mercredi, octobre 28, 2015

Jour 1 du procès de Stéphanie Trudeau: «Matricule 728» regarde les vidéos sans broncher

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Publié par Jacques Thériault pour CogecoNouvelles le mardi 27 octobre 2015 à 20h09. Modifié par Charles Payette le mercredi 28 octobre 2015
Jour 1 du procès de Stéphanie Trudeau: «Matricule 728» regarde les vidéos sans broncher
youtube
MONTRÉAL - Le procès pour voies de fait de la policière Stéphanie Trudeau, connue sous le nom de Matricule 728, s'est ouvert, mardi à Montréal, avec 1 heure 30 de retard, en raison des manifestations des fonctionnaires.

Le procès devrait durer cinq jours, mais ne reprendra que vendredi.
On en parle en ondes :
Pendant un peu plus d'une heure, des manifestants ont ainsi bloqué, mardi matin, les accès à l'édifice situé dans le Vieux-Montréal.
Me Jean-Pierre Rancourt qui représente l'ex-policière de 43 ans a déposé une requête en arrêt des procédures. Selon lui, l'accusation de voie de fait de sa cliente résulte d'une entente entre la Couronne et les personnes appréhendées.
Le juge a décidé d'entendre la preuve avant de trancher.
Cinq vidéos
La Couronne a donc commencé à étaler sa preuve. On a présenté des vidéos réalisées par des gens qui ont été témoins de l'arrestation musclée à laquelle a procédé le matricule 728, le 2 octobre 2012, sur l'avenue Papineau, à Montréal.

Stéphanie Trudeau, qui est accusée de voies de fait simple, a suivi le déroulement des procédures sans broncher.

Douloureux souvenirs réveillés pour trois Innues

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/

EXCLUSIF
Publié le 28 octobre 2015 à 05h00 | Mis à jour à 07h34
Avant de retourner dans leur dur passé, les... (Collaboration spéciale, Fanny Lévesque)
COLLABORATION SPÉCIALE, FANNY LÉVESQUE

Avant de retourner dans leur dur passé, les trois femmes innues ont effectué un rituel autochtone au cours duquel elles ont fait brûler de la sauge, puis disperser la fumée autour d'elles.

<p>Fanny Lévesque</p>
FANNY LÉVESQUE
Collaboration spéciale
Le Soleil
(Sept-Îles) Les révélations troublantes des femmes autochtones de Val-d'Or ont réveillé le monstre qui sommeillait au plus profond de certaines Innues de la Côte-Nord. Trois d'entre elles ont souhaité raconter leur histoire au Soleilet ainsi faire parler leur mémoire, silencieuse depuis trop longtemps.
Réunies dans un salon de la communauté d'Uashat, elles allument de la sauge qu'elles font brûler un peu avant de disperser la fumée autour d'elles, un rituel autochtone qu'elles ont tenu à réaliser avant de retourner dans leur dur passé. Elles ont choisi de préserver leur anonymat.
Mme Jourdain* est la première à prendre la parole. «J'avais le goût de vomir, le coeur me levait.» Le reportage d'Enquête a remué en elle un souvenir vieux d'il y a 30 ans. Elle allègue que sa soeur et elle ont été abusées par un policier à Schefferville, à la sortie d'un bar. «On avait bu, il nous a amenées au poste.»
«J'étais dans une cellule et ma soeur dans l'autre, il était avec elle. Elle criait, pleurait [...] J'avais vécu des abus dans ma jeunesse et je savais ce que ma soeur était en train de vivre, je ne voulais pas ça.» Après un long silence, elle reprend. «Un moment donné, il est venu m'ouvrir la porte, il m'a taponné les seins, j'étais comme figée.»
«J'ai eu très peur, confie-t-elle, des sanglots dans la voix. Il m'a dit : "Tu sors". Il a fait la même chose avec ma soeur, même la sortie c'était très humiliant, je ne pense pas qu'on a touché à terre.» Peu de temps après, Mme Jourdain quitte Schefferville, laissant derrière elle son passé. «C'est la première fois que j'en parle aujourd'hui.»
«Ma vie a été un enfer après. Je consommais, je consommais [...] J'ai fait une tentative de suicide, j'ai été dans le coma pendant trois jours. En me réveillant, j'ai entendu ma fille me dire qu'elle avait besoin de moi. C'était la première fois que je sentais que j'étais d'une certaine façon importante pour quelqu'un.»
C'est à ce moment que Mme Jourdain a traversé la tempête qui l'habitait. «J'ai travaillé sur moi pour être capable de vivre et pas juste survivre.» Elle parle maintenant pour sa petite-fille. «Je peux pas croire que j'entends des histoires comme ça, en 2015.»
Toujours la peur 
Depuis la diffusion de l'émission Enquête, Geneviève* a été replongée dans un profond questionnement. Dans son cas, les autorités attendent son feu vert pour entamer des procédures contre son présumé agresseur, son professeur de l'époque.
«Toutes les démarches sont faites, la plainte est déposée, la police m'a rappelée et ça fait trois mois que je ne suis pas capable de prendre une décision, lance-t-elle. J'ai peur qu'on me reconnaisse, qu'on me dise que je n'ai pas assez d'éléments, j'ai peur de perdre, c'est tout ça mon inquiétude.»
Il y a une vingtaine d'années, son enseignant, un autochtone, l'aurait amenée dans le bois pour lui demander «de faire quelque chose». Encore aujourd'hui, elle peine à mettre des mots sur l'abus dont elle aurait été victime. «Quand je me parle, je me dis : j'avais 15 ans, il n'avait pas le droit, il était en position d'autorité.»
«[Les abus] c'est tellement banalisé qu'on se banalise en tant que personne, on va vivre avec ça, en niant [...] C'est de la honte qu'on vit», poursuit-elle.
Lien de confiance brisé 
Shayanna* salue pour sa part le courage des femmes de Val-d'Or qui ont pris la parole en public. «Ça prenait ça pour avoir une sorte de libération», assure-t-elle. L'Innue dit avoir été confrontée à un très jeune âge à des actes de racisme dans les bars, il y a plusieurs années. Une grande colère a grandi en elle, à l'époque.
Selon elle, les autorités ne mettent pas les autochtones sur le même pied d'égalité. Elle raconte un épisode où elle aurait été victime de viol par un homme de la communauté. «Le médecin m'a incitée à porter plainte.» Ce qu'elle a fait, mais après quelques mois, elle aurait été incitée à abandonner ses démarches par manque de preuve, ce qu'elle attribue au fait qu'elle soit autochtone. 
«Il faut qu'on se lève, il faut que ça s'arrête. Mon souhait, c'est qu'on soit bien dans notre peau», assure celle qui affirme avoir pris sa vie en main, il y a huit ans.
*Noms fictifs

Comment aider les victimes?

«Je peux dire que ç'a brassé beaucoup de choses», soulève la coordonnatrice du centre Tipinuaikan de Uashat mak Mani-Utenam, qui accueille des femmes autochtones victimes de violence conjugale et familiale.
«Maintenant, qu'est-ce qu'on va faire pour aider toutes ces personnes-là?» interroge Marie-Claude Riverin. «Je vous dirais que 80 % des femmes que j'ai côtoyées depuis la diffusion de l'émission ont vécu une sorte d'abus, de violence. Mais la peur est tellement ancrée qu'elles ne veulent pas dénoncer», assure-t-elle.
Selon elle, les gouvernements devront réagir rapidement aux allégations faites par les autochtones de Val-d'Or. «Il va falloir se munir d'un plan stratégique pour offrir de l'aide, surtout en milieux isolés. Il faut développer des services à l'image des autochtones, être à leur écoute.»
Le centre Tipinuaikan dessert des femmes issues des huit communautés de la Côte-Nord, d'aussi loin de Pakua Shipu, à 500 kilomètres à l'est de Sept-Îles. «C'est le moment de dénoncer et utiliser les femmes de Val-d'Or, cet élément déclencheur doit servir.»  

Lutte contre la corruption: démission d'une importante procureure

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/actualites-judiciaires/

Publié le 28 octobre 2015 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Marie-Hélène Giroux... (ARCHIVES PC)
Marie-Hélène GirouxARCHIVES PC

Vincent Larouche
Dur coup pour la lutte contre la corruption devant les tribunaux: la procureure qui pilotait le processus judiciaire contre l'ancien maire Michael Applebaum et le groupe d'accusés dans le scandale du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) démissionne de son poste, a apprisLa Presse.
Me Marie-Hélène Giroux, qui était l'une des procureures de la Couronne les plus en vue au Bureau de lutte à la corruption et à la malversation (BLCM), a annoncé son départ du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) au cours des derniers jours.
Selon nos sources, sa décision a semé l'émoi au sein des troupes au DPCP, d'autant plus qu'elle ne serait pas la seule parmi les procureurs anticorruption à avoir amorcé une réflexion sur son avenir.
La principale intéressée a assuré qu'il n'y avait aucun problème avec les dossiers qu'elle pilotait devant les tribunaux. Elle dit quitter l'organisme en très bons termes.
«C'est une décision personnelle, le fruit d'une réflexion mûrie. J'ai réalisé que je n'étais pas très à l'aise dans le cadre de la fonction publique. Et la restructuration des équipes au DPCP a été un catalyseur, car on nous a demandé de faire une réflexion sur notre carrière, ce que nous voulons faire», a-t-elle confié  au téléphone hier.
La Presse avait révélé à la fin septembre que le DPCP restructurerait complètement ses équipes de lutte contre le crime organisé et la corruption.
Le Bureau de lutte au crime organisé (BLACO), le Bureau de lutte aux produits de la criminalité (BLPC) et le Bureau de lutte à la corruption et à la malversation (BLCM) seront fusionnés et regroupés à Montréal. Leurs antennes régionales seront fermées. Des procureurs très spécialisés, qui ont passé des années à acquérir une expertise de pointe, seront appelés à se transformer en généralistes. Ce chamboulement des affectations devrait permettre au gouvernement de réaliser des économies.
Me Marie-Hélène Giroux était entrée au BLCM en 2012. Elle a notamment piloté les premières procédures criminelles contre l'ancien maire de Montréal Michael Applebaum, qui attend toujours son procès pour corruption. Surtout, elle a préparé le procès des anciens dirigeants du CUSM et de SNC-Lavalin, accusés relativement à un gigantesque scandale de pots-de-vin lié à la construction du nouveau centre hospitalier.
Preuve abondante
La cause, très dense et très complexe, s'appuyant sur une preuve abondante, l'opposait à plusieurs avocats de la défense jouissant d'une grande renommée, contre qui elle a bataillé ferme au cours des dernières années. «Elle avait le dossier au complet dans sa tête, elle aurait pu aller à procès dès demain matin», a confié à La Presse un de ses anciens collègues, avocat lui aussi.
La poursuite a déjà obtenu de la conjointe d'Arthur Porter, le défunt patron du CUSM, qu'elle plaide coupable à des chefs de recyclage des produits de la criminalité dans ce dossier. Les autres accusés, dont l'ancien PDG de SNC-Lavalin Pierre Duhaime, attendent toujours leur procès.
C'est la procureure Nathalie Kleber qui reprend le dossier à partir de maintenant.
Marie-Hélène Giroux, qui aura 50 ans cette année et est mère de six enfants, retournera quant à elle à la pratique privée du droit criminel. Elle continuera d'enseigner le droit à l'Université de Montréal.

Il y a 20 ans, le Québec se divisait en deux

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/

Publié le 28 octobre 2015 à 06h55 | Mis à jour à 06h55
Le résultat du référendum de 1995 - 50,58 %... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Le résultat du référendum de 1995 - 50,58 % pour le Non, contre 49,42 % pour le Oui - aurait difficilement pu être plus serré.

PIERRE SAINT-ARNAUD
La Presse Canadienne
Il y a 20 ans, le 30 octobre 1995, le Québec se divisait presque parfaitement en deux sur ce qui s'est avéré le scrutin le plus déchirant de son histoire contemporaine.
Le résultat du référendum sur la souveraineté - 50,58 % pour le Non, contre 49,42 % pour le Oui - aurait difficilement pu être plus serré et démontre à quel point l'idée d'indépendance a suscité à ce moment de son histoire l'ambivalence d'un peuple.
Mais ambivalence ne signifiait pas indifférence, bien au contraire: jamais auparavant et jamais depuis a-t-on vu un plus haut taux de participation, soit 93,25 %. À titre de comparaison, plusieurs observateurs ont souligné la participation «élevée» de 68,5 % lors la dernière élection fédérale. Même le référendum de 1980 n'était pas venu près de ce résultat, avec un taux de 85,6 %.
Et en bout de ligne, l'exercice de 1995 s'est avéré, jusqu'à nouvel ordre, le dernier d'une série d'échecs en vue de redéfinir le Canada.
«1995 était la culmination de tentatives de changement qui ont échoué des deux côtés: les souverainistes n'ont pas réussi à gagner leurs référendums et les fédéralistes n'ont pas réussi à réformer la Constitution», estime John Parisella, ex-chef de cabinet de Robert Bourassa et Daniel Johnson, qui agissait comme conseiller pour le camp du Non à l'époque.

Le référendum était, à cet effet, l'aboutissement logique d'une suite d'événements constitutionnels, amorcés par le référendum de 1980.
Le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982 par le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau après la défaite retentissante du Oui en 1980 avait laissé le Québec sur la voie d'accotement.
Ottawa avait ensuite tenté en vain à deux reprises, sous l'impulsion du conservateur Brian Mulroney, de ramener le Québec dans le giron constitutionnel, d'abord avec l'Accord du lac Meech qui devait sombrer aux mains des politiques en 1990 et ensuite avec l'Accord de Charlottetown, qui a été rejeté, lui, par l'électorat.
L'échec de Meech avait provoqué une crise à Ottawa, amenant la défection tant de libéraux que de conservateurs qui devaient se rejoindre sous le parapluie du Bloc québécois, dirigé par le ministre démissionnaire Lucien Bouchard, redoutable tribun qui allait devenir un joueur-clé dans la campagne québécoise pour défaire l'Accord de Charlottetown.
Tout se met en place
Le mécontentement du Québec tout entier s'était ensuite matérialisé l'année suivante avec une rare puissance, la province envoyant 54 députés du Bloc québécois à Ottawa, une situation qui avait semé la consternation au Canada anglais, qui n'aurait jamais cru possible que des souverainistes puissent former l'opposition officielle aux Communes.
Puis, l'élection de Jacques Parizeau et du Parti québécois le 12 septembre 1994 venait placer le dernier tronçon pavant la voie à un référendum sur la souveraineté. Malgré un score presque identique en termes de suffrages - 44,7 % au PQ contre 44,4 % au Parti libéral du Québec dirigé par Daniel Johnson - la disposition de la carte électorale allait offrir 77 sièges aux troupes souverainistes contre 47 au PLQ, soit une majorité confortable lui permettant d'aller de l'avant.
En juin 1995, le Parti québécois, le Bloc et la toute nouvelle Action démocratique du Québec, dirigée par son seul député élu, Mario Dumont, forment une coalition pour le Oui. Le recrutement du jeune Dumont, alors âgé de 25 ans, représente une prise importante puisqu'il incarne cette frange des libéraux provinciaux nationalistes déçus de l'alignement de leur parti sur l'Accord de Charlottetown et qui réclament des pouvoirs accrus et plus d'autonomie pour le Québec.
De la campagne référendaire, déclenchée le 1er octobre, retenons trois éléments: la formulation de la question référendaire, la remise des rênes de la campagne du Oui à Lucien Bouchard et le grand rassemblement fédéraliste du 27 octobre.
Dans le premier cas, la question de près de 40 mots fait référence à un «partenariat économique et politique» avec le Canada, au projet de loi sur l'avenir du Québec et à l'entente de juin entre les trois partis souverainistes. L'objectif est clairement de rassurer, mais elle ouvre la porte à une foule de remontrances des fédéralistes.
« S'ils posaient la question «Voulez-vous vous séparer du Canada», point final, je serais le premier à le reconnaître, s'ils avaient l'honnêteté de poser une question absolument claire aux Québécois», s'insurgeait alors le premier ministre canadien Jean Chrétien.
«On a négocié chaque mot et moi j'étais d'accord avec tout ce que l'on a avancé. Je n'avais aucun malaise durant la campagne», rétorque aujourd'hui Mario Dumont, qui disait à l'époque n'avoir rencontré aucun citoyen qui ne savait pas pourquoi il votait.
Le Oui remonte...
Il fallait toutefois beaucoup plus qu'une question, aussi douce fût-elle, pour gagner un tel pari. Aussi tard qu'au printemps 1995, personne ne donnait une chance aux souverainistes, se remémore l'ex-premier ministre Bernard Landry.
«Six mois avant le référendum de 1995, on était à 30 %, les souverainistes, et quelques mois plus tard, on était à 50 %», dit-il.
Cette hausse avait commencé à se manifester en début de campagne, mais les quelque 40 % que recueillait alors le Oui ressemblaient de plus en plus au plafond de 1980. Jusqu'à ce qu'en cours de campagne, constatant à quel point les foules étaient magnétisées par le charisme de Lucien Bouchard, le camp du Oui, Jacques Parizeau en tête, lui confie le rôle de porte-étendard.
À compter de ce moment, environ trois semaines avant le vote, le camp du Non a senti le tapis lui glisser sous les pieds. Les sondages montraient une progression inquiétante de l'adversaire, au point où la souveraineté devenait une réelle possibilité.
La poussée des forces du Non devait culminer avec le grand rassemblement de la Place du Canada, aussi affublé du titre de «love-in», le 27 octobre au centre-ville de Montréal, où des dizaines de milliers de Canadiens de l'extérieur de la province viennent manifester leur attachement au Québec.
L'effet de ce rassemblement demeure un sujet de controverse qui ne sera sans doute jamais résolu. Outre le fait que les fonds utilisés pour financer ce rassemblement, que ce soit sous la forme de tarifs d'autocar et d'avion réduits, d'organisation logistique et autres, soient un motif de contentieux en vertu des règles de financement, il reste difficile d'évaluer encore aujourd'hui l'influence qu'a pu avoir la manoeuvre.
... le Non l'emporte
La soirée du vote demeure l'une des plus tendues de l'histoire politique moderne; en début de soirée, le Oui est en avance, puis, à mesure que se poursuit le dépouillement, le Non remonte tranquillement la pente pour finalement s'établir gagnant.
La défaite est tellement amère qu'elle amènera Jacques Parizeau, un homme habituellement très cérébral et posé, à prononcer la phrase malheureuse sur le rôle «de l'argent et des votes ethniques» dans la victoire du Non, qui lui collera à la peau pour le reste de ses jours.
Devant ce Québec divisé comme jamais auparavant, M. Parizeau annoncera qu'il quitte son poste de premier ministre le lendemain, laissant la porte ouverte à celui qui, à défaut de les avoir menés au pays, avait conquis une large part de l'électorat québécois.

L'ultimatum lancé par les chefs autochtones aussitôt rejeté par Philippe Couillard

http://ici.radio-canada.ca/regions/abitibi/

Mise à jour le mardi 27 octobre 2015 à 18 h 16 HAE
Le premier ministre Philippe Couillard a poliment rejeté l'ultimatum lancé mardi par l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) dans la foulée des allégations d'agressions sexuelles et d'abus de confiance contre des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) à Val-d'Or. Les leaders autochtones exigeaient une rencontre d'ici 24 heures.
Le bureau du premier ministre rappelle que celui-ci a posé plusieurs gestes depuis la diffusion du reportage de Radio-Canada qui a tout déclenché, dont la nomination d'un observateur à l'enquête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
« De plus, deux ministres se sont déplacés à Val-d'Or dimanche dernier et aujourd'hui, ils ont annoncé des mesures de soutien qui aideront à répondre aux besoins immédiats de la situation », a ajouté son porte-parole Harold Fortin, par voie de communiqué.
Les demandes de l'APNQL
Plus tôt dans l'après-midi, les chefs autochtones de l'APNQL s'étaient réunis à Val-d'Or pour exprimer leur solidarité envers les femmes qui ont dénoncé les agressions qu'elles disent avoir subies de la part de policiers de la SQ.
Leur grand chef, Ghislain Picard, a parlé d'une rencontre très émotive, au cours de laquelle certains représentants des Premières Nations ont exprimé leur colère. Les chefs ont adopté une position commune, notamment sur la mise à disposition de ressources de soutien continu aux femmes autochtones de la communauté de Val-d'Or.
Ghislain Picard a aussi donné un ultimatum au premier ministre Philippe Couillard, afin qu'il rencontre les représentants des Premières Nations d'ici 24 heures
« Le premier responsable de cette crise, ici, à Val-d'Or, c'est le premier ministre du Québec. Donc, on demande que le premier ministre, M. Couillard, se manifeste dans les meilleurs délais possible, dans les 24 prochaines heures. »— Ghislain Picard, chef de l'APNQL

« Notre intention est de sommer [le premier ministre] à une rencontre des Premières Nations au niveau du Québec et du Labrador. Il n'a pas le choix. Il doit assumer ses responsabilités et rencontrer les Premières Nations », a précisé M. Picard.
Il a ensuite insisté sur la nécessité d'une enquête indépendante. « Le lien de confiance est brisé entre nos autorités, nos communautés et les autorités policières, que ce soit la Sûreté du Québec, le SPVM ou même la Gendarmerie royale du Canada », a déclaré M. Picard. Il a souhaité que le mécanisme de déposition de plainte se poursuive auprès du SPVM, en insistant sur la demande qu'une entité policière autochtone fasse la surveillance du processus de déposition de plainte.
De courts délais en vue de la commission d'enquête fédérale sur les femmes autochtones sont aussi exigés.
Environ 40 représentants de nations autochtones étaient présents mardi au Centre d'Amitié autochtone de Val-d'Or. Sept des 10 nations autochtones du Québec et du Labrador étaient représentées.
Le chef de la communauté de Nemaska, Greg Jolly, explique qu'il a assisté à la rencontre « pour écouter ce qui arrive à toutes les communautés », parce que les allégations révélées par l'équipe d'Enquête ont « un impact sur tout le monde ». « Je suis ici pour supporter les femmes aussi », a-t-il précisé.
Le député fédéral d'Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Romeo Saganash
Le député fédéral d'Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Romeo Saganash  Photo :  ICI Radio-Canada/Francis Labbé
Le député fédéral d'Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Romeo Saganash, s'était dit optimiste par rapport à l'issue de cette rencontre. « C'est toujours dans l'adversité qu'on arrive à trouver le meilleur de nous-mêmes et c'est ce qui va se passer ici », a-t-il dit.
Selon Ghislain Picard, il faut rétablir la confiance et trouver des solutions. « Même si on est au stade des allégations, dit-il, il n'en demeure pas moins que c'est une crise sans précédent et que ça cause un clivage énorme entre notre communauté et le système de justice. Donc, il faut se pencher là-dessus et voir comment, collectivement, nous allons intervenir comme chefs des différentes communautés, différentes nations. »

Nigeria : 300 femmes et enfants captifs de Boko Haram libérés

http://www.lepoint.fr/monde/

192 enfants et 138 femmes ont été délivrés par les forces armées nigérianes à la suite des opérations menées contre le groupe islamiste.


Publié le  | Le Point.fr
L'insurrection a fait au moins 17 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés depuis 2009. Image d'illustration.
L'armée nigériane a annoncé avoir délivré plus de 300 femmes et enfants qui étaient détenus par le groupe islamiste Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. « Une unité de l'armée a secouru 338 personnes retenues en captivité par les terroristes », dont 192 enfants et 138 femmes, lors d'opérations menées mardi, a déclaré l'armée. Ces opérations visaient « des camps présumés des terroristes de Boko Haram dans les villages de Bulajilin et Manawashe » dans la région de la forêt de Sambisa, un fief des rebelles islamistes. Trente membres présumés de Boko Haram ont été tués par l'armée, qui a également récupéré des armes et des munitions.
Dans ce même communiqué, l'armée affirme également avoir pris en embuscade et tué quatre insurgés présumés qui se dirigeaient vers la ville de Gubula dans l'État voisin d'Adamawa pour y mener des attentats-suicides, saisissant également des armes, des munitions, des obus de mortier et de l'argent. L'armée de l'air a déclaré mardi avoir lancé des frappes sur les entrepôts de véhicules et de carburant du groupe islamiste « dans un effort renouvelé pour dégrader davantage » ses ressources. Selon le chef de l'armée de l'air Sadique Abubakar, ces frappes « ouvrent la voie à l'assaut final » par les troupes au sol.

Quelques succès, mais les raids meurtriers

L'armée fait régulièrement état de succès dans sa lutte contre l'insurrection. Fin septembre, elle affirmait avoir sauvé 241 femmes et enfants au cours d'opérations contre les insurgés dans le nord-est du pays. Mais les raids meurtriers et attentats-suicides perpétrés par Boko Haram se succèdent à un rythme quasi quotidien, malgré la promesse du président Muhammadu Buhari d'en finir avec les insurgés d'ici à la fin de l'année. Il a obtenu des succès militaires, avec l'aide de l'armée tchadienne notamment, mais Boko Haram apparaît loin d'être vaincu.
Les insurgés islamistes ont intensifié leurs attaques contre des cibles civiles au cours des derniers mois et, selon Amnesty International, ont enlevé au moins 2 000 femmes et filles au Nigeria depuis janvier 2014. L'enlèvement par Boko Haram de plus de 200 lycéennes à Chibok, en avril 2014, avait notamment suscité une indignation internationale. Boko Haram, dont l'insurrection a fait au moins 17 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés depuis 2009, est tenu pour responsable de la mort de plus de 1 420 personnes depuis la prise de fonctions du président Buhari le 29 mai, selon un décompte établi par l'AFP. Le Nigeria et ses voisins, également ciblés par Boko Haram - Cameroun, Tchad, Niger et Bénin -, ont mis sur pied une Force d'intervention conjointe multinationale (MNJTF) pour combattre le groupe islamiste.

Deux cigarettiers devront verser un cautionnement de près d'un milliard

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Publié par La Presse Canadienne le mardi 27 octobre 2015 à 22h31.
Deux cigarettiers devront verser un cautionnement de près d'un milliard
MONTRÉAL — Les cigarettiers Imperial Tobacco Canada et Rothmans, Benson & Hedges se voient ordonner par la Cour d'appel du Québec de verser en cautionnement un total de près d'un milliard de dollars dans une cause en appel.
Écoutez le reportage :
 
 
 
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En vertu d'un jugement rendu par la Cour supérieure du Québec à la fin du mois de mai — et porté en appel —, une somme totale de plus de 15,6 milliards $ doit être versée par les cigarettiers aux fumeurs qui sont soit tombés malades, soit devenus dépendants de la cigarette.

Le Conseil québécois sur le tabac et la santé, répondant dans ce recours collectif, a parlé, mardi, d'une «belle victoire» et d'une «caution morale» pour les victimes en attendant que les tribunaux se prononcent sur le fond de ce dossier.

«On est très content de la décision, c'est une belle victoire pour les victimes du tabac, qui finalement vont avoir la certitude, la possibilité d'avoir de l'argent si au terme d'un appel, la décision est maintenue sur le jugement de mai dernier», a dit en entrevue le directeur général du Conseil québécois sur le tabac et la santé, Mario Bujold.

L'organisation craignait de ne pas voir la couleur de l'argent advenant une victoire au bout du compte, disant que ces entreprises pourraient envoyer leurs profits à la société mère et ne pas compter les actifs nécessaires au pays en cas de revers dans la cause.

«Ça aurait pu être très long, ou même impossible. Les compagnies, ici, faisaient vraiment tout pour que leurs actifs se retrouvent à l'étranger, à la maison mère. (...) Ça mettait en péril l'accès à la justice des 100 000 victimes que nous représentons dans ce recours collectif», a affirmé M. Bujold.

Ce cautionnement de 984 millions $ représente une certaine garantie pour les victimes, selon le Conseil québécois sur le tabac et la santé.

Ainsi, Imperial Tobacco Canada devra verser à partir de décembre, au fil des six prochains trimestres, un dépôt de garantie à la Cour de 758 millions $, et Rothmans, Benson & Hedges (RBH) devra faire de même pour un montant de 226 millions $.

Des trois cigarettiers déjà condamnés à verser des dommages, JTI Macdonald ne figure pas dans ce jugement portant sur un cautionnement.

M. Bujold, a expliqué que JTI s'était déjà placé sous la loi de protection contre les créanciers et qu'il ne pouvait pas être représenté en cour «dans un délai raisonnable». L'entreprise avait eu recours à ce procédé en 2004 alors qu'elle avait été mise en demeure par le gouvernement du Québec de rembourser 1,4 milliard $ pour contrebande et taxes impayée.

Tout en parlant d'un montant en cautionnement «jamais vu», M. Bujold a rappelé que les répondants avaient d'abord demandé à la Cour d'appel un montant de 4,3 milliards $.

Imperial Tobacco Canada a dit regretter que la Cour d'appel du Québec ait accueilli la demande de cautionnement déposée par les plaignants. Il estime qu'il n'a pas à garantir un paiement avant que tous les recours soient épuisés et qu'un jugement définitif soit rendu.

«Imperial Tobacco Canada continue de s'opposer au jugement global rendu par la Cour supérieure du Québec. Il est injustifié de tenir les sociétés productrices de tabac légales responsables des choix personnels des consommateurs adultes, et l'organisation continuera de défendre sa position avec vigueur lors de son pourvoi en appel du jugement», a réagi le cigarettier par communiqué.

RBH, affilié à Philip Morris International, a pris acte de la décision, et a dit concentrer ses efforts dans son appel.

Le cigarettier a estimé par communiqué avoir des «arguments solides» pour renverser le jugement initial étant donné l'«absence totale de preuve» des plaignants pouvant relier la consommation de tabac «d'un quelconque membre du recours à tout acte repréhensible allégué de l'entreprise».