vendredi, octobre 16, 2015

Harper refuse de spéculer sur un gouvernement conservateur minoritaire

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Publié le 16 octobre 2015 à 13h12 | Mis à jour à 13h12
Le chef conservateur Stephen Harper (au centre) en... (Le Soleil, Patrice Laroche)
LE SOLEIL, PATRICE LAROCHE

Le chef conservateur Stephen Harper (au centre) en compagnie de ses candidats de la région de Québec était de passage dans la capitale, vendredi matin.

LINA DIBPATRICE BERGERON
La Presse Canadienne
Québec
Le chef conservateur Stephen Harper refuse de s'engager à rappeler le Parlement dans les 60 jours après le vote de lundi, s'il est élu encore une fois premier ministre.
Ses rivaux libéral, néo-démocrate et bloquiste ont fait savoir qu'un gouvernement Harper minoritaire ne survivrait pas. Ils s'assureraient de le défaire au premier vote aux Communes.
Vendredi matin, de passage à Québec, le premier ministre sortant n'a pas voulu répondre à un journaliste qui cherchait à savoir si M. Harper s'accrocherait au pouvoir en retardant les travaux parlementaires, après le 19 octobre.
«Je vais m'abstenir de spéculer sur des scénarios d'ici à lundi», a-t-il plutôt répondu.
Avant le court point de presse, le chef conservateur avait livré son discours à une petite assemblée de 150 partisans. Ils se sont tous levés, scandant son nom, lorsqu'il a fait référence à sa promesse d'interdire le niqab dans les cérémonies de citoyenneté.
C'est un pan du discours conservateur que M. Harper réserve au public québécois. Depuis le début de la semaine, il se contente de parler économie et impôts dans ses sorties de campagne dans le reste du pays.
Québec a eu droit, comme les autres, au bruit de la caisse enregistreuse pendant qu'une militante conservatrice déposait des billets de banque sur une table pour illustrer ce qu'il y aurait à perdre si M. Harper n'est pas réélu.
Affaire Gagnier
Le chef conservateur n'a pas manqué par ailleurs d'en rajouter sur l'affaire Daniel Gagnier, coprésident de la campagne libérale qui a été largué après la divulgation d'un courriel dans lequel il donnait des conseils de lobbying au promoteur du projet d'oléoduc Énergie Est.
Selon M. Harper, aucun parti ne va aussi bas que les libéraux, qui baignent encore dans la culture qui prévalait à l'époque du scandale des commandites, il y a près de 20 ans.
«Il n'y a pas de preuve de tel comportement de la part de n'importe quel autre parti. C'est encore une question de comportement dans cette élection, c'est encore la culture du scandale des commandites du Parti libéral qui persiste», a-t-il dit.
Pont de Québec
Par ailleurs, M. Harper n'a pas voulu répondre à la demande des maires de Québec et de Lévis qui veulent maintenant qu'Ottawa achète le pont rouillé de Québec. M. Harper s'est contenté de répéter que le CN doit venir à la table discuter de cette affaire.

Élection fédérale : l’«affaire» Dan Gagnier décodée

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Daniel Gagnier - un exemple parmi d'autres du phénomène de plus en plus répandu des «portes tournantes» entre le monde politique, le milieu des affaires et plus spécifiquement ici, l'industrie pétrolière.

JOSÉE LEGAULT
MISE à JOUR 
Daniel Gagnier - un exemple parmi d'autres du phénomène de plus en plus répandu des «portes tournantes» entre le monde politique, le milieu des affaires et plus spécifiquement ici, l'industrie pétrolière.  À quelques jours de l’élection fédérale, courtoisie d’un ex-chef de cabinet de Jean Charest, le chef libéral Justin Trudeau est soudainement aux prises avec une question sérieuse d’éthique.
Le coprésident de la campagne libérale, Dan Gagnier, démissionnaitmercredi après que La Presse Canadienne ait révélé qu’il avait rédigé tout récemment des conseils pour TransCanada Corp. – une puissante firme albertaine spécialisée dans le «transport» du pétrole, du gaz naturel et autres «produits énergétiques» -, sur «comment approcher le prochain gouvernement pour faciliter leurs projets comme celui du pipeline Énergie Est».
TransCanada est entre autres porteur des projets controversés de pipelinesKeystone XL  et Énergie Est.
On a également appris que M. Gagnier était en fait sous contrat avec TransCanada depuis le printemps dernier pour des «conseils de communication». Traduction : M. Gagnier «conseillait» TransCanada en même temps qu’il «conseillait» de près Justin Trudeau sur la campagne libérale. Y a-t-il eu ou non vase communicant entre les deux fonctions? Dans les circonstances, la question est inévitablement posée.
Happé par cette situation trouble de possible conflit d’intérêts, le chef libéral lance qu’il a fait ce qu'il fallait sur le plan éthique en mettant fin à leurs liens pour «longtemps».
Pour Stephen Harper, Thomas Mulcair et Gilles Duceppe, c’est un cadeau tombé du ciel en cette fin de campagne aux résultats imprévisibles.
De concert, ils accusent chacun les libéraux de retomber dans les mêmes travers qui les a menés au scandale des commandites sous Jean Chrétien. Le message sous-jacent étant de deux ordres. 1) Les libéraux sont facilement corruptibles. 2) Par conséquent, Justin Trudeau ne représente pas le «vrai» changement.
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À ne pas confondre, aussi tentant que cela puisse être...
Or, au-delà de ces attaques attendues et de bonne guerre, confondre l’«affaire Gagnier» et la culture du «tout m’est dû» derrière le scandale des commandites est une erreur de fait.
Le scandale des commandites était une sordide histoire de détournement de fonds publics sous le gouvernement Chrétien à des fins partisanes et d’enrichissement personnel. L’enrichissement étant celui d’une brochette de «publicistes» proches du PLC gâtés par une kyrielle de contrats publics. Le tout, suivant le référendum de 1995, sous le prétexte fallacieux de «publiciser» le Canada – en fait, l’«unité nationale» que le PLC identifiait en même temps à son propre «branding» politique.
Et la partisanerie se trouvant dans le détournement d’une partie de ces fonds publics déjà détournés pour garnir illégalement les coffres du Parti libéral du Canada.
A-t-on même besoin de rappeler aussi, du côté conservateur, le «scandale du Sénat» sous Stephen Harper ?
L’«affaire» Gagnier est d’une autre nature.
Elle est un exemple, parmi d’autres, de l’influence marquée de l'industrie pétrolière auprès des pouvoirs publics. Ici comme ailleurs. Et de la grande proximité que les unit.
C’est un exemple de lobbyisme croisé où les intérêts financiers de l’industrie pétrolière courtisent les intérêts politiques des partis. Ou plus précisément, des partis politiques qui sont au pouvoir ou qui encore, ont de bonnes chances d’y être un jour.
En 2013, j’écrivais ceci sur l’«inquiétude grandissante face à l’influence parfois démesurée du pouvoir de l’argent sur les processus décisionnels politiques et l’adoption de lois aptes à mieux protéger les intérêts des firmes capables de se payer des lobbyistes.»
Bien sûr, le PLC jure que M. Gagnier ne faisait aucun lobbying pour TransCanada – qu’il ne faisait que conseiller la firme albertaine. Lorsqu’un «conseiller» contractuel d’une telle firme conseille en même temps un chef de parti susceptible de prendre un jour le pouvoir, le doute est minimalement permis.
Dans le cas de TransCanada, sa proximité des pouvoirs politiques, tous paliers de gouvernement et plusieurs partis confondus -, est d'ailleurs amplement documentée.
Inquiète de pouvoir obtenir l’aval pour ses projets les plus controversés, la firme albertaine ne ménage pas ses efforts de «représentation» dans les coulisses – ou l’antichambre – du pouvoir. Au fédéral, au provincial et au municipal.
D’autant plus qu’aux prises avec ses mêmes projets controversés, en juin dernier, TransCanada se voyait elle-même obligée de se délester de 185 employés, dont 100 emplois à temps plein.
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Une influence transnationale et transpartisane
L’influence de l’industrie pétrolière et gazière auprès des pouvoirs publics est en fait transnationale et transpartisane. Malgré même la baisse du cours du pétrole.
Il est là, le vrai problème politique et éthique.
Le seul obstacle sur son chemin est l’opposition montante de plus en plus de citoyens à certains de ses projets les plus pollueurs et/ou risqués pour les populations résidant là où passent leurs pipelines, leurs trains ou leurs éventuels ports.
C’est le seul obstacle qui retarde la mise en œuvre de leurs projets les plus controversés. D’où les bouchées doubles que cette industrie prend côté lobbyisme.
Cette proximité entre l’industrie et les pouvoirs publics se voit aussi dans les fameuses «portes tournantes» qui les unissent.
Voici ce que j’en écrivais ici:
«Les portes tournantes entre le pouvoir politique et l’industrie pétrolière, que ce pouvoir soit rouge ou bleu, ne manquent pas, non plus. Un indice parmi d’autres – et il n’est pas anodin -, est la liste suivante.
Non exhaustive, on y trouve des acteurs-clé, par le passé récent ou dans le présent,  de cette même industrie, lesquels ont également été soit des élus – et pas n’importe lesquels -,  soit des membres importants du personnel politique de ministres et de premiers ministres.
J'en listais ici certains des plus influents :
L’ex-premier ministre et ex-chef du Parti québécois, Lucien Bouchard, fut président de l’Association pétrolière et gazière du Québec de 2011 à 2013.
Dan Gagnier, ex-chef de cabinet de l’ex-premier ministre Jean Charest a siégé sur le comité consultatif de Talisman Inc. Stéphane Gosselin, ancien chef de cabinet du ministre libéral Clément Gignac devenait directeur de l’APGQ en 2010.
En 2009, l’ex-chef de cabinet de Jean Charest, Stéphane Bertrand, oeuvrait à la création de l’APGQ.
Daniel Bernier, aussi chef de cabinet au gouvernement Charest quittait pour Talisman en 2005. Raymond Savoie, ex-ministre libéral, est devenu président de Gastem.
Le porte-parole francophone actuel (2014) de TransCanada Pipelines et Philippe Cannon, ex-candidat libéral et ex-attaché de presse de Line Beauchamp du temps où elle était ministre de l’Environnement dans le gouvernement Charest. En 2012, l’ex-chef du Parti québécois, André Boisclair, était consultant pour Questerre et le Alberta Enterprise Group.»
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Et j’insiste – la liste est non exhaustive.
Dans cette exclusivité de janvier 2011, je révélais aussi que «la compagnie albertaine Talisman Energy Inc. s'occupera de la rémunération de Lucien Bouchard ( on parlait ici de 2011) lorsqu'il prendra la tête de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) le 21 février prochain. Talisman est une compagnie pétrolière et gazière dont le siège social est à Calgary. (...)
Rappelons également que Daniel Gagnier, un ancien chef de cabinet du premier ministre Charest, fut aussi recruté par Talisman l'automne dernier, mais pas en tant que lobbyiste
Comme le monde est petit... Lorsque l'industrie pétrolière et gazière va jusqu'à se payer les services d'un ex-premier ministre, on mesure d'autant plus son pouvoir véritable d'influence.
Doit-on aussi rappeler l'épisode désolant de l'an dernier lorsque le ministère de l'Environnement du Québec, sans la moindre analyse scientifique rigoureuse, accordait néanmoins à TransCanada un permis d'exploitation à Gros-Cacouna en pleine pouponnière de bélugas. Une histoire aux odeurs d'ingérence politique non prouvée qui est allée jusqu'à valoir au ministère cejugement lapidaire de la Cour supérieure du Québec.
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En complément :
Si le sujet vous intéresse, pour mieux comprendre le phénomène de la proximité importante entre le politique et l’industrie pétrolière - incluant ici sous le gouvernement de Pauline Marois -, permettez-moi aussi de vous recommander cette autre analyse plus détaillée et intitulée «Les pétroleuses».

L'affaire Ishaq: Duceppe se fait prudent

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RÉGYS CARON
MISE à JOUR 
POL-TOURNÉE DUCEPPE  GATINEAU - Gilles Duceppe invite les services secrets canadiens à faire leur travail et craint qu'un gouvernement conservateur se serve du cas de Zunera Ishaq pour restreindre les libertés des Canadiens.
Le chef du Bloc québécois a commenté avec prudence le reportage du Journal de Montréal révélant vendredi que Mme Ishaq était liée à une organisation musulmane caritative qui aurait elle-même des liens avec un groupe considéré comme terroriste en Europe.
Mme Ishaq s'est rendue célèbre au cours de la campagne électorale en obtenant de la Cour suprême du Canada de prêter serment de citoyenneté canadienne le visage voilé par un niqab. D'origine pakistanaise, Mme Ishaq œuvre au sein de l'antenne féminine du Islamic Circle of North America (ICNA), qui a versé 633 000 $ à la Fondation Al-Khidmat, bras de bienfaisance de l'organisation pakistanaise Jamaa-e-Islami, considérée comme un groupe terroriste en Europe.
«Si quelqu'un se faufilait, cela peut arriver, il faut voir le cas très précisément, dans chaque pays il y a des services de sécurité et certaines fois les services sont déjoués (...) Ce sont des allégations, il faut voir si les services de sécurité vont vérifier de telles allégations et éventuellement porter des accusations (...) Il faut éviter de faire des amalgames», a commenté M. Duceppe, à l'occasion d'un point de presse à Gatineau.
Le leader souverainiste a profité de l'occasion pour décocher une flèche à l'endroit du premier ministre conservateur sortant Stephen Harper. «Je souhaite que les services compétents fassent leur travail. Il ne faut pas tomber non plus dans l'excès et diminuer notre espace de liberté, il faut un équilibre entre liberté et sécurité.»
«La première chose que je commencerais à surveiller chez Stephen Harper, c'est la surveillance du Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS). Quand vous avez placé à la tête des services de sécurité canadiens un gars comme Arthur Porter, qui était consul plénipotentiaire de Sierra Leone, c'était une première dans l'histoire du renseignement. Dans les écoles militaires ou du renseignement, ça va être sûrement l'exemple d'une décision idiote appuyée par les partis fédéralistes à Ottawa, seul le Bloc a voté contre ça.»

Ma crise d'Octobre 1970

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 Devenir fan
Auteure, sexologue et sexosophe
Publication: 

Pourquoi avoir attendu 45 ans ? Pourquoi maintenant ?
Parce que je viens de me rendre compte que je vieillis et que, soudain, j'ai peur de ne plus me souvenir, d'oublier l'inoubliable. Aussi, parce que je viens de prendre conscience du vide ethnographique autour de cet événement inique, et que je le déplore. La crise d'Octobre est connue comme une injure historique à l'égard d'un peuple. Par contre, les centaines d'inconnus, rêveurs, poètes et idéalistes qu'on a malmenés et dont on a bafoué les droits, ont peu ou pas raconté leur crise d'Octobre personnelle. Je ne veux plus contribuer à ce trou noir. Enfin, parce que je vois une analogie entre les victimes de cet égarement d'État et les victimes de viol : elles se sentent souillées et finissent par se croire coupables d'avoir provoqué en étant des esprits libres.
17 octobre 1970
Hier, Pierre Elliot Trudeau, premier ministre du Canada a promulgué la loi sur les mesures de guerre. Évaporés, disparus soudainement dans les limbes nos droits et libertés. Des milliers de soldats, partout dans les rues. C'est épeurant et cela m'angoisse. Devant ma porte, rue Holt à Rosemont, tout est gris : le ciel, la chaussée, les gens, les habits des soldats, leurs chars, leurs armes à l'épaule...
Mon père vient de quitter l'hôpital. Chirurgie majeure à l'estomac. Il dort dans sa chambre. Ma mère se berce dans la cuisine, tout près de la porte de la chambre du convalescent. Ils sont dans la soixantaine tous les deux. En 1970, on est vieux à 60 ans.
Je suis une jeune mariée. Avec D, nous vivons depuis peu avec mes parents dans cette grande maison de famille qui sera bientôt vendue. D travaille comme animateur social pour la Compagnie des jeunes Canadiens. Moi, j'étais monitrice en éducation physique jusqu'à ce qu'on me remercie il y a quelques mois parce que je grossissais. Je n'avais plus le physique de l'emploi. Voyant mon ventre et notre mauvaise posture financière, ma mère nous a offert de partager leur grande maison, sans frais, le temps pour notre jeune famille de se faire une petite santé économique. Soulagement. Le beurre de pinottes, ça va pour nous, mais pas pour un nourrisson.
Nous occupons donc les deux pièces de la partie est de la maison. Mes parents, les deux pièces du côté ouest. Entre les deux, un long couloir et une vaste cuisine qui sert de lieu de rencontre, de repas communautaire, de parties de cartes... Nous sommes heureux.
Ma grossesse était imprévue, mais bon, nous nous connaissons depuis longtemps D et moi, nous nous aimons et, une fois la surprise passée, nous nous en glorifions. J'ai 22 ans, lui 25, et nous avons confiance en la vie. Après deux années passées à voyager et six mois à vivre à Vancouver en 1969, nous sommes prêts à nous poser.
Vers 21h, on frappe à grands coups à la porte. D va ouvrir. Je ne sais plus combien ils sont - quatre ou cinq, je crois - à entrer brutalement. Ils viennent perquisitionner et n'ont pas besoin de mandat, nous rappellent-ils. Ils fouillent notre petit salon, jettent par terre des livres de la bibliothèque, sondent les pochettes de disques, renversent les tiroirs. Seul le petit coin du bébé à naître n'est pas violé par les intrus.
Je les prie de faire moins de bruit, leur explique que mon père convalescent dort à l'autre bout de la maison. Ils foncent dans le couloir, se précipitent sans préavis dans la chambre du malade. L'un d'eux pointe son arme sur sa tête pendant que l'autre l'éclaire en plein visage de sa lampe de poche. Mon paternel émerge à moitié, gémissant et hagard.
Mais que faites-vous ? Vous voulez le tuer ? Vous sortez tout droit de l'enfer !, s'interpose bravement ma mère.
Puis, ils dévalent à grand bruit l'escalier de la cave où ils mettent sans dessous dessus la salle de lavage et la grande pièce de rangement. Ils remontent et claquent la porte extérieure sans un mot d'excuse, comme si de rien n'était.
19 octobre 1970
Nous avons passé la journée d'hier à tout remettre en place dans la maison. Lentement. Comme des zombies. Je n'ai pas fermé l'œil depuis la visite sauvage et j'espère dormir la nuit qui vient. Dans mon ventre, bébé me semble piocher de détresse. En fait, c'est moi qui suis en détresse. On se réconforte comme on peut, mais nous sommes tous dans un état de grande tension: stressés, effarés, paralysés de peur à l'idée que tout peut arriver sans que l'on sache ni quoi ni pourquoi.
Vers 20 h, je me couche. D regarde la télé avec ma mère dans ses quartiers généraux à elle. Moi je ne supporte plus : on n'y parle que d'invasion, de guerre, de FLQ, de morts, d'insurrection, d'otages, d'emprisonnements. Le monde a basculé. Dans la laideur.
Je finis par m'assoupir lorsque la sonnette retentit en même temps qu'on cogne vigoureusement dans la porte. Je ne peux pas croire qu'on nous envahit à nouveau. Pourtant, c'est reparti. Ils sont quatre, deux qui montent la garde, arme à la main, deux qui scrutent les tiroirs, armoires et étagères, qui ouvrent les livres, froissant les pages, brisant les tranches. Cette fois-ci, l'alcôve de bébé n'est pas épargnée. Leurs mains obscènes glissent entre les draps, les nuisettes, les pyjamas et petits chaussons.
Ils confisquent des objets que nous ne récupérerons jamais : des livres, des lettres personnelles, des cahiers de notes. Puis ils pillent encore la chambre de mes parents, les armoires de la cuisine, les placards, le garde-manger et revisitent le sous-sol qu'ils passent au peigne fin. Ils nous questionnent D et moi: Travail ? Connaissons-nous untel ? Ma date prévue d'accouchement ? Avons-nous participé à telle ou telle manif ? Que savons-nous du FLQ ?
Pour le reste, même pattern : l'un deux se montre plus gentil, me sourit presque, semble me prendre en pitié avec ma robe de nuit dont les boutons ne ferment plus sur mon nombril.
Écoutez l'entrevue de Jocelyne Robert avec Paul Arcand ce matin, au 98.5 FM
21 octobre 1970
D a passé la journée d'hier à remettre, encore une fois, la maison en ordre. C'est toujours l'état de siège. Nos jours s'écoulent dans la frayeur. J'ai l'impression que mon ventre est de plus en plus énorme et moi de plus en plus maigre. Tout est gris. Sale. Fade. Impensable de sortir prendre un bol d'air tellement les rues sont menaçantes et martiales. Tout est désert, l'armée sévit.
J'ai bien peu mangé et dormi depuis cinq jours et je suis dans une condition lamentable. Mon bébé aussi, il me semble. J'essaie de lui parler en caressant mon ventre, mais dans l'état où je suis, je dois l'énerver au lieu de l'apaiser. D tente de me rassurer, de nous réconforter, moi, ma bedaine, ma mère, alors qu'il est lui-même en état de choc. Tout le monde est en état de choc.
Vers 22h, je m'écroule, brisée de fatigue, la tête infectée d'images d'envahisseurs barbares. C'est en écoutant en boucle la berceuse de Brahms «Bonne nuit, cher enfant» que je finis par m'assoupir. D a remonté sans cesse le mécanisme du mobile d'angelots suspendu au-dessus du couffin de bébé jusqu'à ce que je chavire dans les bras de Morphée.
Toute la maisonnée dort enfin ! Du sommeil agité du juste jusqu'à ce que l'équipe de terroristes légitimes se pointe pour une troisième fois. On frappe, que dis-je, on bûche dans la porte et dans les fenêtres.
Nous avons des ordres, beugle un énorme policier en poussant la porte sur nous. Habillez-vous et suivez-nous !
Ma mère s'indigne :
- Pour l'amour du ciel, ma fille est enceinte, laissez-la tranquille, sans cœur que vous êtes !
- Grouillez-vous ! ordonne un émissaire des mesures de guerre !
Je ne comprends pas. Je pose, tout bas, des questions en rafale.
- Serons-nous partis longtemps ? Quand serons-nous de retour ? Où allons-nous ? Pourquoi ? Pourquoi nous ? Pourquoi moi ? Pas de réponse. Attendez, je vais prendre mes vitamines de grossesse.
D me tient près de lui. Moi, je tiens mon ventre. Nous sortons, escortés comme des criminels par quatre armoires à glace. Dans l'obscurité j'entrevois les ombres derrière les stores chez nos voisins terrifiés.
Arrivés sur la chaussée, on nous sépare. Un agent tire D vers une voiture, le pousse à l'intérieur. On m'empêche de le suivre.
- SVP, laissez-moi au moins monter avec mon mari ? Pourquoi ne peut-on rester ensemble? Nous n'avons rien fait...
On me fait asseoir à l'arrière d'une autre automobile, encadrée par deux géants. Je suis complètement dépassée par ce qui est en train de se produire.
- Où m'amenez-vous ? 
- On vous amène pour un interrogatoire. Restez calme. Nous ne vous ferons pas de mal si vous restez calme.
Je me retiens de ne pas hurler. Je ne le fais pas parce que je crève de peur. Cet individu me demande de rester calme alors qu'ils ont saccagé à deux reprises notre maison, qu'ils ont flanqué une mitraillette sur la tête d'un vieil homme alité, qu'ils nous arrêtent sans nul motif, qu'ils nous éloignent l'un de l'autre et nous séquestrent ! Et je devrais rester calme ?
- Où est D? Je vais bientôt accoucher, vous ne pouvez pas m'amener comme ça. C'est mal et dangereux ce que vous faites.
Je pleure en silence. De désespoir et d'incompréhension.
Le géant à ma droite me parle avec douceur. Il sort des feuilles de papier dactylographiées. Sur l'une d'elles qu'il me montre, il y a des noms, je dirais une quinzaine, dont le mien que je distingue à peine tant j'ai les yeux bouffis.
- Vous voyez votre nom ici ?
- Oui...
- C'est la liste des personnes que nous ne devons pas laisser s'échapper 
- C'est absurde. Vous pensez que je suis dangereuse ? Qu'est-ce que toute cette mascarade veut dire?
- Ça veut dire que nous pourrions tirer sur vous si vous tentiez de fuir.
La voiture démarre. Il n'y a plus là qu'une petite boule, pétrifiée entre deux colosses, avalée par la banquette.

Faire l’indépendance plutôt que faire campagne

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OUI Québec lance une offensive publicitaire pour dénoncer «Une élection de trop»

16 octobre 2015 |Francis Halin | Canada
Claudette Carbonneau a présenté la campagne auprès de l’artiste Simon Beaudry, à l’origine du concept.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir

Claudette Carbonneau a présenté la campagne auprès de l’artiste Simon Beaudry, à l’origine du concept.
« Si Justin Trudeau était élu, ça risquerait d’être la balle dure sur la question constitutionnelle, car il s’est défini comme étant le digne fils de Pierre Elliott Trudeau. » C’est à tout le moins ce que pense Claudette Carbonneau, présidente des Organisations unies pour l’indépendance (OUI Québec), autrefois le Conseil de la souveraineté du Québec, qui a dévoilé jeudi à Montréal une campagne de sensibilisation pour dénoncer l’actuelle campagne électorale fédérale sur le territoire du Québec. Baptisée « Une élection de trop », l’offensive publicitaire est l’oeuvre de l’artiste transdisciplinaire Simon Beaudry.
 
« Nous ne devons plus dépendre du reste du Canada pour être en mesure d’élaborer notre propre politique industrielle », a ajouté l’ancienne syndicaliste, citant en exemple le comportement du fédéral lors de la crise qui a touché le secteur des pâtes et papiers ou encore les investissements orientés vers l’économie du pétrole plutôt que dans l’industrie manufacturière québécoise.
 
Renaissance indépendantiste
 
Claudette Carbonneau affirme que la flamme souverainiste est loin d’être éteinte, et cela, même si le NPD et les autres partis fédéralistes obtiennent encore plus de voix que le Bloc québécois dans plusieurs sondages. « Nos comités OUI Québec se multiplient en région, le Parti québécois s’affirme de plus en plus, le débat est plus présent au Bloc québécois, Québec solidaire a lancé des campagnes pour en parler l’été dernier… », a-t-elle voulu rappeler.
 
Dans le camp fédéraliste, la promesse de « répliquer systématiquement aux arguments pour l’indépendance du Québec » du premier ministre Philippe Couillard prouve que le débat est plus présent qu’on ne le pense, tranche la présidente de l’organisation, écorchant également au passage le chef de la Coalition avenir Québec : « Même François Legault, qui s’était promis de vivre dix ans dans un no mans land sur la question de l’indépendance, veut désormais se doter d’un programme plus autonomiste. »
 
Simon Beaudry, l’artiste derrière les panneaux revendicateurs grands formats qui habillent désormais le Quartier latin, dit partager les mêmes convictions souverainistes, même si les enjeux s’expriment autrement pour lui. « Pour moi, tous ceux qui habitent ici sont des Québécois, peu importe les vêtements qu’ils portent, et même la langue qu’ils parlent. Je pense d’ailleurs qu’il manque d’indépendantistes anglophones dans le mouvement », a conclu l’artiste.

Duceppe prédit un gouvernement libéral

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Publié le 16 octobre 2015 à 07h09 | Mis à jour à 07h09
Prédisant un gouvernement libéral, Gilles Duceppe appelle les... (Photo Graham Hughes, La Presse Canadienne)
PHOTO GRAHAM HUGHES, LA PRESSE CANADIENNE

Prédisant un gouvernement libéral, Gilles Duceppe appelle les Québécois à voter en faveur du Bloc plutôt que du NPD pour offrir une opposition solide face au PLC.

Prédisant un gouvernement libéral, Gilles Duceppe appelle les Québécois à voter pour le Bloc plutôt que le NPD pour offrir une opposition solide face à « un Trudeau ».
« Il apparaît de plus en plus clairement que le prochain gouvernement pourrait être libéral. Dans ce contexte, le NPD perd toute pertinence au Québec », a écrit le chef bloquiste sur les réseaux sociaux.
Gilles Duceppe estime que la formation de Thomas Mulcair ne défendrait pas adéquatement les intérêts du Québec. « Face à un gouvernement libéral dirigé par un Trudeau, le seul rempart, c'est le Bloc québécois, avec la balance du pouvoir », conclut Duceppe.

Peine de 90 jours à un ex-policier de Lévis pour sa relation avec une ado

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Publié le 15 octobre 2015 à 12h02 | Mis à jour le 15 octobre 2015 à 12h02
Benjamin Pelletier travaille aujourd'hui pour l'entreprise de construction de... (Le Soleil, Erick Labbé)
LE SOLEIL, ERICK LABBÉ

Benjamin Pelletier travaille aujourd'hui pour l'entreprise de construction de son père, après avoir été congédié par le service de police de Lévis.

Isabelle Mathieu
(Québec) L'ex-policier de Lévis Benjamin Pelletier écope d'une peine de 90 jours de prison à purger les fins de semaine pour avoir eu de multiples relations sexuelles avec une adolescente de 15 ans, notamment dans l'auto-patrouille.
En avril 2012, le policier, âgé à l'époque de 28 ans, s'est amouraché d'une jeune fille, réceptionniste d'un salon de bronzage. Cette dernière prend les devants et l'invite comme client «V.I.P.». À ce titre, le policier aura droit aux caresses et fellations de la jeune fille.
L'adolescente de 15 ans montre un faux permis de conduire à Pelletier, qui croit alors qu'elle a 17 ans.
Le couple entretiendra une relation amoureuse jusqu'à la mi-août. Il aura plusieurs relations sexuelles durant les heures de service du policier, au moins à une reprise dans l'auto-patrouille.
Le policier et l'adolescente s'échangeront pas moins de 22 965 messages-textes en quatre mois.
Même lorsque Benjamin Pelletier apprend que sa copine n'a pas 16 ans, soit l'âge légal du consentement, il continue l'idylle. Le policier convient qu'il a eu à ce moment un manque de jugement, a rappelé le juge Bernard Lemieux.
La plaignante a fêté son 16e anniversaire le 2 juillet 2012. Le 12 août suivant, elle mettait fin à la relation, peu de temps avant l'arrestation du policier.
Benjamin Pelletier a plaidé coupable en juin 2014 à une agression sexuelle. Dans les circonstances, le juge Bernard Lemieux lui a imposé une peine de 90 jours à purger de façon discontinue. La poursuite réclamait une peine de 12 mois de prison alors que la défense souhaitait une peine discontinue.
«La plaignante ne s'est jamais sentie comme une victime avec l'accusé, et aucune preuve de tort psychologique n'a été faite, a souligné le juge Lemieux. Il ne faut pas confondre manquement déontologique et infraction criminelle.»
Entrave à la justice
Le policier a aussi plaidé coupable à une entrave à la justice. Pelletier avait en effet averti sa copine que les policiers étaient au courant du fait qu'elle conduisait sans permis valide.
Pour cette infraction d'entrave, Pelletier se voit imposer une peine de six mois à purger dans la collectivité. Il sera au total en probation durant 2 ans et devra effectuer 150 heures de travaux communautaires.
L'homme de 32 ans travaille aujourd'hui pour l'entreprise de construction de son père, après avoir été congédié par le Service de police de Lévis. Pelletier a travaillé comme patrouilleur de 2004 à 2012.
À sa sortie de la salle d'audience, la procureure de la Couronne Me Annick Arbour a qualifié «d'inhabituelle» cette peine qui combine l'emprisonnement discontinu à la détention dans la collectivité.
L'avocat de Benjamin Pelletier, Me Jacques Larochelle, n'a pas fait de commentaires.

Des attentats de Boko Haram font presque 50 morts au Nigeria

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Publié par Associated Press le vendredi 16 octobre 2015 à 07h28. Modifié par Charles Payette à 08h08.
Des attentats de Boko Haram font presque 50 morts au Nigeria
Freedigitalphotos.net
MAIDUGURI, Nigéria - De multiples attentats attribués au groupe extrémiste Boko Haram ont fait une cinquantaine de morts vendredi, dans le nord-est du Nigeria.
Au moins 30 personnes ont ainsi été tuées et une vingtaine d'autres blessées par l'explosion de deux bombes près d'une mosquée de la ville de Maiduguri. Certains des blessés ont été touchés grièvement.

Quelques heures plus tard, quatre kamikazes se sont données la mort quand elles ont été interceptées par des soldats alors qu'elles tentaient d'entrer à Maiduguri. Au moins 18 personnes, dont les kamikazes elles-mêmes, ont été tuées.

Le nouveau président nigérian Muhammadu Buhari a déclaré plus tôt cette semaine qu'il s'attend à mettre Boko Haram hors d'état de nuire une fois pour toutes d'ici la fin de l'année.

Le chef de l'armée nigériane a quant à lui laissé entendre qu'une offensive de grande envergure est imminente.

Procès Turcotte: un perturbant témoignage capital pour la Couronne

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Publié par La Presse Canadienne le jeudi 15 octobre 2015 à 17h54. Modifié par Charles Payette le vendredi 16 octobre 2015
Procès Turcotte: un perturbant témoignage capital pour la Couronne
Les procureurs Maria Albanese et René Verret/Cogeco Nouvelles
SAINT-JÉRÔME, Qc - La Couronne a déclaré sa preuve close au procès pour meurtre de Guy Turcotte, jeudi après-midi, et les avocats de l'accusé ont aussitôt annoncé qu'ils présenteraient des moyens de défense.
Le reportage de Philipope Bonneville
 
 
 
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On en parle en ondes :
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Mis en ligne le vendredi 16 octobre 2015 dans Puisqu'il faut se lever avec Monic Néron
Le procès criminel de l'ex-cardiologue, accusé d'avoir poignardé à mort ses jeunes enfants Olivier et Anne-Sophie, n'est donc pas terminé.

Les avocats en défense présenteront au jury lundi matin une déclaration d'ouverture dans laquelle ils feront valoir leur théorie de la cause, ainsi que les témoins qu'ils appelleront à la barre. Le procès a été ainsi suspendu jusqu'à cette étape.

Le juge André Vincent de la Cour supérieure a fait une mise en garde aux jurés.

«Vous ne devez pas vous faire une idée tant que la preuve n'est pas complète», leur a-t-il dit.

Jeudi, lors du procès, un témoin a raconté aux jurés que Guy Turcotte lui a relaté la mort de ses enfants lorsqu'il est allé le visiter à l'Institut Philippe-Pinel.

Cette visite de Luc Tanguay à l'hôpital psychiatrique a eu lieu le 7 mars 2009. L'homme est un consultant en communication qui aidait auparavant Guy Turcotte à améliorer sa communication interpersonnelle.

Ce jour-là, l'accusé lui a relaté le soir du drame, le 20 février 2009, lors duquel il a poignardé à mort Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans.

Guy Turcotte lui a dit avoir couché les enfants. Il a ensuite effectué des recherches sur Internet sur le suicide car il avait vu des courriels échangés entre son ex-conjointe Isabelle Gaston et Martin Huot avec lequel elle entretenait une relation amoureuse. Ces courriels le bouleversaient. Il a dit avoir ensuite bu du lave-glace et parlé au téléphone avec sa mère, a rapporté l'homme au procès.

L'accusé lui a dit avoir «pris conscience qu'il était pour mourir» et «qu'il a décidé d'emmener ses enfants avec lui».

Il était affaissé et d'une tristesse profonde alors qu'il lui faisait son récit, et pleurait énormément, a expliqué jeudi M. Tanguay dans une salle de cour du palais de justice de Saint-Jérôme.

Il dit avoir interprété qu'il était alors sous l'effet des médicaments «à cause de ses yeux».

Guy Turcotte lui aurait dit que lorsqu'il s'était attaqué à Olivier, celui-ci disait «non papa, non papa!».

Ensuite, «il a dit qu'il entendait son fils mourir dans son sang», alors qu'il se trouvait peu après dans la chambre d'Anne-Sophie.

«Il a dit que ça prenait 10 minutes pour une personne pour mourir dans son sang. Sur un ton de médecin, objectif, froid, rationnel», a relaté M. Tanguay au jury de 11 personnes.

M. Tanguay avait aussi vu l'accusé peu de temps avant les meurtres. À peine trois jours avant de tuer ses enfants, il avait l'air d'un homme tourné vers l'avant, «qui voulait refaire sa vie», a-t-il indiqué.

Lors de cette rencontre, il a discuté de l'achat d'une maison et aussi mentionné avoir discuté avec Isabelle Gaston de médiation, pour réaliser une séparation «en douceur», a rapporté l'homme. «Il était dans une phase de reconstruction», a souligné M. Tanguay.

Il était triste, mais pas en colère, a-t-il dit.

Témoignage de Martin Huot

L'homme avec lequel Isabelle Gaston avait débuté une relation amoureuse en 2008 avant sa séparation d'avec Guy Turcotte a aussi témoigné.

Martin Huot a relaté le matin du 11 février 2009 quand Guy Turcotte est allé à la maison familiale que Mme Gaston avait conservée après leur séparation.

L'accusé est entré dans la maison et lui a donné un coup de poing au visage. M. Huot a dit que Guy Turcotte a tenté de lui donner d'autres coups mais qu'il les a esquivés.

«Il (l'accusé) a dit: 'Tu m'as volé ma femme, mes enfants, tu disais que tu étais mon ami».

Le couple Gaston-Turcotte fréquentait en amis depuis 2008 cet autre couple formé de Martin Huot et de Patricia Giroux.

Deux membres d'une équipe de planification financière ont été les derniers témoins de la Couronne.

De ces témoignages, on retient notamment qu'au jour du meurtre des enfants, Isabelle Gaston était la bénéficiaire d'une police d'assurance-vie de Guy Turcotte d'une valeur de 900 000 $.

Le matin du drame, le 20 février, l'accusé a téléphoné à sa planificatrice Suzanne Verreault pour obtenir de l'information sur le programme d'accès à la propriété, qu'il avait utilisé pour l'achat de sa maison avec Isabelle Gaston. Selon la dame, il était très calme.

Elle témoigne qu'il l'a rappelée le 2 mars, pour régler de nombreuses questions, dont un changement d'adresse, «sécuriser» ses RÉER et changer les bénéficiaires de son testament et de ses assurances.

Ainsi, environ 10 jours après la mort d'Olivier et Anne-Sophie, Suzanne Verreault l'a décrit comme étant calme, posé, organisé. Il l'a rappelée deux fois par la suite pour faire un suivi de ses demandes.