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mercredi, août 26, 2015

Début du bras de fer dans la poursuite en diffamation contre Stephen Harper

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Publié par La Presse Canadienne le mardi 25 août 2015 à 21h29.

Début du bras de fer dans la poursuite en diffamation contre Stephen Harper
OTTAWA — Le bras de fer entre l'avocat de Stephen Harper et celui d'un groupe musulman qui poursuit en diffamation le premier ministre lui-même a commencé mardi, en pleine période électorale.
Le Conseil national des musulmans canadiens (NCCM) poursuit M. Harper et son ex-directeur des communications, Jason MacDonald, pour avoir affirmé à la télévision Sun News que l'organisme avait «des liens documentés avec une organisation terroriste telle que le Hamas».

Le groupe musulman assure avoir toujours dénoncé le terrorisme et demande une rétractation publique pour laver sa réputation ainsi qu'un montant de 100 000 $ en dommages-intérêts. Mais l'avocat du premier ministre a été clair mardi lors d'une requête présentée devant la cour: il entend prouver que le Conseil a bel et bien des liens avec le Hamas.

Mardi, les discussions ont tourné autour d'une demande de l'avocat du premier ministre, Peter Downard, d'avoir plus de temps pour interroger les intervenants, mais surtout d'avoir accès à plusieurs documents de la NCCM. Sa requête va de la liste des donateurs du groupe musulman à des informations sur certains de ses administrateurs, en passant par les documents liés au changement de nom du groupe (anciennement CAIR-CAN).

L'avocat de l'organisation, Jeff Saikaley, croit que ces documents ne sont pas pertinents à l'affaire, certains n'existant tout simplement pas, et il aimerait aller de l'avant avec le procès.

La juge de la Cour supérieure de l'Ontario Liza Sheard a réservé à plus tard sa décision sur l'affaire. Les deux parties devront s'armer de patience dans cette cause, puisqu'une autre requête devrait être entendue en novembre, et le procès comme tel risque de ne pas commencer avant plusieurs mois.

Oeil pour oeil

L'histoire a débuté l'an dernier quand le Conseil a critiqué l'inclusion du rabbin controversé Daniel Korobkin dans une délégation accompagnant le premier ministre en visite officielle au Moyen-Orient.

Jason MacDonald avait alors répliqué en ne mâchant pas ses mots: «Nous ne prendrons pas au sérieux des critiques d'une organisation qui a des liens documentés avec une organisation terroriste telle que le Hamas», avait-il répondu.

Incapable d'obtenir une rétractation ou des excuses, le NCCM avait alors choisi d'amener l'affaire devant les tribunaux — impliquant Stephen Harper en personne.

En cour, l'avocat du chef conservateur a soutenu qu'en en s'en prenant au rabbin, le NCCM devait s'attendre à une réplique.

«Une partie qui s'engage dans une critique publique vigoureuse de quelqu'un d'autre doit s'attendre à une réplique», a affirmé Me Downard.

L'avocat du NCCM a soutenu que la réplique des conservateurs n'avait pas été dirigée sur la critique elle-même, mais sur le groupe musulman, de façon disproportionnée.

«C'est comme dire que j'ai le droit de te lancer n'importe quelle pierre — pas la même pierre ou des pierres similaires — j'ai le droit de lancer n'importe quelle pierre si tu oses me critiquer», a-t-il signalé.

L'affaire était entendue au palais de justice d'Ottawa, à quelques dizaines de mètres du procès hyper médiatisé du sénateur Mike Duffy mettant directement en cause l'implication du bureau du premier ministre dans un stratagème de remboursement de dépenses inappropriées.