Digne de confiance

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4 juin 2015 |Antoine Robitaille | Québec
La situation « exceptionnelle » que constitue Pierre Karl Péladeau en politique québécoise a mis à l’épreuve l’institution du jurisconsulte. Objet d’un examen parlementaire serré mercredi, l’ex-juge Claude Bisson s’est montré digne de confiance, contrairement à l’opinion du chef du Parti québécois.​
 
Pierre Karl Péladeau a laissé entendre mercredi qu’il ne faisait pas confiance au jurisconsulte. Conseiller juridique pour les élus de l’Assemblée nationale, la loi charge ce dernier « de fournir à tout député qui lui en fait la demande des avis en matière d’éthique et de déontologie ». La fonction est apparue bien avant celle du Commissaire à l’éthique. Lors de la rédaction du code d’éthique en 2009, les législateurs (principalement Stéphane Bédard et Jacques Dupuis) ont choisi de conserver ce poste. On avait conclu que les élus seraient plus en confiance avec lui pour obtenir des avis puisque, contrairement au Commissaire, il n’a pas de pouvoir de sanction. Ses avis ne contraignent pas le Commissaire.
 
Appelé à témoigner devant la commission parlementaire chargée d’étudier le rapport sur l’application du Code d’éthique, M. Bisson a été on ne peut plus clair : le type de fiducie « sans droit de regard » qu’entend créer M. Péladeau — avec directive explicite de ne pas vendre le patrimoine paternel — ne serait pas acceptable s’il était membre du gouvernement. « Sans droit de regard » implique sans directive. Sinon, les possibilités de conflit d’intérêts se multiplient, a soutenu M. Bisson.
 
Bien qu’admirablement préparé, le leader parlementaire péquiste, Stéphane Bédard, n’a pas réussi à épingler M. Bisson, ex-juge sagace. Certes, M. Bédard a bien tenté de démontrer que M. Bisson, en 2009, aurait accepté que le ministre libéral David Whissell constitue une fiducie sans droit de regard tout en ordonnant au fiduciaire de conserver son patrimoine. Le cas est intéressant. Mais d’une part, ABC-Rive Nord était une entreprise strictement privée (ce n’est pas le cas de Québecor). Et c’était avant la publication d’une note d’information du Commissaire à l’éthique, en février 2014, dans laquelle il affirme que « le membre de l’Assemblée nationale ne peut exercer aucune influence sur le fiduciaire ou le mandataire, notamment dans le choix des actifs ou dans leur administration ». Le jurisconsulte a aussi démontré que depuis 2009, d’autres assemblées législatives de la fédération avaient adopté des codes similaires dans lesquels on stipule que sans « droit de regard » signifie « sans directive » aucune.
 
Au surplus, lors de la rédaction du code d’éthique — soit bien avant que M. Péladeau ne plonge en politique —, M. Bisson avait témoigné en commission parlementaire (donc devant M. Bédard). Il avait alors été très clair : « Une fiducie sans droit de regard, c’est celle où vous ne pouvez absolument rien faire. […] Tout ce que vous recevez, c’est un rapport annuel. Vous n’avez aucun droit de communication […] avec la personne qui a été nommée fiduciaire. Le mot le dit : “ sans droit de regard ”. » À l’époque, cette position réjouissait M. Bédard et Mme Maltais.
 
Le Parti québécois a fait un mauvais procès au jurisconsulte. Notamment sur la question de la confidentialité des avis. L’avis dévoilé par Jean-Marc Fournier en mars sur la nature d’une fiducie sans droit de regard ne portait pas spécifiquement sur le cas de M. Péladeau. De nombreux parlementaires ont une fiducie de ce type. M. Fournier l’avait commandé et pouvait donc, tout à fait légalement, le dévoiler.
 
Autre parole célèbre de M. Bisson : Québecor n’est pas une entreprise de « petits pois ». Ni d’asphalte. Et c’est pourquoi, même s’il n’est pas contraint par le code, comme simple député, de créer une fiducie, M. Péladeau doit tout de même présenter une solution exceptionnelle à sa situation à l’avenant. Ce serait plus constructif que de tenter de miner une institution comme celle du jurisconsulte.

L'appel de mères à leurs enfants partis rejoindre le groupe armé État islamique

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Mise à jour le mercredi 3 juin 2015 à 13 h 55 HAE   Associated Press
Un drapeau de l'État islamique flotte sur un bâtiment de Kobané.
Un drapeau de l'État islamique flotte sur un bâtiment de Kobané. 
Photo :  Umit Bektas / Reuters

Des mères originaires de plusieurs pays occidentaux, dont la Calgarienne Christianne Boudreau, ont lancé un appel, mercredi, pour que leurs enfants partis combattre à l'étranger aux côtés des extrémistes reviennent à la maison.
Les femmes de sept pays, incluant le Canada, la France et les États-Unis, ont publié une lettre ouverte, sur un site Internet, adressée à leurs fils et filles et dans laquelle ils citent des passages du Coran pour justifier leur retour au pays.
Le groupe Mothers for Life, formé de mères musulmanes et non musulmanes, a écrit que l'islam prescrivait aux enfants d'honorer leurs parents et de leur épargner de la souffrance.
Les femmes ont ajouté que le prophète Mahomet avait dit que le « paradis » se trouvait auprès des parents. En s'enrôlant au sein du groupe armé État islamique (EI), ces enfants « piétineraient » l'honneur voué à leur mère et leur père, ajoutent-elles.
Des milliers de jeunes hommes et femmes de pays occidentaux sont partis à l'étranger pour grossir les rangs des extrémistes en Irak et en Syrie dans les dernières années. Ces combattants sont souvent recrutés par d'autres militants sur Internet.
Le fils de Christianne Boudreau est mort en Syrie.Le fils de Christianne Boudreau est mort en Syrie.  Photo :  Adrienne Arsenault/CBC
Par cette lettre, Mothers for Life souhaite défier publiquement ceux qui ont encouragé leurs proches à se battre à l'étranger.
« Les médias sociaux semblent être leur force pour attirer notre jeunesse. Nous devons combattre le feu par le feu », a expliqué la Canadienne Christianne Boudreau, dont le fils, Damian Clairmont, a été tué en Syrie l'année dernière alors qu'il était aux côtés du groupe armé EI.
Mme Boudreau a expliqué que Damian avait été approché directement par des individus à Calgary. Il s'était converti à l'islam à l'adolescence. Le jeune homme de 22 ans aurait perdu la vie lors de combats à Alep, l'hiver dernier.
Le collectif voudrait aussi attirer l'attention des gouvernements afin qu'ils écoutent davantage les familles qui vivent avec ce problème.
Mothers for Life est dirigé par l'Institut allemand d'études sur la radicalisation et la déradicalisation à Berlin. Plusieurs de ses membres sont de confession musulmane et ils sollicitent régulièrement l'opinion des experts de l'islam pour réfuter les arguments des extrémistes.

L'eau, « arme ultime » entre les mains du groupe armé État islamique

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Mise à jour le mercredi 3 juin 2015 à 20 h 38 HAE
Des sunnites fuyant Ramadi une journée avant sa prise par l'EI aux mains des forces gouvernementales.
Des sunnites fuyant Ramadi une journée avant sa prise par l'EI
aux mains des forces gouvernementales.
  Photo :  STRINGER Iraq / Reuters

Le groupe armé État islamique (EI) a utilisé l'« arme ultime » afin de solidifier son emprise sur Ramadi, capitale de la province d'Al-Anbar, en Irak. Le groupe a fermé les vannes d'un barrage qui régule l'Euphrate, un dur coup pour les forces gouvernementales qui souhaitent reconquérir la ville depuis deux semaines.
« L'EI mène désormais une sale guerre de l'eau », dénonce Sabah Karhout, le chef du conseil provincial d'Al-Anbar. Le groupe terroriste espère ainsi déstabiliser Khaldiyah et Habbaniya, deux zones encore sous contrôle gouvernemental, selon des responsables locaux.
« Fermer l'eau est le pire crime qu'il puisse commettre. Cela va forcer les enfants, les femmes et les personnes âgées à fuir, ce qui lui permettra de lancer des attaques », a-t-il poursuivi.
Un autre élu provincial d'Al-Anbar, Arkan Khalaf al-Tarmuz, croit que l'EI a choisi l'eau comme stratégie, car il « n'a probablement pas assez de combattants à nous opposer dans le cadre d'une guerre conventionnelle ».
Depuis qu'ils ont lancé leur offensive dans le nord de l'Irak il y a un an, les djihadistes font grand usage des barrages. Ils se donnent alors le pouvoir d'assoiffer ou d'inonder des zones, selon leurs besoins militaires.
« Dans les terres arides sur lesquelles combat l'EI, le contrôle de l'eau est l'arme ultime. »— Institut stratégique Soufan Group.

Carte de l'IrakUne autre tactique de guerre 
Le camion piégé est aussi devenu une arme de guerre privilégiée par l'EI. Le groupe terroriste a revendiqué mardi une attaque suicide perpétrée la veille par trois kamikazes visant une base de police au nord de Bagdad, qui a fait 47 morts.
C'est d'ailleurs cette technique du camion piégé qui a permis à l'EI de récupérer Ramadi et qui empêche maintenant les forces gouvernementales d'y mener une offensive.
« Les dégâts [d'un camion piégé] sont plus importants que ceux provoqués par une bombe d'une demi-tonne larguée par un avion de combat. »— Un expert occidental

Le recours à cette tactique est l'une des raisons qui ont forcé Bagdad et l'allié américain à revoir leur stratégie, qualifiée d'« échec » par le premier ministre Haïdar Al-Abadi mardi, lors d'une réunion des pays de la coalition internationale contre l'EI à Paris.
Mercredi, un haut responsable américain a averti qu'il faudrait « probablement une génération ou plus » pour vaincre la « menace mondiale » que représente l'EI. « Ce sera une longue campagne », a admis depuis Doha le général John Allen, l'émissaire américain pour la coalition dirigée par les États-Unis.
La coalition internationale a néanmoins donné son soutien au premier ministre Al-Abadi afin qu'il puisse lancer son plan de reconquête des territoires perdus. En retour, il lui a été demandé d'accélérer les réformes politiques afin notamment d'inclure la minorité sunnite.
Du côté syrien 
En Syrie, les forces gouvernementales, affaiblies, recourent de plus en plus aux attaques par hélicoptère avec largage de barils explosifs sur les zones rebelles. Mercredi, au moins 37 civils sont morts, dont 10 enfants.
Mais selon la coalition internationale, l'une des solutions serait plutôt la transition politique pour le régime de Bachar Al-Assad, dont les compétences pour lutter contre les combattants de l'EI sont jugées insuffisantes.
Plus de 4000 combattants étrangers auraient à ce jour rejoint des groupes djihadistes en zones de conflit, notamment en Irak et en Syrie, affirme Interpol.
Pour ceux tout juste débarqués en Syrie, l'objectif serait de détruire Damas et ses banlieues, a fait valoir un responsable de la sécurité syrienne.
Appel à l'aide du FBI 

Si l'eau et les camions piégés sont des armes de guerre efficaces, Internet reste le moyen privilégié par les groupes extrémistes pour recruter de nouveaux membres.

Or, de nombreux outils de communications et de stockage de données sont impossibles à décrypter puisque seuls les usagers en ont la clé, dénonce le FBI.

Ce dernier a appelé mercredi le Congrès et les entreprises de télécommunications et d'Internet à fournir des « solutions technologiques » afin de remédier à cette situation.

Ikea promet 1,4 milliard contre le réchauffement climatique

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Mise à jour le jeudi 4 juin 2015 à 6 h 51 HAE   Reuters
Logo d'Ikea
Le logo Ikea (archives)  Photo :  AFP/Phillipe Huguen

Ikea, le numéro un mondial de l'ameublement, a promis jeudi de consacrer un milliard d'euros à des projets relevant de la lutte contre le changement climatique.
Le groupe suédois vise l'indépendance énergétique et a déjà engagé 1,5 milliard d'euros depuis 2009 dans ce sens. Elle va maintenant investir 600 millions d'euros dans les énergies éolienne et solaire.
Par ailleurs, la Fondation Ikea adossée au groupe familial va consacrer 400 millions d'euros à des projets destinés à soutenir les populations de pays pauvres particulièrement exposés aux conséquences du réchauffement climatique, comme les inondations, les sécheresses et la désertification.
« C'est bon pour les clients, bon pour le climat et bon aussi pour Ikea », a déclaré le directeur général du groupe Peter Agnefjall lors d'un entretien téléphonique accordé à Reuters.
Ikea fait partie des premiers mécènes de la conférence sur le climat (COP21) qui se tiendra à Paris en décembre.

Ghana : 90 morts dans l'explosion d'une station-service

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Reuters
L'explosion d'une station-service dans la capitale du Ghana a fait quelque 90 morts.
L'explosion d'une station-service dans la capitale du Ghana a fait quelque 90 morts. 
Photo :  Reuters Staff / Reuters

Une explosion dans une station-service d'Accra, la capitale ghanéenne, a fait environ 90 morts mercredi soir, a annoncé jeudi un porte-parole des pompiers.
Un grand nombre de victimes étaient des personnes qui avaient cherché à se mettre à l'abri en raison des pluies torrentielles.
L'explosion a été causée par un incendie qui s'est déclaré vers 22 h dans un stationnement de poids lourds voisin pour ensuite se propager à la station-service et à d'autres bâtiments, a précisé le porte-parole des pompiers, qui s'exprimait sur la station de radio JOYFM.
Un incendie dans un stationnement de poids lourds aurait provoqué l'explosion d'une station-service d'Accra, au Ghana.
Un incendie dans un stationnement de poids lourds aurait provoqué l'explosion
d'une station-service d'Accra, au Ghana.
  Photo :  Reuters Staff / Reuters
Les premiers éléments de l'enquête laissent présager qu'il s'agit d'un incendie accidentel, a-t-il ajouté.
Les pompiers ont lutté contre les flammes pendant une bonne partie de la nuit, tandis que la police et l'armée aidaient les services d'urgence à sauver les personnes prisonnières des décombres, a expliqué le maire de la capitale, Alfred Oko Vanderpuije.
Carte du Ghana
Carte du Ghana  Photo :  Google
À Accra, des bâtiments et des véhicules ont été submergés par les inondations liées aux pluies torrentielles de mercredi.

Le décès de Jacques Parizeau fera progresser l'option souverainiste, croit PKP

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Pierre Karl Péladeau lors d'une vigile en l'honneur de Jacques Parizeau.
PHOTO LE JOURNAL DE QUÉBEC, JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

Pierre Karl Péladeau lors d'une vigile en l'honneur de Jacques Parizeau.

Régys Caron
Le décès de Jacques Parizeau pourrait faire progresser l'option souverainiste dans l'opinion publique, croit le chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau.
La disparition de M. Parizeau est l'occasion de parler de ce qu'il a accompli pendant sa longue vie publique, de quoi attiser la ferveur souverainiste, entrevoit le chef du PQ.
Pierre Karl Péladeau lors d'une vigile en l'honneur de Jacques Parizeau.
 M. Péladeau
«C'est un grand personnage, il a été un homme d'État, quelqu'un qui est à l'origine de la modernité du Québec, ça donne l'occasion à l'ensemble de la population de connaître son oeuvre, notre histoire, d'où nous sommes partis et où nous sommes arrivés, de connaître la profondeur de sa ferveur indépendantiste. Je pense que ça va faire en sorte qu'on va parler davantage d'indépendance comme je souhaite le faire», a déclaré M. Péladeau ce matin à l'entrée du caucus des députés du PQ.

Jacques Parizeau
Pierre Karl Péladeau lors d'une vigile en l'honneur de Jacques Parizeau.
PHOTO D'ARCHIVES
À la question s'il croyait que la disparition de l'ancien premier ministre ferait progresser l'option souverainiste, Pierre Karl Péladeau a répondu par un «oui» catégorique. «Grâce à M. Parizeau, le Québec a acquis une force économique, il a donné une forte impulsion à l'État et permis aux francophones de prendre leur place dans le développement économique. C'est positif pour le pays et les citoyens de se souvenir de ce qu'il a accompli et c'est très positif pour l'indépendance», a ajouté M. Péladeau à une journaliste anglophone.

Couillard
Le premier ministre Philippe Couillard croit que le PQ demeure dans l'imaginaire avec son projet d'indépendance du Québec. «Plus le Parti québécois parle de l’indépendance du Québec, plus les questions se posent. C’est sur eux entièrement que repose le fardeau de la preuve, c’est une chose qu’il faut changer par rapport au discours politique des dernières années.

Philippe Couillard
Pierre Karl Péladeau lors d'une vigile en l'honneur de Jacques Parizeau.
PHOTO LE JOURNAL DE QUÉBEC, SIMON CLARK
«Nous on est dans la réalité. La réalité c’est l’appartenance du Québec à la fédération canadienne. Le Parti québécois présente un scénario on peut dire imaginaire actuellement et c’est à eux de répondre aux questions et à démontrer en quoi perdre leur citoyenneté canadienne aiderait de quelque façon que ce soit les citoyens du Québec.»
Legault
Pour sa part, bien qu'il reconnaisse que le décès de René Lévesque, en 1987, avait eu un certain impact sur l'option indépendantiste, le chef de la CAQ, François Legault, prévoit que la réaction des citoyens sera différente avec le décès de Jacques Parizeau. «C'est une époque différente. Actuellement, je sens une réelle inquiétude sur la situation économique au Québec. Les gens sont tannés de payer toujours plus de taxes et de tarifs. On a changé par rapport à cette époque-là (...) Je ne pense pas qu'il va y avoir d'impact. Ce sont des souvenirs qu'on a de M. Parizeau, mais je pense que la grande majorité des Québécois sont rendus ailleurs», a dit M. Legault.
François Legault
Pierre Karl Péladeau lors d'une vigile en l'honneur de Jacques Parizeau.
SIMON CLARK/JOURNAL DE QUÉBEC

La mort de Parizeau va aider la souveraineté?

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La mort de Parizeau va aider la souveraineté?
PHOTO COURTOISIE, LCN

Richard Martineau
Plusieurs personnes ont été choquées par les propos de certains péquistes voulant que la mort de Jacques Parizeau donne un « coup de pouce » au mouvement souverainiste...
Effectivement, ce n’est peut-être pas très élégant, ces militants auraient pu attendre quelques jours avant de faire cette déclaration... (En fait, ils répondaient à la question d’un journaliste...)
Cela dit, ces souverainistes ont raison. Le décès de monsieur Parizeau va effectivement avantager leur option. À court terme, du moins.
Car que disent les péquistes, depuis quelques années ? Que l’appui à l’option souverainiste plafonne car on parle trop peu du projet dans les médias et on ne rappelle pas suffisamment les faits d’armes du PQ, l’héritage positif des pères de la Révolution tranquille.
Or, que fait-on, depuis deux jours ? Exactement ça. On rappelle à ceux qui l’avaient oublié (ou à ceux qui ne l’ont pas appris dans leur cours d’histoire...) que ce sont des souverainistes qui ont créé les principaux outils économiques dont le Québec dispose, aujourd’hui.
On parle d’histoire. On rappelle le travail colossal effectué par René Lévesque et Jacques Parizeau.
Plusieurs lisent ces dossiers, voient ces reportages, et se disent : « C’est pourtant vrai que ces pionniers ont fait de grandes choses... Ce n’étaient pas que des pelleteux de nuages... »
Voici ce que répète le PQ : plus on parle d’histoire, plus on va intéresser les gens au projet souverainiste.
Et, là-dessus, il faut le reconnaître, même si ça semble peu élégant : le décès de monsieur Parizeau aura permis de remettre l’Option (et l’histoire du Québec) à l’avant-plan...
Pour quelques jours... Du moins, jusqu’au prochain scandale...

Un pays, une province, un peuple

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Jacques Parizeau
PHOTO D'ARCHIVES

Mario Dumont
Alors qu’il était chef de l’opposition, Jacques Parizeau avait accordé une entrevue au magazineL’Actualité et l’une de ses affirmations m’est revenue à l’esprit ces dernières heures. Il affirmait ne pas être intéressé à occuper la fonction de premier ministre d’une province. Son rêve consistait exclusivement à diriger le nouveau pays du Québec.
Cette conception des choses est ressortie à différents moments de sa carrière et, finalement, il a agi en conséquence en quittant son poste de premier ministre dans les heures suivant la défaite référendaire. Là-dessus, comme sur bien d’autres points, je ne peux qu’être admiratif de la formidable cohérence du personnage et du courage qu’il lui a fallu.
L’adéquation parfaitement géométrique des paroles, des pensées et des actions de monsieur Parizeau a été soulignée avec raison dans les témoignages suivant sa disparition. Cette façon de
vivre la politique témoigne d’un engagement total et sincère de sa part.
Premier ministre de quoi ?
J’avais néanmoins trouvé curieuse cette déclaration de Jacques Parizeau il y a plus de 20 ans. Au fil des années, j’y ai souvent repensé, notamment en écoutant des discours souverainistes. J’ai toujours eu un malaise et je continue aujourd’hui d’être heurté par cette façon d’exprimer le refus d’être «premier ministre d’une province».
Celui ou celle qui remporte les élections, qui gagne la confiance des Québécois, devient premier ministre de quoi au juste? Devient-on premier ministre d’une entité juridique? Si oui, le statut de province ou de pays devient crucial. Où devient-on plutôt le premier ministre du peuple québécois? Dans ce cas, on dirige les destinées d’une population.
Personnellement, ma réponse à cette question demeure sans équivoque. On devient le premier ministre d’un peuple. D’ailleurs, n’est-il pas naturel pour un nouvel élu de lancer cet appel dans son discours de la victoire: «Je serai le premier ministre de tous les Québécois.» Présider aux destinées d’un peuple, c’est énorme: porter ses espoirs, transporter sur ses épaules toutes les misères, préparer son avenir, faire son bout dans la course à relais de l’histoire. Pour celui qui dirige le Québec, il faut ajouter la protection d’une langue et d’une culture tellement minoritaires sur le continent.
Peuple libre
Bien sûr, il est légitime pour un premier ministre issu du Parti québécois de souhaiter que ce peuple qu’il dirige change de statut politique et juridique, qu’il accède au statut d’État souverain. La proposition a été faite à deux reprises. En posant la question, il faut accepter la réponse. Le peuple québécois a choisi de dire non.
En disant non, le Québec est évidemment demeuré une province du Canada. Cela ne signifie pas que rien n’a changé. Beaucoup de péquistes oublient de mesurer à quel point les Québécois sont devenus souverains dans leur tête. Choisir de dire non au statut d’État souverain en le faisant librement dans l’isoloir, ni sous la menace ni à la pointe d’un fusil, après en avoir débattu des mois, c’est l’expression d’une souveraineté bien réelle.
Trop déçu de ne pas avoir amené la souveraineté du Québec, monsieur Parizeau n’a peut-être pas pleinement réalisé que le Québec vit aujourd’hui comme un peuple libre de ses choix.

L’héritage de Jacques Parizeau

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L’héritage de Jacques Parizeau
AGENCE QMIJacques Parizeau

Mathieu Bock-Coté
De toutes les familles politiques, depuis 48 heures, on entend monter un concert de louanges pour Jacques Parizeau. Comme si sa mort nous plaçait devant une évidence lourde: l’homme était un personnage historique absolument singulier. Il aura marqué en profondeur le Québec.
Et il l’aura marqué pour le mieux. Philippe Couillard a été à la hauteur de sa fonction en accordant à Monsieur Parizeau des funérailles d’État.
Quel est l’héritage de Jacques Parizeau? Il est vaste. On pense évidemment aux grandes institutions économiques du Québec moderne. Jacques Parizeau croyait en l’État. Il aimait la grande histoire de la Révolution tranquille, dont il fut non seulement un artisan, mais un héros. Il y voyait la preuve que le peuple québécois, longtemps condamné à la survivance et voué à la disparition, était capable de grandes choses.
Croire en la politique
Pourtant, l’essentiel me semble ailleurs. Jacques Parizeau croyait surtout que l’homme peut faire l’histoire plutôt que la subir.
Il croyait que la volonté politique peut changer le cours des choses, renverser des tendances lourdes, réveiller les peuples, leur permettre de progresser.
C’est une idée originale pour notre temps.
Aujourd’hui, les politiciens se contentent de s’adapter aux circonstances.
Mais pour cela, il faut avoir les idées claires et ne pas naviguer à vue. Il faut avoir un idéal, en fait. Et Jacques Parizeau en avait un: l’indépendance du Québec.
Il était en croisade pour elle. Il ne croyait pas que les Québécois s’y convertiraient grâce aux œuvres du Saint-Esprit. Il fallait forcer le destin et délivrer les Québécois de leur ambivalence, les forcer à choisir. L’histoire avance à coup de décisions.
En 1995, Jacques Parizeau était prêt. Il savait bien qu’un Oui ne suffirait pas et qu’il faudrait assurer la transition vers l’indépendance, d’autant que le Canada anglais ne nous ferait pas de cadeau.
Il avait pensé à tout. À la reconnaissance internationale. Aux ressources nécessaires pour affronter une éventuelle turbulence économique. Il avait une vision large et profonde de l’intérêt national.
Une profonde tristesse
Et pourtant, son décès sème une tristesse bien singulière, un peu semblable à celle qui avait suivi la mort de René Lévesque. Qui, aujourd’hui, ne ressent pas intimement la part inachevée dans le destin québécois? Que notre histoire a dévié en 95 et que, depuis, nous dérivons?
La mort de Jacques Parizeau nous oblige à nous poser une question cruelle: le 30 octobre 1995 ne représente-t-il pas l’occasion ratée la plus tragique de notre histoire?
La mort de Monsieur Parizeau remuera-t-elle dans les profondeurs de la culture québécoise la honte de l’inachèvement, le sentiment d’être passé à côté de quelque chose d’important ou, inversement, le sentiment que nous sommes vraiment passés dans un Nouveau Monde et que le décès de cet homme admirable marque la rupture finale avec la grande époque du nationalisme québécois?
Dans 20 ans, nous dirons-nous que sa mort aura secoué un Québec avachi et endormi ou qu’elle aura tourné la dernière page dans l’histoire de la lutte indépendantiste?
Évidemment, nous n’en savons rien pour l’instant. Mais la réaction très profonde à cette mort me laisse croire qu’elle forcera les Québécois à réfléchir comme ils ne l’ont pas fait depuis longtemps à leur destin.

Pas de pitié pour l'ex-maire Vaillancourt: un reportage suscite sarcasme et moqueries

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Gilles Vaillancourt, ex-maire de Laval
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MISE à JOUR 
MONTRÉAL - Un article à la Une de La Presse dépeignant l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt comme un bénévole dévoué brassant la soupe dans un organisme de charité suscite sarcasme et moqueries ce matin.

«Je suis tombé en bas de ma chaise quand j’ai lu ça ce matin, a indiqué Paul Arcand au micro de 98,5FM. Est-il dans une opération "je fais pitié"? Moi le vieux Gilles?  On peut-tu se garder une gêne? [...] Le braille-o-rama, ça fait pitié, a-t-il dit. La prochaine fois, c’est le lit d’hôpital ? On va suivre ses prises de sang? Ça n’a pas de bon sens.»
Le nom «Gilles Vaillancourt» était parmi les 10 tendances les plus populaires sur Twitter ce matin.

Le quotidien affiche un portrait de l’ancien maire de Laval dans lequel on le voit faire du bénévolat dans un organisme d’aide aux démunis. «Au moins deux fois par semaine, M. Vaillancourt franchit les deux kilomètres qui séparent sa résidence de l’île Paton de l’organisme Partage Saint-Maxime. C’est là qu’il travaille aux cuisines et sert des repas», peut-on lire dans l’article.

«J’ai toujours aimé les gens. C’est ce qui m’a motivé toute ma vie, en politique et avant la politique», a-t-il expliqué à la Presse.

M. Vaillancourt a aussi parlé de sa plus grande tristesse: «c'est d'avoir accumulé de l'expérience et des connaissances que je ne peux pas transmettre compte tenu des circonstances».

L'animateur-vedette du 98,5FM, Paul Arcand, a ouvert son émission en feignant de verser une larme, sous une musique triste de circonstance, disant avec sarcasme craindre d'être trop ému pour animer toute son émission.

S’en est suivi plus tard une discussion avec son chroniqueur politique, Jean Lapierre. «Il part de chez eux, sa croix sur le dos pour se rendre jusqu’à la soupe populaire, et il coupe lui-même les légumes. Je te sens sensible, Paul», ironise M. Lapierre.

PITIÉ !!! Soupe et bénévolat pour l'ex-maire Gilles Vaillancourt http://www.lapresse.ca/actualites/regional/201506/03/01-4875109-soupe-et-benevolat-pour-lex-maire-gilles-vaillancourt.php  via @lp_lapresse

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Soupe et bénévolat pour l'ex-maire Gilles Vaillancourt | Kathleen...


«C’est venu me chercher, qu’est ce que tu veux. Surtout qu’il a dit qu’il est allé en politique pour aider les gens. Pas question de s’enrichir, c’était pour aider le peuple», poursuit Paul Arcand.

Même réaction du côté de l’animateur de l’émission Debout les comiques, à CKOI, Martin Cloutier. «Il se fait passer pour un citoyen exemplaire et honorable. Eille !», dit-il. Sa coanimatrice, Tammy Verge, réplique d’ailleurs que si cette opération a un but visant à améliorer son image, «ça me pue au nez».

Prise de bec entre Khadir et Barrette

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Le ton a monté entre le député de Québec solidaire (QS), Amir Khadir, et le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en commission parlementaire mercredi après-midi.

Au cœur de la prise de bec : le retour, selon les partis d’opposition, de la «prime Bolduc» dans la nouvelle entente avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).

Lors d’une séance de travail de la commission parlementaire de la Santé et des services sociaux, qui étudie le projet de loi 20, le ministre n’a pas apprécié les propos du député de Mercier, qui a laissé entendre que la «prime Bolduc» avait été «maquillée».
CAPTURE D'ÉCRANAmir Khadir
«Le ministre dit que la nouvelle prime qu’il a concoctée avec la Fédération des omnipraticiens n’est pas la prime Bolduc, a affirmé Amir Khadir. [...] On l’a un petit peu maquillée, ou je ne sais pas quel est le terme parlementaire, on l’a arrangée», a poursuivi le député de QS, qui a aussitôt été interrompu par le ministre, qui n’a pas digéré les termes utilisés par le député.

En pleine escarmouche, le député de QS a lancé : «Le ministre n’est pas prêt à accepter le procès de sa prime».

Le président de la commission, le député libéral Pierre Reid, a dû intervenir à de nombreuses reprises pour tenter de calmer les esprits. Il a même dû hausser le ton pour mettre fin à l’escarmouche.