mercredi, avril 08, 2015

Un policier blanc accusé de meurtre après avoir tiré sur un homme noir

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<b>Michael Slager</b><br />
Inculpé
PHOTO REUTERS
Michael Slager
Inculpé
AFP
MISE à JOUR 
CHARLESTON, Caroline du Sud  Un officier de police blanc de la Caroline du Sud sera accusé de meurtre après avoir tiré sur un homme noir qui semblait le fuir, ont dit mardi les autorités de l'État.
Une vidéo de l'incident, survenu samedi, montrant Michael Slager tirant sur Walter Scott, 50 ans, a été visionnée par les enquêteurs de l'État.
Il a ensuite été décidé d'accuser le policier de meurtre, a déclaré lors d'une conférence de presse Keith Summey, maire de North Charleston, la ville où s'est déroulé l'incident.
«Quand on est dans le tort, on est dans le tort. Quand on prend une mauvaise décision [...] on est redevable de cette décision», a-t-il déclaré.
Selon des médias locaux, tout a commencé quand Walter Scott a été sommé d'arrêter son véhicule pour un feu arrière défectueux.
Sur une vidéo publiée par le New York Times, on voit une brève empoignade entre Michael Slager et Walter Scott, qui s'arrête quand ce dernier commence à s'enfuir en courant.
La vidéo, apparemment filmée par un passant, montre ensuite l'officier de police tirer plusieurs coups de feu en direction de Walter Scott, qui s'écroule. On ne le voit pas porter d'arme au moment où il prend la fuite.
Les tensions restent vives aux États-Unis au sujet de l'usage de la force armée par la police, notamment quand elle met aux prises des officiers blancs avec des hommes noirs depuis que Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans, a été tué en août dernier à Ferguson (Missouri) par un policier blanc.

Les idiots utiles

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8 avril 2015 | François Delorme - Économiste | Québec
«Nous sommes en train de mettre en péril en un coup de cuillère à pot 40 ans de temple socio-économique dont l’éducation est certainement une des plus importantes colonnes.»
Photo:
Jirka Matousek CC
«Nous sommes en train de mettre en péril en un coup de cuillère à pot 40 ans de temple socio-économique dont l’éducation est certainement une des plus importantes colonnes.»
En tant, qu’économiste, je me suis toujours considéré comme un pragmatique. Ayant oeuvré une bonne partie de ma carrière au ministère fédéral des Finances, j’ai été aux premières loges pour orchestrer les différents exercices de consolidation budgétaire. Aujourd’hui, j’enseigne les rudiments de l’économie à des étudiants sur les bancs de l’université.
 
En parallèle, j’ai toujours tenté de réconcilier ce « pragmatisme » à mes penchants sociaux-démocrates et à mon souci pour les « poqués » et les laissés-pour-compte de notre société.
 
Mais là, après le dernier budget du Québec, je ne peux plus faire la réconciliation. Est-on en train de créer une seconde « Grande Noirceur » ?
 
Regardons où se situait le Québec avant la Révolution tranquille 1960 :
 
Nous avions un niveau de vie 12 % plus faible que celui de l’Ontario.
 
Les Québécoises ne travaillaient à peu près pas.
 
Les deux tiers de nos jeunes n’avaient aucun diplôme en poche, et seulement 5 % d’entre eux avaient un diplôme universitaire.
 
Sur le plan scolaire ou des salaires, la situation des Québécois francophones n’était guère différente de celle des Noirs américains, qui formaient alors le groupe le plus désavantagé aux États-Unis.
 
La plupart des jeunes d’aujourd’hui ignorent qui était Duplessis. Comment pourrait-on alors les blâmer de ne pas connaître quelle était la situation socio-économique de leurs grands-parents avant 1960 ? Il n’y a plus un jeune capable de faire le lien entre son monde d’aujourd’hui et celui d’avant 1960.
 
Et pourtant… En 2015, nos jeunes hommes et femmes sont éduqués, gagnent aussi bien leur vie que les Ontariens, vivent dans la société la moins inégalitaire d’Amérique du Nord et nous pouvons nous vanter d’avoir maintenant un Québec inc. dynamique. Comment a-t-on accompli tout ça ? En mettant l’État québécois à vitesse grand V au service du développement socio-économique. Bref, en gros, en investissant dans nos écoles.
 
Quand je vois la façon dont onasphyxie le système d’éducation, et en particulier nos universités, en érigeant la consolidation budgétaire au rang de totem, je ne peux que conclure que c’est le modèle québécois tout entier qui est menacé d’imploser. Sommes-nous en train de dessécher les racines sur lesquelles nous avons construit la société instruite que nous avons aujourd’hui ? Veut-on courir le risque de fragiliser l’éducation de nos jeunes et de nos enfants ? Ne dit-on pas que l’instruction, c’est le pouvoir ?
 
Soyons clairs : je ne suis pas contre un assainissement des finances publiques et pour un gain d’efficacité dans la gestion des fonds publics, surtout en santé. Mais pas à n’importe quelle vitesse et surtout pas à n’importe quel prix.
 
Nous sommes en train de mettre en péril en un coup de cuillère à pot 40 ans de temple socio-économique dont l’éducation est certainement une des plus importantes colonnes. Au nom du déficit zéro, on met en péril toute une génération de jeunes qui s’appuient en ce moment sur ces gains de la Révolution tranquille. On a beau vouloir dégager des marges de manoeuvre futures (et même des surplus budgétaires !), cela prendra des années à reconstruire un système d’éducation qui se respecte. Pourtant, en coupant les budgets de nos universités, les obligeant à réduire de façon significative l’offre de cours aux étudiants, on n’en arrive qu’à donner désormais le minimum de formation. Veut-on que nos économistes, nos médecins, nos ingénieurs n’aient de leur profession que le nom ?
 
En tenant compte de l’inflation, le financement de l’éducation sera de -1,2 % en 2015-2016. Les universités devront subir de nouvelles compressions de plus de 100 millions de dollars qui s’ajoutent aux coupes précédentes de 200 millions.
 
Nous avons déjà au Québec 50 % d’analphabètes fonctionnels qui ne peuvent comprendre une notice de montage d’un meuble d’IKEA.
 
Est-ce vraiment le futur que nous voulons pour nos jeunes ? Veut-on risquer d’en faire des idiots utiles, comme disait Lénine, qui votent et consomment et que l’on peut manipuler facilement en leur faisant avaler des vérités qu’ils ne peuvent ni comprendre et encore moins contester ?
50 %
C'est la proportion d’analphabètes fonctionnels au Québec qui ne peuvent comprendre une notice de montage d’un meuble d’IKEA.

L’endettement des Québécois reste soutenable, selon Desjardins

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Le ratio dette-revenu ne dit pas tout, il faut aussi mesurer le poids des paiements mensuels

Photo:
La Presse canadienne
L’ampleur de la dette par rapport au revenu des ménages québécois a atteint un sommet en 2014, mais le Mouvement Desjardins est tout de même d’avis que la situation « semble sous contrôle pour l’instant ».

Dans une note de recherche qui survient moins d’un mois après les plus récentes données de Statistique Canada, les économistes du Mouvement Desjardins disent qu’il faut également mesurer la place qu’occupent les paiements mensuels dans le portrait financier des ménages.

« Bien que les dettes continuent de grimper plus rapidement que les revenus, la faiblesse des taux d’intérêt permet de maintenir le poids des paiements mensuels des ménages à un niveau raisonnable », a écrit mardi l’établissement financier.

« L’importance des emprunteurs à risque de ne pas rencontrer leurs obligations financières est demeurée assez stable depuis dix ans. Cependant, la capacité de faire face à un événement qui entraîne une baisse de revenus, comme une perte d’emploi ou une maladie grave, a diminué », ajoute-t-il.

Il est convenu que la popularité des hypothèques à taux variable fait en sorte qu’une partie des ménages serait vulnérable si jamais les taux d’intérêt se mettaient à grimper. Or cette perspective ne s’inscrit pas dans le court terme puisque la Banque du Canada a récemment causé la surprise en diminuant son taux directeur pour que l’économie puisse encaisser l’effondrement des cours du pétrole. Dans l’intervalle, le Mouvement Desjardins croit que les ménages devraient tenter d’« assainir leur bilan ».

Sommet d’endettement

Statistique Canada a indiqué le 12 mars que le ratio de la dette par rapport aux revenus des ménages a atteint 163,3 % à la fin de 2014. Cela signifie que, pour chaque dollar de revenu gagné en 2014, un ménage faisait face à une dette de 1,63 $.

Au Québec, ce ratio est de 146 %, a indiqué le Mouvement Desjardins. Non seulement est-il inférieur à la moyenne canadienne, mais il est nettement plus bas que celui de l’Ontario, où il oscille autour de 170 %. Cela s’expliquerait principalement par les prix de l’immobilier plus élevés en Ontario et ailleurs, qui mènent à des emprunts hypothécaires plus costauds.

Les économistes reprochent souvent à ce ratio d’être passablement réducteur, car il compare une dette à un revenu et ne dit rien sur le taux d’intérêt des emprunts effectués.

L’agence fédérale avait ajouté qu’une autre mesure, celle du service de la dette par rapport aux revenus, a augmenté légèrement à la fin de 2014 mais qu’elle a « continué à osciller autour du plus bas niveau jamais observé ».

Selon Desjardins, le « ratio du service de la dette » ne s’est pas beaucoup éloigné de 16 % depuis 2004. Il affirme que le seuil critique est de 40 %, une situation qui touche un ménage sur 20.

La Banque Royale avait indiqué au moment des données de Statistique Canada concernant le ratio dette-revenu que celles-ci « ne feront rien pour apaiser les craintes selon lesquelles les déséquilibres des ménages s’approchent d’un point de non-retour ». Cela dit, la Royale avait déclaré que « le ratio dette-revenu n’est pas notre mesure préférée de la situation car elle ne tient compte que d’un côté des choses ». Elle préconise notamment de considérer le rapport entre la dette et les actifs.

C’est exactement ce qu’avait souligné l’Institut de la statistique du Québec au mois de février. De 1999 à 2012, la dette moyenne des ménages est passée de 35 100 $ à 69 200 $ (en dollars constants de 2012), avait-il indiqué. Or la valeur des actifs est passée de 295 900 $ à 544 800 $. Les ratios se sont maintenus autour de 12 % et « tendent à se comparer avantageusement à ceux des ménages ontariens et canadiens », selon l’ISQ.

Le Mouvement Desjardins a estimé qu’environ 4 % des ménages québécois se trouvent vis-à-vis du « seuil critique » lorsqu’on compare la taille colossale de leur dette face aux actifs.
146 %
C'est le ratio de la dette par rapport aux revenus des ménages au Québec. Au Canada, ce ratio était de 163,3 % à la fin de 2014.

L’amphithéâtre de Québec sera le «Centre Vidéotron»

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8 avril 2015 |Isabelle Porter | Ville de Québec
La construction de l’édifice multifonctionnel, dont les coûts sont estimés à près de 400 millions, s’étaient amorcés en 2012.
Photo: Renaud Philippe
Archives Le Devoir
La construction de l’édifice multifonctionnel, dont les coûts sont estimés à près de 400 millions, s’étaient amorcés en 2012.
Québecor a finalement vendu les droits d’identification de l’amphithéâtre à sa filiale Vidéotron. L’amphithéâtre de Québec portera donc le nom de « Centre Vidéotron ».
 
L’annonce a été faite mardi par Québecor dans un des bâtiments voisins, le Centre de foires.
 
« C’est un grand jour », a déclaré Benoît Robert, président et chef de la direction du Groupe Sports et divertissement de l’entreprise. L’annonce, a-t-il ajouté, fait figure de « baptême »pour le bâtiment.
 
« C’est une entreprise qui partage la même confiance », a-t-il dit avant de présenter la patronne de Vidéotron, Manon Brouillette. « Québec, pour nous, c’est une région extrêmement importante », a-t-elle souligné.
 
À ceux qui peuvent déceler dans l’annonce un manque d’intérêt d’autres groupes, M. Robert a déclaré que « plusieurs » entreprises avaient été sondées. Malgré les liens étroits entre les deux groupes, Mme Brouillette a affirmé qu’on ne lui avait pas fait de « cadeau » dans la transaction.
 
Les principaux intéressés n’ont pas voulu dire non plus combien Vidéotron avait payé Québecor pour les droits de nommer ainsi le bâtiment et pour combien d’années leur entente était valide.
 
Rappelons que le contrat entre la Ville de Québec et Québecor prévoyait que le groupe lui verse 33 millions de dollars en échange du droit de dénomination sur une période de 25 ans. Le montant aurait été de 63,5 millions si le groupe avait obtenu une équipe de hockey.
 
Le maire de Québec, Régis Labeaume, qui était présent à l’annonce, s’est réjoui que l’amphithéâtre porte un nom francophone et soit associé à une entreprise ayant un siège social au Québec.
 
Lorsqu’on lui a demandé s’il n’aurait pas préféré qu’un autre groupe manifeste de l’intérêt pour le projet, il a rétorqué que l’important pour lui était que la Ville soit payée et reçoive les 33 millions promis.
 
Or, aux yeux de l’opposition à la Ville, ce choix n’est pas rassurant. « Est-ce que c’est parce qu’il n’y a pas d’équipe de la Ligue nationale de hockey qu’il n’y a pas assez d’intérêt ? », a demandé Paul Shoiry, du parti Démocratie Québec.
 
Les annonces se succèdent depuis quelques semaines au sujet de l’amphithéâtre. Après avoir fait l’acquisition de l’équipe junior Les Remparts de Québec, Québecor a conclu un partenariat avec Live Nation et s’est associée avec le groupe AEG. L’entreprise doit en outre dévoiler une partie de sa programmation mardi.

Porte ouverte aux hydrocarbures

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Québec dévoile les études environnementales sur l’exploitation pétrolière et gazière

Ces études serviront à orienter le Québec vers une exploitation d’hypothétiques gisements pétroliers et gaziers sur son territoire, estime le gouvernement.<br />
Photo:
Source Junex
Ces études serviront à orienter le Québec vers une exploitation d’hypothétiques gisements pétroliers et gaziers sur son territoire, estime le gouvernement.
Au moment où plusieurs voix s’élèvent pour exiger que le Québec se détourne des énergies fossiles, les études environnementales lancées par les libéraux de Philippe Couillard sur cette filière indiquent clairement que le gouvernement a l’intention d’ouvrir toute grande la porte à l’exploitation pétrolière et gazière. Même le gaz de schiste est évoqué, selon ce qu’a constatéLe Devoir.
 
Sans tambour ni trompette, ni communiqué, le gouvernement vient de rendre publics une série de rapports produits dans le cadre des évaluations environnementales stratégiques (EES) menées sur les hydrocarbures. Celles-ci ratissent large, puisqu’elles incluent le golfe du Saint-Laurent, la Gaspésie, les basses terres du Saint-Laurent et l’île d’Anticosti. Et contrairement à ce qui se produirait si les études étaient menées par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, c’est un comité du gouvernement qui contrôle ces EES.
 
Québec estime d’ailleurs que ces études, pour lesquelles 4 millions de dollars doivent être dépensés, serviront à orienter le Québec vers une exploitation d’hypothétiques gisements pétroliers et gaziers sur son territoire. « Conjugués aux orientations retenues pour la politique énergétique, qui sera présentée [à la fin 2015], les résultats et recommandations des EES permettront au gouvernement d’élaborer un cadre légal et réglementaire assurant une mise en valeur et un transport responsables et sécuritaires des hydrocarbures au Québec », peut-on lire dans la « Synthèse des connaissances et plan d’acquisition de connaissances additionnelles ».
 
Ce document d’une centaine de pages résume une dizaine de rapports qui dressent un portrait des risques et des opportunités liés aux projets d’exploration et d’exploitation d’énergies fossiles en développement dans plusieurs régions du Québec. Il traite aussi des questions du transport de ces ressources sur le territoire, et ce, par train, par bateau et par pipeline.
 
Le rapport relève aussi plusieurs lacunes dans les connaissances. Le gouvernement a d’ailleurs prévu que pas moins de 64 études devront être menées au cours des prochains mois pour compléter le portrait. La liste des études à venir fait mention de la volonté du gouvernement d’établir « les meilleures pratiques » en vue d’élaborer la loi qui encadrera l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures.
 
On souligne ainsi la volonté de recenser les « meilleures pratiques » pour les forages en milieu marin et terrestre, mais également pour les levés sismiques dans ces deux milieux. On veut en outre dresser un portrait de la rentabilité d’éventuelles exploitations.
 
Le gouvernement cherche aussi à savoir s’il est possible de « combler les lacunes établies dans le cadre de l’EES sur les gaz de schiste quant à l’impact potentiel de ces activités sur l’environnement ».
 
Le rapport synthèse mentionne pour sa part l’idée que l’exploitation gazière dans les basses terres du Saint-Laurent excéderait la demande du marché québécois. « L’une des études de la seconde phase de l’EES globale examinera les marchés potentiels en fonction de quelques scénarios de production de gaz naturel au Québec », peut-on lire dans le rapport, à la section« connaissances à compléter ». La vaste majorité des permis d’exploration des gazières en vigueur en 2010 le sont toujours.
 
Plusieurs études à venir d’ici les prochains mois doivent par ailleurs aborder le cas de l’île d’Anticosti, par exemple pour élaborer des scénarios de production pétrolière et déterminer les infrastructures à construire. Le gouvernement souhaite aussi étudier les « risques » liés à l’arrivée de cette industrie sur l’île.
 
Le hic, c’est que le plan d’acquisition de connaissances du gouvernement et les délais pour le réaliser font en sorte que les nombreuses études commandées dans le cadre de l’EES ne pourront pas tenir compte des forages avec fracturation. En raison d’importants retards dans les travaux d’exploration financés par l’État à hauteur de 70 millions de dollars, les forages avec fracturation n’auront pas lieu avant 2016. Mais le rapport final de l’EES doit être publié avant la fin de 2015.
 
Risques et lacunes
 
Toujours en ce qui a trait aux risques environnementaux liés à l’industrie pétrolière, le rapport synthèse fait état des impacts potentiels liés à l’exploitation dans le golfe du Saint-Laurent. Il recense aussi une longue liste de « lacunes », dont le manque de réglementation pour les plateformes de forage et la faible capacité d’intervention en cas de déversement. Qui plus est, « les connaissances quant à l’effet de la présence de glace sur l’efficacité des méthodes de récupération d’hydrocarbures sont insuffisantes ».
 
Les lacunes en cas d’« accident » ne se limitent pas au milieu marin, selon ce qui se dégage du rapport. Qu’il s’agisse de sites d’exploitation ou de transport d’hydrocarbures, la préparation des municipalités « est souvent insuffisante », ainsi que leur capacité d’intervention.
 
« Les entreprises ne collaborent pas assez aux efforts de prévention et de préparation des municipalités, notamment en ne transmettant pas suffisamment d’information sur les produits utilisés ou transportés, et ne dévoilent pas clairement la nature des risques et les capacités d’intervention dont elles disposent », indique aussi le document. Quant aux sites d’exploitation d’énergies fossiles, les plans d’intervention « sont souvent des plans généraux, qui ne sont pas adaptés aux particularités de chaque site ».
 
Selon le plan du gouvernement, l’ensemble des études devant permettre de combler les lacunes relevées jusqu’ici dans le cadre des EES doivent être complétées d’ici le début de l’automne 2015. La démarche avait été annoncée en juillet 2014.
 
Malgré l’ampleur du travail à effectuer, les délais de réalisation de cette vaste évaluation sont relativement brefs. À titre de comparaison, le rapport de l’EES réalisée par la firme Genivar et portant uniquement sur le golfe du Saint-Laurent — une étude commandée par les libéraux — a nécessité près de trois ans de travaux.
 
Cette fois, le gouvernement souhaite compléter l’EES pour Anticosti, la Gaspésie, le golfe du Saint-Laurent et les basses terres du Saint-Laurent en à peine plus d’une année. Le tout doit en outre être suivi rapidement du dépôt d’une loi pour encadrer l’exploration et l’exploitation des énergies fossiles au Québec. Une telle législation n’existe pas à l’heure actuelle.
Quid des rivières à saumon?
L'évaluation environnementale stratégique identifie de nombreuses lacunes dans les connaissances sur les risques environnementaux de l'exploitation pétrolière sur l'île d'Anticosti. Le gouvernement a d'ailleurs prévu de mener plusieurs études à ce sujet au cours des prochains mois, notamment pour tenter de mesurer les impacts de la demande en eau de l’industrie sur les 24 rivières à saumon d'Anticosti. Un seul forage avec fracturation peut nécessiter entre 12 000 et 16 000 mètres cubes d'eau.

Shell achète BG Group pour 87,2 G$CA

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Radio-Canada avec Reuters
Ben van Beurden (gauche), président-directeur général de Royal Dutch Shell, serre la main d'Andrew Gould, président du conseil d'administration de BG Group, lors d'une conférence de presse, mercredi, à la Bourse de Londres.
Photo :  Stefan Wermuth /
Reuters
Ben van Beurden (gauche), président-directeur général de Royal Dutch Shell, serre la main d'Andrew Gould, président du conseil d'administration de BG Group, lors d'une conférence de presse mercredi à la Bourse de Londres.  
Royal Dutch Shell a annoncé mercredi le rachat de BG Group pour 47 milliards de livres (87,2 G$CA), la première mégafusion dans le secteur pétrolier depuis des années, dans le but de réduire l'écart avec l'américain Exxon Mobil, premier groupe mondial.
Dans un communiqué commun, Shell et BG ont expliqué que l'offre d'achat combinerait de l'argent comptant et des titres valorisant chaque action BG à 1,350 pence environ (0,03 $CA), soit une prime de près de 52 % sur le cours de Bourse moyen des 90 dernières séances.
Shell paiera 383 pence (7,12 $) en numéraire et 0,4454 action B Shell pour chaque action BG Group. Sur cette base, les actionnaires de BG Group détiendront environ 19 % de l'entité fusionnée.
BG avait une capitalisation de 46 milliards de dollars (57,4 milliards $CA) à la clôture de mardi, alors que celle de Shell atteignait 202 milliards (252 milliards $CA) et celle d'Exxon 360 milliards (450 milliards $CA).
L'action BG a flambé mercredi de 42 % en ouverture en Bourse de Londres. Une demie-heure après le début des échanges, elle prenait encore plus de 39 % à 1,267 pence, tandis que Shell cédait 1,77 % à 2.057 p (0,04 $CA). Et l'annonce de ce rapprochement profitait à bon nombre d'autres valeurs du secteur: BP avançait de 4,2 %, tandis qu'en Bourse de Paris, Total prenait 1,29 %.
Depuis la mi-juin, l'action BG avait perdu près de 28 % et l'action Shell 3,3 % à Amsterdam. Dans le même temps, l'indice FTSE pétrolier et gazier avait cédé 17,2 %, principalement en raison de la chute des cours du baril.
L'opération - la plus importante dans le monde depuis le début de l'année, tous secteurs confondus - doit donner à Shell un accès aux gisements de BG au Brésil, en Afrique de l'Est, en Australie, au Kazakhstan et en Égypte, dont certains figurent parmi les projets les plus ambitieux du monde dans le gaz naturel liquéfié (GNL).
« Nous avons étudié un certain nombre d'opportunités et BG s'est à chaque fois classé en tête de liste des prospects avec lesquels nous pouvions nous allier », a déclaré le directeur général de Shell, Ben van Beurden, lors d'une conférence de presse. « Nous avons deux portefeuilles très solides combinant le forage en eaux profondes et le gaz intégré. »
Il a reconnu que des discussions poussées avec les autorités de la concurrence seraient peut-être nécessaires en raison de la présence de chacun des deux groupes en Australie, au Brésil, en Chine et dans l'Union européenne. Mais il a estimé qu'aucune cession d'actif ne serait nécessaire pour obtenir leur feu vert.
« L'avenir appartient au gaz »
Le rapprochement entre Shell et BG intervient dans un contexte de chute des cours du pétrole, qui s'explique surtout par un déséquilibre persistant entre une demande relativement atone et une offre abondante, alimentée à la fois par le boom du gaz de schiste en Amérique du Nord et le refus de l'OPEP de réduire sa production. Depuis un dernier pic remontant à juin 2014, les prix du baril ont été réduits de près de moitié, ce qui crée un environnement similaire à celui du début des années 2000, période durant laquelle ont eu lieu nombre de fusions et d'acquisitions de grande ampleur dans le secteur, comme le rachat d'Amoco et Arco par BP, celui de Mobil par Exxon ou l'absorption de Texaco par Chevron.
Pour Richard Gorry, directeur du cabinet JBC Energy Asia, le rachat de BG s'explique aussi par le fait que la hausse des investissements dans l'exploration pétrolière n'a pas permis de faire augmenter notablement la production ces dernières années.
« Je crois que cela illustre aussi le fait que l'avenir appartient au gaz. Le monde évolue de plus en plus vers des carburants plus propres et pour l'instant, le gaz est l'option
la plus viable. Shell le reconnaît clairement », a-t-il dit. Le rachat de BG par Shell doit générer des synergies avant impôt de l'ordre de 2,5 milliards de livres par an (4,64 milliards $CA).
Les deux pétroliers ont également fait savoir que Shell verserait un dividende de 1,88 $ par action ordinaire en 2015 (2,25 $CA), le dividende sur l'exercice suivant étant au moins identique.
Shell, qui doit par ailleurs lancer un programme de rachat de titres d'au moins 25 milliards de dollars (31,2 milliards $CA) sur la période 2017-2020, précise que l'intégration de BG augmentera d'un quart ses réserves pétrolières et gazières prouvées. Elle lui donnera également de meilleures perspectives pour ses nouveaux projets, surtout en Australie et au Brésil, ajoute-t-il.
Enfin, Shell pense porter le montant global de ses cessions d'actifs à 30 milliards de dollars (37,46 milliards $CA) de 2016 à 2018, à la faveur de cette fusion. Il avait dit en janvier qu'il vendait de cinq à six milliards de dollars (6,24 à 7,49 milliards $CA) d'actifs par an.

Le premier ministre Couillard rejette tout dialogue avec les étudiants

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8 avril 2015 | Robert Dutrisac - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
Les enseignants ont souligné à leur manière le premier anniversaire du gouvernement Couillard, en gribouillant à la craie liquide des « souhaits » de fête sur les fenêtres du quartier général du PLQ, à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau
Le Devoir
Les enseignants ont souligné à leur manière le premier anniversaire du gouvernement Couillard, en gribouillant à la craie liquide des « souhaits » de fête sur les fenêtres du quartier général du PLQ, à Montréal.
Philippe Couillard n’a aucune intention d’engager un dialogue avec les étudiants qui contestent les restrictions budgétaires imposées par son gouvernement.
 
« Discuter de quoi ? » a lancé le premier ministre à une journaliste qui lui demandait, mardi, s’il pourrait entamer des discussions avec les étudiants en grève. « Si l’objectif pour nous est d’abandonner l’équilibre budgétaire, c’est non. Si l’objectif pour nous est de cesser de gérer les finances publiques de façon rigoureuse, c’est non. Si l’objectif pour nous est de cesser de tenir compte de la dette, c’est non. »
 
Un an jour pour jour après l’élection du gouvernement libéral, Philippe Couillard a tenu une conférence de presse qui a débuté par une allocution dans laquelle il s’adressait aux Québécois « qui ont choisi le courage plutôt que l’irresponsabilité ».
 
Prévenant que la présente année ne sera pas facile, il a promis que dès l’an prochain, les missions de l’éducation et de la santé retrouveront « des moyens plus proches de ceux que nous prévoyons leur donner ». La véritable austérité, c’était celle du gouvernement Bouchard, qui a réduit les budgets de l’État entre 1996 et 1998. « Ce qu’on fait actuellement, c’est de faire une pause : on maintient les enveloppes, on les augmente légèrement, très légèrement, c’est vrai. Ça nous permet de repartir sur un meilleur pied après », a-t-il dit.
 
Une majorité de Québécois appuie le plan de redressement des finances publiques de son gouvernement même si les compressions, ce que Philippe Couillard appelle « le changement », ne peuvent faire l’unanimité, a-t-il reconnu. « Je pense qu’il y a une partie substantielle de l’opinion qui reconnaît qu’on est rendu là. »
 
Philippe Couillard a soutenu qu’il ne fallait pas « changer de système », comme l’a évoqué le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, la semaine dernière. « Le modèle québécois, il faut le rendre viable », a-t-il plutôt déclaré. Les choix que les Québécois ont faits en matière de services publics sont « légitimes », encore faut-il qu’ils soient soutenus par des moyens appropriés. « Un discours de solidarité qui ne s’appuie pas sur des finances publiques équilibrées et une dette contrôlée, c’est le discours de l’illusion », a-t-il fait valoir.
 
Philippe Couillard trouve « drôle » qu’on le désigne comme le plus conservateur des chefs libéraux qu’a connus le Québec. S’il se définit comme « plutôt prudent et rigoureux » sur le plan fiscal, il dit souhaiter maintenir les mesures de solidaritéet même les améliorer. « Je crois profondément à la justice sociale. Je crois profondément à la lutte contre les inégalités », a-t-il affirmé.
 
Un an après la victoire libérale, Philippe Couillard est forcé de reconnaître que son gouvernement a rompu plusieurs promesses électorales. Mais il a affirmé ne pas regretter la décision de moduler les tarifs des services de garde en fonction des revenus des parents.« C’est plus équitable », juge-t-il, signalant que les social-démocraties européennes procédaient de la sorte.
 
Par ailleurs, une manifestation « interdite » aux hommes s’est déroulée mardi soir à Montréal, à l’invitation d’une organisation féministe, pour s’opposer aux mesures d’austérité du gouvernement Couillard. Quelques centaines de femmes se sont rassemblées à la place Norman-Bethune, près du campus Sir-George-Williams de l’Université Concordia, au centre-ville. Un fort cordon policier surveillait le cortège des deux côtés.
 
Depuis le début des manifestations contre l’austérité, plusieurs groupes féministes sont sortis sur la place publique pour dénoncer les décisions du gouvernement et les répercussions qu’elles auraient plus particulièrement sur les femmes.
 
Avec La Presse canadienne

Le Cardinal Jean-Claude Turcotte est décédé à l'âge de 78 ans

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Publié par La Presse Canadienne le mercredi 08 avril 2015 à 05h11. Modifié par Charles Payette à 07h38.
Le Cardinal Jean-Claude Turcotte est décédé à l'âge de 78 ans
Le Cardinal Jean-Claude Turcotte
MONTRÉAL - L'ancien archevêque de Montréal, le Cardinal Jean-Claude Turcotte, est décédé mercredi à Montréal à l'âge de 78 ans.

Il souffrait depuis plusieurs mois de graves complications liées au diabète et le 24 mars dernier, il avait été confié à une unité de soins palliatifs. Samedi dernier, on apprenait que la santé du chef religieux était désormais très fragile mais que son état était stable.
Le reportage de Any Guillemette
 
 
 
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Bien qu'affaibli, il avait tenu à remercier la population pour ses bontés à son égard.
La nouvelle du décès a été confirmée en fin de nuit par voie d'un communiqué signé de l'archevêché de Montréal que Monseigneur Turcotte a dirigé de 1990 à 2012.
L'actuel archevêque de Montréal, Christian Lépine, célébrera à 17h00, aujourd'hui, une messe aux intentions du Cardinal Turcotte à la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde. La population est invitée à y assister.

Jean-Claude Turcotte avait été ordonné prêtre le 24 mai 1959 à Laval. Il occupera diverses fonctions avant d'être nommé évêque de Montréal en juin 1982, puis archevêque du diocèse de Montréal en mars 1990.

L'ancien pape Jean-Paul II avait annoncé sa nomination au titre de cardinal en octobre 1994. Il est introduit au collège des cardinaux à Rome le mois suivant.

Monseigneur Turcotte avait notamment célébré les funérailles de la vedette de hockey Maurice Richard et de l'ancien premier ministre Pierre Elliot Trudeau. Il avait aussi prononcé l'homélie lors des funérailles de l'ancien ministre libéral Claude Ryan.

Monseigneur Turcotte était détenteur de deux doctorat honoris causa, le premier en théologie décerné par l'Université McGill en 1995 et le second, en droit, par l'Université Concordia en 2007. Il avait également reçu l'ordre du mérite de l'Université de Montréal en 1996.