux lanceurs d'alerte un certain soutien financier «lorsque requis».
Elle propose aussi de confier au Directeur des poursuites criminelles et pénales le pouvoir d'attribuer certains avantages aux «témoins collaborateurs», comme celui d'arrêter toute procédure disciplinaire et toute procédure civile et celui d'interrompre toute réclamation fiscale contre eux au Québec

19% des enfants en situation de pauvreté au Canada

http://www.lavoixdusud.com/Actualites/National/

Publié le 25 novembre 2015

La Presse Canadienne



Les enfants «de familles racialisées et d’immigration récente», les enfants autochtones et ceux qui ont une incapacité sont plus susceptibles de vivre en situation de pauvreté, rapporte le rapport 2015 sur la pauvreté du regroupement Campagne 2000.
Aujourd’hui, 19% des enfants vivraient dans la pauvreté, en comparaison avec 15,8 pour cent en 1989. Chez les Autochtones, c’est plus du double, soit 40% des enfants, qui sont en situation de pauvreté. Cette situation, qui touche différemment les divers groupes de personnes, mène à «des inégalités persistantes sur le plan social et économique». Le dépôt du rapport «Faisons-le! Mettons fin une fois pour toutes à la pauvreté des enfants» est l’occasion pour l’organisme de lancer un appel au nouveau gouvernement libéral à adopter une stratégie nationale de réduction de la pauvreté, qui passerait notamment par des emplois stables pour les parents et un programme national de garderie.
Un homme ivre fait appel à la police pour faire démarrer son auto
Un individu de 27 ans a appris à ses dépens que faire appel à des policiers pour l'aider à démarrer son automobile tout en étant ivre n'est pas une bonne idée. La Police régionale de York, en Ontario, a reçu un appel, tôt mardi matin, d'un homme qui ne parvenait pas à déplacer son véhicule. Elle a dit que l'individu avait pu lui donner les coordonnées exactes d'où il appelait et qu'on pouvait entendre le bruit d'un moteur pendant son appel. Des agents ont pu le retrouver. Les policiers ont fait passer un test d'alcoolémie au jeune homme. Andrew Scuglia, qui demeure à Richmond Hill, fait face à une accusation d'avoir la garde ou le contrôle d'un véhicule avec les capacités affaiblies par l'alcool.
Taxe sur le carbone : l’argent ira à des programmes environnementaux
Le gouvernement néo-démocrate de l'Alberta surveillera étroitement la taxe sur le carbone, qui devrait rapporter des milliards de dollars à l'État, afin que l'argent n'aille qu'à des programmes environnementaux, a assuré mardi la première ministre, Rachel Notley. De tout l'argent récolté, rien ne sera consacré à d'autres dépenses, comme la réduction du déficit ou de la dette. «Chaque cent amassé par la taxe sur le carbone sera immédiatement recyclé dans l'économie», a expliqué Mme Notley à des journalistes, mardi.

Les premiers réfugiés syriens arrivent à Montréal: l'échéancier repoussé à février

http://www.985fm.ca/national/nouvelles/

Publié par Léandre Drolet pour CogecoNouvelles le mardi 24 novembre 2015 à 23h03. Modifié par Charles Payette le mercredi 25 novembre 2015
Les premiers réfugiés syriens arrivent à Montréal: l'échéancier repoussé à février
(Cogeco Nouvelles) - Les premiers réfugiés syriens parrainés au privé sont arrivés à l'aéroport Montréal-Trudeau, mardi soir. Les réfugiés étaient moins nombreux que prévu, car certains auraient eu des problèmes d'ordre administratif.
La ministre québécoise Kathleen Weil
 
 
 
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Une vingtaine de nouveaux arrivants ont atterri en début de soirée et leurs proches étaient nombreux pour les voir franchir les portes et faire leur entrée au Canada.
Le gouvernement canadien entend toujours accueillir 25 000 réfugiés syriens, mais il a revu son échéancier.
Québec, aujourd'hui...
Ottawa souhaitait d'abord qu'ils arrivent tous au pays avant la fin de l'année. Finalement, ce sont plutôt 10 000 d'entre eux qui s'amèneront au Canada d'ici là. Les 15 000 autres devraient se présenter au pays d'ici la fin du mois de février.
La ministre québécoise de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil, estime qu'il s'agit tout de même d'un défi de taille dans les prochaines semaines.
Le gouvernement du Québec dévoilera sa stratégie d'accueil, aujourd'hui.