Marches, galas et spectacles pour souligner la Fête des Patriotes

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Publié par La Presse Canadienne le lundi 18 mai 2015 à 04h36. Modifié par Léandre Drolet à 11h03.
Marches, galas et spectacles pour souligner la Fête des Patriotes
MONTRÉAL - La Fête des Patriotes est soulignée lundi au Québec par divers événements organisés entre autres par la Société Saint-Jean-Baptiste.

Une Marche des Patriotes se déroulera en après-midi à Montréal. Elle sera suivie d'un spectacle qui rendra notamment hommage au regretté chanteur Dédé Fortin, en présence du comédien Pierre Curzi, Patriote de l'année.
Jean-Paul Perreault, président de l`organisme Impératif français.
 
 
 
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En soirée, plusieurs personnalités du mouvement souverainiste participeront au souper-gala des Patriotes, dont Pauline Marois, Bernard Landry, Pierre Karl Péladeau, Gilles Duceppe et Mario Beaulieu.

De son coté, l'organisme Impératif français estime que la Fête des Patriotes est «une belle occasion pour les Québécois de parler de leur avenir».
Selon son président Jean-Paul Perreault, il faut célébrer cette Journée nationale pour que «l'histoire du Québec reste une source d'inspiration et soit porteuse d'une vision».

Au cours des deux dernières semaines, Impératif français a tenu une campagne promotionnelle dans les médias appelée «Patriotes d'alors, patriotes encore».
Le message était porté dans des publicités par les comédiens Marie Tifo et Pierre Curzi.
Ces derniers rappelaient «l'importance des luttes culturelles et politiques d'hier, d'aujourd'hui et de demain dans le façonnement de l'avenir du Québec».

Bloc-notes sur la coalition souverainiste

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PKP
PHOTO D'ARCHIVES

Mathieu Bock-Coté
L'expérience PKP sera intéressante à bien des égards. Elle permettra notamment de voir dans quelle mesure un volontarisme politique maximal et assumé peut renverser une tendance lourde dans une société, à savoir, dans le cas présent, la dénationalisation en profondeur du peuple québécois, son indifférence de plus en plus marquée devant la question nationale. Jamais, depuis Jacques Parizeau, le PQ n'aura été aussi clairement indépendantiste, mais jamais, depuis la Révolution tranquille, le peuple québécois n'aura été aussi étranger à la cause nationale. Autrement dit, dans quelle mesure une volonté politique animée par le feu sacrée d'une grande cause est capable de réveiller un peuple de son sommeil apathique? Le politique peut-il donner une claire impulsion dans une société dévitalisé ? Qu'on soit souverainiste, fédéraliste, autonomiste ou je ne sais trop quoi, cette expérience politique en direct sera fascinante.
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Une des conditions pour créer une vraie coalition nationale pour l'indépendance, c'est de comprendre qui ne la rejoindra jamais - et conséquemment, de bien identifier les courants idéologiques qu’il ne vaut pas vraiment la peine de solliciter, tellement ils se moquent de la question nationale. J’en identifie deux : 1) la gauche radicale internationaliste, qui n’a jamais cru aux nations, aux patries, qui s’imagine les frontières arbitraires et qui cultive l’esthétique du citoyen du monde 2) la droite libertarienne qui déteste au fond d’elle-même le Québec, parce qu’elle rêve en anglais et rêve de s’américaniser et se montre allergique à toute forme d’identité collective. Chercher à rallier ces deux courants, politiquement marginaux mais très visibles sur les médias sociaux, c’est se condamner à gaspiller des énergies considérables pour n’obtenir à peu près rien. Une fois laissés de côté ces deux tendances idéologiques, il faudra prendre beaucoup de temps pour rallier la gauche social-démocrate et syndicale, les écologistes, les nationalistes, le centre-droit et la droite culturellement conservatrice. Autrement dit, ceux qui ne sont pas allergiques à l’idée de patrie.
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Créer une coalition souverainiste, cela veut dire définir un projet politique assez large pour accueillir des nationalistes de tous les horizons. Cela ne veut toutefois pas dire unir artificiellement le PQ, QS et ON. Le premier est le lieu naturel de la coalition souverainiste. Le second s’est plutôt constitué, par définition, sur un refus de la coalition souverainiste. Le propre de QS, c’est justement de refuser l’idée de coalition des souverainistes, parce que ce parti place la Gauche au-dessus de tout. QS pratique le souverainisme conditionnel: soit le pays sera socialiste (et altermondialiste, et écologiste, et féministe, etc.), soit il ne sera pas. Évidemment, le PQ doit s’intéresser aux électeurs passés à Québec solidaire, qui sont loin de tous partager le maximalisme idéologique des leaders de ce parti. De même, quand on dit que le PQ doit ramener les électeurs nationalistes passés à la CAQ, cela ne veut pas dire qu’il doit fusionner avec lui. Quant à Option nationale, on aura beau dire ce qu’on veut, c’est davantage un groupe d’amis ou un petit groupe de pression qu’un parti politique. Si Jean-Martin Aussant en avait conservé la direction, probablement que ce parti aurait pu connaître une vraie croissance. Cela aurait certainement compliqué la tâche du Parti Québécois. L’histoire s’est écrite autrement. Évidemment, il y a des jeunes militants d’une immense qualité à Option nationale. Le PQ doit leur ouvrir les portes. Il bénéficiera de leur énergie et de leur idéalisme. Mais il faut cesser de faire semblant que le PQ et ON se parlent comme deux partis politiques égaux. Évidemment, le jour du référendum, ces partis se rassembleront sous le parapluie du camp du Oui, qui sera transpartisan. Les partis, alors, s’uniront le temps d’une grande campagne. Mais il serait faux de croire que la construction de la coalition souverainiste commence par l’unification des partis, petits et grands, qui témoignent de la sympathie pour l’indépendance. En posant le problème ainsi, on se condamne à donner un droit de veto à Québec solidaire qui instrumentalise l’indépendance pour faire passer un programme politique qui a peu à voir avec elle.
Quand on veut rassembler la gauche et la droite autour de l’indépendance, il s’agit moins de donner un petit morceau de viande à la gauche et un petit morceau de viande à la droite que de trouver des choses plus profondes qui unissent les nationalistes québécois et plus largement, les Québécois. Évidemment, le PQ doit se montrer plus ouvert qu’il ne l’est en ce moment aux préoccupations des électeurs passés à la CAQ. Évidemment, il doit conserver son attachement à la solidarité. Mais il doit surtout proposer une politique de l’intérêt national. Au-delà de la gauche et de la droite, autrement dit, au-delà de la dissolution de toute réalité dans cette alternative idéologique asséchée qui déforme davantage une société qu’elle ne rend compte de son véritable pluralisme politique, il y a des intérêts communs aux Québec, ou pour le dire autrement, il y a l’intérêt national. Il ne se laisse par caricaturer en slogans. Les souverainistes doivent patiemment travailler à le mettre de l’avant. Bien évidemment, ils ne pourront jamais le faire s’ils oublient que l’indépendance a d’abord pour vocation de permettre au peuple québécois de se gouverner par lui-même, de faire ses propres choix. L’indépendance est une fin en soi. Parce que se gouverner par soi-même est une fin en soi. Quels que soient nos choix collectifs nous devons les faire par nous-mêmes. Faut-il ajouter qu’on ne fera jamais l’indépendance en oubliant qu’elle est intimement liée au désir de conserver notre langue, notre culture, notre identité collective? L’identité nationale rassemble au-delà de la gauche et de la droite.
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Pour bâtir une coalition efficace, elle doit avoir un objectif pas trop éloigné dans le temps. Unir les nationalistes de gauche et de droite, c’est possible pour une décennie, si on sait qu’un grand rendez-vous se trouve à l’horizon. Il est possible alors de relativiser ses préférences idéologiques au nom du pays. Mais si la bataille s’éternise sans jamais aboutir, fatalement, les factions réapparaissent et les courants idéologiques recommencent à se combattre entre eux. Il ne s’agit pas de dire qu’il faut dès maintenant donner la date et l’heure du prochain référendum. Mais il faudra, tôt ou tard, préciser les grandes étapes qui viennent et la marche à suivre. On verra alors qu’avec un horizon stratégique de plus en plus clair à l’horizon, bien des Québécois pourraient reprendre goût à la question nationale. Contrairement à ce que croient certains idéologues en manque de société idéale, on se passionne moins pour un rêve que pour un projet qui a de vraies chances de se concrétiser. On se lasse des chimères. On se laisse tenter bien davantage par des possibilités réelles.

Au Québec, aujourd'hui nous honorons les Patriotes. Au Canada, la monarchie!



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Patriotes

Gilles Duceppe
Chaque lundi précédant le 25 mai, les Québécois honorent les Patriotes, alors que les Canadiens honorent la reine Victoria.
Pourtant, ce n’est pas qu’au Bas-Canada (le Québec d’alors) qu’il y avait des Patriotes. Il y en avait aussi au Haut-Canada (l’Ontario d’alors), dont le chef était William Lyon Mackenzie. La rébellion au Haut-Canada fut également sévèrement réprimée. Il y eut même 17 Patriotes qui furent pendus au Haut-Canada alors qu’il y en eut 12 au Bas-Canada.
Le gouvernement canadien continue cependant d’honorer la reine Victoria, contrairement aux Québécois qui depuis 2003 honorent les Patriotes. C’est le premier ministre Bernard Landry qui fit adopter cette loi afin que l’on se rappelle de notre histoire.
Il est curieux que le gouvernement canadien préfère honorer une personne qui représente un système archaïque, une sorte de loterie génétique, qui repose sur les liens du sang. Il serait pourtant beaucoup plus inspirant pour les Canadiens de se souvenir des combattants de la liberté que furent les Patriotes du Haut-Canada.
Les Québécois honorent donc aujourd’hui des personnes qui se sont battues pour la liberté et la démocratie, alors que les Canadiens honorent de leur côté une représentante d’une caste reposant sur la soumission. Je compatie avec les Acadiens en cette journée de souvenirs contradictoires qui doivent honorer une représentante de la monarchie britannique, car c’est cette même monarchie qui a procédé à la déportation de leurs ancêtres en 1755. Le « Grand dérangement » fut dans les faits un véritable cas de nettoyage ethnique. Rappelons que la Couronne britannique a toujours refusé de s’excuser, car la Royauté n’a jamais tort!
Soyons donc fiers aujourd’hui d’honorer nos Patriotes, gens de liberté, plutôt que de devoir se complaire dans la soumission comme les Canadiens doivent le faire.

PKP et le modèle québécois

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Jérôme Landry
Dans son discours de victoire vendredi soir, Pierre Karl Péladeau n’a laissé aucun espoir à ceux qui souhaitent une réforme en profondeur de ce qu’on appelle le «modèle québécois».
Devant les militants du Parti québécois, il a déclaré que jamais «nous n’accepterons d’abandonner notre modèle québécois qui nous aura permis de nous hisser dans le palmarès de tête des nations les plus justes et les plus équitables.»
Si on résume, on continue comme ça, tout va bien au Québec!
Vanter le modèle québécois avec ses grosses taxes, ses gros impôts, ses services publics déficients, c’est plus suprenant et plus grave que de l’entendre parler de la possibilité de «faire un pays».
Un Québec juste et équitable? Certainement pas avec ses contribuables en tout cas.
COMPLAISANCE
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre quand M. Péladeau a fait le saut en politique active en 2014. Mais je ne m’attendais jamais à une telle complaisance envers le modèle québécois des 50 dernières années.
Je croyais aussi que PKP allait défendre le citoyen ordinaire et protéger son portefeuille contre «l’establishment» syndical et autres élites gauchistes.
Le nouveau chef de l’opposition ignore-t-il que le Québécois moyen peine à joindre les deux bouts après avoir payé les tarifs augmentés d’Hydro-Québec, les taxes scolaires, la taxe sur l’essence, la TVQ...? Merci de nous siphonner, cher modèle québécois!
Et si au moins, la qualité des services publics nous faisait oublier qu’on a les poches vides. Mais non, c’est tout le contraire.
La réalité, c’est qu’on vit dans une société où les bains se vendent sur le marché noir dans les CHSLD. Un Québec qui laisse les malades poireauter sur des civières pendant 16 heures en moyenne dans les corridors des hôpitaux. Une société qui peine à faire diplômer ses étudiants du secondaire pendant que son voisin ontarien possède un des 20 meilleurs systèmes d’éducation au monde.
C’est à ça qu’il ressemble en 2015, le foutu modèle québécois.
NI À DROITE NI À GAUCHE
Pierre Karl Péladeau a beau dire que l’indépendance du Québec ne se fera «ni à gauche ni à droite», il reste qu’un bon nombre de Québécois ne voteront jamais OUI tant et aussi longtemps que le Québec sera aussi endetté et aussi pauvre.
Un projet de pays basé sur la défense de la langue et la confrontation avec le reste du Canada est voué à subir un troisième échec référendaire. Pire encore, pour le PQ, ce genre de discours pourrait remettre en question l’avenir du parti et garantir des gouvernements libéraux au Québec pendant des décennies.
Devenons les meilleurs au Canada et ensuite on verra, pensent plusieurs nationalistes ou fédéralistes mous.
Ce n’est pas en perpétuant un modèle qui nous a procuré une dette de 275 milliards de dollars (68 000 $ par contribuable) que les indépendantistes réaliseront leur grand rêve.
Soyons réalistes et critiques envers notre cher Québec. Exploitons nos ressources naturelles, baissons les taxes et les impôts. Arrêtons d’avoir peur et devenons une vraie province bilingue.
Bref, remettons sérieusement en question le modèle québécois avant de recommencer à rêver au pays.

PKP : La grande séduction

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Lise Ravary
Les péquistes vivent dans une bulle depuis les dernières élections. Même si le poing levé pour le pays par Pierre Karl Péladeau est en partie responsable de la défaite de MmeMarois, la majorité des membres du Parti québécois n’ont jamais cessé de le voir comme le sauveur qui pourra enfin les mener au pays rêvé.
Mais le temps file, les têtes grises virent au blanc. L’idée même du nationalisme est étrangère à une bonne partie des 18-35 ans. Seul un personnage plus grand que nature peut labourer la terre promise. Un personnage mythique au nom d’or, une célébrité populaire comme Pierre Karl Péladeau. On ne peut que le féliciter de sa victoire.
Mais attention! ce n’est pas gagné pour la souveraineté: 57,5% des 80% des 71 020 membres du PQ qui ont voté pour PKP ne représentent que 32 715 personnes. Nous sommes huit millions au Québec, dont 6,7 millions peuvent voter.
Au-delà de l’unité
De ces 6,7 millions, 41%, ou 2,7 millions, appuient la souveraineté. Ce qui laisse quatre millions de Québécois qui ne savent pas, ne comprennent pas ou ne veulent pas.
Dont la majorité des membres des Premières Nations, des anglophones, des immigrants et des plus jeunes.
Il importe certes pour PKP de ramener tous les souverainistes au bercail, mais, bientôt, il lui importera encore plus de séduire les nationalistes hésitants que d’obtenir l’approbation de Québec solidaire et des 400 membres des Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre) de Marc Laviolette, autoproclamé représentant de la gauche péquiste dubitative.
Voyons donc! Advenant un référendum, pensez-vous que les péquistes de la gauche vont voter Non?
Changement de cible
Pour gagner son pari, PKP doit maintenant essayer de nous faire changer d’idée, nous, les fédéralistes mous, les égarés de la souveraineté, les nationalistes tranquilles. Sans nous, la majorité de 50 plus 1 demeurera hors d’atteinte, même pour un sauveur.
Plusieurs parmi nous penchent un peu plus à droite. Quand nous entendons PKP conspuer les néolibéraux (alors qu’aucun parti ne prône cette philosophie), vouloir stopper les transactions d’entreprise québécoises, investir encore plus de capital de risque public, soutenir l’éolien et protéger le modèle québécois, nous sommes inquiets.
Le peu de substance de sa pensée sur l’éducation nous inquiète aussi. Dire qu’il faut mettre l’élève au centre et valori­ser les enseignants ne suffit pas. C’est le socle de notre société.
Par contre, lorsqu’il prône l’égalité des chances – et non l’égalitarisme –, l’entrepreneuriat, la rigueur fiscale et l’imputabilité des acteurs sociaux, cela nous rassure.
Et les autres
Enfin, tout en se définissant fièrement comme francophones, plusieurs d’entre nous ont un pied dans la communauté anglophone. Nous sommes sensibles à sa réalité. Vendredi, nous étions heureux de l’entendre lui parler dans sa langue.
Par contre, crier «en français» dans un show rock tard le soir nous ramène à l’époque d’un nationalisme victimaire qui n’est pas compatible avec la modernité dont il se réclame.
M.Péladeau, le temps viendra bientôt de faire les yeux doux à des gens qui ne pensent pas comme vous. Tous ne succomberont pas, mais vous ne pourrez pas faire l’économie de cette grande séduc­tion.

Les 5 défis de PKP

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Joseph Facal
Dans le lexique politique québécois, l’expression «les vraies affaires» est utilisée par les crétins qui pensent qu’un parti politique doit seulement s’occuper de bouts de route et de lits d’hôpital.
Très bien, alors nous dirons que, pour M. Péladeau et le PQ, les «affaires sérieuses» commencent dès demain.
Maintenant qu’il a obtenu le mandat fort qu’il souhaitait, cinq défis l’attendent.
Contenu
Le premier défi sera de mettre progressivement de la chair sur sa vision des choses.
Dans une course gagnée d’avance, il était normal qu’il n’en dise pas plus que ce qui était nécessaire pour parvenir sans encombre jusqu’au fil d’arrivée. Pourquoi prendre des coups inutiles alors que les vrais coups arriveront bien assez vite, gracieuseté des trois autres partis?
Quand il avancera des idées, voudra-t-il imprimer sa marque au parti, donc le faire évoluer, ou endossera-t-il plutôt les positions traditionnelles du PQ?
Parti de rien en termes d’expérience politique, M. Péladeau a gagné en aisance tout au long de la campagne
Un peu des deux sans doute. Reprendre toutes les positions traditionnelles du PQ amoindrirait l’effet de nouveauté et les chances d’aller chercher de nouvelles clientèles. Transformer complètement le PQ, c’est courir le risque que certains ne s’y reconnaissent plus.
Cet équilibrisme ne sera pas simple. Mais les congrès servent justement à cela.
Le second défi sera de ramener au PQ les souverainistes partis ailleurs. Ces derniers sont moins chez Québec solidaire ou à Option nationale que chez eux, déçus, découragés, résignés. L’appel à l’unité lancé par M. Péladeau vendredi soir fut son meilleur discours de la campagne.
Le troisième défi sera la position adoptée sur la question référendaire.
M. Péladeau a traversé la campagne en disant qu’il ne ferait pas de stratégie en public. C’était compréhensible dans le cadre d’une course au leadership.
L’élection de 2014 a montré cependant que le flou permet aux libéraux de faire croire que le PQ prépare un référendum en catimini. Aussi invraisemblable que cela puisse sembler, il y a des gens assez naïfs pour croire qu’on peut préparer une telle affaire sans que ça paraisse.
Bref, il faut que les Québécois sachent, au moment où ils votent pour choisir un gouvernement, si leur vote leur achète également un référendum ou pas.
Expérience
Le quatrième défi de M. Péladeau sera de sortir aussi indemne que possible de la sympathique petite fête d’accueil que le gouvernement Couillard lui a préparé.
Dans deux semaines, la commission parlementaire des Institutions débutera ses travaux sur la question de la conciliation entre l’engagement politique et le contrôle d’un groupe de presse.
Les élections partielles dans Jean-Talon et Chauveau, qui ne sont pas des circonscriptions faciles pour le PQ, ont été fixées au 8 juin par le gouvernement, précisément pour faire débuter le règne de M. Péladeau par deux défaites.
Le cinquième et dernier défi sera de poursuivre en accéléré son apprentissage de chef. Parti de rien en termes d’expérience politique, M. Péladeau a gagné en aisance tout au long de la campagne. Mais ce n’est pas terminé. Dans un régime politique où c’est le chef de l’opposition qui, jour après jour, mène la charge au parlement, c’est un apprentissage qui se fait largement au vu et au su de tous.