Information sur la politique 1

jeudi, avril 23, 2015

PKP s'étonne de voir le PQ reculer alors que la souveraineté progresse

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Publié par La Presse Canadienne le jeudi 23 avril 2015 à 10h20. Modifié par Charles Payette à 10h47.
PKP s'étonne de voir le PQ reculer alors que la souveraineté progresse
Jacques Boissinot / La Presse Canadienne
QUÉBEC - Le candidat à la direction du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, s'est étonné, jeudi, de voir sa formation politique reculer dans les sondages alors que la souveraineté est en hausse.

Un sondage CROP publié jeudi montre un recul de sept points de M. Péladeau dans les intentions de vote des Québécois, tandis que l'option souverainiste grimpe de six points.
Alors que le favori dans la course du PQ semblait le mois dernier en position de battre les libéraux, l'enquête d'opinion réalisée du 15 au 20 avril montre que ce n'est plus le cas.

S'il était chef du PQ, M. Péladeau obtiendrait 30 pour cent des appuis des électeurs, contre 37 pour cent en mars dernier. Durant la même période, l'option souverainiste est passée de 35 pour cent à 41 pour cent, indique le sondage effectué auprès de 1000 participants d'un panel web.

Au lendemain du ralliement du candidat Bernard Drainville au meneur, l'enquête d'opinion le place clairement en troisième position, dans les perceptions des répondants, derrière Alexandre Cloutier.

En se rendant jeudi matin à une réunion des députés péquistes, M. Péladeau a souligné les éléments contradictoires des résultats publiés jeudi dans les quotidiens Le Soleil et La Presse.

«Ce que je retiens du sondage, c'est assez intéressant, c'est que la souveraineté est en hausse, a-t-il dit aux journalistes. Mais, quand même, il y a des incongruités, le PQ serait en baisse, donc ce n'est pas facile à comprendre.»

Le trou de 7 G$: de la poudre aux yeux

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Stéphane Bédard
PHOTO D'ARCHIVES
Régys Caron
Le trou de 7,2 milliards $ invoqué à répétition par le gouvernement Couillard pour justifier la «rigueur budgétaire» n'est rien d'autre que de la poudre aux yeux, clament le PQ et la CAQ.
«Le 7,2 milliards n'existe pas, c'est de la poudre aux yeux, ça a été inventé de toutes pièces», a accusé ce matin le chef intérimaire du Parti québécois Stéphane Bédard. M. Bédard a dit avoir demandé au premier ministre Philippe Couillard de s'expliquer sur ce trou de 7,2 milliards à l'occasion de l'étude des crédits du gouvernement qui débutait mercredi en commission parlementaire.
«À aucun moment le premier ministre n'a été capable d'expliquer l'impasse budgétaire. Sur le 7,2 milliards, je lui ai posé des questions sur 3,6 milliards, M. Couillard a été incapable de me donner un seul exemple [...] Ça prouve qu'on a fait un gros mensonge aux Québécois pour justifier la déconstruction de ce modèle qui a permis aux Québécois de s'enrichir à Montréal, Québec et dans les régions», a réprouvé M. Bédard.
Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault partage l'opinion de son adversaire du Parti québécois. «Les vrais chiffres vérifiés donnent un déficit de 2,9 milliards, c'est ça le trou qu'on a», a statué M. Legault. À son avis, les libéraux ont obtenu le chiffre de 7,2 milliards en additionnant les demandes formulées au Conseil du trésor par les ministères alors que le PQ était au pouvoir, une manoeuvre douteuse à son avis.
«Quand j'étais vice-président du Conseil du trésor, j'ai vu que les demandes des ministères pouvaient aller jusqu'à 10 milliards, un moment donné le Conseil du trésor dit on n'a pas cet argent-là. Le 7 milliards, c'est l'addition des demandes des ministères. C'est de la poudre aux yeux. Il faut trouver 2,9 milliards. Je comprends que les Québécois ne sont pas contents de la façon dont M. Couillard atteint l'équilibre budgétaire. Il le fait en pigeant dans leurs poches», a semoncé M. Legault.
C'est la vieille recette utilisée par les «vieux partis politiques» (PQ et PLQ), qui consiste, selon M. Legault, à gonfler les chiffres. «Il n'y a jamais eu d'état financier qui montraient un déficit de 7,2 milliards», a terminé M. Legault.

Australie: pour préserver leur virginité, une école islamique interdirait aux filles de courir

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Publié le 23 avril 2015 à 09h11 | Mis à jour à 09h11
Avec 1700 élèves âgés de 5 à 18... (PHOTO CRAIG ABRAHAM, THE AGE)
PHOTO CRAIG ABRAHAM, THE AGE
Avec 1700 élèves âgés de 5 à 18 ans, Al-Taqwa est réputé être le plus grand établissement scolaire islamique de l'État de Victoria, selon les chiffres officiels.
Agence France-Presse
MELBOURNE, Australie
Les autorités australiennes ont ouvert une enquête jeudi sur un établissement scolaire islamique qui aurait interdit aux filles de participer à des courses à pied de peur qu'elles ne «perdent leur virginité».
Le ministre de l'Éducation de l'État de Victoria James Merlino a dit que si elles se vérifiaient, ces accusations «seraient très préoccupantes». «J'ai demandé à l'Autorité de régulation d'ouvrir une enquête», a-t-il dit dans un communiqué.
Un ancien enseignant de l'école Al-Taqwa de Melbourne a écrit cette semaine aux gouvernements fédéral et de l'État de Victoria pour accuser son directeur, Omar Hallak, de croire «que si les femmes courent de manière excessive, elles risquent de perdre leur virginité», rapporte le journal The Age.
«Le directeur estime qu'il existe des preuves scientifiques qui montrent que si les filles se blessent, par exemple si elles se cassent une jambe au football (soccer), elles peuvent devenir stériles».
L'intéressé a démenti ces accusations. «Nous ne pensons pas que courir de manière excessive est cause de perte de virginité ou que des blessures contractées pendant des activités sportives puissent rendre les filles stériles», a-t-il dit dans un communiqué.
Le journal avait publié aussi une lettre adressée au directeur et qui semble émaner de l'équipe de course de fond de l'établissement, contestant l'interdiction qu'il aurait faite en 2013 et 2014 aux élèves de primaire de participer à des compétitions.
«Ce n'est pas parce que nous sommes des filles qu'on ne peut pas courir», dit la lettre. Cette décision est «vraiment insultante pour toutes les filles qui allaient y participer. Le hadith (propos attribués au prophète Mahomet) n'interdit pas aux filles de courir. Tant que nous portons des vêtements appropriés, nous les filles pouvons courir».
Omar Hallak ne répond pas à ces accusations.
Avec 1700 élèves âgés de 5 à 18 ans, Al-Taqwa est réputé être le plus grand établissement scolaire islamique de l'État de Victoria, selon les chiffres officiels. Il a reçu en 2013 plus de 15 millions de dollars australiens (environ 14,3 millions de dollars canadiens) de financements publics.
Ce n'est pas la première fois qu'Omar Hallak fait la une des journaux. Le mois dernier, il avait dit à The Age avoir demandé à ses élèves de ne pas rejoindre les rangs de l'État islamique en Irak et en Syrie, car le groupe djihadiste n'était que le résultat d'un complot fomenté par les États-Unis et Israël pour prendre le contrôle des ressources pétrolières au Moyen-Orient.
«Ils sont équipés et entraînés par eux», avait-il dit au journal. «La preuve, ce sont tous les équipements flambants neufs» des djihadistes. «Nous ne pensons pas que ce soient des musulmans qui soient derrière l'EI. Tuer des innocents, ce n'est pas islamique».
L'Australie a relevé en septembre son niveau d'alerte contre le terrorisme, suite en particulier au départ de plus de 100 de ses ressortissants pour combattre dans les rangs de l'EI.

La famille de Michael Brown poursuit la Ville de Ferguson

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Reuters
Michael Brown, 18ans, a été tué à Ferguson le 9 août 2014.
Michael Brown, 18ans, a été tué à Ferguson le 9 août 2014.
La famille de Michael Brown - ce jeune homme de 18 ans abattu par un policier blanc l'été dernier à Ferguson, aux États-Unis - intente une poursuite civile contre la ville du Missouri.
Les avocats de la famille, Benjamin Crump et Daryl Parks, déposeront la poursuite au cours de la journée. Les avocats ont refusé de dévoiler le montant des dommages qui seront réclamés, mais ils ont précisé qu'ils rencontreront la presse après le dépôt des documents.
La famille a déclaré, par voie de communiqué, qu'elle intentait « un procès au civil contre la ville de Ferguson pour la mort injuste de Michael Brown ».
L'annonce de la poursuite survient au lendemain de la décision du Département de la Justice qui a statué que le policier qui a tué Michael Brown, Darren Wilson, n'avait commis aucune violation des droits civiques du suspect.
Le rapport du Département de la Justice révèle toutefois que les policiers de Ferguson ont des préjugés à l'endroit des Afro-Américains. Le chef de police de Ferguson, Thomas Jackson, a démissionné le mois dernier dans les jours qui ont suivi la publication du rapport.
Un grand jury avait écarté le dépôt de toute accusation criminelle contre le policier Wilson qui a quitté le corps de police depuis.
Michael Brown a été abattu le 9 août 2014 par le policier Darren Wilson au cours de son arrestation parce qu'il était soupçonné d'avoir volé une boîte de cigarillos.
La mort de M. Brown a entraîné une vague de manifestations contre la violence policière, particulièrement à l'endroit des minorités.

Bernard Drainville se retire: quelles conséquences?

http://www.journaldemontreal.com/

Que PQ Swearing in 20140422
THE CANADIAN PRESS
Mathieu Bock-Coté
Bernard Drainville avait commencé la course en deuxième position et menait une campagne sans faire trop de vagues, en espérant conserver sa place.
Distancé par Alexandre Cloutier, il avait changé sa stratégie, en devenant un candidat agressif.
Drainville le « kingmaker »
Cela lui donnait un air désespéré. Il craignait de terminer troisième. En se ralliant à PKP, il deviendra plutôt son numéro deux et se pose comme faiseur de roi. Il a bien joué et se rallie sans capituler. Contrairement à ce qu’on a dit, cette décision n’avait rien d’imprévisible, aussi crève-cœur soit-elle. Drainville avait misé sur un programme à trois volets. D’abord, un grand réalisme dans la poursuite de la souveraineté. Ensuite, une valorisation de l’aspect identitaire de l’indépendance. Enfin, une défense ferme et modérée du programme social-démocrate et écologique du PQ. Évidemment, en se ralliant à PKP, il se rallie à un autre programme que le sien sans l’abandonner. Il deviendra aussi, à sa manière, le gardien de certains points de programme.
Pierre Karl Péladeau en est évidemment le premier bénéficiaire. Si la tendance se maintient, PKP est maintenant assuré de passer de manière confortable au premier tour. Drainville lui apporte non seulement ses électeurs, mais aussi une bonne part de ses élus et son enracinement dans le parti. C’est un orateur doué, qui touche facilement la corde sensible des militants. Avec plus de fini et de raffinement, il occupe le créneau qui était autrefois celui d’un Jean Garon au PQ. Il sait parler aux électeurs de la CAQ. Le PQ en a besoin.
Cloutier, le « challenger »
Mais le deuxième bénéficiaire, inattendu celui-là, de ce ralliement, est Alexandre Cloutier. Il devient, en quelque sorte, le challenger officiel de PKP. Évidemment, Martine Ouellet est toujours dans le portrait. C’est une militante avant d’être une politicienne, ce qui plaît aux uns et exaspère les autres. Mais si elle s’attire ainsi les soutiens d’une partie de la base souverainiste, elle n’est pas le chouchou des médias. Alexandre Cloutier l’est. Si les journalistes choisissaient le prochain chef du PQ, il emporterait la chefferie aisément.
Cloutier a une occasion en or. Il peut transformer le ralliement de Bernard Drainville en opportunité et se présenter désormais comme le candidat de ralliement pour tous ceux qui redoutent l’arrivée de PKP à la tête du PQ. Cela pourrait conduire, paradoxalement, à une exacerbation des tensions dans la course. Mais cela comporte un grand risque pour Alexandre Cloutier: s’il pousse trop loin sa critique de PKP, si d’adversaire, il devient ennemi, il pourrait compromettre son avenir et celui du parti qu’il rêve un jour de diriger.
Mais l’essentiel ne doit pas nous échapper. Si PKP suscite les ralliements, c’est qu’il représente probablement la meilleure chance depuis longtemps du PQ de faire renaître son option. C’est un nationaliste décomplexé. Il est en politique pour faire l’indépendance. Avec lui, pour la première fois depuis longtemps, les souverainistes croient possible d’atteindre le pays avant qu’il ne soit trop tard. Ils n’ont pas l’éternité devant eux. Ils n’ont même pas 25 ans. N’est-ce pas?

B. DRAINVILLE ET P. K. PÉLADEAU Mariage de raison

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23 avril 2015 |Antoine Robitaille | Québec
La réaction sobre, voire éteinte de Pierre Karl Péladeau à l’annonce du ralliement de Bernard Drainville avait de quoi surprendre, mercredi. Après tout, la nouvelle signifiait qu’il était couronné chef du Parti québécois. On l’aurait cru aux anges ; il s’est contenté de prendre acte, ajoutant sans trop de conviction que cet ajout était un « enrichissement » pour son équipe. M. Péladeau n’a pas participé non plus à la conférence de presse du nouveau joueur de son équipe. C’était la « journée de Bernard », a-t-il noté sur un ton quasi mortuaire.
 
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’y a pas de passion entre les deux personnages. Le mariage en est un de raison, s’est fait par dépit, et ce type d’union produit rarement des familles unies. De son côté, M. Drainville, à la question d’une reporter anglophone lui demandant si, à ses yeux, M. Péladeau « était le meilleur des candidats toujours en lice », a refusé de répondre. On le comprend : la collection de phrases et de questions assassines de M. Drainville à l’endroit du magnat de Québecor est vaste. Il eût été gênant et cynique pour le député de Marie-Victorin d’ajouter aux contradictions en vantant « Pierre Karl » sans retenue. Surtout quelque cinq jours après le débat de Québec où il avait exhorté les militants à ne pas céder « à la tentation de s’accrocher à un sauveur » ; où il avait fait comprendre que M. Péladeau était un « mirage » ; où il l’avait dépeint en néophyte incapable, ni d’« affronter Philippe Couillard jour après jour » au Parlement, ni de répondre quotidiennement aux journalistes sans s’« enfarger ».
 
Les courses à la chefferie engendrent, parfois pendant des décennies (pensons au clivage Chrétien-Martin au PLC), de durables détestations. Martine Ouellet, mercredi, a décidé de rester dans la course contre le camp de la « gouvernance souverainiste ». On l’imagine de moins en moins se rallier au couple Péladeau-Drainville. Alexandre Cloutier, survolté par l’idée de finir deuxième, avait pour sa part beaucoup de mal à gérer ses émotions.
 
La campagne avortée de M. Drainville a été vaillante et généreuse, pleine de propositions. Certains estiment qu’il est allé très loin dans la critique du meneur. Pourtant, le meneur maintenant couronné devra bien un jour répondre aux pertinentes questions de son nouvel allié. « Dans quoi veux-tu nous embarquer ? », lui demandait Drainville concernant la stratégie indépendantiste. La réponse, pour l’instant, est loin d’être claire. Les questions de l’autre candidat ayant abandonné, Jean-François Lisée, au sujet du malaise quant à la propriété de Québecor par M. Péladeau, méritent aussi des réponses. Ce ne sont là, en plus de souder son mariage de raison, que deux des nombreux défis du futur chef de ce parti, dont la présente course revêt un aspect existentiel.

Le lâcheur

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23 avril 2015 |Michel David | Québec
Jean-François Lisée était très vite arrivé à la conclusion que l’avance de Pierre Karl Péladeau était insurmontable, mais il avait eu la décence de ne pas se rallier à un homme qu’il avait décrit comme une « bombe à retardement ». Pour Bernard Drainville, M. Péladeau était plutôt un « mirage ». Est-ce réellement préférable ? Son ralliement lui évitera l’humiliation de terminer troisième, mais l’étiquette de « lâcheur » risque de lui coller à la peau.
 
Cela lui a pris du temps pour se rendre compte que les militants péquistes ne voyaient aucune objection à signer un « chèque en blanc » à M. Péladeau. D’un débat à l’autre, les précisions qu’il lui réclamait sur sa démarche vers la souveraineté étaient accueillies par des huées de plus en plus copieuses. Son souci de rassembler le parti est sans doute louable, mais cela aurait très bien pu attendre encore trois semaines.
 
Les nombreuses inquiétudes que M. Drainville a manifestées depuis le début de la course se sont dissipées avec une étonnante rapidité. La grande similarité que M. Péladeau a dit voir entre leurs programmes respectifs n’était pas apparue si évidente.
 
M. Drainville connaît suffisamment bien le PQ pour savoir qu’une consultation des membres du parti six mois avant la prochaine élection, comme M. Péladeau s’est engagé à en tenir une, ne sera qu’une formalité, comme le sont les conseils nationaux spéciaux dont les statuts du PQ prévoient la tenue lors du déclenchement d’une élection pour faire approuver la plateforme électorale. À ce stade, on n’a plus d’autre option que celle de se serrer les coudes.
 

En politique, on est souvent amené à dire le contraire de ce qu’on pense, mais le député de Marie-Victorin ne devait pas en croire ses propres oreilles de s’entendre présenter M. Péladeau comme un « homme d’équipe ». Rien dans son passé ne pouvait laisser soupçonner une quelconque inclination à la collégialité.
 
M. Drainville, qui n’a jamais réellement cru à la possibilité de réunir les « conditions gagnantes » d’ici l’élection d’octobre 2018, a cependant tout lieu de croire que M. Péladeau fait aussi partie de ce que Martine Ouellet a appelé le « clan du “on verra” » et qu’il serait tout disposé à reporter le référendum à un deuxième mandat. Encore faudra-t-il que le prochain congrès du PQ, qui aura théoriquement lieu avant l’élection, lui laisse une marge de manoeuvre suffisante.
 
Même dans sa nouvelle mouture, la charte de la laïcité de M. Drainville semble incompatible avec la position de M. Péladeau qui, à la surprise de plusieurs, s’est rallié aux recommandations du rapport Bouchard-Taylor. Il est vrai que sa pensée évolue parfois à une vitesse étonnante.
 
Dans l’esprit de M. Drainville, la clause d’appauvrissement zéro visant les employés de l’État était le corollaire du report du déficit zéro. Il est difficile de voir comment M. Péladeau peut accepter l’une tout en rejetant l’autre. D’autant plus qu’il a également écarté l’idée d’imposer plus lourdement les institutions financières, comme le proposait Martine Ouellet.
 
Sur la question du pétrole, les différences sont peut-être plus apparentes que réelles. M. Drainville pourrait expliquer à son collègue de Saint-Jérôme qu’on peut très bien promettre de faire du Québec la première économie sans pétrole en Amérique du Nord tout en tirant de son exploitation les revenus qui convaincront les Québécois d’opter pour l’indépendance. Le convertir aux bienfaits d’une modernisation des dispositions anti-briseurs de grève risque toutefois d’être plus ardu.
 

Même si l’issue de la course ne fait plus de doute, l’enthousiasme d’Alexandre Cloutier offrait un contraste saisissant avec l’air abattu de M. Drainville. Quoi qu’il en dise, il n’a sans doute jamais réellement cru à ses chances, mais il a réussi à impressionner bien des gens, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du PQ.
 
Le malheur de M. Drainville était qu’il avait sensiblement les mêmes partisans que PKP, mais qu’il était seulement leur deuxième choix. M. Cloutier et, dans une moindre mesure, Mme Ouellet s’adressaient à une autre clientèle, plus jeune et plus progressiste. C’est pourquoi le député de Lac-Saint-Jean aura sans doute un rôle plus important à jouer dans l’avenir du PQ et du mouvement souverainiste en général.

Rectificatif

Dans ma chronique de mardi, j’ai écrit à tort que Jean-Jacques Bertrand avait succédé à Daniel Johnson sans être élu lors d’un congrès à la chefferie. En juin 1969, M. Bertrand l’a plutôt emporté avec 1325 voix contre 938 voix pour Jean-Guy Cardinal. Cela ne fait que renforcer la règle selon laquelle les partis politiques québécois de l’ère moderne ont toujours élu leur chef au premier tour.

PROJET DE LOI 20 Des quotas pour les soins à domicile

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23 avril 2015 |Jessica Nadeau | Santé
Photo: Alex Raths Getty Images
Les soins à domicile seront compromis si le projet de loi 20 est adopté tel quel, dénoncent des médecins oeuvrant dans le secteur. Non seulement ces soins ont mystérieusement disparu de la liste des activités prioritaires reconnues dans le dernier document de travail ministériel, mais en plus, on impose un quota aux médecins qui les donnent, ce qui fait craindre le pire à certains.

« Ça fait 31 ans que je fais des soins à domicile. J’ai vu plusieurs réformes, mais c’est la première fois que je m’inquiète sérieusement pour mes patients », s’indigne Dre Hélène Daniel, médecin de famille qui travaille en soins à domicile au CLSC Dorval-Lachine.

« La loi 20, telle que proposée, est une menace sérieuse pour l’accessibilité des soins pour les personnes suivies à domicile, dénonce-t-elle dans une lettre cosignée par une vingtaine de médecins oeuvrant dans différents CLSC, CHSLD et maisons de soins palliatifs de Montréal et des environs. « La dévalorisation de ce type de pratique aura des conséquences désastreuses pour nos patients, comme une réduction importante de suivis de patients à domicile. Des milliers de patients âgés et vulnérables seront obligés d’aller plus souvent à l’urgence. Il en découlera une augmentation d’hospitalisations et la détérioration de la santé de ces gens, déjà fragiles. »

Équivalences

Dans le document de travail, daté du 18 mars, les soins à domiciles ne sont plus reconnus comme des activités médicales particulières (AMP). Ces AMP, renommées activités d’établissement, sont des activités jugées prioritaires par Québec et pour lesquelles tous les médecins doivent faire un nombre d’heures minimal. Dre Hélène Daniel s’interroge sur les raisons de ce retrait, car un document préliminaire, qui date de novembre dernier, les reconnaissait toujours.

Le document d’orientations réglementaires prévoit toutefois des équivalences favorables pour les médecins qui prendront ces patients à charge. Ainsi, un patient avec des besoins complexes et en perte d’autonomie sévère suivi à domicile équivaut à 12 patients ordinaires. Pour les soins palliatifs à domicile, on parle d’un ratio de 25 pour 1. Au cabinet du ministre Barrette, on se range derrière cet argument pour affirmer que les soins à domicile seront effectivement reconnus puisque c’est « l’activité la plus fortement pondérée ».Par courriel, l’attachée de presse du ministre, Joanne Beauvais, ajoute que le ministre « considère d’autres mesures pour valoriser cet aspect de la profession ».

Mais cet argument est loin de rassurer Dre Hélène Daniel. « Certains pourront servir l’argument que les patients suivis à domicile “vaudront” plus dans le calcul du quota des patients à suivre. Mais le fait que les médecins seront obligés de diminuer leur présence de 12 heures par semaine pour la première ligne afin d’aller travailler dans les hôpitaux [pour répondre à leurs obligations d’activités médicales prioritaires] aura pour conséquence directe de diminuer leur disponibilité pour ce type de clientèle », écrit-elle.

Maximum de 100 patients

L’autre problème, estime Dre Hélène Daniel, c’est que l’on prévoit des quotas pour les médecins traitant des patients à domicile. Pour des personnes avec des besoins complexes et en perte d’autonomie sévère, on parle d’un maximum de 100 patients par médecin de famille. Pour ceux en soins palliatifs, ce sont 40 patients. « En soins palliatifs, nos patients sont constamment renouvelés en raison des nombreux décès. Ça va être ingérable, dénonce Dre Hélène Daniel, qui en voit elle-même au moins trois fois plus dans une année. Ça n’a pas de sens, la seule limite devrait être celle des besoins, pas celle de chiffres arbitraires. »

Le cabinet défend son choix en affirmant s’être basé sur l’expertise de la docteure Geneviève Dechene, qui n’a pas répondu à la demande d’entrevue du Devoir.

Pour Dre Hélène Daniel, le projet de loi 20 dans son ensemble va compromettre le recrutement des jeunes médecins. Bien qu’il n’ait pas été appelé à signer la lettre, le directeur du Département de médecine de famille et d’urgence de l’Université de Montréal, Dr Jean Pelletier, abonde dans le même sens. « Il y a un problème de main-d’oeuvre médicale dans ce secteur, on l’avait identifié comme étant une priorité de formation dans la résidence en médecine de famille, on a un projet où les quatre départements de médecine de famille travaillent ensemble pour rehausser la formation et attirer plus de jeunes dans ce secteur, alors c’est certain que lorsqu’on voit sortir des choses comme ça, on est très inquiets de voir nos efforts contrecarrés. »

À la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le président, Dr Louis Godin, est d’accord avec la prémisse de base des médecins signataires, affirmant que plus aucun médecin ne voudra offrir des soins à domicile s’ils ne sont plus reconnus comme des AMP. Mais il met toutefois un bémol, affirmant que cela pourrait faire l’objet de futures négociations. « Soyez assuré que si, par malheur, le projet de loi devait être adopté, on va en reparler, des équivalences. »

FRANCE Cinq attaques ont été éventées depuis janvier, dit Manuel Valls

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23 avril 2015 08h25 |Associated Press | Europe
Manuel Valls a prévenu que la menace n’a jamais été aussi importante.
Photo: Miguel Medina Agence France-Presse
Manuel Valls a prévenu que la menace n’a jamais été aussi importante.
Paris — Cinq attaques extrémistes ont été éventées en France depuis que deux attentats perpétrés par des islamistes ont fait 20 morts en janvier, a dit le premier ministre français jeudi.

Manuel Valls a déclaré à la radio de France Inter que ces cinq attaques incluent celle découverte dimanche quand l’auteur présumé a appelé une ambulance après s’être apparemment tiré une balle dans une jambe.

M. Valls a prévenu que la menace n’a jamais été aussi importante, au moment où il milite en faveur d’une mesure qui accorderait plus de pouvoirs de surveillance aux autorités et une plus grande marge de manoeuvre aux procureurs.

Les responsables affirment que l’Algérien de 24 ans arrêté dimanche comptait attaquer au moins une église. L’étudiant avait réussi à se procurer un arsenal imposant, même si les autorités l’avaient à l’oeil au moins depuis l’an dernier. Les forces de l’ordre tentent maintenant de déterminer s’il avait des complices.

M. Valls n’a pas fourni plus de détails concernant les autres attaques qui ont été éventées. Il a indiqué que 1500 personnes actuellement en France font partie de réseaux qui recrutent des combattants à destination de la Syrie et de l’Irak. 

Les dirigeants européens sommés de répondre au drame des migrants

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23 avril 2015 08h00 | Christian Spillmann - Agence France-Presse à Bruxelles | Actualités internationales
Des migrants et des activistes d'Amnistie internationale manifestent en marge du sommet qui se tient à Bruxelles.
Photo: Emmanuel Dunand Agence France-Presse
Des migrants et des activistes d'Amnistie internationale manifestent en marge du sommet qui se tient à Bruxelles.
Les dirigeants européens étaient sommés jeudi d’apporter enfin des réponses efficaces au drame des migrants en Méditerranée incluant des opérations militaires contre les trafiquants, mais aussi de se montrer plus solidaires dans l’accueil des réfugiés.

«Plus de 1600 migrants et réfugiés ont perdu la vie depuis le début de l’année en tentant de traverser la Méditerranée», déplore le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). «Si nous ne faisons rien, je crois que cette année nous allons voir un demi-million de migrants traverser la Méditerranée, et dans ce cas, il pourrait potentiellement y avoir jusqu’à 10 000 morts», a averti Koji Sekimizu, le directeur de l’Organisation maritime internationale (OMI).

Convoqués d’urgence après la dernière tragédie, qui a fait des centaines de morts dimanche, les chefs d’État et de gouvernement vont plancher sur un plan d’action, réplique de celui adopté en 2013 après le naufrage de Lampedusa, mais jamais mis en oeuvre.

«Saurons-t-ils se montrer à la hauteur? En paroles, oui, mais en actions, je doute», a confié à l’AFP un haut responsable européen. «C’est toujours la même problématique: comment agir avant, pendant et après la traversée», expliquent les diplomates à Bruxelles.

L’UE doit «déclarer la guerre aux trafiquants d’êtres humains», a affirmé le commissaire aux affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, au quotidien espagnol El Pais. Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a appelé de son côté les chefs d’État et de gouvernement européens à adopter des «mesures fortes» «parce que la Méditerranée ne peut pas être transformée en cimetière».

Dans un projet de déclaration finale, dont l’AFP a obtenu copie, les 28 s’engagent à tout faire«pour identifier, capturer et détruire les bateaux avant qu’ils ne soient utilisés par les trafiquants». Pour ce faire, il faut monter une opération militaire, une première dans la lutte contre l’immigration clandestine. «C’est compliqué, cela prendra du temps, imposera un mandat des Nations unies, un accord du gouvernement libyen, la mobilisation de moyens militaires et imposera d’accepter des pertes humaines», avertissent diplomates et experts. Les premières consultations montrent «une volonté politique de lancer ce signal fort», a confié à l’AFP une source proche du dossier.

Enfermés à fond de cale

«On ne peut pas être sérieux si on ne prend pas en considération la demande de Matteo Renzi», a affirmé un haut responsable européen. Le chef du gouvernement italien a demandé de mener des «interventions ciblées» contre les passeurs en Libye, devenu le pays d’embarquement des migrants et des candidats à l’asile en direction de l’Italie et de Malte.

L’Union européenne va dans l’immédiat renforcer les opérations surveillance et de sauvetage en Méditerranée. Le plan propose de doubler, de trois à six millions d’euros, le budget mensuel alloué à Frontex, l’agence chargée de la surveillances des frontières, afin de renforcer les moyens alloués aux missions maritimes Triton en Italie et Poséidon en Grèce.

Le troisième volet traite de l’accueil. Il propose aux États d’accueillir «au moins 5000 personnes» ayant déjà obtenu le statut de réfugiés, dans le cadre d’un projet de réinstallation. Il est destiné aux Syriens, pour les dissuader de tenter la traversée.

Dans le même temps, l’UE veut renvoyer au plus vite les migrants économiques. Les États sont invités à aider l’Italie, la Grèce et Malte à enregistrer les arrivants et trier entre ceux qui pourront bénéficier du droit d’asile et ceux qui seront renvoyés. C’est la partie la plus controversée du plan, contre laquelle s’insurgent les organisation humanitaires.

Les témoignages des 28 survivants de la dernière tragédie qui a fait 800 morts, sont effrayants. L’un d’eux, Abdirizzak, a raconté avoir échappé à la mort parce qu’il se trouvait dans la partie supérieure du chalutier. «Ceux qui avaient le moins d’argent ont été enfermés à fond de cale». Des centaines de migrants, y compris des femmes et des enfants, sont restés prisonniers à l’intérieur. Les garde-côtes ont repêché 24 corps.

Plus de 20 000 migrants sont déjà arrivés en Italie depuis le début de l’année. Et rien ne semble les décourager. Plus de 200 ont encore débarqué jeudi matin dans le port sicilien de Catane, et l’Italie s’attend à un flux continu qui pourrait être de 5000 par semaine jusqu’en septembre.