samedi, septembre 05, 2015

Élections Canada 2015 Harper : l'humanitaire sans le militaire, « ce n'est pas une politique canadienne »

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Mise à jour le vendredi 4 septembre 2015 à 18 h 31 HAE

Le chef du Parti conservateur se défend de privilégier l'intervention militaire aux dépens de l'accueil de réfugiés. Mais Stephen Harper soutient que l'aide aux Syriens ne pourrait être efficace sans s'attaquer au groupe armé État islamique.
« Dans cette campagne électorale, j'ai déjà annoncé notre intention d'augmenter le nombre de réfugiés syriens et d'améliorer le processus », a affirmé Stephen Harper, vendredi, qui se trouvait à Whitehorse, au Yukon. « Le Canada a déjà admis plus de 23 000 personnes de la Syrie et de l'Irak depuis le commencement de cette crise », a-t-il ajouté.
Le chef conservateur a rappelé, comme la veille, sa promesse de recevoir 10 000 réfugiés syriens d'ici quatre ans, tout en continuant la mission militaire contre le groupe armé État islamique. En janvier dernier, le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada s'était aussi engagé à accueillir 3000 réfugiés irakiens de plus d'ici la fin de l'année.
Stephen Harper a qualifié la position du NPD - qui est contre l'intervention militaire du Canada en Irak et en Syrie - d'« idéologique ».
« La position du NPD [...] qu'on doit ignorer le meurtre, le viol, la torture qui continuent dans ces pays et on ne doit rien faire, c'est incroyable! Ce n'est pas une politique canadienne. Ce n'est pas une politique responsable. »— Stephen Harper

En entrevue avec Radio-Canada, vendredi après-midi, le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, et candidat dans Ajax, Chris Alexander, a affirmé que le gouvernement avait renforcé ses réseaux et ses partenariats ainsi qu'augmenté son personnel dédié à la réinstallation de réfugiés au Liban, en Jordanie et en Turquie depuis l'annonce de janvier dernier.
M. Alexander a ajouté que la simplification des formulaires, l'élargissement du réseau de parrains potentiels et la réduction du temps de traitement des demandes permettront d'améliorer les services aux réfugiés. Le ministre s'attend à ce que plus de Canadiens se portent volontaires pour se joindre à des organisations de parrainage, en raison des nouvelles des derniers jours, et recommande de privilégier des organisations établies, parce qu'elles peuvent notamment accepter des gens qui n'ont pas un statut officiel de réfugié.
« Un manque de volonté politique »
Plus tôt dans la journée, les chefs libéral et néo-démocrate ont affirmé que le gouvernement canadien pouvait en faire davantage, dès maintenant, pour accueillir des réfugiés, au moment où la crise des migrants monopolise une grande part de l'attention à l'échelle internationale.
Alors que les images d'un enfant mort sur une plage ont bouleversé la planète depuis deux jours, Justin Trudeau et Thomas Mulcair ont soutenu que la lenteur des procédures pour permettre à des milliers de Syriens de se réfugier au Canada est surtout le résultat d'un manque de volonté politique.
Les chefs de partis disent vouloir s'élever au-dessus de la politique partisane afin de résoudre cette crise humanitaire et demandent au gouvernement Harper de trouver immédiatement des solutions.
« On demande à M. Harper de trouver les moyens d'agir », dit le chef néo-démocrate, Thomas Mulcair, au sujet de la crise des migrants.« On demande à M. Harper de trouver les moyens d'agir », dit le chef néo-démocrate, Thomas Mulcair, au sujet de la crise des migrants.  Photo :  PC/Graham Hughes
« Aucune action militaire n'aurait pu sauver cet enfant sur cette plage », a soutenu Thomas Mulcair, en point de presse à Brossard, au Québec. « Le problème, c'est que le Canada peut faire plus, mais M. Harper [...] est en train de signaler que ce n'est pas son intention, et c'est fort regrettable », avait-il dit auparavant.
« Le NPD a un plan de mettre en place un commissaire responsable et de mettre des gens sur le terrain, notamment en Turquie », a affirmé M. Mulcair. « Hier, mon porte-parole Paul Dewar a discuté avec l'ambassadeur turc et il est catégorique : si le Canada a des gens sur le terrain, on va pouvoir résoudre les problèmes des papiers », a-t-il ajouté.
De Richmond Hill, en Ontario, le chef libéral a quant à lui affirmé que la solution ne passait pas seulement par la réduction des formalités administratives, mais surtout par la volonté politique. Même s'il affirme qu'il faut immédiatement des investissements pour augmenter la capacité du Canada de traiter les demandes de réfugiés rapidement, Justin Trudeau soutient que cela « a été fait par le passé, et même avec moins de ressources que nous avons maintenant ».
« J'implore le gouvernement actuel d'en faire plus dans l'immédiat », dit le chef libéral Justin Trudeau.« J'implore le gouvernement actuel d'en faire plus dans l'immédiat », dit le chef libéral Justin Trudeau.  Photo :  Radio-Canada
« Il est clair qu'il doit y avoir utilisation de moyens militaires pour lutter contre l'État islamique, c'est évident, mais ça ne dispense pas d'intervenir de façon humanitaire, et en ce sens, je pense qu'on doit accueillir le plus rapidement possible les 10 000 réfugiés », a pour sa part affirmé le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.
De son côté, la chef du Parti vert, Elizabeth May, a soutenu que le gouvernement Harper avait rendu le parrainage des réfugiés plus difficile et qu'il n'avait pas accueilli le nombre de réfugiés syriens qu'il s'était engagé à recevoir. « La crise des réfugiés, on l'avait en plein visage. Et plusieurs fois, les partis d'opposition à la Chambre des communes ont questionné le ministre de l'Immigration et de la Citoyenneté, Chris Alexander, pour savoir comment il pouvait promettre d'amener 10 000 réfugiés au Canada. Où sont-ils? Ça fait longtemps que la promesse a été faite et très peu de réfugiés ont été acceptés », a affirmé Mme May.
« Si vous voulez savoir pourquoi, allez sur le site web d'Immigration Canada et essayez de voir comment vous pourriez parrainer un réfugié. Regardez les règles qu'ils ont établies aujourd'hui. Ce n'est pas ce que le Canada avait fait à l'époque des boat people du Vietnam. Les règles qui sont en place aujourd'hui rendent pratiquement impossible d'amener des réfugiés syriens au Canada. Il faut des moyens énormes et surmonter bien des obstacles », a ajouté la chef du Parti vert.
Mme May était de passage à l'hôtel de ville de Montréal pour y rencontrer le maire Denis Coderre.
Ce dernier a refusé de blâmer le gouvernement conservateur, affirmant qu'il vaut mieux mettre l'accent sur les moyens de résoudre une crise humanitaire. M. Coderre, un ancien ministre libéral de l'Immigration, envisage d'ailleurs une stratégie des grandes villes canadiennes pour accueillir davantage de réfugiés.

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La main sur le cœur, le doigt sur la gâchette

http://www.journaldemontreal.com/

Richard Martineau
  Concernant la crise des migrants...
Justin Trudeau et Stephen HarperStephen Harper dit qu’il faut régler le problème à la source. Combattre l’État islamique, sans ouvrir toutes grandes les portes du pays (10 000 réfugiés syriens pour les quatre prochaines années, pas un de plus).
Alors que Justin Trudeau dit le contraire: il faut accepter 25 000 réfugiés syriens tout de suite, mais il est hors de question de combattre l’État islamique.
Et s’il fallait faire les deux?
Combattre les fous de l’État islamique ET accueillir davantage de réfugiés?
LE MILITAIRE ET L’HUMANITAIRE
Mettons qu’il y a un incendie dans une tour d’habitation située à côté de chez vous.
Le feu est pris au sixième étage, des flammes hautes comme ça sortent des fenêtres.
Harper dit: «On appelle les pompiers, mais pas question d’accueillir les voisins qui ont perdu leur logement.»
Trudeau, lui, dit: «On va demander aux voisins de s’installer chez nous, ils coucheront dans le sous-sol, dans le salon et dans le grenier, mais on n’appelle pas les pompiers. La tour brûlera, c’est tout.»
Suis-je le seul à penser que ni l’une ni l’autre de ces solutions n’a de sens?
Trudeau refuse de combattre la source du problème. Harper refuse de se montrer généreux d’ici à ce que le problème soit réglé.
L’un est aveugle. L’autre, sourd.
L’un mise tout sur l’humanitaire. L’autre, tout sur le militaire.
Alors qu’il faut faire les deux.
Ça ne prend pas un génie pour s’en rendre compte, non?
LE GRAND DÉPLACEMENT
Nous sommes actuellement dans l’émotion. Normal: la photo du petit noyé est insoutenable.
Cela dit, on ne fait pas de politique avec de bons sentiments.
Actuellement, on compte 52,9 millions de réfugiés dans le monde. Du jamais vu depuis 60 ans.
On fait quoi, avec ces gens?
Et attendez, ce n’est pas fini: si les adeptes de la théorie du dérangement climatique ont raison (car il s’agit d’une théorie...), bientôt, des millions de personnes devront se déplacer à la suite d’inondations, de tempêtes ou de séismes.
Des millions de personnes quitteront leur pays pour fuir la guerre. Et des millions de personnes quitteront leur pays pour fuir le climat.
Et étant donné qu’ici, on n’a ni guerre ni séisme, ça va cogner à nos portes du matin au soir.
On va ouvrir chaque fois que quelqu’un cogne, ou on va se cacher derrière le divan, les mains sur les oreilles et la musique au max pour ne rien entendre?
GÉNÉREUX ET COURAGEUX
Une chose est sûre: tant que le Proche-Orient sera à feu et à sang (à cause de l’extrémisme religieux des uns et de la politique extérieure des autres), des milliers de réfugiés voudront quitter leur pays pour aller vivre ailleurs.
Actuellement, un million de réfugiés se massent aux portes de l’Europe. Les pays de ce continent (déjà fragiles économiquement) ne peuvent absorber tout ce monde.
Il faut faire notre part.
Le Canada est un grand pays. Et l’un des plus riches sur la planète.
Ne pourrait-on pas allier la doctrine de Trudeau à celle de Harper?
Nous montrer généreux dans notre accueil et courageux dans notre combat?

Stéphane Bédard n’est plus le leader parlementaire du PQ

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Mise à jour le vendredi 4 septembre 2015 à 19 h 52 HAE
Stéphane Bédard
Stéphane Bédard

Pierre Karl Péladeau a décidé de retirer à Stéphane Bédard ses fonctions de leader parlementaire du Parti québécois, rapporte Sébastien Bovet, chef de bureau de Radio-Canada à Québec.
Selon une source au Parti québécois, M. Bédard a appris cet après-midi qu'il ne serait pas le leader parlementaire à la rentrée parlementaire.
Le poste de leader parlementaire est très important au sein des partis représentés à l'Assemblée nationale. Son détenteur décide des sujets abordés lors de la période des questions et les noms des députés qui les poseront. C'est le deuxième poste le plus important dans les travaux parlementaires après celui de chef.
M. Bédard a été aux commandes du PQ en qualité de chef de l'opposition officielle d'avril 2014 jusqu'au mois de mai dernier, avant de devenir leader de l'opposition officielle.
Élu dans la circonscription de Chicoutimi en 1998, les électeurs lui ont plusieurs fois renouvelé leur confiance.
Qui le remplacera?
On ne sait pas encore qui succédera dans la fonction au député de Chicoutimi, mais les noms de Bernard Drainville et Alexandre Cloutier circulent. M. Drainville, que l'on qualifie de batailleur, a appuyé Pierre Karl Péladeau lors de la course à la direction du PQ après avoir été son adversaire.

Crise des migrants : les pays développés « n'ont pas d'excuses », dit MSF

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Mise à jour le vendredi 4 septembre 2015 à 17 h 53 HAE

De passage à Montréal, la présidente de Médecins sans frontières (MSF), la Québécoise Joanne Liu, dénonce l'immobilisme de l'Europe et des pays occidentaux dans la crise des migrants. Elle espère que l'indignation suscitée par la triste photo du petit Alan Kurdi va réellement changer les choses.
Un texte de Frédéric ArnouldTwitterCourriel
« On a vu une image qui incarnait finalement la problématique des gens qui fuient leur pays pour un meilleur monde. »— La présidente de Médecins sans frontières, Joanne Liu
Encore sous l'effet du décalage horaire, Joanne Liu ne perd pas une minute pour tenter de mobiliser le monde dans la cause des migrants, une cause à laquelle MSF fait face depuis de trop longues années.
« On sait qu'il y a eu plus de 22 000 personnes qui sont décédées sur la mer méditerranéenne depuis le début du millénaire et cette année seulement, on en est déjà à 1951, déplore-t-elle. C'est quand même quelque chose qui est extrêmement énorme ». 
Celle qui figure dans la prestigieuse liste des 100 personnes les plus influentes de la planète du magazine Time est à la tête de Médecins sans frontières depuis deux ans. L'organisme emploie 30 000 personnes et procède à environ 8 millions d'interventions médicales par an dans plus de 70 pays.
Trois bateaux de MSF sillonnent la Méditerranée et rencontrent chaque jour des embarcations surpeuplées de Syriens et de migrants d'Afrique qui traversent les eaux au péril de leur vie.
« Il ne faut pas criminaliser des gens qui quittent leur pays pour leur vie. Il n'y a personne qui va mettre ses enfants et sa femme en danger pour avoir une plus grosse télé. La raison pour laquelle on fuit, c'est qu'on fuit pour notre vie », insiste-t-elle.
Des migrants en Hongrie
Des migrants en Hongrie  Photo :  ? Marko Djurica / Reuters
Réveiller les consciences
Ce n'est pas la première fois que la docteure monte au créneau pour sensibiliser le monde à une crise urgente. En 2014, elle a réveillé la conscience internationale alors que le virus Ebola ravageait l'Afrique de l'Ouest. Aujourd'hui, elle fustige l'Europe qui ferme ses frontières.
« Ils ont maintenant deux millions de réfugiés syriens en Turquie et ils ont développé une capacité au fur et à mesure, rappelle-t-elle. Naturellement il y a eu l'aide des agences onusiennes et de MSF, mais ça s'est fait. »
« Ce n'est pas vrai que 40 000 migrants, ça va complètement bouleverser, déséquilibrer l'Union européenne aujourd'hui. »— Joanne Liu, présidente de Médecins sans frontières

Selon elle, la crise des migrants syriens n'est que la pointe de l'iceberg et des pays comme le Canada doivent agir. « On est dans une crise où on a 60 millions de réfugiés dans le monde, ce sont les plus gros chiffres qu'on a depuis la Deuxième Guerre mondiale et que 86 % des réfugiés à travers le monde sont accueillis dans les pays en voie de développement, rappelle Joanne Liu.
« Qu'est-ce que les pays développés attendent? Ils n'ont pas d'excuses. »— Joanne Liu, présidente de Médecins sans frontières

En attendant, que faire?
Bien sûr, la crise des migrants ne disparaîtra pas du jour au lendemain, alors en attendant, que faire? « Je pense qu'il faut mettre la pression sur nos gouvernements et là , je pense qu'on a une chance en or, on est en élections. Donc, allez-y, posez des questions aux gens qui veulent prendre le pouvoir et demandez-leur de faire quelque chose pour cette cause-là » 
Extraits d'une opération de sauvetage effectuée en Méditerranée par MSF


Crédits d'impôt : Julie Snyder conteste en cour son inadmissibilité

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 Mise à jour le vendredi 4 septembre 2015 à 19 h 26 HAE  La Presse Canadienne
Pierre Karl Péladeau et sa conjointe, Julie Snyder, au Centre des congrès de Québec
Pierre Karl Péladeau et sa conjointe, Julie Snyder, au Centre des congrès de Québec  Photo :  Mathieu Belanger/Reuters

Julie Snyder persiste et signe. L'animatrice et son entreprise Productions J ont déposé une requête devant la Cour supérieure, vendredi, pour contester leur inadmissibilité au crédit d'impôt à la production télévisuelle au Québec.
Selon un communiqué publié vendredi en fin d'après-midi, le recours vise à invalider les dispositions de la Loi sur les impôts du Québec qui empêchent Mme Snyder et sa maison de production de bénéficier du crédit d'impôt pour la production cinématographique et télévisuelle indépendante québécoise.
La requête indique que ces clauses « rendent l'aide financière de l'État [...] tributaire de l'état familial des particuliers », ce qui cause un « désavantage économique important » à Mme Snyder et à son entreprise.
Dans son dernier budget, le gouvernement libéral a décidé de modifier les critères d'admissibilité aux crédits d'impôt aux producteurs indépendants, qui sont maintenant alloués aux entreprises qui ne sont pas liées étroitement à un diffuseur.
Ainsi, par ce changement, Productions J se retrouve dans l'impossibilité de recevoir cette subvention parce que son contenu est diffusé en grande partie sur le réseau TVA, appartenant à Québecor, une entreprise contrôlée majoritairement par le conjoint de Mme Snyder, le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau.
Mme Snyder considère qu'il s'agit d'une « mesure discriminatoire » qui enfreint le droit à l'égalité protégé par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et de la Charte canadienne des droits et libertés.
Le communiqué précise que les demanderesses n'émettront aucun commentaire supplémentaire étant donné que l'affaire est devant les tribunaux.
L'animatrice Julie Snyder avait annoncé à la fin du mois de juin qu'elle était contrainte d'abandonner les activités de production télévisuelle de son entreprise « en raison de sa situation conjugale ».
Questionnée à ce moment sur la possibilité de poursuivre le gouvernement, l'animatrice avait simplement répondu « qu'elle n'en était pas là ».
Deux semaines plus tard, Productions J annonçait qu'elle cessait ses activités télévisuelles. C'est son ancien vice-président, Benoît Clermont, qui a pris la responsabilité de la production des émissions avec sa nouvelle maison, Productions Déferlantes.