Information sur la politique 1

dimanche, octobre 15, 2017

Vivre au salaire minimum


PUBLIÉ IL Y A 49 MINUTES
Chantale Bélanger, opératrice d’une machine à coudre Photo : Radio-Canad
Chantale Bélanger est opératrice d'une machine à coudre depuis 40 ans, dont la moitié pour le même employeur, et Eunbyul Park, auxiliaire de recherche, se battent pour un salaire minimum à 15 $ l'heure. Témoignages.
Chantale Bélanger travaille tous les jours pour un salaire d’un peu plus de 13 $ l’heure, « après 20 ans au même endroit », insiste-t-elle.
« On est 260 travailleurs, dont une majorité de femmes, beaucoup de mères monoparentales ». La majorité des travailleurs et travailleuses dans son entreprise gagnent un salaire qui oscille entre 12 $ et 13 $ l'heure. Quelques personnes seulement touchent plus de 15 $ l’heure, explique Mme Bélanger.
De la discipline, pas de folies : « je limite mes loisirs », dit-elle.
« J’ai un certain avantage à vivre seule, je n’ai plus d’enfants à la maison », affirme la femme de 58 ans.
Beaucoup de mes collègues de travail sont obligés d’avoir deux emplois pour joindre les deux bouts.
Chantale Bélanger
Pensant à une mère seule avec ses enfants, Chantale Bélanger s’interroge : « Qui s’occupe des enfants? Elle les voit quand ses enfants? »
Ils ne peuvent pas avoir des loisirs comme dans « les familles plus à l’aise », déplore-t-elle.
Cette situation est aussi le lot quotidien d’Eunbyul Park, auxiliaire de recherche à l’Université Concordia depuis plus de deux ans.
« Le salaire minimum pour les auxiliaires de recherche pour les étudiants de premier cycle à Concordia se situe entre 14,26 $ et 14,28 $. J’ai dû négocier pour augmenter mon salaire à 15,5 $ de l’heure ».
Cela fait une grande différence, reconnaît Eunbyul, qui est également mère d’un enfant de quatre ans. « Je dois payer pour la garderie de mon enfant, je dois payer pour le foyer et la nourriture », fait-elle remarquer.
L’auxiliaire de recherche, qui a longtemps travaillé dans les restaurants au salaire minimum, explique qu’il lui était « même difficile d’acheter une passe d’autobus ».
Les sorties avec son enfant étaient aussi difficiles. « Il fallait toujours que je m’assure d’avoir mon lunch prêt ».
Au Québec, le salaire minimum est actuellement de 11,25 $ l'heure.

Le roi du porno Larry Flint offre 10 millions de dollars pour destituer Trump


AFP

AFP
MISE à JOUR 
Washington | Le fondateur et patron du magazine pornographique américain Hustler a offert dimanche dix millions de dollars à quiconque lui apporterait des informations compromettantes sur le président Donald Trump, pouvant mener à sa destitution.
«Je ne m’attends pas à ce que les potes milliardaires de Trump le dénoncent, mais je suis confiant qu’il y a beaucoup de gens qui savent des choses et pour qui dix millions de dollars représentent beaucoup d’argent», écrit Larry Flint dans une annonce publiée en plein page dans le Washington Post.
Have dirt that could impeach President Trump? Hustler publisher Larry Flynt says he'll pay you $10 million. http://wapo.st/2ie4mpW 
Il rappelle avoir déjà offert une récompense d’un million de dollars pour faire sortir des informations qui ont contribué à détruire la carrière de deux hommes politiques républicains.
«Au vu de la crise actuelle, j’ai porté la récompense à dix millions de dollars et ne vous y trompez pas j’ai bien l’intention de payer la totalité de cette somme», poursuit-il.
La première ligne de cette offre entièrement en lettres capitales indique : «DIX MILLIONS DE DOLLARS POUR TOUTE INFORMATION CONDUISANT A LA DESTITUTION ET AU RETRAIT DE LA MAISON BLANCHE DE DONALD J. TRUMP.»
Larry Flint met en question la légitimité de l’élection de Donald Trump citant notamment une possible collusion avec les tentatives de la Russie d’influencer l’élection présidentielle américaine et la sabotage de l’accord de Paris sur le climat.
«Mais le plus préoccupant, c’est que bien avant l’apocalypse qui résultera du changement climatique, Trump pourrait déclencher une guerre nucléaire mondiale», écrit-il en référence à la crise avec la Corée du Nord.
«Une destitution créerait une situation chaotique et controversée, mais l’alternative, trois années de plus de dysfonctionnement déstabilisateur, est pire», poursuit Larry Flint.
L’annonce indique une adresse électronique et un numéro de téléphone spécial, ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 18h, pendant les deux prochaines semaines.

jeudi, octobre 12, 2017

CHRONIQUE Le jupon électoral


12 octobre 2017 |Michel David | Québec | Chroniques

Quand Raymond Bachand avait proposé la nomination d’un ministre responsable des relations avec la communauté anglophone, durant la course à la succession de Jean Charest, Philippe Couillard s’y était vivement opposé, tout comme Pierre Moreau.

« Cela créerait des divisions au Québec sur le plan linguistique, avait déclaré le futur chef du PLQ. Je ne suis pas sûr que la communauté anglophone elle-même désire avoir un ministre. » Qu’elle le désire ou non, elle en aura un dans la personne de Kathleen Weil, qui avait été directrice des Affaires juridiques à Alliance Québec dans une vie antérieure.

Le premier ministre est un homme aux sincérités successives, qui a démontré sa remarquable capacité à modifier ses positions selon ses intérêts du moment. À un an de l’élection générale, ceux du PLQ exigent manifestement une exception au principe d’unité qu’il invoquait à l’époque. Maintenant que la menace d’un référendum s’est éloignée, M. Couillard craindrait-il que sa clientèle anglophone se permette une infidélité ? Son jupon électoral dépasse un peu trop.

Quand il avait décidé de confier les ministères de l’Éducation et de la Famille à un même titulaire, M. Couillard avait plaidé de façon très convaincante les avantages de placer sous la même autorité l’ensemble du système scolaire, de la garderie au secondaire.

Sébastien Proulx lui a donné raison depuis sa nomination. Sous sa houlette, les deux ministères ont manifesté une unité d’action qui faisait cruellement défaut auparavant. Malheureusement, cette double responsabilité lui aurait laissé peu de temps à consacrer à ses nouvelles fonctions de ministre responsable de la région de Québec, qui sera le théâtre principal de la grande bataille avec la CAQ.

Avec la nouvelle recrue Véronyque Tremblay, dont le poste de ministre déléguée aux Transports est taillé sur mesure pour préparer le terrain électoral dans la capitale, M. Proulx pourra former un redoutable tandem.

En principe, les mêmes impératifs électoraux auraient dû entraîner le déplacement de Gaétan Barrette, qui est certainement le ministre le plus controversé, pour ne pas dire le plus détesté de son cabinet. Si la situation du réseau de la santé s’est améliorée autant que M. Couillard a tenté de le faire croire dans son discours, on se demande bien pourquoi il a tenté de convaincre M. Barrette de déménager aux Transports.

Un remaniement ministériel est toujours un casse-tête. Ils étaient nombreux, particulièrement dans le milieu juridique, à souhaiter le départ de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. Encore fallait-il lui trouver un successeur adéquat.

Être avocat est un prérequis pour occuper ce poste, et les avocats ministrables n’étaient pas légion. Le passé démontre qu’il est risqué d’y nommer un néophyte. L’expérience de Kathleen Weil à la Justice a été trop douloureuse pour donner l’envie de la renouveler. Jean-Marc Fournier aurait toujours pu reprendre du service, mais le premier ministre ne pouvait pas se passer des services de son plus fidèle lieutenant.

Pierre Moreau aurait certainement fait l’affaire, mais l’approche de l’élection le rendait lui aussi plus utile ailleurs. Aux Ressources naturelles, il pourra mettre ses talents de politicien à contribution avec moins de retenue qu’à la Justice. Maintenant que l’essentiel du sale travail est fait au Conseil du trésor, l’aimable Pierre Arcand saura très bien gérer l’abondance.

Former un cabinet d’élection peut quand même avoir des effets heureux. L’insistance sur le mot « intégrité » dans l’appellation du nouveau ministère qu’on a bricolé pour Robert Poëti est un peu lourde, mais on peut espérer que ce revenant contribuera non seulement à redorer l’image du gouvernement, mais aussi à assainir les processus d’octroi des contrats publics.

Aux yeux de plusieurs, la nomination d’André Fortin aux Transports constitue la plus grande surprise du remaniement. Il est vrai que des titulaires plus aguerris s’y sont cassé les dents, mais le simple fait que M. Fortin s’en occupera à temps plein constitue déjà une bonne nouvelle et on imagine difficilement qu’il puisse faire pire que Laurent Lessard, nettement plus à l’aise à l’Agriculture.

Luc Fortin est un bon choix à la Famille. Il est simplement regrettable de voir quitter le ministère de la Culture un homme qui a manifesté dans le dossier de Netflix une détermination dans la défense de la création culturelle québécoise à laquelle ses prédécesseurs ne nous avaient pas habitués.

Isabelle Melançon et Marie Montpetit contribueront elles aussi à ce vent de fraîcheur dont les libéraux ont cruellement besoin après 15 ans de pouvoir, mais il est difficile de comprendre pourquoi on a tenu à inverser les rôles. Tout dans le passé de Mme Melançon la destinait à la Culture, comme celui de Mme Montpetit l’avait bien préparée à l’Environnement.

Si M. Couillard a pour principe qu’il est bon de sortir un ministre de sa zone de confort, le cas de Gaétan Barrette démontre à quel point sa géométrie est variable.